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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

petit secret sans importance

Publié le 31 Mars 2017 par marie chevalier dans mes nouvelles

 

Petit secret sans importance

 

Maria viens t’asseoir là près de ton grand-père disait Germaine, la sœur de la grand-mère sans se poser de questions.

Camille le grand-père, la langue entre les lèvres avec une grimace obscène regardait fixement la pauvre gamine complètement affolée.

D’un côté il fallait qu’elle obéisse et de l’autre, elle savait ce qui l’attendait.

Tous les ans pendant le mois d’aout les parisiens venaient prendre l’air à la campagne. Quoi de plus sain de venir en famille se détendre.

Il y avait là, Simone, la sœur du père de Maria, son mari et ses trois enfants. Et puis on n’oubliait jamais les grands –parents. La grand-mère qui ne pouvait plus respirer et haletait au moindre mouvement et le grand-père : Monsieur Camille que même sa belle-sœur vouvoyait.

Un homme dans la force de l’âge, une bonne soixantaine, gras et chauve mais portant haut son chapeau de feutre et son costume croisé rayé, en toute occasion.

Toujours droit, bedonnant mais digne, il appelait le respect par sa tenue fière et condescendante. Les ouvriers agricoles du village l’appréciaient beaucoup ou peut-être étaient-ils attirés par les nombreuses tournées qu’il offrait à la cantonade au comptoir du café bar tabac épicerie.

Les hommes partaient vers 11h30 et revenaient un peu ivres pour se mettre à table devant un civet de lapin tué pour l’occasion par Marcel, le fils de Germaine qui servait de grand frère à Maria puisqu’ils vivaient tous les trois dans cette maison. Germaine avait accueilli la petite à la séparation de ses parents.

Simone s’occupait des enfants. Elle était adorable et aimait partir à vélo avec eux dans la campagne.

Flora la grand-mère s’allongeait et se reposait.

La vie tranquille d’une jolie famille parisienne folâtrant dans les champs et découvrant que les vaches se tournaient toutes dans le même sens quand il pleuvait.

Maria connaissait tout cela. Elle était là depuis l’âge de quatre ans et en avait huit. Elle aimait les vacances avec ses cousins surtout qu’elle était amoureuse de Robert qui lui avait quatorze ans : un presque jeune homme !

La vie aurait pu être si douce, tous ensemble réunis dans la grande cuisine, fenêtres ouvertes sur une prairie et dans la cour, la vie bruyante des poules, des oies, des canards tous en liberté.

Mais voilà…Il y avait Camille.

Simone qui voulait profiter aussi un peu de son mari, envoyait les enfants faire une petite sieste après le repas. Sauf que Robert et sa sœur Josiane ne voulaient pas et partaient se promener. Ne restaient donc dans la maison que Maria et Dany, la petite dernière de quatre ans. Toutes les deux essayaient de ne pas dormir et s’amusaient comme des petites folles à se raconter des histoires jusqu’à ce que par la fenêtre une ombre apparaissait en leur faisant signe de se taire. La petite, naïve demandait ! Grand-père vient jouer avec nous !

Il ne se faisait pas prier, bien entendu, il n’attendait que cela pour avoir un alibi si quelqu’un le surprenait avec les deux petites.

Il commençait par s’accroupir et chatouillait Dany qui hurlait de plaisir, mais cela ne durait pas longtemps car la gamine finissait par s’endormir et là, il avait le champ libre… s’approchant encore plus près de Maria, il lui soufflait sur le visage et toujours avec cette grimace immonde avec la langue il passait les doigts sur sa culotte. Elle ne disait rien, serrait les jambes, mais lui, de plus en plus rouge, les écartait et passait un doigt dessous.

Il prenait la main de Maria et la dirigeait vers sa braguette qu’il avait ouverte, mais elle se rebiffait et pleurait. Il n’insistait pas, il ne voulait pas être surpris en flagrant délit.

Les années passaient. Quand toute la famille rentrait à Paris les vacances terminées, Camille devenu veuf restait volontiers un mois de plus, jouant les maris désespérés, alors que lorsque sa femme ne pouvait presque plus marcher il la bousculait et la traitait de feignante.

Et là, Maria ne vivait plus. Germaine et Marcel partaient travailler et elle restait seule avec lui. Elle faisait un peu de ménage, la vaisselle en écoutant angoissée la respiration de l’autre qui dormait dans la chambre près de la cuisine. Dès qu’elle l’entendait se lever elle courait au fond de la cour en emmenant les deux oies et s’asseyait de l’autre côté du grillage dans un petit carré d’herbe.

Lui l’appelait, l’invectivait, l’insultait en lui demandant de venir lui faire chauffer son café. Elle lui criait qu’elle ne pouvait laisser les oies seules, mais hélas à un moment donné, il criait si fort qu’elle rentrait.

Elle faisait chauffer le café et lui apportait en tremblant. Immédiatement d’un bras il la rapprochait de lui et fourrait sa main sous sa jupe. Elle ne disait mot, il haletait et elle avait peur. Elle se sentait très seule, et… coupable. Oui coupable car au fur et à mesure que cela avait lieu, elle ressentait presque un peu de plaisir. Ses caresses finalement ne la laissaient plus indifférente et la honte lui montait au front.

Lui bien sûr, pas dupe, lui murmurait : tu aimes ça hein ?

Elle ne répondait pas et dès qu’il avait terminé elle sortait de la pièce en pleurant et repartait s’assoir avec les oies.

Personne ne s’apercevait de rien. Formidable. En toute impunité ce vieux détraqué pouvait tripoter autant de fois qu’il le voulait cette gamine de dix douze ans sans problème.
 

Un jour qu’elle était descendue sur ordre de Germaine à la cave dégermer les pommes de terre, elle entendit son souffle bruyant dans l’escalier. Elle essaya de remonter plus vite mais bien sûr il la fit redescendre. Et là il la coucha sur les pommes de terre, lui ôta sa culotte et essaya de sortir son sexe. Hélas il ne bandait pas. Il était furieux et grinça : remonte et si tu dis un mot je te tue et je demande à ton père de t’envoyer en pension.

L’argument était de poids il savait qu’elle ne dirait rien. Son calvaire était terminé. Il ne la toucha plus jamais. S’était-il rendu compte qu’elle y prenait du plaisir ? Et cela l’effrayait car il ne « prenait son pied » qu’en lui faisant peur. Ou alors, elle était trop grande. Cela ne l’intéressait plus, il aimait les petites filles innocentes.

Se remit-elle facilement de tout cela ? Sûrement pas mais elle n’en parla à personne, se sentant coupable très coupable.

Quand devenue adolescente, enfin la femme de son père lui posa franchement la question : ton grand-père t’embêtait-il quand il allait vous voir l’été ?

Elle a répondu oui et lui a tout raconté.

Son père n’a rien fait, n’a rien dit quand sa femme lui en a parlé et surtout quand très en colère, elle lui a demandé de faire quelque chose, de faire soigner Camille, de le faire enfermer et qu’il ne puisse plus approcher les fillettes.

Le père n’a rien fait…..

Maria, aujourd’hui encore se souvient encore quand elle en avait parlé cette fois librement à Germaine, la grand-tante qui l’avait élevée. Elle lui a demandé si elle était au courant. Elle a rougi mais n’a rien dit.

Simone, la fille de Camille savait, il les avait aussi « embêtées » (c’était le terme pudique employé pour la circonstance) sa sœur et elle quand elles étaient adolescentes, il avait même couché avec elle, la plus grande. Mais heureusement avait-elle ajouté, très vite il était devenu impuissant et les avait enfin laissées tranquilles.

C’est ainsi qu’il extériorisait sa libido en berne en caressant des petites filles dont la sienne : Maria.

Il n’y a pas de morale à cette histoire, tout au plus un fait divers anodin. Maria a survécu. Elle prend bien quelques anxiolytiques, elle a bien quelques angoisses : claustrophobie par exemple mais elle vit que diable !

Et puis vous savez des gamines comme Maria, parfois, sont des petites Lolita, elles sont repoussées par leurs parents, manquent de tendresse alors un grand-père qui les caresse où est le mal ?

A vous de le dire, lecteurs de ce petit message ….


 

 

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Publié le 5 Mars 2017 par marie chevalier

 

Un hiver à Calais

 

C’est l’hiver

Le printemps n’est pas loin

Mais il fait encore froid, alors :

Surtout donnez des graines

Aux petits oiseaux

Surtout couvrez vos plantes

Un gel peut leur être fatal

Mais surtout, surtout !

Ne donnez pas à manger

Même des miettes

Même un crouton de pain

A un étranger dans le besoin

Laissez le crever

Il n’est pas des nôtres !

C’est un migrant

Qui erre dans Calais…

 

 

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