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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 « Un(e) ami(e) de longue date vous demande de mentir à son (sa) conjoint(e) sur son emploi du temps du samedi dans la soirée. Elle veut que vous lui disiez que vous étiez ensemble … ce qui n’est pas le cas…. »

 

Ah sympa les amis !

 

— Allo Joséphine, j’ai un service à te demander. Tout d’abord, est-ce que tu es seule ?

— Que de  mystère ! Oui je suis seule vas-y je t’écoute.  Mais je te préviens, si c’est pour garder  le chien pas question, il met des poils  partout et tu connais  Manu,  comme il est  maniaque.

— Non non t’inquiète il ne s’agit pas de cela, je sais que tu ne supportes  pas Jupiter, pas grave  ma  mère  le garde quand  j’ai besoin.  D’ailleurs  justement à ce  propos, samedi dernier, je suis allée au cinéma tu te souviens ?  C’est du moins ce que je t’ai dit.

— Et alors ?

— Alors  je souhaiterais  que tu dises que tu étais avec moi... Julien ne doit pas  être au courant.

— Alors  pourquoi il m’a téléphoné pour me demander où j’étais samedi ?

— Quoi ?  Mais que  lui as-tu répondu ? 

— La vérité pardi, que j’étais chez moi avec ma sœur et que l’on a regardé un film à la télé.

— Mais  je lui ai dit que nous étions ensemble au cinéma ! Comment je vais faire ?  Je comprends  pourquoi depuis deux jours  il ne  me  parle que pour  l’essentiel, tu as fichu la  pagaie dans mon ménage !

— Tu ne manques pas d’air toi, tu n’as qu’à lui dire que tu t’es trompée et qu’en  fait ce n’était  pas avec moi que tu es allée au cinéma  mais avec une autre copine.

— Et puis il va  me croire !  Tu es vraiment  naïve, non s’il te plait au nom de notre amitié, appelle-le  et dis –lui que toi tu t’es trompée et que nous  étions ensemble au cinéma.

—  Pas question, ma belle, tu trompes impunément  ton mari et aujourd’hui tu as besoin de moi. Tu ne m’avais  même  pas dit que tu voyais ce  type, alors tu permets, tes secrets tu t’en débrouilles.

— Ah elle est belle  l’amitié ! Quand je pense que j’ai bien souvent cédé  à tes caprices, quand tu ne voulais pas aller au cinéma on se baladait sur les quais, et  le jour suivant c’était le contraire !j’ai toujours fait ce que tu voulais et aujourd’hui que je te demande un service qui ne te coute rien, tu refuses.  Ce n’est quand  même  pas la  mer à boire de dire  à Julien que tu étais avec moi samedi soir, au cinéma.

— Bon ma grande, il y a une chose que tu ne veux pas comprendre : que tu trahisses Julien avec un inconnu, c’est ton problème  mais que tu me demandes de te couvrir,  non. En plus un samedi il ne voudra jamais  me croire, il sait très bien que Maman vient à la maison.

— ….

— Mais tu m’ennuies, ce n’est pas la  peine de  bouder, il fallait prendre tes responsabilités. Quelle idée en plus de sortir avec ce faux-jeton de  Stéphane, toutes les filles ont couché avec lui, et toi tu t’es  laissée avoir.

— Je te fais remarquer que je n’ai pas encore « couché » comme tu dis avec un autre homme  que Julien.

— Alors c’est quoi cette embrouille avec Stéphane ? 

—  Mais qui t’a dit que  j’étais avec Stéphane ? Je te demandais simplement de   m’aider en me couvrant  pour samedi soir  mais si tu le  prends  ainsi, je te laisse et  n’essaie pas de  me téléphoner car  j’en ai gros sur le cœur là.

— Je me fiche de tes états d’âme  mais je  maintiens que je ne couvrirai pas  un adultère.

— Ah au fait que je te dise, samedi dernier  j’étais avec mon frère et on a fait tous les magasins pour trouver  un chouette cadeau pour Julien pour ses  quarante ans… Sur ce,  je te dis bonsoir et je raccroche.

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes nouvelles

 

Beauté éphémère

 

Elle était assise devant la porte de sa maison et  à travers  son grillage rouillé regardait les  passants.  Que se passait-il dans ce  petit village déserté depuis des années pour que Adeline  s’intéresse à ce point  au va et vient dans sa rue ? 

Il faut revenir quelques mois en arrière  pour comprendre.  Un matin, elle se réveilla complètement transformée. Elle si douce et si jolie  avait pris  des rides et du poids dans la nuit. Par quel hasard ? Comment cela a-t-il pu arriver… ? Complétement effondrée devant la glace de sa salle de bains elle n’en finissait pas de se  palper.  Les hanches, larges, le ventre  bedonnant, la cellulite sur les  bras et surtout ce double menton quelle horreur.  Et la cerise sur le gâteau, ses cheveux qu’elle avait longs et brillants  étaient devenus gris et sales. 

Pauvre Adeline.  Son mari, un homme de haute taille et portant fièrement une grande barbe qu’il ne coupait jamais  s’assit comme tous les matins, face à elle  pour prendre son bol de café quotidien. Il ne la regarda pas, mais cela  était comme d’habitude. Il y avait bien longtemps qu’il ne la voyait plus.  Aussi, elle  l’interpella : Paul, tu ne remarques rien ?

Paul sans lever le nez  lui répondit d’une voix agacée : je devrais ? 

Elle capitula. Ce n’était pas  la  peine d’insister, il n’en avait rien à faire. Par contre quand elle passa  près de lui, il ne put s’empêcher en vrai macho qu’il était, de lui mettre une main aux fesses. Et là, enfin, il leva  la tête  pour la regarder.

— C’est quoi ce cinéma ?

— Que veux-tu dire ? 

— Tu t’es déguisée en sorcière ce matin ?  Tu as mis du rembourrage à tes fesses ? Remarque tu en avais besoin, plate comme tu es !

Adeline, suffoquée regardait son mari comme  on regarde un extra-terrestre. Il n’avait rien remarqué d’autre que la taille de ses  fesses ? 

— Paul, tu ne remarques rien d’autre ?

— Si la vaisselle dans  l’évier.

Folle de rage, elle lui balança son bol à la tête.  Il rugit se leva vivement et  l’attrapa par le bras en la poussant violemment dans le mur. 

— Ne recommence jamais ça  où je te tue de mes  mains.

Pour lui aboyer cela, il la regarda et malgré tout resta sidéré.  Etait-ce bien sa femme cette …Chose… devant lui ? 

— Tu vois Paul, ce qui m’est arrivé cette nuit, je suis devenue  un monstre. Et toi ce que tu trouves à dire c’est que je me suis mis des coussins  aux fesses ? 

— Alors  je ne rêve pas. C’est ainsi que tu seras dans  vingt ans ?  Grosse, mal fagotée, ridée et hideuse ?  Heureusement que c’est arrivé aujourd’hui, ainsi je sais à quoi m’en tenir. 

C’est tout ce qu’il lui dit avant de  monter  à l’étage faire sa valise.

Elle ne le revit plus.  Il la laissa se débrouiller seule et c’est pourquoi, aujourd’hui, elle reste assise dehors  pour regarder  les  passants. C’est ainsi qu’elle vit depuis le départ de Paul.

Elle avait mis une annonce dans le journal et les gens  venaient  le dimanche  voir  la  « Chose »

Car  il faut reconnaître que cette femme n’avait plus rien d’Adeline.  Elle était hideuse, énorme, et  laide et sale.

Les gens  payaient  pour venir  voir le  phénomène dont Adeline avait fait elle-même la  promotion :

«  Comment savoir ce que l’on sera dans 20 ans, moi je sais. Venez voir, ça vaut le détour. »

Et depuis, des centaines de gens venaient chaque dimanche  regarder à travers  le grillage rouillé  la pauvre femme  mourant de vieillesse à 40 ans… ils payaient pour voir cela.  L’homme est un voyeur.

Cette  petite  histoire est la mienne, Paul m’a quittée un jour sans prévenir et depuis, moralement   j’ai pris  vingt ans, je me sens vieille et moche et je crois que je ne vais pas  m’arranger en vieillissant…
 

 

 

 

 

 

 

 

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