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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

defi 86 croqueurs de mots

Publié le 24 Septembre 2012 par marie chevalier


A l'abordage, défi N° 86: et si tout n'avait pas été dit ?

 

 Il ou elle a disparu dans des circonstances étranges, tragiques, mystérieuses. L'histoire dit que ses jours se sont arrêtés, et que le livre est fermé.

Pourtant ....

Vous avez retrouvé un document, une archive, dans le fond de votre grenier, dans un rayonnage de bibliothèque poussiéreux, et maintenant vous savez.

Vous savez que il ou elle n'a pas fini ses jours comme il a été dit, que tout n'a pas été dit, et que cette personne a vécu, ailleurs, dans le secret.

Il est temps de lever le voile, à vous de le faire ! De nous dire comment c'est arrivé et  ce que cette personne est devenue, après ...

 

           Parfois, il ne faut pas chercher à savoir

 

 J’avais décidé de prendre quelques jours de vacances et d’aller  en Auvergne. J’avais repéré un petit buron perdu dans la nature qui me correspondait bien du moins  à mon état d’esprit du moment.  Je suis  une  inconditionnelle des vieilles pierres et surtout des vieilles maisons avec  grenier où souvent sont enfouis  des souvenirs dont  personne n’a idée ! Dans celui de cette maison une grande malle ne tendait les bras quand je suis allée  visiter l’étage.

J’y trouvais un vieux cahier  à spirales rempli d’une  petite écriture un peu tremblante. Le bonheur pour moi.  Dès mon premier soir, devant ma cheminée allumée (les soirées sont fraiches en septembre)  je commençai ma lecture.

«  … Jordan, à l’âge de dix -huit ans, avait voulu quitter ses parents pour vivre sa vie, clamait-il depuis des mois à qui voulait l’entendre.

Un matin d’hiver, un petit village dans le Puy de Dôme, encore endormi n’entendit  pas les  pas assourdis par une neige poudreuse qui voletait depuis plusieurs heures. Pourtant c’était cette nuit -là que Jordan, son sac à dos  plein de conserves  et d’eau, sans un regard en arrière, disparut.

Oui bien sûr, ses parents savaient qu’il voulait les quitter. Bon prince, il leur avait dit en les embrassant un soir : Demain, je serai loin, ne m’en voulez pas, je pars mais je reviendrai vite vous voir, je vous aime.

Louis et Francine, respectant sa décision n’avaient rien fait pour le retenir. Un petit signe de croix de la  part de Francine et encore,  dès qu’il eut le dos tourné !

C’était en 1965. Murol recevait ses touristes  qui adoraient visiter les ruines de son château. Georges Sand  l’aurait loué  parait-il alors quel beau souvenir à raconter en rentrant  de vacances !

Par contre, les  parents de Jordan, natifs de  Clermont-Ferrand n’y avaient jamais mis  les  pieds.
et puis, il y avait ce  fameux « saut de la pucelle »  immense rocher à pic près de  Murol,  justement .
Une histoire qui faisait encore frémir. Cette  pauvre bergère poursuivie  par les assiduités du Baron préféra se  jeter du haut de cette falaise  plutôt que de subir  les  outrages. Elle en remonta indemne et  naturellement personne ne voulut  la croire, alors elle  se jeta de nouveau dans le  vide et  … Mourut.

Après le départ de Jordan, plusieurs  mois passèrent dans l’inquiétude. Pas de nouvelles. Certains disaient l’avoir vu en haut du Puy de Dôme, d’autres au Puy de Sancy, d’autres encore dans la cave du boulanger de Murol. Mais cela ne disait pas  aux  parents  tourmentés ce qu’il devenait.

Un jour pourtant, un corps  aurait été aperçu au pied du rocher du « saut de  la Pucelle » par des randonneurs.
Les pompiers, la police, même des soldats enfin un déploiement d’hommes gigantesque fut mis en place. Mais personne n’a retrouvé le corps. Pourtant les randonneurs étaient formels : ils l’avaient vu!

Bref après plusieurs semaines, les recherches furent abandonnées et étant donnés  les témoignages de  villageois, on s’accorda  pour dire qu’il s’agissait  de Jordan. Beaucoup l’avaient aperçu aux alentours quelques jours avant la découverte de ce corps  méconnaissable en plus !

Les  parents mortifiés et  effondrés, se sentant coupables de l’avoir laissé  partir, se torturaient  de chagrin. Francine perdit complètement la tête et Louis la quitta  pour ne plus entendre parler de cela  et surtout lâchement pour ne  pas voir sa femme dépérir… »

 

J’en étais là de ma lecture, complètement retournée par ces lignes écrites surement  par  quelqu’un qui connaissait bien l’histoire, peut-être  même  la  maman de Jordan ?  Peut-être avait-elle essayé de raconter cela  sur  ce cahier  pour exorciser sa peine  et  l’avait abandonné  dans  ce grenier ?  Peut-être aussi n’avait-elle jamais cru que  le corps  aperçu soit celui de son fils ?

Je n’ose  dire que comme dans les romans noirs, en rangeant ce cahier  une feuille en tomba. Cela fait roman fleuve et pourtant c’est ce qui arriva.
Je me baissais pour la ramasser et la lire. Il s’agissait d’une  lettre venant d’Espagne, de Madrid  exactement, signée Jordan et datée de décembre  1990, vingt- cinq ans après sa disparition !!! Qui l’avait mise dans ce cahier ? de plus en plus troublée je décidai de  passer à autre chose et de laisser  les fantômes vivre  sans moi.

Cela ne fut pas simple car j’étais à peine  couchée, il devait être minuit, un coup sec à ma porte  me réveilla en sursaut.

— Ouvrez s’il vous  plait !

— Qui êtes-vous ? Que  voulez-vous ?

— Ouvrez, vous dis-je !

Je pris le tisonnier  sur le valet de cheminée et en robe de chambre, pieds nus sur un carrelage glacé, je me dirigeai  vers la  porte.

Ne me croyez  pas et surtout si vous  êtes sensibles  ne  lisez  pas ce qui va suivre.
J’ouvris  donc  la  porte, le tisonnier caché dans ma  main gauche.

Devant moi, je vis un monstre. Oui, oui un monstre ! Une silhouette décharnée, très grande, et là encore  pas comme dans les romans noirs  vêtue non pas d’une grande cape,  mais  d’un jean et d’une chemise  à carreaux dans  lesquels elle flottait. Ce qui m’effraya le plus, ce fut ce trou dans le visage à la  place de l’œil gauche. Cela lui donnait vraiment l’apparence d’un mort-vivant. Il ressemblait plus à un squelette que l’on aurait  habillé qu’à un homme vivant.

— Bonjour Madame, savez-vous que vous  êtes chez moi ?  Me dit-il d’une voix très douce comme celle d’une fillette de six ans.

— J’ai loué cette  maison pour mes vacances  mais qui êtes-bous ?

— Jordan..
— Mais ce n’est pas possible, vous êtes mort en 1965, je viens de lire votre  histoire !

— C’est ce que tout le  monde a cru. J’ai vécu dans une grotte au pied du rocher après  être tombé. Peut-être avais-je perdu la raison ? je me suis senti bien, à l’abri de tout. Quand  les secours sont arrivés  je  me  suis  caché encore plus  profondément et  j’ai bloqué l’ouverture avec des branchages.

— Mais pourquoi ? 

— Puis-je entrer  me réchauffer auprès du feu, je vois que vous avez remis  la cheminée en marche, vous avez trouvé du bois c’est bien… Je rêve de ce moment depuis  vingt -cinq ans.

— Mais enfin qui vous en empêchait ?

— Personne, simplement  moi. J’étais si bien, tranquille, avec comme seuls amis les rats, les mulots, les couleuvres, les souris. Parfois un mouton s’égarait et tombait du rocher.  Je m’en faisais un festin pendant plusieurs  mois.

Je vivais un cauchemar. Un squelette puant était entré dans la  maison et je parlais avec lui comme  à une  petite réception entre amis. Qu’allait-il faire, me faire ?  J’angoissais. Il dut s’en rendre compte car il me caressa  le bras de ses doigts décharnés. Je poussai  un cri de terreur.

— N’ayez pas  peur, je ne  mange  pas encore d’humains.
Pas rassurée pour autant, je lui demandai s’il avait faim.

— Autrefois, les touristes balançaient des ordures en bas du rocher, des restes de casse-croute, des bouteilles à moitié vides, des restes de  pizzas, j’arrivais à me sustenter à peu près correctement et  j’écrivais. C’est moi qui ai écrit le cahier que vous avez lu. Je venais souvent ici depuis  ma « disparition » Je montais au grenier et j’écrivais.

Je répétais ma question : Avez-vous faim ?

— je mangerais  bien effectivement un petit morceau, me répondit-il en souriant.

Ça tombait bien, j’avais fait mes courses  le matin et  fait cuire un énorme poulet. Je préparais rapidement des  pommes de terre  que  je fis  bouillir et en attendant lui servit un gros morceau de  pâté de campagne. Je sortis la  boule de  pain d’un kilo et  m’assis en face de lui. J’avais du mal à supporter sa vue, il s’en rendit compte et demanda à manger seul sur la table  basse du salon.

— Non non pas question, vous  êtes mon invité !

Il se goinfra, engloutit le repas en un temps record, et s’écroula  la tête dans son assiette.

Je me levai  précipitamment et écoutai son cœur, il ne battait plus. Il était mort d’avoir trop mangé et trop vite. Il n’en avait plus  l’habitude, quelle horreur !

Je le glissai  jusqu’à ma voiture, il ne pesait pas lourd et en tremblant m’enfonçai dans la nuit vers « le saut de  la pucelle ». Je le basculai, j’entendis  un bruit de choc  puis plus rien. Il ne pouvait quand  même  pas revivre de ses cendres une seconde fois !

Voilà c’était fini. Je rentrai dans ma location et poussait un grand cri. Son œil valide était sur la table.  Si si je vous assure !

Vous ne  me croyez  pas ?  Venez me voir à L’hôpital psychiatrique de Sainte Anne à Paris, je vous  montrerai l’œil que j’ai mis dans  un bocal au-dessus de  mon lit.  Les infirmiers confirmeront mon histoire, ils savent bien que j’ai toute  ma tête…

 

Fin

 

 

 

 

 

 

 

 

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défi 85 (croqueurs de mots)

Publié le 10 Septembre 2012 par marie chevalier

Défi 85 : « un chant d’Encre »
 Je propose un "Chant d'Encres", composé de chacune des nôtres, à partir de la bande sonore ci-jointe (ce qu'on entend en ce moment même, en principe) : après l'avoir écoutée, ou pendant l'écoute (selon l'envie) écrire ce que cela nous inspire, un mot, une histoire, un poème, une pensée, ce que l'on veut...
Cette bande sonore est extraite de l'album de Patricia Dallio "L'encre des voix secrètes" et s'intitule "Intrigue". L'univers de P.Dallio et ce titre ne devraient cependant pas orienter nos écrits, j'en donne la référence pour insérer la bande sonore dans l'article. Après, c'est aussi une bonne occasion pour écouter d'autres de ses compositions...
 
 
Angoisse naturelle
 
Je suis allongée, crispée et inquiète :
J’entends ce bruit qui se répète
Comme un train au loin.
Il se rapproche, le bruit s’amplifie
Emplit la pièce, saccadé!
Mais aussi lancinant.
Puis comme quittant une gare
Il diminue, toujours régulier.
Madame, soyez sereine
Et ne craignez rien,
Tout se passera bien
Me confirme  cet écho- doppler
Je vous le promets :
Ce sera un beau bébé
Fin
 
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jardin secret

Publié le 3 Septembre 2012 par marie chevalier dans mes poèmes

 

JARDIN SECRET  


 

Nous ne sommes ni du même âge
Ni du même herbage
Et pourtant comme ta voix
Me fait voyager !

Tu n'es jamais près de moi
Une autre profite de toi
Mais je sais qu'au fond
Tout au fond, dans ton cœur je suis là

Nous sommes faits pour nous aimer
Pas pour nous séparer ni rêver
Nous ne sommes l'un pour l'autre
Rien d'autre qu'une éphémère douceur.

Je t'espère, t'attends
En sachant que demain est un autre jour
Je t'espère et tu m'attends
Sachant que je ne suis pas l'autre
 Peut-être pour cela
Que nous sommes encore amants ?
Sans discours sans promesse
Que de la tendresse …

 

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