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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

la jupe

Publié le 23 Août 2011 par marie chevalier dans mes nouvelles

ces histoires de vétements concernant  le défi62 m'a fait penser  à une nouvelle écrite  il y a quelques mois!

 

 

 

 

                                        LA JUPE

 

 Le ciel était plombé.

 

— La neige va sûrement tomber cette nuit dit une voisine, qui passait devant notre fenêtre pour aller promener son chien. Elle l’avait récupéré sur un autoroute, un dimanche, perdu et sûrement voué à la mort si elle ne l’avait pris chez elle et gardé. Depuis, il lui vouait un amour sans borne et bien malin celui ou celle qui aurait osé s’approcher de sa maîtresse. Comme elle s’était arrêtée sur notre pelouse, nous avons ouvert la fenêtre et il se mit à nous aboyer dessus tellement hargneusement que cela en était très désagréable.
 

— Tais-toi lui dit-elle, on ne s’entend plus ! Je disais donc qu’il allait sans aucun doute neiger cette nuit, «ils» l’ont dit à la radio.
 

Je ne sais pas si vous avez remarqué le nombre de fois que l’on dit « ils»  en parlant des « gens de la télé ou de la radio » ? On ne les connaît pas , mais « ils » nous accompagnent partout : «ils» ont dit que la grippe arrivait chez nous, «ils» ont dit que le SMIC n’augmenterait que de 0,4 pour cent, «ils» ont dit que Michael Jackson était mort, «ils» disent que ça viendrait de son médecin, «ils» ont raconté qu’une fillette avait disparu dans les Yvelines, «ils» sont sûrs maintenant que le maire de F. est coupable de détournement de fonds etc.… etc.…

 

— Alors ! Dit Christophe mon mari, qui avait horreur de cette voisine, alors, s’ « ils » l’ont dit !

— Il se moque mais il verra bien demain matin, quand il ne pourra pas sortir sa voiture pour aller travailler.

Sur ce, un peu vexée quand même elle ajouta : je vais me mettre au chaud et je penserai à vous, le sceptique !

 

Une autre remarque, que je me faisais depuis que j’habitais ce village, les gens du cru nous appelaient rarement par notre nom ou même prénom. On entendait plus souvent : Alors il va bien ? Il n’a pas trop froid ? Elle est allée faire ses courses hier, je l’ai aperçue devant l’étal de la boucherie..etc..

 

Cette troisième personne, au début me gênait un peu, pensant qu’ils ne se rappelaient pas notre nom et nous traitaient comme des étrangers, mais pas du tout, ils faisaient cela à tout le monde. C’était leur façon de converser.

Je refermai la fenêtre en souhaitant un bon après-midi à ma voisine et grelottai tout à coup.

— C’est vrai que le froid est pénétrant, il va neiger, elle n’a pas tort !

Sur ce, Christophe sortit et me cria qu’il allait voir un ami qui habitait trois maisons plus haut.
 

Restée seule, je me demandais ce que j’allais faire de cet après-midi pas prévue. En effet je travaillais dans une  moyenne entreprise de la préfecture, (nous étions environ 300 employés) et il y avait eu un mot d’ordre de grève. Bien sûr, je l’avais suivi. Je ne ratais jamais une grève, par conviction, et non par syndicalisme forcené, il y avait longtemps que j’avais perdu mes illusions sur les gens qui dirigeaient soi-disant les syndicats du peuple ! Dès qu’il y avait des rumeurs de grève, ils venaient nous dire : surtout ne suivez pas cette grève, il y a assez de problèmes dans la boîte, n’en rajoutez pas !

 

Donc c’était en fait un peu contre eux, qu’une poignée de collègues et moi avions décidé de cesser le travail à l’appel d’un nouveau syndicat, formé justement par des gens qui croyaient encore à l’action collective et pas du tout « à la carte personnelle »

 

J’étais chez moi, en ce jour non payé et, bien au chaud près de ma cheminée. En effet, mon mari travaillant avec moi dans la même entreprise avait aussi débrayé, et nous avait allumé un bon feu vers midi. Toute la maison en était réchauffée.
Tellement peu habituée à avoir comme ça en milieu de semaine, du temps à moi, je me sentais un peu perdue et me rendais compte que je ne savais pas par quoi commencer ! Un comble quand même ; comme on peut être des moutons bien disciplinés quand on travaille à l’extérieur !

 

La télé ? bof ! pas trop envie, nous n’avions que 5 chaînes et surtout l’après-midi, les programmes n’étaient pas très intéressants. Ecouter des disques ? oui bien sûr, mais je n’avais pas eu le temps de faire réparer ma chaîne et il ne me restait que des vieilles cassettes que je connaissais par cœur. Et puis comme j’avais enregistré ces cassettes il y a des années, elles n’étaient plus tellement audibles et certaines d’ailleurs auraient pu être mises à la décharge. Mais souvent il s’agissait de souvenirs et je ne me décidais pas à m’en séparer.

J’en étais là de mes réflexions quand il me vint une idée. Si je faisais le tri dans mon armoire et ma penderie, et que je vois de près ce que je pouvais donner à Emmaüs ? En effet, des vêtements, j’en avais plus qu’il ne m’en fallait et bien des jupes, pulls ou pantalons commençaient sérieusement à dater et même à être complètement démodés. Mais celui qui a froid ne regarde pas de si près la mode, et en cette saison, ce serait vraiment aider les plus démunis.
 

Je monte donc à l’étage et ouvre cette immense penderie que toutes mes amies m’envient. Elle fait trois mètres de long et est très profonde. Mes vêtements sont très à l’aise et sans rire, je crois que j’aime venir simplement regarder toutes ces fringues. Je dois aussi avouer que beaucoup ne me vont plus. J’ai pris quelques kilos et je ne me résigne pas à me dire : plus jamais tu ne rentreras dedans. C’est au-dessus de mes forces. Alors comme souvent, je me fais violence et pendant quelques jours je fais un petit régime. Oh ! léger, je n’ai que peu de poids à perdre mais si je veux, cet été me promener dans mes shorts et mes débardeurs…

Pour l’instant, je regarde et touche, tâte, palpe.

Et puis je me décide :

Je prends une jupe longue grise avec des boutons devant que j’adore. Je l’enlève de son cintre et je la regarde. Tout à coup j’entends des pleurs, oh pas très forts, comme ceux d’un enfant qui geint pendant son sommeil. Je dresse l’oreille, inquiète. Il n’y a que moi dans la maison. Ou alors, une amie est venue me rendre visite avec un bébé ?

J’écoute et ces plaintes continuent. Je pose ma jupe sur le canapé et je crie : il y a quelqu’un ?

Pas de réponse.

J’attends quelques secondes et reprends la jupe. Je me dis que cela n’était qu’un bruit dehors sans doute. Je réfléchis à ce que j’allais faire de cette pauvre jupe usagée et élimée à force d’être lavée.
 

Les plaintes, un peu plus fortes cette fois reprennent. Je n’ai pas la berlue ! C’est ici dans la pièce où je suis ! Un jouet de la chatte peut-être coincé sous un meuble ? Oui car nous avons une chatte très joueuse qui a des jouets qui couinent. Mais alors dans ce cas pourquoi reste-t-elle vautrée dans son fauteuil et me regarde-t-elle avec tant d’insistance ?

Elle aussi a entendu ce bruit et elle ne descend pas. Elle a l’air un peu effrayée d’ailleurs. Moi ? je commence à ne plus trop me sentir à l’aise d’autant que ces pleurs continuent.
 

Soudain une petite voix s’élève dans la pièce ! Je panique, prête à redescendre immédiatement, mais on me parle, du moins me chuchote :

— Tu te souviens quand tu es venue me chercher ? Tu m’avais repérée, mais pressée par ton travail, tu m’avais murmuré : toi tu me plais, je viendrai te chercher demain.

— Mais qui me parle ?

— Moi, je voudrais finir mes jours tranquille, chez toi, je ne veux pas aller dans la foule avec toutes les autres inconnues, tu peux me comprendre ?

— Mais où es-tu ? Que me veux-tu ? Si c’est une farce, elle n’est pas drôle. Christophe ! Hurlai-je, pensant que mon mari n’était pas étranger à cette voix. Il aimait bien jouer avec des trucs que l’on appelle « jeux qui parlent comme des humains ». Ne me demandez pas le nom exact, je n’en sais fichtrement rien !

Il m’aurait quand même répondu ou du moins se serait esclaffé, fier de sa prestation or, rien. Que cette petite voix à peine audible qui continue :

 

— Je fus tellement heureuse que tu me choisisses que j’ai tout fait pour rester belle, même quand tu me malmenais en me laissant traîner n’importe où. Je connais tous tes amis, toutes tes copines ! Mon Dieu ce que vous avez pu dire sur moi ! Au début, c’était sympa : elle est drôlement belle, où l’as-tu trouvée ? Il y en avait d’autres ?

Et puis tout doucement, les mêmes copines commencèrent à me critiquer : tu la gardes encore celle-là ? Ce qu’elle peut être devenue moche ! Elle était si belle au début ! Tu devrais t’en séparer, franchement en plus il faut bien reconnaître qu’elle n’a plus de forme, elle tombe lamentablement sur tes hanches qui n’ont pas besoin de ça pour se faire remarquer.
 

Je voudrais au passage te signaler que dès que tu avais le dos tourné c’était pire : elle est vraiment idiote de garder cette guenille, déjà qu’elle s’est empatée, elle boudine que cela en serait  triste si ce n’était pas drôle.

 

— Voilà, toi ma maîtresse, toi mon amie, celle qui m’a toujours respectée, voilà ce que tes amies disent de toi …et de moi. Alors que tu prennes la décision de te débarrasser de moi, je peux comprendre, mais pourquoi me lacérer pour faire des serpillières ? Pourquoi ne pas me mettre simplement dans un sac plastique au grenier. Le  grenier ne sert-il donc pas à ranger tout ce que l’on ne veut plus non ?

 

J’avais tout compris : c’était ma jupe qui me parlait.
En effet, j’étais vraiment ingrate, elle m’avait rendu tellement de services, m’avait accompagnée partout pendant si longtemps ! Grâce à elle, j’avais quand même eu de sacrés compliments au début que je la portais, puis, il est vrai que j’ai continué à la mettre par habitude, parce que je me sentais bien dedans tout simplement.

 

Je ne pouvais pas lui faire ça en effet, elle avait raison. Je raccrochai le cintre dans ma penderie, la flattai de la main et lui murmurai : tu restes avec moi, je crois que je suis autant attachée à toi que toi à moi.

je sentis comme un frôlement sur mon visage quand je refermai la porte de ce placard. Je ne rangerai rien aujourd’hui, j’avais le cœur trop serré par le chagrin de ma jupe.

Je la caressai encore une fois et lui fis un baiser dans le bas de l’ourlet.

 

Mon mari qui était dans la pièce depuis un moment, me regardait stupéfait !

 

— Tu embrasses tes fringues maintenant ?

— Pas mes fringues, s’il te plait, mes amies, celles qui m’accompagnent toujours, où que j’aille.
— Bien sûr, suis-je sot, me dit-il en éclatant de rire

 

Je ne saurai jamais s’il se moquait ou avait peur pour ma santé mentale, en tous cas, je n’ai plus jamais touché un vêtement sans m’excuser de le déranger.

 


 

 

 

 

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défi 62 (croqueurs de mots)

Publié le 22 Août 2011 par marie chevalier dans défis d'écriture

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TOUT LE MONDE VEUT PRENDRE SA  PLACE

 

 

C’est simple…

Vous prenez la place d’un personnage ou d’un objet de votre chou heu … choix sur l’image.

Vous racontez son histoire, ses émotions ou ses impressions. En prose ou en vers. Vous pouvez

soit suggérer votre personnage soit jouer à la devinette !

 

 

INGRATITUDE

Je l’aimais bien, il était charmant. Le seul problème, c’est qu’il ne pouvait pas faire un pas sans moi.

Qu’il soit n’importe où, dans sa demeure, dans les rues ensoleillées, il se sentait obligé de m’emmener.

Je n’avais pourtant pas belle allure ces derniers temps,  les ans en étaient la cause. Je pâlissais de plus en plus. Après chaque séjour au soleil et surtout à chaque fois qu’il m’entrainait avec lui dans l’eau..

Pour rien au monde, il ne  m’aurait laissé seul, il était perdu sans moi.

En fait longtemps je lui fus  indispensable.  Un jour pourtant, je fus obligé de constater qu’il me sortait moins souvent,  me laissant  seul et préférant mon  frère plus  jeune.

Et puis  je dois bien l’avouer, je n’avais plus  ma belle prestance qui faisait des envieux parmi ses amis.

Je sais qu’il n’osait me dire : tu es trop vieux, mais... C’était pire, il souriait en me regardant d’un air triste.

Jusqu’au jour où. J’ai su…

Nous étions tous  les deux sur  la  place du village, il retenait un tigre comme vous, un chat !

Moi,  je remarquais immédiatement la  poubelle.

Las ! En voulant se redresser, il entendit un craquement. C’était moi qui rendais  l’âme, en me déchirant et en tombant le long de lui.

Alors  d’un geste doux il me ramassa, me  roula en boule  et alla  me  jeter dans  la poubelle.

Son ami qui nous regardait, eut de la  peine  pour moi.

Mais  LUI  n’eut même  pas un regard en arrière, comme s’il ne  m’avait jamais porté. …

J’avais servi cet homme depuis des années et notre intimité s’arrêtait là, sur cette  place, devant cette affreuse grosse bête qu'il essayait de dresser.

La vie est injuste.

Fin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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défi 61 (croqueurs de mots)

Publié le 8 Août 2011 par marie chevalier dans défis d'écriture

 

DEFI 61

 On évoquera :

Soit les préparatifs d'un voyage, Soit le retour de voyage, Sur le thème de la valise

(Ou paquetage, ou sac à dos, ou bagages, ou les mains dans les poches si vous savez voyager très léger !).

Chacun s'exécutera selon son inspiration : par écrit, en prose, en vers, en chanson ou bien en dessin ou en photo !

On pourra bien sûr combiner texte et illustration(s), ou juste écrire, ou juste montrer !

***

 

SACS CADEAUX

 

 

 

  Sandrine ?

— Oui Maman ?

  Tu avais bien dit que tu prenais ton petit poste de radio et les K7 ?

— Oui je les ai pris, bien sûr, je te les ai mis dans ton sac rouge, le moyen, pas celui à roulettes, tu sais le cadeau que tu as reçu en commandant  ta robe longue.
— Je n’ai pas non plus  ma robe  longue…
Sandrine s’énervait. Cela  faisait deux mois qu’elle avait réussi enfin à louer un studio au bord de la mer, à mille kilomètres, à Argelès-Plage exactement et voilà que sa mère commençait  à geindre.

 

Elles  n’avaient pas encore ouvert les  placards que ça commençait ! Et dire qu’il y en avait pour un mois. Mais pourquoi avoir loué  pour une si longue durée ! Elle se le reprochait déjà !

 

Sandrine avait  la quarantaine, divorcée et Françoise, sa  mère  presque soixante ans, veuve. Toutes les deux travaillaient dans la  même entreprise et avaient eu beaucoup de mal à avoir les  mêmes dates de vacances. Quand enfin elles furent acceptées, quand enfin après de difficiles  recherches  sur internet pour trouver une location décente en plein mois d’Aout, il fallait que sa  mère trouve  le  moyen de l’ennuyer avec ce  poste de radio !

 

— Bon, ne t’énerve pas  maman, donne-moi ton sac que  je regarde, puisque tu ne n’as  pas encore ouvert.

— Appelle-moi idiote, je en suis  pas folle  quand même, maniaque, je te  l’accorde, mais si je te demande ce  poste, c’est que je ne  l’ai pas trouvé ailleurs.

— Puisque je te dis  dans le sac  moyen, Maman ! répondit Sandrine vraiment très énervée.

 

Fâchée, sa mère se réfugia dans la salle de bains et commença à installer ses  produits de toilette et de beauté.

 

Sandrine, pendant ce temps essayait d’ouvrir  le fermoir de ce fichu sac rouge. Elle pestait, ces cadeaux bon marché  offerts ne devraient pas exister, ils ne valent  rien la  plupart du temps, la  preuve celui-ci ne s’ouvre  pas !

— Maman !

— Qu’y a-t-il ?  Tu as retrouvé ?

— Ce sac  n’est  pas  le tien !

 

Elles firent  l’inventaire du sac et se regardèrent, gênées : que de  la lingerie sexy, rouge, noire, des guêpières, des nuisettes en satin, des strings, et surtout une enveloppe  au fond :

Pendant que tu m’attendras dans  la chambre, mon amour, essaie ces  petites choses  qui doivent t’aller  à merveille
Signé Daniel

 

— Mais comment as-tu fait pour te tromper de sac Maman ?  C’est  à l’aéroport que c’est arrivé ?  Dans  l’autocar ?  C’est insensé !

— Mais si je savais  ma fille !

 

Et soudain, Françoise se  mit  à rire, mais à rire, en essuyant  les  larmes  qui lui coulaient  le long des joues.

— Et ça te fait rire !

— Oh oui !! Tu imagines  la tête de cette dame quand elle va  ouvrir  mon sac ?

 

Et quand elle découvrira mes culottes  « ventres  plats » mes bas de contention, mes  soutiens-gorge ? qui s’ouvrent devant, et  surtout  mes  pyjamas  en coton  gratté à manches  longues ?  Et  si j’ajoute  mes  K7 « dix heures de gym sénior à faire tranquillement chez  soi »

 

Devant  l’hilarité de sa mère, Sandrine se détendit. — Tu as raison, il vaut mieux en rire  mais  IL n’empêche que dorénavant, tu éviteras de te servir  pour des longs  voyages de ces  maudits sacs identiques pour toutes  les clientes !

 

Elles descendirent voir la  mer, elles riaient encore.
Finalement ces vacances s’annonçaient  sous  le signe du rire, le  mois  passera  vite.

 

Fin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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jeudi en poèsie

Publié le 4 Août 2011 par marie chevalier dans jeudi en poésie

thème : le voyage  ......

 

Les  Marquises  de Jacques Brel

 

Ils parlent de la mort
Comme tu parles d'un fruit
Ils regardent la mer
Comme tu regardes un puit
Les femmes sont lascives
Au soleil redouté
Et s'il n'y a pas d'hiver
Cela n'est pas l'été
La pluie est traversière
Elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs
Qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise
Le temps s'immobilise
Aux Marquises

Du soir montent des feux
Et des pointes de silence
Qui vont s'élargissant
Et la lune s'avance
Et la mer se déchire
Infiniment brisée
Par des rochers qui prirent
Des prénoms affolés
Et puis plus loin des chiens
Des chants de repentance
Des quelques pas de deux
Et quelques pas de danse
Et la nuit est soumise
Et l'alizé se brise
Aux Marquises

Le rire est dans le cœur
Le mot dans le regard
Le cœur est voyageur
L'avenir est au hasard
Et passent des cocotiers
Qui écrivent des chants d'amour
Que les sœurs d'alentour
Ignorent d'ignorer
Les pirogues s'en vont
Les pirogues s'en viennent
Et mes souvenirs deviennent
Ce que les vieux en font
Veux tu que je dise
Gémir n'est pas de mise
Aux Marquises
       

 

 
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