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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

est-ce une nouvelle façon de communiquer?

Publié le 27 Avril 2012 par marie chevalier dans mes textes divers

 

 Afin de connaître mieux le monde du « net»,  Florine décida pendant quelques mois, de fréquenter régulièrement ce que tout le monde appelle les «chats de rencontre ». Chaque connexion quelque soit le nom du serveur, propose à ses internautes des chats où le monde se parle, se connaît, échange. Ils sont classés bien souvent par genre : rencontres, régions, âges et aussi sexe. Elle n'y est jamais allée, elle se trouve trop pudique et quand elle en parle avec ses amis elle plaisante, en leur disant: Qui sait, imaginez que je cède à la tentation ! »

 

Cela étant, elle découvrit au fur et à mesure de ses «voyages » une micro-société qui est insoupçonnable vue de l'extérieur et par les non- initiés d'internet : des hommes et des femmes de tous milieux, de toutes ethnies, de toutes professions, de tous âges, viennent régulièrement plusieurs fois par jour «tchater» et se rencontrer.

Il y a le « géné » où là, tout le monde parle à tout le monde, demande des nouvelles de la santé du petit dernier, si l'examen du grand se passe bien, si tout va bien en fait, tout  simplement.

 

Ceci se mélange chacun répond à l' autre sans tenir compte de ce qui se passe entre deux autres personnes, ou même parle seul sans attendre de réponse annonçant une idée, et partant sur un tout autre sujet à l'arrivée d'un autre «tchateur ».

Pour le novice cela fait très désordre, fouillis, mais on se rend vite compte que finalement les gens se connaissent au moins en paroles et sont comme de vieux amis autour d'un verre.

Si l'on « creuse» un peu, hélas il n'en est plus de même …mais c'est une autre analyse.

Florine et les autres ont des « pseudos». Souvent ils gardent le même mais parfois aussi, ils en changent ce qui leur permet de jouer, de se camoufler encore plus et avoir encore plus d'anonymat, car le principal atout de ces pseudos, c'est l'anonymat : pouvoir dire ce que l'on veut à n'importe qui sans barrière sociale, sans tabou puisque de toute façon on ne sait pas qui se cache derrière.

 

Comment ces pseudos sont -ils choisis c'est la question que se pose encore Florine. Une femme laide préférera-t-elle « Belle» ou Vénus» ? Un charcutier prendra -t-il «Quisuisje»? un cadre « Quepourtoi»? Et tellement d'autres aussi intéressants qu'anonymes !

 

Un climat de confiance se crée très vite, l'accueil est souvent très convivial, et toujours le temps d'un moment, une femme mariée, cinq enfants qui s'ennuie à mourir dans sa banlieue perdue de province devient pour un instant seulement la reine du « géné » : bonjour ma douce … tu m’as  manqué…toujours aussi belle…toujours aussi super…j’adore tes bisous…je t’adore…voire  parfois … je t’aime ; tout cela sans gêne et  sans retenue.

 Un autre, boutonneux  et timide se verra courtisé  par les femmes : tu es trop mignon… j’aime  les  mots doux… bisous  mon cœur… je t’adore…

 Rêves, fantasmes ? double vie ?

 Le tout sans doute, et c’est  là que  le  bât  blesse. Quand  l’ordinateur s’éteint, tout le  monde se retrouve seul avec ses  problèmes. La tête encore  pleine de  tous ces  mots doux, cette chaleur, ces  mots accueillants, fraternels, amicaux même un peu amoureux parfois. Le rêve s’arrête et  les enfants réclament  leur dessert, le  mari trouve  que  le  repas était  moyen, l’épouse que son mari à l’air ailleurs ce  soir ( c’est  à cause de  ces fichiers d’ordinateur, il se crève tous  les soirs dessus)

 

Non, le mari se souvient tout simplement de ce joli pseudo « Rienquepourtoi » avec qui il a pris contact en privé ce soir et qui lui a, pendant plus d'une heure fait oublier le quotidien et l'a fait rêver à une autre vie avec cette merveilleuse femme qui a l' air si belle, si compréhensive: ils ont abordé plein de sujets, comme elle est intelligente comparativement à Madeleine, sa femme qui ne sait parler que repassage et qui ne s'intéresse à rien

 

Quelque part encore ailleurs, une «Joliemôme» rêvera en repassant les chemises de Jean-­Claude, son mari, employé à la SNCF, à ce bel « Adonis », c'est son pseudo, qui voudrait la rencontrer, tellement il la trouve à son goût. Il lui dit d'ailleurs qu'il l'aime il lui a dit le premier jour, elle a fondu forcément. Depuis combien de temps son mari ne lui dit plus? et puis il y a aussi « Féroce» qui la harcèle, qui lui dit que depuis qu'il la connaît, il ne touche plus à sa femme...
Ailleurs, dans  un autre foyer, une « Madeleine » qui a  un joli pseudo « Vénus » a rencontré ce soir  un homme extraordinaire, pas bête, gentil, cadre, galant, qui n’a fait que  la complimenter. Ah ! Ca  la change de ce  mari froid, pas causant, qui va se coucher dès qu’il a fini son repas sous prétexte qu’il est  fatigué….

Et puis, et  puis…

 

La routine continue, la vie reprend et le lendemain, « Féroce » sur le « géné » dira bonsoir mon amour à« Airelle» nouvelle venue sur le chat, et lui demandera s'il peut lui parler en privé. Elle répondra: j'arrive mon ange... et «Joliemôme» pleurera devant son écran, des larmes de déception: comment ose- t-il lui faire cela, à elle, à qui il disait hier «je t'aime? »

Ses larmes continueront de couler silencieusement quand elle voudra parler à « Adonis » en privé et qu'il lui répondra: «je suis occupé.. » elle insistera, il se fâchera et lui dira: « mais enfin qu'espérais-tu? nous ne sommes que du virtuel ciao bonne soirée.. »

Ah que ces rejets sont douloureux, des « Vénus », des  « Joliemôme », il  yen a des centaines qui passent sur ces chats tous  les  jours et des « Adonis » des centaines également, qui tous  les soirs racontent des  mensonges, font du mal sans s’en rendre compte, uniquement sous couvert de  l’anonymat, tout  leur paraît permis sur ces chats et eux  mêmes  croient  à leurs  histoires et  fantasmes.

 Le mal comme le bien car Florine reconnaît y avoir fait des rencontres très intéressantes, d'artistes de toute nature, peinture, écriture, musique. Alors que font tous ceux-là tous les

soirs ?que cherchent-ils eux et elles qui ont l'air d'être bien dans leur tête? Peut-être ce qu' y a trouvé Florine : des dialogues intéressants, très intéressants,  souvent très drôles.parfois très tristes d'hommes et de femmes qui éprouvent le temps d'un soir, l’envie  de sortir de leur peau pour mieux revenir à leur quotidien.                                                                                  

 

Florine a parlé avec des femmes qui avaient eu un cancer et qui le racontaient.

Elle a parlé avec un homme qui venait de perdre un enfant très jeune.

Elle a parlé avec un homme veuf et désespéré de chagrin.

Et surtout elle aussi, pendant un instant, elle était une autre, qui par un mot, une blague avait peut-être aidé quelqu'un à un moment où la solitude devenait intenable.

Elle n'a pas voulu s'éterniser ni trop parler des racistes et xénophobes qu'elle a parfois rencontrés sur le « géné » et avec qui elle s'est battue avec ses seules armes : ses mots, car des opérateurs sont là normalement pour« éjecter» ceux qui tiennent ce genre de propos.

 

Alors  le  net ?  Polluant disent certains

Indispensable disent  d’autres.

Si l’espace d’un instant Florine a  permis  à quelqu’un d’être  moins seul ? Pourquoi renier ce  nouveau mode de communication ?

Cela fut  la conclusion de  Florine…

 

 

 

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Elle n'est plus là...

Publié le 26 Avril 2012 par marie chevalier dans mes nouvelles

 

                                                         ELLE N’EST PLUS LA

 

Trois heures du matin : Jacques se réveille comme depuis des semaines : complètement en sueur et oppressé. Ses draps sont humides et  il tremble. Il est si mal : Combien de temps va-t-il encore durer ? Combien de temps tiendra-t-il le coup ?

Cela fait maintenant six mois que sa compagne l’a quitté et pourtant il sent encore son parfum dans  toutes les pièces de  la maison. Il sent la pression de ses doigts quand elle  lui prenait la main dans la  nuit pour se rassurer.

Il entend encore son souffle quand  elle se retenait de ne  pas gémir de douleur.

Il entend  sa voix quand  elle lui murmurait qu’elle allait le laisser seul et que ça la rendait encore plus triste.

Il se lève, abruti de fatigue et de manque de sommeil.  Vite  de l’air et surtout allumer la télévision pour rompre ce silence et se sentir vivant.  Il ouvre la  porte-fenêtre qui donne sur un jardin maintenant à l’abandon. Pour qui ? Pourquoi  l’entretiendrait-il maintenant qu’elle n’est plus là ?

 Il a allumé  la lumière sur sa terrasse et regarde  sans voir les trois pots de fleurs  fanées qu’elle avait plantées avant  qu’elle….

Une envie folle de  la rejoindre le  prend aux tripes.  Il avance dans l’air glacé de la nuit, nu et en chaussons.

Un chien aboie au loin.

Des frôlements légers dans les arbres : sans aucun doute la lumière dérange les oiseaux qui y nichent.

Il s’en fout, plus rien ne l’importe : elle n’est plus là…

Tremblant de froid maintenant,  il enfile  un slip et un tee-shirt et se fait chauffer un café. 

Il est quatre heures trente du matin. Sa nuit est finie, le jour va bientôt se lever.

Il va enfouir son chagrin, ses angoisses, sa douleur et son manque d’elle jusqu’à …Ce soir……

 

 

 

 

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jeudis en poésie : le virtuel

Publié le 26 Avril 2012 par marie chevalier dans jeudi en poésie

LE VIRTUEL NE TUE PAS

 

Qu’elles se nomment

 

Grisette

Ciboulette

Coquillette

Bidouillette

Frisette

Ou Blanchette,

 

Elles sont toutes là.

Espérant le prince

Qui passera

Ou passera pas ?

Les paris vont bon train

Il n’a  pas salué

Vous avez remarqué ?

Il l’ignore ?

Seraient-ils séparés ?

Pourtant ça avait l’air de marcher ?

Mais  non ! vous ne comprenez pas

Une autre est arrivée

Qui se nomme :

Rebecca

Ou Martha

Ou Clara,

Ou Atomica

Ou Jumacha

Ou …….. ?

 

Ah oui ?

Elles aussi ?

Puisque je vous le dis !

Marinelle,

Arielle,

Fontelle,

Canelle,

Isabelle.

Ou….. ?

 

Laquelle de ces nouvelles

Aura droit ce soir

Aux mots doux susurrés

D’un doigt léger

Sur  les claviers de :

Jesuislà

Quefaisjelà ?

Pourquoipas ?

Ou de :

Homme seul

Hommelibre

Hommecultivé

Homme sincère

Ou ……. ?

 

Et si ce n’étaient que des leurres

Toutes ces  phrases, tous ces mots

Qui embaument le  cœur ?

Le soir quand  arrivent nos maux ?

 

Si nous pouvions nous passer

De tous ces fantasmes

Qui font rêver certes,

Mais nous laissent inertes

Plus  malheureux encore

Que  la veille et moins

Que demain.

 

Si……

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defi 79 "d'encre couleur à la Bonheur" croqueurs de mots

Publié le 15 Avril 2012 par marie chevalier

Vous connaissez tous cette poésie de Jacques Prévert

"....Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur"

Loin du tableau noir ou de la page blanche

Jouons les cancres, levons les encres et les couleurs

Choisissez une ou plusieurs couleurs

Décrivez les sensations qu'elle(s) vous procure(nt)

Les souvenirs , les espoirs, le bonheur qui y sont attachés etc...

Fictif ou réalité

Sous la forme qui vous plaira

Poésie, texte court, texte au long cours

Le trou noir

 

Le gris  du ciel ne me fait plus sourire

Et pourtant comme j’aimais  regarder

Toutes ces formes que l’on appelle nuages !

Le gris du ciel ne me fait plus sourire

Quand il annonce un gros orage

Ou pire des trombes d’eau  dévastatrices

Le bleu du ciel me faisait sourire

Quand il me charmait avec  son hôte  le soleil !

Le  bleu, le gris ?

Pourquoi  je n’aime plus ces couleurs

Qui autrefois enflammaient mon cœur ?

Je ne vois plus que de gros nuages noirs

Qui s’amoncellent

Je ne vois  plus  le ciel !

Serait-ce  ce que l’on appelle

Le trou noir ?

 

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défi 78 "veillées contes" "croqueurs de mots"

Publié le 2 Avril 2012 par marie chevalier dans défis d'écriture

Défi n° 78 « Veillée contes » consigne proposée par :

Il était une fois … ainsi commencent souvent les contes.

A votre tour, choisissez un héros (ou une héroïne) parmi les personnages de contes: Petit Chaperon Rouge, Belle au Bois Dormant, Petit Poucet… transposez-le à notre époque, dépoussiérez le contexte, imaginez des rencontres improbables, accommodez l’histoire à votre sauce, faites-nous rire, trembler, frémir...

 

Le petit Yohann

Il était une fois un petit garçon qui s’appelait Yohann et qui avait six frères.

Yohann avait six ans quand sa  maman quitta le domicile conjugal en emportant  tout ce qu’il y avait dans le congélateur et le frigo.
Paul, le père resté seul avec  sa marmaille ne tarda pas  à chercher désespérément  un morceau de pain ou de fromage  dans les  placards. Hélas, elle avait même emmené les réserves de conserves et  biscottes.  Il piquait bien parfois des quignons au réfectoire de son entreprise, mais  un jour  il se fit  prendre et ce fut terminé : plus de soupes au pain.

Un matin que tout le monde dormait pour oublier la faim qui les tenaillait, Paul vint les réveiller en leur promettant une balade  à Disneyland. C’était un mercredi.

Les cris de joie  de ses  petits lui fendirent le cœur  mais il ne  pouvait plus  reculer, il fallait qu’il trouve une solution.  Et la nuit portant conseil, il avait décidé de  les abandonner dans  les  manèges et  surtout de  partir  en courant sans se retourner.
Les voilà donc tous , habillés de leurs vieilles  frusques  mais  propres suivant leur père en se tenant par la veste à la queue  leu leu. 

Hélas, dans le RER, une bousculade  les fit  se disperser  et  prenant peur, ils en oublièrent l’objet de leur voyage. Quand enfin ils arrivèrent  à destination, leur père avait disparu.

Une  angoisse sans précédent  les  prit tous à la gorge. La  nuit tombait et  comment allaient-ils  le récupérer dans cette foule qui marchait, avançaient, sans se  préoccuper de ces  petits garçons  pâles d’effroi.

Yohann ne disait rien, ne pleurait pas  mais une idée germait dans sa  tête. Ils allaient retrouver la  maison, il suffisait  pour cela  d’être  tous ensemble. Et puis  une chose qu’il n’avait pas dite à ses frères, il avait relevé tous les  noms des arrêts  du RER.  Et les avait  notés mentalement. Alors il demanda  à tous de  bien se tenir et de monter dans le  premier wagon en tête et  le suivre sans  rien demander.
La nuit était maintenant tombée.
Mais  les petits  malins  étaient  à la  porte de  leur immeuble et riaient comme des enfants qu’ils étaient.  Yohann les avait sauvés, c’est le  père qui allait  être  heureux, il devait se faire un sang d’encre  et  peut-être  même  pleurait-il ? 

Hélas, ils avaient beau appuyer chacun leur tour sur  le bouton de  leur appartement, personne  ne leur ouvrit.

A ce moment  de la soirée, une voix fit sursauter  les gosses qui s’étaient assis en rond  en bas de l’immeuble:

Yohann était le plus petit et  il s'était endormi en révant cette histoire insensée. Il se réveilla en sursaut:

- Alors  les enfants que faites-vous là à cette heure ?

- Maman !!!!! Mais tu étais  partie !!!

- Oui mes chéris, j’étais partie  vous acheter un petit frère  et  je vous ramène  une  petite sœur ! Hein Papa, tu avais raison, ils se sont bien débrouillé  nos trésors.

Paul n’osa jamais dire  à sa femme ce qui était arrivé dans le RER, il avait trop honte… Perdre ses enfants dans la foule ça ne faisait pas sérieux. Mais  il était fier de son petit Yohann.

 Ce texte a été inspiré de très loin du Petit Poucet et toute ressemblance  …..

 

 

 

 

 

 

 

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