Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 13:46

 elle est trop belle cette rose!ma ronsard

Par marie chevalier
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 08:00

 

A LA BONNE BOUILLABAISSE

 

 

Mademoiselle la Rascasse étincelante dans sa tenue d’apparat rouge vif se moquait gentiment du jeune Congre, tout fringant et svelte. 

— Tu vas où ainsi ? Lui demandait-t-elle d’un ton ironique, draguer la Vive ?  Elle a mis sa robe couleur léopard et elle est vraiment très distinguée. Mais je suis  sûre que l’as remarquée.  Ce n’est pas comme cette grosse Lotte, mon dieu qu’elle est  laide !

— Tu sais ce qu’elle te dit  la  grosse Lotte, bougonna celle-ci, vexée d’être  moquée devant le jeune Congre.

—Taisez-vous donc, ne soyez  pas  méchants gratuitement. Madame la  Lotte n’est certes  pas  la plus mince de nos consœurs, mais c’est  la  plus délicieuse et la  plus dévouée.

— On sait bien que tu es amoureux d’elle, toi  le gros Rouget Grondin, il est vrai que vous  êtes faits pour vous entendre, tu n’es  pas mince non plus,  ricana  la Rascasse toujours  agressive.

— Tu es tout simplement  jalouse, rétorqua le Rouget, un peu triste de voir ses amies et amis  se chamailler  pour des histoires d’amour. Car  entre lui et  la  Lotte, il existait effectivement un amour  et seule la  mort  pourrait  les séparer.

— Ce n’est pas tout cela  les enfants  assez bavardé, nous allons  être en retard et  la bouillabaisse n’attend  pas.  Mettez-vous en ligne, redressez vos arêtes et tous sur  la table de cuisine de Madeline la chef cuisinière du restaurant : « à la bonne bouillabaisse » 

— Je sens que cette fois nous allons  nous surpasser et que les clients  nous savoureront avec allégresse !

Ce fut le cas… ils en ont repris  deux fois.

— Trop bons ces poissons, quelle saveur et quel goût délicat.

 

 

 

 

Par marie chevalier - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 08:00

 

Spleen du printemps

 

Le  printemps est un farceur

Il nous fait croire qu’il suffit

D’un bourgeon de lilas ou autre fleur

Pour que fuient chagrin et ennui.

Pourquoi faut- alors

Que le contraire se produise ?

Pourquoi faut-il encore

Que nos peines et douleur ressurgissent ?

Le froid et l’engourdissement

Que l’hiver nous apporte,

Avaient chassé la cohorte

De tous ces sentiments.

Ils avaient fui

Avec la neige et la pluie.

Pourquoi dans ce cas

La  nature et le renouveau

Nous laissent-ils  si las

Que nous ne trouvons

Plus rien de beau ?

Par marie chevalier - Publié dans : jeudi en poésie - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 11:36

 

 Afin de connaître mieux le monde du « net»,  Florine décida pendant quelques mois, de fréquenter régulièrement ce que tout le monde appelle les «chats de rencontre ». Chaque connexion quelque soit le nom du serveur, propose à ses internautes des chats où le monde se parle, se connaît, échange. Ils sont classés bien souvent par genre : rencontres, régions, âges et aussi sexe. Elle n'y est jamais allée, elle se trouve trop pudique et quand elle en parle avec ses amis elle plaisante, en leur disant: Qui sait, imaginez que je cède à la tentation ! »

 

Cela étant, elle découvrit au fur et à mesure de ses «voyages » une micro-société qui est insoupçonnable vue de l'extérieur et par les non- initiés d'internet : des hommes et des femmes de tous milieux, de toutes ethnies, de toutes professions, de tous âges, viennent régulièrement plusieurs fois par jour «tchater» et se rencontrer.

Il y a le « géné » où là, tout le monde parle à tout le monde, demande des nouvelles de la santé du petit dernier, si l'examen du grand se passe bien, si tout va bien en fait, tout  simplement.

 

Ceci se mélange chacun répond à l' autre sans tenir compte de ce qui se passe entre deux autres personnes, ou même parle seul sans attendre de réponse annonçant une idée, et partant sur un tout autre sujet à l'arrivée d'un autre «tchateur ».

Pour le novice cela fait très désordre, fouillis, mais on se rend vite compte que finalement les gens se connaissent au moins en paroles et sont comme de vieux amis autour d'un verre.

Si l'on « creuse» un peu, hélas il n'en est plus de même …mais c'est une autre analyse.

Florine et les autres ont des « pseudos». Souvent ils gardent le même mais parfois aussi, ils en changent ce qui leur permet de jouer, de se camoufler encore plus et avoir encore plus d'anonymat, car le principal atout de ces pseudos, c'est l'anonymat : pouvoir dire ce que l'on veut à n'importe qui sans barrière sociale, sans tabou puisque de toute façon on ne sait pas qui se cache derrière.

 

Comment ces pseudos sont -ils choisis c'est la question que se pose encore Florine. Une femme laide préférera-t-elle « Belle» ou Vénus» ? Un charcutier prendra -t-il «Quisuisje»? un cadre « Quepourtoi»? Et tellement d'autres aussi intéressants qu'anonymes !

 

Un climat de confiance se crée très vite, l'accueil est souvent très convivial, et toujours le temps d'un moment, une femme mariée, cinq enfants qui s'ennuie à mourir dans sa banlieue perdue de province devient pour un instant seulement la reine du « géné » : bonjour ma douce … tu m’as  manqué…toujours aussi belle…toujours aussi super…j’adore tes bisous…je t’adore…voire  parfois … je t’aime ; tout cela sans gêne et  sans retenue.

 Un autre, boutonneux  et timide se verra courtisé  par les femmes : tu es trop mignon… j’aime  les  mots doux… bisous  mon cœur… je t’adore…

 Rêves, fantasmes ? double vie ?

 Le tout sans doute, et c’est  là que  le  bât  blesse. Quand  l’ordinateur s’éteint, tout le  monde se retrouve seul avec ses  problèmes. La tête encore  pleine de  tous ces  mots doux, cette chaleur, ces  mots accueillants, fraternels, amicaux même un peu amoureux parfois. Le rêve s’arrête et  les enfants réclament  leur dessert, le  mari trouve  que  le  repas était  moyen, l’épouse que son mari à l’air ailleurs ce  soir ( c’est  à cause de  ces fichiers d’ordinateur, il se crève tous  les soirs dessus)

 

Non, le mari se souvient tout simplement de ce joli pseudo « Rienquepourtoi » avec qui il a pris contact en privé ce soir et qui lui a, pendant plus d'une heure fait oublier le quotidien et l'a fait rêver à une autre vie avec cette merveilleuse femme qui a l' air si belle, si compréhensive: ils ont abordé plein de sujets, comme elle est intelligente comparativement à Madeleine, sa femme qui ne sait parler que repassage et qui ne s'intéresse à rien

 

Quelque part encore ailleurs, une «Joliemôme» rêvera en repassant les chemises de Jean-­Claude, son mari, employé à la SNCF, à ce bel « Adonis », c'est son pseudo, qui voudrait la rencontrer, tellement il la trouve à son goût. Il lui dit d'ailleurs qu'il l'aime il lui a dit le premier jour, elle a fondu forcément. Depuis combien de temps son mari ne lui dit plus? et puis il y a aussi « Féroce» qui la harcèle, qui lui dit que depuis qu'il la connaît, il ne touche plus à sa femme...
Ailleurs, dans  un autre foyer, une « Madeleine » qui a  un joli pseudo « Vénus » a rencontré ce soir  un homme extraordinaire, pas bête, gentil, cadre, galant, qui n’a fait que  la complimenter. Ah ! Ca  la change de ce  mari froid, pas causant, qui va se coucher dès qu’il a fini son repas sous prétexte qu’il est  fatigué….

Et puis, et  puis…

 

La routine continue, la vie reprend et le lendemain, « Féroce » sur le « géné » dira bonsoir mon amour à« Airelle» nouvelle venue sur le chat, et lui demandera s'il peut lui parler en privé. Elle répondra: j'arrive mon ange... et «Joliemôme» pleurera devant son écran, des larmes de déception: comment ose- t-il lui faire cela, à elle, à qui il disait hier «je t'aime? »

Ses larmes continueront de couler silencieusement quand elle voudra parler à « Adonis » en privé et qu'il lui répondra: «je suis occupé.. » elle insistera, il se fâchera et lui dira: « mais enfin qu'espérais-tu? nous ne sommes que du virtuel ciao bonne soirée.. »

Ah que ces rejets sont douloureux, des « Vénus », des  « Joliemôme », il  yen a des centaines qui passent sur ces chats tous  les  jours et des « Adonis » des centaines également, qui tous  les soirs racontent des  mensonges, font du mal sans s’en rendre compte, uniquement sous couvert de  l’anonymat, tout  leur paraît permis sur ces chats et eux  mêmes  croient  à leurs  histoires et  fantasmes.

 Le mal comme le bien car Florine reconnaît y avoir fait des rencontres très intéressantes, d'artistes de toute nature, peinture, écriture, musique. Alors que font tous ceux-là tous les

soirs ?que cherchent-ils eux et elles qui ont l'air d'être bien dans leur tête? Peut-être ce qu' y a trouvé Florine : des dialogues intéressants, très intéressants,  souvent très drôles.parfois très tristes d'hommes et de femmes qui éprouvent le temps d'un soir, l’envie  de sortir de leur peau pour mieux revenir à leur quotidien.                                                                                  

 

Florine a parlé avec des femmes qui avaient eu un cancer et qui le racontaient.

Elle a parlé avec un homme qui venait de perdre un enfant très jeune.

Elle a parlé avec un homme veuf et désespéré de chagrin.

Et surtout elle aussi, pendant un instant, elle était une autre, qui par un mot, une blague avait peut-être aidé quelqu'un à un moment où la solitude devenait intenable.

Elle n'a pas voulu s'éterniser ni trop parler des racistes et xénophobes qu'elle a parfois rencontrés sur le « géné » et avec qui elle s'est battue avec ses seules armes : ses mots, car des opérateurs sont là normalement pour« éjecter» ceux qui tiennent ce genre de propos.

 

Alors  le  net ?  Polluant disent certains

Indispensable disent  d’autres.

Si l’espace d’un instant Florine a  permis  à quelqu’un d’être  moins seul ? Pourquoi renier ce  nouveau mode de communication ?

Cela fut  la conclusion de  Florine…

 

 

 

Par marie chevalier - Publié dans : mes textes divers
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 12:57

 

                                                         ELLE N’EST PLUS LA

 

Trois heures du matin : Jacques se réveille comme depuis des semaines : complètement en sueur et oppressé. Ses draps sont humides et  il tremble. Il est si mal : Combien de temps va-t-il encore durer ? Combien de temps tiendra-t-il le coup ?

Cela fait maintenant six mois que sa compagne l’a quitté et pourtant il sent encore son parfum dans  toutes les pièces de  la maison. Il sent la pression de ses doigts quand elle  lui prenait la main dans la  nuit pour se rassurer.

Il entend encore son souffle quand  elle se retenait de ne  pas gémir de douleur.

Il entend  sa voix quand  elle lui murmurait qu’elle allait le laisser seul et que ça la rendait encore plus triste.

Il se lève, abruti de fatigue et de manque de sommeil.  Vite  de l’air et surtout allumer la télévision pour rompre ce silence et se sentir vivant.  Il ouvre la  porte-fenêtre qui donne sur un jardin maintenant à l’abandon. Pour qui ? Pourquoi  l’entretiendrait-il maintenant qu’elle n’est plus là ?

 Il a allumé  la lumière sur sa terrasse et regarde  sans voir les trois pots de fleurs  fanées qu’elle avait plantées avant  qu’elle….

Une envie folle de  la rejoindre le  prend aux tripes.  Il avance dans l’air glacé de la nuit, nu et en chaussons.

Un chien aboie au loin.

Des frôlements légers dans les arbres : sans aucun doute la lumière dérange les oiseaux qui y nichent.

Il s’en fout, plus rien ne l’importe : elle n’est plus là…

Tremblant de froid maintenant,  il enfile  un slip et un tee-shirt et se fait chauffer un café. 

Il est quatre heures trente du matin. Sa nuit est finie, le jour va bientôt se lever.

Il va enfouir son chagrin, ses angoisses, sa douleur et son manque d’elle jusqu’à …Ce soir……

 

 

 

 

Par marie chevalier - Publié dans : mes nouvelles
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