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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Défi 242

L’invitation méphistophélique

Un p’tit mot intello en imposé cependant: «Hexakosioihexekontahexaphobie »

 

Il fallait y penser

 

Je n’aurais jamais pensé que je serais heureuse de retrouver Louis, mon ami d’enfance. Enfin quand je dis d’enfance je veux plus simplement dire mon premier amoureux. Nous étions des gosses, nous n’avions pas quinze ans. Et puis la vie est pleine d’imprévus, voire de mauvaises surprises. Son père décéda et sa mère et lui déménagèrent pour se rapprocher de leur famille en Lorraine. J’ai pleuré, voulu me suicider puis, aidée par mes parents, j’ai pris sur moi et décidai d’attendre ma majorité pour aller le rejoindre. Il me le demandait d’ailleurs dans chacune des lettres qu’il m’envoya dès son départ. J’en reçu cinq exactement puis un jour plus rien… je m’étais habituée doucement à ce manque de lui mais au fond de moi grandissait une rancœur, et une soif de vengeance. Je ne m’en rendais pas vraiment compte. Je vécus dix ans avec cela et j’allais nettement mieux. C’était enfoui loin très loin. Je m’étais mariée et j’avais eu un enfant que j’adorais. Je l’avais appelé Louis, pas par hasard mais je n’avais pas envisagé de le nommer autrement.    

Un jour que je discutais avec ma meilleure copine Aline, je vis un homme grand, le visage un peu buriné, très blond, beau comme un dieu, se diriger vers nous.

— Salut les filles, salut toi ma douce, ajouta-t-il en embrassant Aline sur les lèvres. Je fus d’abord très gênée puis soudain, comme un éclair je me souvins de tout. Ces yeux ! personne ne peut oublier des yeux si beaux, ni verts, ni gris, ni bleus mais lumineux et cette blondeur, mais oui c’était lui, c’était mon amour de jeunesse ! devant moi là ! et il embrassait ma meilleure amie ! elle ne m’avait rien dit, il ne m’avait pas prévenue de son retour, mais alors je n’étais rien pour lui ?

Pourtant il m’avait envoyé un petit châle que j’ai toujours d’ailleurs, et il m’avait juré fidélité jusqu’à son retour à Paris. Il était sûr de revenir, pour moi, disait-il dans ses lettres.

Me voilà donc toute rougissante, lui serrant la main en espérant de tout mon cœur une petite étincelle dans ses yeux et une exclamation de joie en me reconnaissant ! Rien… Aline, très ennuyée ne savait ce qu’elle devait faire. 

— Bonjour Louis, ça fait un bail, dis-je légèrement.

— Salut, désolé mais on se connait ? Ton visage ne m’est pas inconnu…

— Le tien non plus….

Il avait tellement l’air idiot que je lui rappelai en deux mots notre aventure de jeunes amoureux à leur première expérience, il y avait maintenant vingt ans.

— Eh bien ma pauvre ! tu as dû sacrément prendre un coup de vieux, je ne t’aurais jamais reconnue, tu étais plus mince avant non ? 

Quel salaud ! Quel rustre !

Aline me prit le bras et s’excusa de ne pas m’en avoir parlé.


 

— En fait j’ai revu Louis il y a six mois et nous sommes tombés amoureux. Jamais nous n’avons parlé de toi et je m’étais dit que maintenant tout était oublié. Tu étais mariée, heureuse maman et ce n’était pas utile de remuer de vieux souvenirs.

— Tu as très bien fait ma chérie, Louis est un homme que l’on oublie facilement, il est vide à l’intérieur à part son physique qui peut tromper les femmes, moi qui le connais je peux te dire qu’il ne vaut pas une larme et j’éclatai de rire (pour ne pas pleurer)

— Oh je suis heureuse que tu le prennes ainsi, je craignais le pire !

— Le pire ? mais ma pauvre Aline tu veux rire, je te laisse volontiers ce pauvre type. Même pas fichu de se souvenir avoir aimé une jeune fille, tu imagines dans dix ans quand il ne se souviendra même pas t’avoir appelée ma douce ! et qu’il te demandera comme à moi tout à l’heure :  on se connait ?  Ah Ah !

Je jouais les dures mais au fond de moi, j’avais la haine, contre lui, contre son indifférence, contre son manque de tact bref…

J’avais un plan machiavélique je le conçois, mais il le fallait.

J’allais le tuer. Oh pas de mes mains bien mieux que cela. Je les quittai sans les saluer  bien décidée à me venger.

La semaine suivante, m’étant calmée je me dis que finalement les inviter tous les deux à déjeuner pendant que mon mari était en démarche serait une bonne idée.

Ils acceptèrent et quand ils sonnèrent à ma porte, je jubilais. Enfin mon jour était arrivé !

J’avais préparé mon plan. J’étais descendue dans le hall de l’immeuble et avait placé un numéro sur ma boite à lettres au-dessus de mon nom.

Je leur ouvris et je regardais Louis livide.

— Que se passe-t-il ? tu es tout pâle ? Tu veux de l’eau ?  Un remontant ? Aline ? que se passe-t-il ?

— Je ne sais pas il est comme cela depuis le hall, il a verdi d’un seul coup en se tenant le cœur. Appelle un médecin ou le SAMU, s’il te plait, il fait peut-être un malaise cardiaque ? 

— Oui j’appelle en attendant fais- le assoir sur le canapé, dis-moi le SAMU c’est le 666 ou le 115 ?  Je confonds tous les numéros, il parait que ce n’est pas grave !

— Non pas le 666 où as-tu été cherché ce numéro ! vite, fais vite il va vraiment très mal.

Je faisais de mon mieux en laissant trainer mes doigts sur le cadran de mon portable. 

Je me retournai vers eux et quand je vis Louis chercher l’air, se tenant vraiment le cœur et la gorge en s’étouffant je savais que j’avais gagné.

Il allait mourir, je m’étais souvenu qu’il était hexakosioihexekontahexaphobie, et en voyant le numéro 666 sur ma boite à lettres il avait déjà été mal mais quand j’ai dit que j’appelais le 666, il n’a pas résisté.

On ne se moque pas impunément des sentiments d’une jeune fille amoureuse…

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