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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

Articles avec #defis cdm catégorie

défi 192 - croqueurs de mots (une heure de votre vie)

Publié le 9 Octobre 2017 par marie chevalier dans défis cdm

 

Racontez ou inventez les temps forts d'une heure de votre vie en un minimum de mots. (Idéalement au plus l'équivalent d'une dizaine de nouveaux tweets de 280 caractères)

 

Une heure d’angoisse

 

Je viens de passer un scanner des  poumons.

Les mains moites, les aisselles humides, nous attendons fragiles et vulnérables, assis sur le bord des fesses, le corps en détresse.

Une voix m’a dit : attendez quelques instants, nous viendrons vous donner les résultats, allez vous installer dans la salle d’attente.

Ca fait des minutes que j’attends, presque une heure que je suis là, diminuée, tremblante.

Je n’ose regarder autour de moi. Des malades perfusés, des lits médicalisés, je suis vraiment dans un couloir d’hôpital.

Et cette télévision si haut perchée qui diffuse un feuilleton insipide que personne n’écoute ni ne regarde.             

Trop haute pour ceux qui sont assis et inutile pour les alités.

Mon dieu, je ne crois pas en toi ! Mais fais que vite sur mon sort je sois fixée !

Surtout que l’on ne vienne pas me dire d’une voix musicale : un tout petit rien Madame, ce n’est qu’un tout petit rien.

Pourvu que cette phrase reste derrière ces portes blindées et que souriante, une dame en blanc me murmure :

Tout va bien madame. Vous pouvez rentrer chez vous…

 

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défi 190 (croqueurs de mots)

Publié le 11 Septembre 2017 par marie chevalier dans défis cdm

Et si Jésus naissait de nos jours…

Cela donnerait la «une»  dans tous les journaux télévisés …

A vous de broder autour de cette histoire.

 

Et si Jésus…

Il est minuit  nous sommes dans la  nuit du 24 décembre  2016.  Il pleut des cordes et  ma sœur me fait remarquer que comme tous les ans  on n’aura pas de neige.  Elle est  pénible  ma  pauvre sœur elle vieillit  mal. Elle  me raconte toute la journée que son rêve serait de  partir. Je me  mets en colère quand elle  me dit des choses comme cela  pourquoi cette nuit  plutôt qu’une autre on se le demande.

— Tu te souviens Hélène que  si je dois mourir  j’aimerais que ce soit cette nuit ? 

— Non non ne raconte pas  n’importe quoi, tu as dit  la nuit du 24 décembre  mais  tu n’as  pas  précisé  l’année alors  je t’en prie, arrête de radoter.

Nous  étions  installées toutes les deux sur  le canapé de velours  grenat qui nous venait de notre  mère et  j’avais pris  notre chat sur  mes  genoux. Il ronronnait sous mes caresses et soudain,  il feula en se réveillant brutalement.  La télé s’éteignit et se ralluma  immédiatement. Une  journaliste que nous  ne connaissions  pas, très brune et très basanée nous demanda d’écouter car elle avait une  information extraordinaire. Jésus venait de naître.

— C’est qui ce Jésus ? 

- Je n’en sais rien tais-toi et écoute, ça a  l’air grave !

La journaliste continuait : nous sommes  les  premiers à avoir reçu la nouvelle, un enfant  vient de  naitre, nous sommes tous bouleversés, il semblerait que la  maman n’ait jamais été enceinte.  Et nos correspondants de Jérusalem  nous informent que  le père, un brave charpentier,  est lui aussi abasourdi. Il n’a  pas touché sa femme depuis  plus de deux ans  tellement il est fatigué en rentrant du travail.

— Allume ta radio  Hélène,  c’est un canular sans doute.

 Nous interrompons  toutes  nos émissions car  il vient de se  produire  l’incroyable : la naissance  d’un garçon  à Bethléem.  Cela ne serait pas un scoop si on ne savait pas de source sûre que  la  mère  n’a  jamais été enceinte.

— Change de chaîne, Jeanne  vite on va voir s’ils en parlent aussi !

Toutes les chaines diffusaient le  même  message : une femme venait de  mettre au monde  un bébé sans avoir été enceinte !

Nous sommes  maintenant en mesure de vous donner  le  prénom de ce  gamin : Jésus, ils l’ont appelé  Jésus.

— Quel drôle de nom, tu ne trouves  pas Jeanne? 

— Bof  tu sais ce qui me dérange  le plus c’est qu’elle a accouché sans  être enceinte ensuite  tu vas voir qu’ils vont  nous bassiner avec cette histoire jusqu’à plus soif, viens  on va  se coucher  ce n’est pas encore cette nuit que je  mourrai, ajouta-t-elle en riant.

Pendant des mois, des années  même, cette affaire fit le tour du monde et  cela se corsa quand  une vingtaine d’années  plus tard, Hélène et Jeanne, centenaires toutes les deux, assises  sur leur canapé qui avait dû  être grenat, entendirent en même temps  que  ce Jésus, né  une nuit de décembre, faisait des miracles et  avait  des fidèles qui croyaient en lui comme  au Messie.

— Hélène, elle s’appelait comment déjà la fille  qui avait eu ce gamin surdoué ? 

— Marie et le père s’appelait joseph.

— Tu parles d’une histoire, tu remarques que nos  petits-enfants  n’y croient pas. C’est  dur à avaler disent- ils en se moquant,  la  vierge mère : que du pipeau  tout ça !

N’empêche qu’il a fait du bien aux  pauvres.

 — L’abbé Pierre aussi et on ne  lui a  pas fait des calvaires  à tous  coins de rue.

- Ah ! Mécréante tu auras toujours  le dernier mot !

— Hélène ?  Tu sais quel jour on est ?  Le 24 décembre et  ma  chérie  je crois que cette fois ce sera  ma nuit  à moins qu’il y ait encore un gosse qui nous fasse la farce de  naitre tout seul !

 Elles éclatèrent de  rire. 

Le lendemain, elles écoutèrent  les informations à la télévision. A part  parler de  la dinde  farcie aux marrons, les  journalistes n’avaient plus rien à dire d’intéressant…

 

 

 

 

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défi 187 croqueurs de mots (votre réaction...

Publié le 29 Mai 2017 par marie chevalier dans défis cdm

 

Florence a découvert une photographe croate Lana Mesic…Elle a regardé avec délice ses oeuvres,

notamment une tour réalisée avec 15 000 pièces de 2 pences : la Penny Tower

http://croqueursdemots.apln-blog.fr/files/2017/05/penny-tower.jpg

Et là, elle tombe sur une histoire pas banale…qu’elle s’empresse de raconter !

Lorsque Lana Mesic a terminé la Penny Tower, elle se demande quoi faire des 15 000 pièces de 2 pences.

Elle pourrait les ramener chez elle…mais avec son ami Jamahl McMurran, ils ont une autre idée : laisser les pièces en tas, sur le bord d’un canal à Londres, et enregistrer ce qui se produira ! Aussitôt pensé, aussitôt fait !

http://croqueursdemots.apln-blog.fr/files/2017/05/tas-de-penny-259x300.jpg

Pour ce défi Florence nous demande quelle aurait été notre réaction ?

 

Elise et Elodie  se promènent le long d’un canal…

 

- C’est quoi ce tas de trucs jaunes ? Les pièces de Bernadette ?

- Et alors elle les a perdues ? 

- Non je ne  pense pas  mais  ils testent  pour savoir ce que l’on va faire 

- Faire de quoi ? 

- Ben de toutes ces pièces !

- Moi perso je n’ai pas de sac  et  mes poches  sont  petites  sinon je ne dis pas  deux trois pour me  payer un café.

- Laisse,  les sdf  vont bien les ramasser… 

- Que veux-tu dire que ce sont des voleurs ?  tu paries qu’aucun sdf  ne prendra  une  pièce mais  par contre qu’un type bon chic  bon genre  regardera de droite à gauche et  négligemment  ouvrira son attaché -case ? 

- Non tu plaisantes ! Quoique regarde celui- là, il descend de sa voiture il regarde  partout et  il se penche !

 - Ah  le malin il en met dans toutes ses  poches !!!

- Cela dit  on ne va  pas attendre qu’elles disparaissent toutes hein ? 

- Non tu penses à quoi ? 

- Mes sacoches de vélo

- Mais c’est un vélib !

-  Et alors ? 

-Va acheter un truc  à Carrefour  ils vont te donner un sac et hop

- Franchement tu ferais ça ? 

- Quoi donc ? 

- Voler cet argent ? 

- Voler voler ! Que crois- tu que feront  les gens qui passeront sur ce trottoir ? 

- Tu as raison.

- Remplissons tes sacoches de  vélib.

- Mais  non idiote  il n’y a  pas de sacoches  je rigolais 

- Bon alors  on fait quoi ? 

- On laisse et on s’en va  il pue cet argent 

- Quelqu’un a du  s’en débarrasser  alors laisse

 - Tu as raison mais  quand  même 

- Allez,  je te  paie une glace  prends quelques pièces, il ne faut pas  être trop bonnes quand  même !

- Combien ?

- Ce que tu peux  mettre dans ta capuche de  parka !

- Ah  ça fait quand  même  pas mal !

- Ben oui mais tu sais  ce n’est que de  la  petite  monnaie !!!

 

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défi 180 croqueurs de mots

Publié le 20 Février 2017 par marie chevalier dans défis cdm

 

Mari bricoleur rime- t-il avec « La maison du bonheur »   Je vous invite à broder En prose ou poésie A partir de cette photo Avec UN mot imposé : “Idiosyncrasie” Faites-nous sourire voire rire,

Emouvoir avec cette maison, pas comme les autres, Le facteur Cheval serait-il battu…?

 

Quand nous découvrîmes cette petite grange à peine visible du chemin vicinal dans lequel nous nous étions engagés, Edouard et moi nous nous sommes regardés et sans un mot sommes descendus de la voiture.

— Mais regarde comme elle est chouette, en pleine  nature, tout à fait ce que nous recherchons 

— Et puis Chéri, il n’y a  pratiquement pas de travaux à faire tu as remarqué, elle tient debout, et il y a  même  un robinet d’eau dehors. Il suffira de dégager  un petit chemin au début pour aller  jusqu’à la porte en bois. Cela dit elle sera  peut-être à repeindre non ?

Mon mari regarda l’air effaré devant mon enthousiasme. Je ne comprenais  d’ailleurs  pas pourquoi soudain il eut un mouvement de recul.

— Viens on s’en va !

— Mais  on n’a  même  pas visité :! Ah ! Non !je veux voir l’intérieur.

— D’accord allons-y.

Et là, une immense pièce avec le sol en terre battu, les murs en torchis, en bon état, il faut le  préciser, et une  ampoule au plafond n’attendait que nous.

J’ai toujours été impatiente et là je ne serais  pas partie sans la  promesse d’Edouard d’acheter ce petit bijou. Il est gentil et je crois qu’il m’aime. Il fit toutes les démarches et dans le mois qui suivit nous  passâmes une semaine de vacances   à faire des  plans : là on fera  la  chambre, là on mettra une cloison, là on fera la cuisine et là ce sera la chambre d’amis, etc…

Nous voilà partis  un samedi matin à Leroy Merlin avec une camionnette  louée pour  l’occasion.  On y enfourna des sacs de  plâtre, de la  peinture, des escabeaux, des  marteaux, des bouts de  planche, un évier  que sais- je encore !

Au bout de huit jours, Edouard avait la  main droite bandée. Connaissant  son idiosyncrasie  au bricolage je n’aurais jamais dû le  laisser seul avec un marteau et des clous, car naturellement  le premier coup porté fut pour son pouce et le second  pour le dos de sa  main. On a continué quand  même car il fallait absolument que les fenêtres, qu'il avait posées de guingois ferment  malgré tout car nous allions rentrer  et tout laisser en chantier. Il ne manquerait plus qu’en plus  on nous vole  notre  matériel!

Juste au moment  où enfin nous avions réussi à tout boucler en mettant des planches en travers, il se  tordit le pied  pour éviter l’évier qui trainait au sol. Il hurla de douleur, jeta  les outils  n’importe  où et d’un ton sans réplique me dit : avec tes idées à la con, je ne  pourrai  pas aller travailler lundi dans cet état !

Terriblement vexée et  outrée du ton qu’il avait employé  je fis  mon sac et  partit en claquant le  porte.

— Je te laisse, tu travailleras  mieux tout seul !

C’est ainsi qu’il s’est mis au boulot sérieusement. Cette fois  il a  appelé un plombier, un menuisier, un peintre, un maçon, un électricien et en deux mois  la  grange vétuste  que nous avions  trouvée s’était transformée en une superbe  maison de campagne.

C’est quand  même chouette d’avoir un mari bricoleur !

 

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défi 179 une minute pour convaincre

Publié le 6 Février 2017 par marie chevalier dans défis cdm

Défi 179 : croqueurs de mots une minute pour convaincre

À la foire aux coups de cœur, vous avez une minute pour convaincre

et nous faire craquer pour un de vos objets favoris

 

Mon meilleur compagnon

 

 

Quand j’avais quatre ans, j’ai été placée  à la campagne et élevée par une tante à mon père.  Mais  pour certainement ne pas trop me traumatiser on m’avait  fait un cadeau : un baigneur en celluloïd. Il ne bougeait pas les yeux  mais il les avait d’un joli bleu. Ses membres étaient attachés entre eux et tenaient au corps par des élastiques  ronds.

Ce baigneur fut mon compagnon  pendant toute mon enfance. Dès que j’ai eu un vélo je l’emmenais  promener sur mon porte- bagages. Je lui tricotais des vêtements. Son dernier ensemble était rouge vif et comportait un pantalon, un gilet, un bonnet et des chaussons. Depuis  j’ai perdu les chaussons !

                 Et puis quand j’ai eu seize ans, je suis revenue  habiter dans la région parisienne  chez  mon père. Dans ma maigre valise dormait mon compagnon.

                  Et  puis je me suis mariée et devinez qui j’ai emmené dans notre minuscule meublé de  douze  mètres carrés au cinquième étage sans ascenseur ? Mon Baigneur.

                 Et puis nous avons emménagé dans un autre logement plus grand toujours avec lui dans mes bagages.

Aujourd’hui, je suis en retraite à la campagne et nous avons un grenier. Alors dans un grand carton, bien calé, au chaud, il dort dans son habit rouge.

Il a  soixante et onze ans cette année. Pas mal conservé  il peut encore faire illusion. Mais il ne sera  jamais donné de mon vivant, il disparaitra avec moi …

 

 

 

 

 

 

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défi 177 croqueurs de mots (chanson)

Publié le 9 Janvier 2017 par marie chevalier dans défis cdm

Défi 177 croqueurs de mots

Vous choisissez une chanson que vous aimez ou que vous détestez. A partir de là vous écrivez un texte (pas trop long) en vers, ou en prose, comique, ou triste ou normal : parodie, critique, commentaires “off” .

Entre les phrases de la chanson …. Au choix Dans ce texte , vous intégrez au minimum, 5 mots de cette chanson.

 

A la claire fontaine

À la claire fontaine
M'en allant lessiver
J'ai trouvé l'eau si sale
Que je me suis sauvée

Il y a longtemps que je t'aime
Jamais je ne m’y ferai
Il y a longtemps que je t'aime
Jamais je te pardonnerai

Sur les feuilles d'un cahier
Je me suis libérée
A la dernière page
Me suis mise à chanter

Il y a longtemps que la haine
A remplacé l’amour
Il y a longtemps que la haine
A remplacé l’amour…


 

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défi 176: Noel chez les croqueurs de mots

Publié le 19 Décembre 2016 par marie chevalier dans défis cdm

 

Commenter simplement cette image

 

 

La dure réalité

 

 Je savais depuis le début que Joseph cachait quelque chose. Un jour que je  l’épiais, je l’ai entendu passer un coup de fil directement à Dieu  pour lui demander ce qu’il devait apporter  à Jésus  pour son petit Noel.

Dieu dans sa grande  bonté  lui a répondu : mais ta  présence  lui suffit  Joseph !

Pas convaincu, le brave charpentier décida  malgré tout  de  faire un cadeau dont  le gamin se souviendrait. 

Alors il alla  dans  le bureau de Marie  qui pestait contre  les redevances EDF qui avaient encore augmenter, contre  la dinde  qui n’était plus ce qu’elle était et  quand elle  l’entendit lui demander du papier à lettres et  un crayon, elle s’énerva.

— Que veux-tu faire encore ? Tu crois que tu n’as  pas fait assez de bêtises  depuis que notre fils est  né ?  Tu n’as  même  pas été  fichu de lui fabriquer une balançoire dans le jardin !

 Joseph tout contrit  ne répondit pas et  prit sans un mot  le papier et le crayon. 

Il s’isola dans la cuisine et  sortant un bout de  langue  pour mieux s’appliquer il écrivit  trois lignes :

Père Noel, ne m’en veuillez pas  mais  il ne faut pas  vous fâcher, vous n’avez plus  lieu de  passer chez les enfants. Je suis le  père de Jésus et  il est  né  à La Courneuve à la maternité.  Alors s’il vous  plait ne fêtez plus ce jour  je vous en supplie, ce ne sont que des  mensonges.

On ne sut jamais ce qu’en pensa  le  père Noel mais ce que l’on sait c’est que depuis ce  jour, il se promène en calèche et vend des portables sur les  marchés. Personne ne comprenait  jusqu’à ce qu’il dépose dans  toutes  les maisons  la confession de Joseph.

Quelle histoire ! Ne la racontez pas aux enfants surtout !

 

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défi 175 (croqueurs de mots) votre plus beau souvenir de petit désagrément

Publié le 5 Décembre 2016 par marie chevalier dans défis cdm

On peut faire quelquefois d’un désagrément un atout.

Raconter, de préférence sur mode léger et sans allusion à l’actualité, votre plus beau souvenir de petit désagrément (maladie d’enfance, voyage annulé, …)

 

Il fallait en rire 

J’étais encore jeune et plein d’allant mais traumatisée par un travail stressant et fatiguant. Il faut dire que je voyais environ 300 à 400 personnes dans la  journée qui défilaient. Celui-ci pour déposer une remise-chèques, celui-là pour demander un crédit, l’autre  pour  avoir de la  petite  monnaie, l’autre encore pour obtenir une avance sur son salaire. Le plus exigeant était celui qui venait protester contre la différence entre ses  comptes et ses  relevés bancaires. Il fallait faire face, rester courtois et calme et franchement parfois  « on pétait les plombs ».

Un jour justement où je recevais un client modeste qui voulait anticiper sur  la fin du mois, je lui expliquai que cela n’était plus possible, il avait déjà largement utilisé tout ce qu’il avait et  que l’on ne pouvait aller  plus loin. J’ajoutai que  j’étais navrée, que je me  mettais à sa place, que je comprenais mais que…

Il resta assis dans le fauteuil clientèle en face de moi, bien qu’à plusieurs reprises  j’avais confirmé que  je  ne pouvais rien pour lui. A  un moment, très énervée  mais  cachant cela sous un sourire crispé je lui dis : Vous ne voulez  pas  partir ?  Pas grave, c’est moi qui vais m’en aller »

Il ne me répondit  pas. Je pris un gilet, mon sac  à mains et dignement sous le regard étonné  de mes collègues  je sortis. Je fis le tour du pâté de maison, bus un verre d’eau fraiche au  petit café  d’à côté,   et  rentrai…

Il était toujours  là, assis de la  même façon, les  jambes  bien tendues.

Mes amis commençaient à glousser, se moquant gentiment de moi. J’étais quand  même  prise de court. Je  m’assis toujours dignement devant lui et d’un air  narquois, il me demanda : il ne fait pas trop frais dehors ? Bon on reprend  où en étions-nous ?

Et là, je fus  prise d’un fou-rire  nerveux suivi par  plusieurs de mes collègues. Et lui –même se  leva et me dit l’air très sérieux : aller,  je vous ai assez ennuyée  pour aujourd’hui je reviendrai demain………

Mon seul réflexe, éberluée devant son aplomb fut de répondre sottement : OK  à demain…

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défi 174 croqueurs de mots

Publié le 21 Novembre 2016 par marie chevalier dans défis cdm

 

 

Raconter une belle histoire qui va mettre en scène trois personnages : Jules, Jeanne et son éternelle cane

Un personnage de petite taille qui semble assez agité

Un lieu : une mare près de l’église

Un objet : une pendule

 

 

Jeanne et Jules

 

Regardant sans arrêt la pendule qu’il avait  volé  à sa grand-mère,  Jules, trépignait  près de  la mare  aux canards  du village. Il avait repéré une  cane toute  blanche et  il voulait absolument  lui donner du pain rassis avant la sortie de la messe.  Le  problème est que  le  pauvre gosse était  plus  petit que la  moyenne, c’était un nain. Et ses bras  n’étaient pas assez  longs  pour  attraper  la cane  même si elle venait près du bord.

De plus  les cloches se mirent à sonner la fin des vêpres, doux  Jésus, si sa  mère le trouve  là pataugeant dans les grandes herbes, il va encore  se faire disputer.  D’emblée dès qu’il pensa  à la punition éventuelle, il se  mit  à hocher la tête de droite à gauche, secouer les épaules.  Ses tics  le reprenaient. 

Le  pauvre  déjà handicapé par sa taille  le voilà maintenant  bien ennuyé car les  amies de sa  mère  l’interpellent et lui demande  pourquoi il est si nerveux.

C’est parce que  je veux donner du pain à la  jolie cane blanche de Maman, et elle  n’en veut pas.

La dame se retourne vers  Jeanne, l’air  affligé : ma  pauvre Jeanne, vous n’avez  vraiment pas eu de chance avec ce gamin.

Jules, rageur, ayant enfin réussi à donner son pain donna  un grand coup de poing dans les fesses de  la bigote qui hurla, outrée !

Jeanne  pouffa en s’excusant : ben oui hein, il est  petit il ne se rend  pas compte  où il frappe. 

Elle  prit la  main du gamin et ils  rentrèrent chez eux, heureux d’être ensemble. Avec sa  mère il n’avait pas le complexe de sa taille. Il faut dire qu’elle-même était naine….

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défi 173 croqueurs de mots

Publié le 7 Novembre 2016 par marie chevalier dans défis cdm

Défi 173 : Croqueurs de mots

On vous a servi un breuvage qui vous a statufié sur un banc public. Racontez ce que vous voyez ou entendez  ou même ce qui se passe dans votre tête.

 

En dehors du temps

Je suis bien. Je n’ai jamais été aussi bien. Mes douleurs aux genoux ont disparu et je suis comme dans un rêve.  Près de moi sur ce banc, dans ce square  que je ne connais  pas, est venu s’installer un vieux monsieur. Je dis vieux car il doit avoir mon âge.

Il est vêtu comme en plein hiver et pourtant nous sommes au mois de Juillet. D’ailleurs, il s’essuie régulièrement le visage avec un bout de sopalin qu’il déchire consciencieusement du rouleau  qu’il a  posé entre nous deux. Il me parle, me dit qu’il fait frais pour la saison, que l’on endure une petite chauffe le soir et qu’il est heureux d’avoir acheté des sachets de verveine. Il en boit une en rentrant et ça lui fait du bien aux os. Je l’écoute béatement, un demi sourire sur les lèvres, mais en fait je me fiche éperdument de ce brave homme. Comme je vous  l’ai dit  je me sens  merveilleusement bien, je me sens  très bien.

Un jeune enfant passe près du banc et me lance son ballon. Je ne le rattrape pas. Le gosse  s’énerve : joue Madame !

Toujours mon sourire béat, mais pas un mouvement, pas un geste. Le petit s’enhardit ; il me tâte  les  mains et  téméraire vient  jusqu’à me tirer les cheveux. Je ne bouge toujours pas

        — Maman, la dame est froide ;

        — mais non voyons tu vois bien qu’il s’agit d’une statue.

  • Mais alors  pourquoi elle sourit ?

— Allez viens, tu m’en demandes trop !

         — Maman, Mama, tu as raison, i l y a  même  un pigeon qui vient de  faire caca sur sa tête !

  • — Alors tu vois !

A ce moment -là c’est moi qui me réveille, je sors de cette  léthargie passagère due sans doute à mon âge ou  à ce truc bizarre que m’a fait boire  Eliane,  et je me lève d’un bond. Le gamin coure encore….

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