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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

Défi  212 Croqueurs de mots

Le Street Art, ou Art de la rue  Le défi va consister à écrire une petite histoire en y incluant au moins l’une des propositions suivantes :

  • un regard bizarre,
  • les murs ont de grandes oreilles,
  • la chance me sourit.

 

Sur les murs de  Paris

 

Je me retrouvai dans une rue déserte de Paris et  l’envie  me prit de  m’asseoir à une terrasse  de café que je voyais au loin.  Je  me dirigeai donc  vers  le boulevard  quand  je levai la tête  pour voir un hélicoptère qui  tournait sur la capitale comme cela arrivait  souvent.

Mes yeux furent attirés par un pan de mur  recouvert d’une énorme fresque représentant un repas de famille. L’immeuble devait faire six étages comme beaucoup, et cette  peinture grimpait jusqu’au toit.  Magnifique talent  en plus.  Les couleurs étaient superbes et  les  personnages très bien représentés.  Je trouvais que la femme était extrêmement jolie et surtout avait un regard  bizarre qui semblait  nous suivre, nous les  petites fourmis sur le trottoir.  Si j’avais entendu : venez donc vous asseoir  près de nous et  manger un morceau, je n’aurais  même  pas été étonné. Je me surpris  même  à vouloir leur dire un mot mais me suis rappelé ce que  ma grand-mère disait toujours : parle doucement, ne crie  pas dans la rue car  les murs ont des grandes  oreilles !

Cette  phrase  me poursuivait depuis mon enfance et  personne ne  m’a  jamais entendu parler à voix haute en dehors de chez moi.

Mais aujourd’hui est un autre  jour.  Devant cette  magnifique œuvre  je  me  dis que  c’était un très bon jour.  J’étais heureux de  me rendre compte enfin que les murs pouvaient revivre et nous faire rêver grâce à tous ces artistes. Et  je pensais également que c’était un hasard  si j’étais  passé par cette rue.  Peut-être que tout simplement la chance  me sourit, et  demain j’irai ailleurs  pour chercher encore de la beauté dans cette  ville sans  âme.

 — Bonjour Monsieur, je vous sers quoi ? 

— Rien pour l’instant, j’attends des amis, en lui montrant  la famille  sur  le mur.

— On fait comme ça, répondit le serveur en faisant signe à son collègue que je devais  être  à moitié fou.

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Vous avez reçu une invitation à un vernissage, avec un(e) ami(e) ….

Ravie ou outrée vous partagez vos impressions devant les premières œuvres exposées … et mieux si vous insérez 2 expressions contenant le nom d’un animal

 

La peinture et moi

 

J’attendais  à la sortie du métro Hôtel de Ville, dans le froid,  Jodie qui devait me retrouver  pour aller  voir un vernissage auquel  Marylou, une amie commune,   participait. 

C’était la  première fois que je venais dans ce genre d’endroit  car  je ne comprends rien à la  peinture;  je peux  simplement  m’exclamer : c’est beau… c’est  pas mal…  je n’aime  pas trop…  mais vraiment sans connaissance aucune de cet art que beaucoup admirent.

Quand Jodie arriva, elle m’embrassa et me dit :

— J’ai une mauvaise nouvelle, en fait  Marylou ne viendra pas, elle est grippée et  certainement  la peur au ventre,  elle ne se sentait de toute façon pas d’attaque  à venir écouter  les réflexions sur sa peinture.

— Alors  là, pas cool, elle aurait pu nous téléphoner avant. 

— Jusqu’au dernier moment elle a cru qu’elle  pourrait faire face.

J’étais furieuse car  je gâchais mon après-midi.  Jodie voulait absolument  entrer dans cette galerie et  forcément  je l’ai suivie. 

Et  là je dois avouer que  une fois  la colère  passée  je circulais parmi des gens qui eux, savaient du moins donnaient  l’impression de savoir, ce que représentaient tous ces tableaux  petits, moyens  et grands  pendus  aux  mur.

Je remarquai plus  particulièrement plusieurs tableaux du même auteur. Original disaient certains, magnifique,  disaient d’autres et  tout à coup une voix s’éleva, c’était Marylou :

— Juste bon pour tapisser mon séjour. 

Tout le monde s’arrêta et la regarda outrés. Comment  pouvait-elle  porter un jugement si intense sur des œuvres d’autres artistes ? 

— Bon ne paniquez  pas ces toiles sont de moi.  J’ai le droit de  ne pas les  aimer  non ? 

Cela ne se  passa  pas  comme  ça.  Les visiteurs furieux ont commencé  à l’invectiver, du genre  ce n’est pas  parce que  vous  êtes nulle en peinture qu’il faut  nous  prendre  pour des  imbéciles. Si c’est si mauvais  pourquoi continuez-vous  à faire ces horreurs,  etc...etc….

Marylou ne répondait  pas mais discrètement nous entrainait au fond  de  la galerie.  L’ambiance était un peu calmée et  nous regardions enfin plus sereinement  ce qui nous était  offert  à nos yeux de candides. 

J’en remarquai un particulièrement  réussi, à mon gout ;  il s’agissait d’un chat noir  assis et une  patte levée  prêt à se  la  passer  par-dessus  l’oreille.  On aurait cru qu’il allait  sortir du tableau et venir  se frotter contre  nos jambes tellement il semblait vrai.

Derrière nous  les visiteurs s’agglutinaient et étaient eux aussi scotchés devant cette  toile magnifique.

Quelqu’un demanda qui avait pu faire ce chef-d’œuvre et Marylou se tournant vers eux, leur  dit : c’est moi.

Ils restèrent sans voix et elle enchaina : eh oui, je peux  être capable du pire et du meilleur. C’est cela aussi être artiste.

Tout le monde se tut et  nous sortîmes  toutes les trois en riant. 

— Bon les filles  je vous  offre un verre ?  J’ai vendu  mon chat !

— Non !  A qui ? 

—A  la dame qui a été la  plus violente dans ses  paroles  quand  j’ai parlé de  papier peint, donc  j’en déduis que cette  acheteuse aime  la peinture et ne  veut pas qu’on la dénigre.  C’est tout  bon pour les artistes des gens comme  ça, il y a tellement de détracteurs !

— A la vôtre les filles !

— Marylou, c’est ton chat qui est sous la table ? 

— Oh  le vilain, il a sauté de son cadre ! 

Jodie, effarée  nous regarda et annonça qu’elle  n’irait plus  jamais  à un vernissage où alors  quand il n’y aura que  des natures mortes….

 

 

 

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