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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

Défi 68 (croqueurs de mots)

Publié le 14 Novembre 2011 par marie chevalier

vaches.jpg

 Cette photo a été prise le 6 juillet à 10h54, vous, vous êtes passés par là, à 11h02, en un instantané, en vers, prose, photo*, dessin*, peinture*, montrez-nous précisément ce que vous, vous avez vu et peut-être entendu … (vous n'êtes nullement obligés de prendre cette photo au premier degré.)

 Il ne faut pas rêver

 Ce pré,  je le connaissais  par cœur, c’est  là que  je venais  parfois chercher des pissenlits pour mes lapins quand  il n’y avait pas de vaches. Ce  jour-là, je fus surprise de  voir des traces de  terre partout comme si ce pré avait été  labouré. Pourtant  ce matin encore, quand  je revenais de  la  messe, vers 10h54 ce dimanche 6 juillet, elles avaient beuglé  en me  voyant sur la route. Je leur avais  même dit : allons  les filles  ne courrez  pas comme ça  vers moi, je n’ai rien à vous donner !

Et  là, alors que je revenais sur mes  pas, ayant oublié mon missel sur mon banc, vers 11h passés de deux minutes, je suis formelle car  je regarde toujours  l’heure, puisque  le clocher est visible de toutes les routes du village, donc  je disais  qu’environ 8 minutes plus tard … plus de vaches !

Un comble car franchement, elles avaient disparu. Comment cela  pouvait-il se  produire ?  Pourquoi avait-elle quitté l’enclos ?  car  elles s’étaient sauvées, cela  ne  pouvait  être autrement  , le fil de fer  barbelé était à terre et  des traces de  boue maculaient  la  petite route  goudronnée qui passait juste devant.

Et puis  la  mémoire  me revint. Pendant qu’elles arrivaient vers  moi en galopant, une déflagration s’était fait entendre. Sur  le coup j’ai pensé que  c’était encore une carrière qu’ils faisaient sauter  pour construire  l’autoroute. Ils n’arrêtaient  pas de nous faire sursauter  avec leurs  pétards, enfin leurs  bombes devrait-on dire !

Mais cela  ne  me disait  pas où étaient allées ces pauvres bêtes effrayées. Je devrais  les apercevoir, elles n’avaient  pas  pu faire des  kilomètres comme ça  dans  la  nature sans que quelqu’un réagisse. Je me retournais  pour essayer de comprendre ou du moins apercevoir quelque chose ou un villageois quand  j’entendis  comme  un meuglement  plaintif, paraissant venir de très loin.

Je courais  vite vers l’endroit d’où cela  semblait  provenir et  là je m’arrêtais  net, foudroyée  par  la stupeur et  la  peur.

La  route  n’existait plus. Un trou énorme, d’une  profondeur incroyable la condamnait.

Je n’osais  m’approcher de  peur de tomber et  malgré tout, la curiosité  fut  la  plus forte. Avec mille  précautions  j’essayais de  ramper  au bord de ce trou ! Mais  là… je tombais.

Toutes  les vaches étaient là. Au fond  à des  centaines de  mètres. Sans une égratignure, pas une  patte  brisée. L’une d’elle  m’interpella : viens  Séraphine, viens  si tu savais  comme on est bien ici, il y a des champs entiers d’herbe verte, des fruits  pour toi, des  légumes, des  lapins, des chats, des chiens  mais  pas un seul être humain.  Un paradis  pour  vaches tu sais !

Mais moi que vais-je faire  ici ? 

Nous traire et nous te ferons du bon lait.

Certes,  pensais-je en essayant  de trouver quand  même  une sortie, mais  je ne survivrais surement pas  longtemps sans  mes  gouttes pour ma tension, essayais-je de  leur dire.

Je fus réveillée  par une détonation. Des cris dans  la rue me firent  me  lever en vitesse et ouvrir  mes volets.

— Séraphine viens  vite, nos vaches se sont dispersées dans  la  pâture du père  Jaron, il va encore sortir son fusil et  nous en blesser  une ! Ce sont ces satanés  travaux qui leur font  peur ! On commence  à en avoir  marre. Et toi, tu ronfles  pendant ce temps ?  Ça ne te réveille  pas ? 

— Non en fait, cela me fait faire des cauchemars, mais  je dors…

(Enfin je crois que j’ai rêvé tout  cela. Si non je suis bonne  pour  l’hospice !!!)

 

 

 

 

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