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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

défi 109 (croqueurs de mots)

Publié le 21 Octobre 2013 par marie chevalier dans mes textes divers

 

    le sujet :

 Lors d'un jeu, vous avez gagné   : une soirée dans  le phare  des Sanguinaires, avec le gardien, repas compris.

Mais (bien sûr il y a un "mais "; ce serait trop facile !

Mais, disais-je, lorsque vous arrivez au pied du phare, pas de gardien : la porte est  grande ouverte et  n'écoutant que votre courage, vous entrez ..Racontez  votre soirée surprise : gaie, triste, épouvantable, comique, terrifiante, ennuyeuse. .C’est vous qui voyez !

 

Fantasme d’adolescente

 

Je m’arrêtais en bas de  la jetée, complètement hirsute et décoiffée par un vent qui ne m’avait pas  lâchée depuis  ma maison de  pécheur louée à l’année  près des dunes. . Ce  phare, placé complètement au bout d’un pont branlant en bois  m’avait déjà énervée. Mes hauts  talons que j’avais ressortis pour  la circonstance  se coinçaient dans les lattes disjointes et  je râlais toute seule.
Fallait-il que je sois  maso pour avoir répondu oui à ce fou de Gontran, organisateur d’un jeu débile auquel j’avais participé et pire  gagné,  une soirée avec le gardien du phare des Sanguinaires.

Sous  prétexte que nous étions allés  à la  maternelle ensemble, il s’était senti obligé de  m’associer  à cette  soirée spéciale et il me l’avait avoué ensuite, m’avait fait gagner en trafiquant les billets ! 

Dans le dépliant  qu’il m’avait donné, il était précisé qu’il fallait arriver à la nuit. Ça,  c’était son côté  un peu  dément   et  surtout être  vêtus  tous d’une  grande  cape noire. Nous approchions d’halloween et je pense que c’était  un piège qu’il nous tendait pour nous appâter.  

Quand  je me trouvai enfin devant  le phare, la  porte était ouverte. Jusque-là rien d’anormal car  le gardien nous attendait. Je dis nous,   mais  je commençais  vraiment à me poser des  questions.  Pas une lumière, pas un autre  être humain aux alentours, et la nuit sans lune était impressionnante. Des bruits bizarres provenaient de  l’intérieur, alors  courageusement, restant sur  le  pas de porte, je  demandai d’une voix forte : il y a quelqu’un ?  Je me décidais à entrer.

Et puis zut, il y a  toujours un gardien dans un phare, donc  il suffisait  qu’il m’entende et  que je me  présente. Surtout que j’avais gagné  un repas avec lui.

Un grand type  brun,  maigre, portant des lunettes et surtout une grande redingote noire  vint enfin à ma rencontre.
— Vous désirez  mademoiselle ? 

Sans répondre  je lui montrai mon invitation. Il sembla perplexe.

— Qui vous a donné cela ? 

— L’organisateur du jeu : un gardien pour tous, pourquoi ? 

— Il a dit que c’était à mon phare que vous deviez venir ? 

— Evidemment, vous ne croyez pas que j’aurai s fait tout ce chemin dans la  nuit si je n’avais  pas eu une bonne raison !

Je m’énervais et  en même temps  j’angoissais. Dans quelle galère  je m’étais encore engagée. C’est tout moi !

— Suivez-moi, dit l’homme  à la cape noire.

J’obtempérai et  je montai derrière lui les  marches en perdant complètement mon souffle.

— Dites-moi, mon ami a parlé d’un dîner ?  On va  jusqu’où là ? 

— Mais tout en haut,  ma jolie demoiselle, sinon cela servirait à quoi de venir dans un phare ? 

Bien sûr, c’était de bon sens.

— C’est encore haut ? 

— Quelques mètres  trois tout au plus  ….

Enfin nous  voilà sur une  plate-forme  bordée  d’une petite rambarde. 

— Ne vous  penchez  surtout pas,  c’est dangereux.  Voilà c’est là que  j’habite et que je veille…

Je me retournai vers lui. Il n’avait  pas  été si proche de moi depuis notre ascension. C’est qu’il était beau le bougre !

— Nous devons dîner ensemble  lui rappelai-je, vous vous souvenez, j’ai gagné, ajoutai-je en souriant.

Il ne m’écoutait pas c’était flagrant. Il me fixait et à la lueur  blafarde  d’une  lampe tempête qui bougeait  au gré du vent, il m’embrassa.

— Mais que faites-vous, arrêtez, vous  êtes  fou !

— C’est vous qui êtes folle de vous aventurer  ici. Vous ne savez pas comment s’appelle ce phare ?

— A vrai dire si mais tout cela est n’est que foutaises !

Je n’eus  pas  le temps d’en dire  plus. Il se rua  sur moi, me coucha sur  le sol trempé et  me mordit  violement  le cou.  Je sentis mes forces  m’abandonner et  prête à m’évanouir je me surpris à lui demander de continuer  à aspirer  mon sang.  J’étais à lui, sa chose. Comme je me sentais bien, je dérivais  et  toujours ce vent qui geignait.  Soudain, un grand cri me fit bondir :

—  Danielle ! Viens vite, le repas est servi, tu ne vas  pas rester à te balancer dans ce transat  devant la  piscine! Zut  à la fin, on est toujours en train de t’attendre ! On est en vacances et ce soir on doit  monter  voir le  phare, il parait que la vue d’en haut est superbe. 

— Oui j’en viens…

Devant l’air ahuri de ma  mère, je me demandai ce que j’avais pu dire de si extraordinaire quand je vis  Louis  hocher  la tête, d’un air navré.

— Toujours en train de rêver ma  pauvre Danielle,  j’espère que c’est au prince charmant au moins !

Louis est mon grand  frère, il a  vingt ans et  moi quinze, son meilleur ami c’est Gontran, beau comme un dieu !

 

MC

 

 

 

 

 

 

 

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