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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #recueil de nouvelles

 

 

j'ai voulu mettre dans ce recueil ce que j'avais écrit dans l'année 2018 aussi bien des nouvelles, que des poèmes et des textes  à thème faits en commun.  

 

une nouvelle dans ce recueil :  FAUTE

J’étais cachée derrière un énorme buisson de bruyère, la culotte baissée et je faisais pipi. Oui je sais, à mon âge j’aurais pu attendre patienter un peu mais il se trouve que le curé nous attendait pour une répétition de notre chorale. En effet, demain samedi, se mariait la fille du notaire avec le fils du boucher. Mésalliance, chuchotaient les uns, simplement de l’amour affirmaient les autres. Il n’empêche qu’ils convolaient demain à quinze heures et que je devais impérativement me dépêcher.

Je remontai mon slip vite fait car je venais d’entendre des pas sur l’allée gravillonnée.

Je ne savais vraiment plus quelle attitude adopter. Je restai donc accroupie pensant qu’ils ne feraient que passer mais à cet instant, éberluée, je vis la petite future mariée et le curé s’arrêter et s’embrasser. Non pas comme frère et sœur mais comme papa et maman parfois. Quelle histoire! Que devais –je faire ? Me faire voir pour qu’ils arrêtent ? Trop risqué. Ils se demanderaient ce que je faisais derrière ce buisson et je passerais pour une vicieuse. Je pris donc le parti d’attendre qu’ils s’éloignent. Mais pas du tout ! Il la serrait contre lui et doucement ils s’allongèrent sur l’herbe à dix mètres de moi. Et là… vous ne me croirez pas, il commença à la caresser et à la déshabiller, et elle ne disait rien, pas un mot !

Je n’avais que dix ans. Comment pouvoir expliquer cela à mes parents ? Ils me disputeraient parce que je n’avais pas à faire pipi derrière l’église.

Tout à coup la jeune fille hurla : Non, non ! C’est impossible, on ne doit pas Bertrand, je me marie demain, arrête je t’en supplie !

Et puis plus rien. Même pas un murmure ou des bruits de buisson que l’on bouscule, rien !

J’attendis quelques instants et je me décidai à me lever et j’approchai sans faire de bruit ; et là l’horreur : la petite notaire était nue, les yeux clos et couverte de sang.

Le prêtre, prostré, la tête entre les genoux sanglotait : je ne voulais pas, je ne voulais pas, mais elle allait hurler, alors j’ai pris une pierre qui se trouvait à portée de main et j’ai frappé. Je n’ai pas le droit de l’aimer mais maintenant elle n’aimera plus personne, marmonnait-il entre deux hoquets.

C’est ainsi que le fils du boucher resta célibataire et m’épousa le jour de mes dix-huit ans. Belle preuve d’amour non ?

Le curé ? Envolé. Nous ne l’avons jamais revu. La jeune fille fut incinérée à la ville, personne du village n’y assista : vous imaginez ? Débaucher un curé mais cela méritait l’enfer… !

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

“Qui suis-je ?”

Écrivez une phrase qui parle de vous, sans vous décrire, mais à travers laquelle, ceux qui vous connaissent, à coup sûr vous reconnaîtront, (pas de nom, pas d’âge, pas de lieu d’habitation…)

 En principe on dit que je ne suis  pas une femme mais une camarade et cela me fait doublement plaisir car effectivement toute ma vie  j’ai milité pour que le monde change et c’est d’ailleurs pour cela que  j’écris sur tout ce que j’ai connu dans mon existence.

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Voici la consigne :

Nous allons écrire une lettre pour demander un emploi (sorte de lettre de motivation)  Mais il faudra convaincre le futur employeur. Dans cette lettre, il faudra  “incorporer” des titres de chansons. Elle a choisi Aznavour (Si on déteste on peut choisir des titres d’un chanteur qui nous convient )  Voici les titres (à utiliser dans n’importe quel ordre):

– Il faut savoir ; la bohème ; non, je n’ai rien oublié ;hier encore ; les plaisirs démodés ; je m’voyais déjà ; comme ils disent; tu t’laisses aller; viens pleurer au creux de mon épaule ; la mamma.

 

Monsieur le coordinateur des activités culturelles du 14ème arrondissement de Paris

 

Je viens solliciter de votre haute bienveillance un emploi à mi-temps dans  votre association théâtrale.

Tout d’abord il faut savoir qu’hier encore je faisais partie d’une troupe itinérante qui parcourait toutes les routes de France. J’aimais beaucoup cette vie quand  la bohème était au rendez-vous, et  mes camarades et moi étions les  plus heureux du monde à cette époque-là.

Et puis je ne chantais pas  mal, j’aimais beaucoup me faire remarquer dans les  petites  fêtes d’anniversaire, de  mariage et aussi dans les  maisons de retraite. Dans ces dernières on me demandait souvent d’interpréter des succès de Charles Aznavour, alors je me faisais une joie de leur chanter « les plaisirs démodés » ou encore  « non, je n’ai rien oublié » enfin j’étais heureux de leur apporter ces  petits bonheurs.

Et quand  ces  personnes  après avoir dansé  venaient  me  féliciter et me remercier, je m’voyais déjà au sommet de mon art.

Mes copains me jalousaient un peu. Il est vrai que je  me  la  « pète » un peu comme ils disent.

Et puis soudain tout s’effondra. Je perdis ma mère. « La mamma » comme j’aimais  l’appeler avec tendresse. Je l’adorais et rien que pour qu’elle me  prenne dans ses  bras et me dise : viens  mon Jeannot, raconte –moi ton chagrin, viens pleurer au creux de mon épaule. Rien que pour entendre ces  mots  j’aurais pu me faire mal volontairement !

Je ne sais pas ce que je donnerais aujourd’hui pour l’entendre me houspiller quand  je faisais  la grasse matinée. Elle  me secouait et me disait : allez, remue-toi, fonce  tu t’laisses aller, ce n’est pas bon pour le moral.

Mais je vous raconte tout cela, et en même temps je me dis que vous avez d’autres chats  à fouetter. Je ne suis  qu’un jeune homme  parmi les autres, qui pleurniche et qui ne sais faire qu’une chose : amuser la foule, un clown en quelque sorte. C’est pour cela que  viens vous demander de bien vouloir me confier une  partie des spectacles organisés par votre association. 

J’ai besoin de vivre et de me loger.

Je compte sur votre bienveillance  en faveur  du pauvre bougre que je suis et qui se prend  pour un artiste.

Je vous  prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Signé :

Jeannot (c’est mon nom de scène)

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