Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #recueil de nouvelles

 

 

 

Mon nouveau recueil est sorti. 

Il comprend 16 nouvelles, 10 histoires écrites sur des thèmes collectifs, et 5 poèmes libres.

Comme d’habitude, il est édité chez Lulu.com pour le prix de : 13 EUROS

et est disponible auprès de moi ou 

Ma page Lulu: 

Shop the Independent Bookstore | Lulu 

Ma page d'auteure amazon: 

Amazon.fr: Marie Chevalier: Livres, Biographie, écrits, livres audio, Kindle

 

Je vous mets ici une nouvelle que l'on retrouve dans ce recueil:

 

POURQUOI COURIR ?

 

Il avançait à petits pas comme marchent les personnes âgées qui craignent de tomber. Mais Nathan avait vingt ans.

Il était né lent et malgré une croissance normale, il ne savait pas marcher vite. Ses copains se retournaient souvent pour l’inviter à accélérer. 

Mais rien n’y faisait. Il les rejoignait et à chaque fois souriait en disant : je prendrai bien le temps d’aller au cimetière à petits ou grands pas.

On remarquait chez lui une tristesse même quand il souriait. Jamais aucun de ses amis ne l’avait entendu rire aux éclats. Pourtant parfois leurs blagues étaient drôles. Dans ce dernier cas il étirait les lèvres, sans ouvrir la bouche.

—Dis-moi, pourquoi tu ne veux pas t’amuser avec nous, on n’est pas assez classe pour toi ?

—Ne dites pas de bêtises, je suis bien avec vous, sinon je pourrais aller ailleurs. Pourquoi voulez-vous mettre tout le monde dans un moule ? Rire ensemble, pleurer ensemble, diner ensemble, se promener ensemble et pourquoi pas dormir ensemble aussi ?

—Oui pourquoi pas ? cela te choquerait ? pourtant c’est banal et naturel. C’est toi en fait qui n’acceptes pas les autres et non le contraire.

Ce genre de discussions interminables, ils en avaient souvent. Les copains aimaient bien titiller Nathan pour qu’une fois, ils le voient sortir de ses gongs ! Mais imperturbable, le jeune homme argumentait toujours gentiment et forcément au bout d’un moment ce sont ses camarades qui lâchaient.

Et puis il n’avait pas envie d’être comme tout le monde. Le fait d’être lent l’arrangeait souvent, par exemple quand il devait aller « vite » chercher une denrée manquante à la maison !

Ses parents ne lui pardonnaient pas sa différence : mais enfin Nathan, bouge-toi le cul ! hurlait Pierre son père quand il avait bu un peu trop avec ses potes de bureau. D’ailleurs, il avait honte, ne savait pas comment expliquer cette façon d’agir à ses amis ou même à sa famille, il se demandait ce qu’il avait fait de mal pour avoir un fils aussi mou.

 La tante du jeune homme, psychologue avait voulu le prendre en charge, mais il avait refusé et s’était fâché.

—Mais qu’est-ce que vous avez tous à me juger différent ?  Vous êtes qui pour me donner des leçons ?  Il faut que je ressemble à Papa ?  Terriblement violent quand il a bu ?  À Maman ?  Stressée et les dents serrées de peur et de retenue quand justement mon père hurle ?  C’est cela que vous voulez que je sois ? Eh bien non ! il va falloir vous faire une raison, je n’ai pas l’intention de fournir un effort pour changer ma façon d’être. J’ai vingt ans si cela vous père autant, je vais partir d’ici et ainsi je ne vous donnerai plus la honte !

Après cette violente répartie inhabituelle, il se tut et monta dans sa chambre. Ses parents, sidérés s’étaient regardés et la mère s’était mise à pleurer. Le père avait attrapé sa veste et était sorti en claquant la porte.

Les jours passèrent puis les semaines et personne n’entendit- plus parler de Nathan.il était majeur et au fond, ses parents n’étaient pas mécontents qu’il ait quitté la maison de son plein gré car comme tous les parents ce handicap leur pesait et ils s’imaginaient être obligés de le garder toute sa vie. Nathan savait tout cela. Il avait entendu sa mère supplier son mari d’être tolérant et de comprendre. Il était comme les autres son bébé, il apprenait très bien à l’école quand il était gamin, puis il avait réussi haut la main le bac et ses trois années d’études pour être vétérinaire ;

C’était là que tout avait commencé. A plusieurs reprises le professeur avait signalé sa lenteur.

—Il ne pourra jamais être véto, vous vous rendez compte ? si on l’appelle d’urgence et qu’il doit courir pour un animal en difficulté il fera comment ?  Non ce qu’il lui faut c’est un travail de bureau sans à -coups et surtout sans relations extérieures avec des clients. Ils se lasseraient vite de l’attendre tout le temps.

C’est ainsi qu’il fut embauché dans une compagnie d’assurances concernant les problèmes des agriculteurs. : les champs qui brulent, les granges qui prennent feu, les animaux qui se sauvent etc…  Bien des raisons d’être occupé à vérifier les déclarations de ces pauvres personnes en difficulté. Il aimait cela, se sentait bien avec les gens de la terre qui prenaient le temps de marcher, de parler et surtout qui ne faisaient jamais une remarque sur sa lenteur. Pourtant, quand il devait aller vérifier sur place, ce n’était pas une petite affaire. Les étables, les granges étaient grandes et les fermiers l’emmenaient tambour battant voir les lieux des sinistres. Le pire était quand un champ avait brulé. L’étendue lui donnait le tournis et il se demandait toujours s’il pourrait aller au bout sans tomber. 

A part cela, il était en pleine forme jusqu’au jour où…

C’était un samedi soir et il avait décidé de regarder un match de rugby à la télévision. C’était rare car il s’endormait devant l’écran, il ne supportait pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser, de rester inactif.  Il était très lent sans doute mais pas impotent, il aimait d’ailleurs le dire à tout le monde. Mais ce soir-là, il ne se sentait pas très bien. Il avait très mal dans les jambes et se demandait pourquoi, étant donné qu’il n’avait pas fait d’efforts ce jour-là.

Il se leva pour aller chercher un verre d’eau et il se mit à courir dans tout son appartement. Il n’arrivait plus à s’arrêter. Il prit peur bien sûr et se dit qu’il devrait appeler un médecin. Il réussit à prendre son téléphone mais ouvrit la porte d’entrée. Il ne tenait plus en place, il fallait qu’il sorte.  Il dévala les quatre étages toujours en courant. Dans la rue, il ne pouvait plus se retenir, il n’évitait même pas les passants, il bousculait, haletait et courait encore et encore. A un moment il vit arriver en face de lui son père, qui se trainait, un peu ivre. Il le bouscula et sans se retourner lui cria : je coure, je marche vite, je suis normal !!!

Il riait, pleurait, n’en revenait pas du plaisir qu’il éprouvait à prendre de la distance. Pourquoi s’était-il privé de cette joie de sentir le vent sur son visage ?

Las ! … les forces tout à coup lui manquèrent. Il s’effondra et s’endormit.

Quand il se réveilla, le match était fini, la lumière de l’écran illuminait la pièce et il lui fallut bien du courage pour s’avouer qu’il n’avait fait qu’un beau rêve.

Il resterait lent. Tant pis, il avait eu une heure de bonheur, quand il tapait des talons sur le trottoir des rues empruntées. Il avait fait des kilomètres et rien que pour cela…  Il pensait peut-être quand même à aller consulter un spécialiste de la lenteur, cette profession devait bien exister, il commencerait ses recherches demain. Ce soir il allait se rendormir.  Si seulement il pouvait de nouveau voyager dans les rues…

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

"

"Si haut qu'il peut grimper, un chemin qui monte n'est rien d'autre qu'un chemin  qui descend en sens inverse et réciproquement."

L'Os à moelle de Pierre Dac

et

"Pour la marche à pied, le meilleur des chapeaux de paille ne remplacera jamais une bonne paire de chaussures."

Pierre Dac

un texte s'inspirant de l'une de ces citations ou des deux

 

Prudence

 

Lucie avait emporté son chapeau de paille car elle avait bien l’intention de ne redescendre au village qu’à la nuit tombée. Et la météo annonçait un cagnard comme rarement vu dans la région. Elle avait décidé quelques semaines auparavant de se mettre à la marche à pied. Son médecin lui recommandait vivement lui affirmant qu’elle souffrirait beaucoup moins de douleurs dans les jambes. « A votre âge madame Lucie, il faut penser à ne pas laisser rouiller vos jointures » lui disait-il en riant !

Cela dit il exagérait quand même, elle venait de fêter ses cinquante ans, mais bon, elle se prenait en mains et soit, elle marcherait.

Ce dimanche matin, son itinéraire était tout tracé, elle irait voir sa fille qui louait un appartement sur les hauteurs de la falaise. Elle aurait pu longer la plage, mais non, elle se disait qu’ainsi, bien que cela allait lui paraître très dur, au moins, une fois une petite bière bue avec sa gamine, elle redescendrait et de ce fait se fatiguerait moins.

C’était un mauvais calcul car tous les marcheurs vous le diront : il est parfois plus difficile de descendre que de monter. Il faut se retenir et c’est vraiment un travail musculaire bien plus difficile que forcer un peu pour grimper.

Elle était maintenant à moitié chemin et son souffle s’était bien adapté à son rythme. Elle ne soufflait pas et marchait d’un pas régulier. En revanche, une brûlure diffuse sous les pieds l’interpella : quelle sotte ! je suis en espadrilles !  J’aurais dû mettre mes baskets. J’ai pensé à tout, le sac à dos, les lunettes de soleil et surtout le chapeau de paille et complètement occulté qu’avec la chaleur mes pieds allaient souffrir.

Quand elle arriva chez sa fille, elle était écarlate, et boitait.

  • Maman, mais qu’est- ce qu’il t’a pris de venir ici en touriste ?  Tu as vu comme tu es chaussée pour faire cette montée ?
  • Je sais n’en ajoute pas j’aurais dû me souvenir une des réflexions de Pierre Dac
  • Laquelle ?
  • Elle est vraiment faite pour moi, je te la récite : Pour la marche à pied, le meilleur des chapeaux de paille ne remplacera jamais une bonne paire de chaussures.
  • — Quel bon sens !  Dit en riant sa fille.

Elles allèrent s’assoir et boire une bière comme convenu, mais Lucie se souviendra de ce conseil la prochaine fois qu’elle viendra !

 

 

Voir les commentaires

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie

thème : l'oiseau

L’OISEAU

 

L’oiseau sur sa branche

Siffle et savoure le printemps

Il s’ébouriffe, s’égosille,

Son sifflet n’est plus qu’un mélange

De cri et de plaisir

Il va foncer

Il va descendre

En bas, là

Il a vu un bout de laine

Eh oui ! un petit bout

De laine blanche

Il jubile, en piqué, il descend

Le prend dans son bec et remonte

Sur sa branche

Me surveillant

Ne voulant en aucun cas dévoiler

Sa maison, son nid

 Il attend que je parte

Toujours le brin de laine

Dans son bec

L’air absent

Penchant la tête de côté

Pour mieux m’apercevoir

Je tourne le dos

Entre dans la maison

Me retourne précipitamment

Il n’est plus là

J’entends un bruissement dans l’arbre

Et l’oiseau a disparu

                                   Il s’est méfié de l’homme

Et comme il a raison

De protéger son secret

Son nid, ses œufs, sa belle …

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Thème "Impossible pas végétal"

D'après cette photo imposée :

 

Renaitre

 

Il n’avait pas plus depuis maintenant deux années.

Quelques gouttes de temps en temps mais rien qui puisse aider la nature à survivre. Alors nous avions perdu une partie de notre famille. Les gens qui étaient fragiles tombaient comme des mouches et les autres, amaigris, malades, et surtout sans force regardaient le ciel toute la journée, espérant voir au moins un nuage qui les rassurerait.
Rien. Nous avions tous terminé les restes de victuailles des magasins, et comme plus rien ne poussait nous en étions réduits à manger des conserves souvent périmées, mais nous n’avions que cela.

Les puits étaient vidés, enfin ceux qui restaient car beaucoup jugés inutiles avaient été comblés. Ah ! C’est dans ces moments -là que l’on se rend compte à quel point l’homme se croit au-dessus de tout et peut tout gérer !

Après avoir creuser encore et encore les nappes phréatiques, elles aussi étaient asséchées. En réalité, il ne nous restait plus que quelques bouteilles de vinaigre et un peu d’eau dans des bidons que nous allions chercher la nuit à la mer. Certes, elle était salée mais nous aurions bu notre pisse s’il n’y avait pas eu ce recours tellement le manque d’eau était invivable.  La chance pour nous d’habiter à trente kilomètres de la mer. Nous y allions à vélo. La nuit il y avait un peu de fraicheur, enfin la température jusqu’à maintenant n’avait pas atteint les quarante degrés, ce qui était courant dans la journée.

Il n’y avait plus de routes vraiment praticables car la chaleur avait tout craquelé. Un véritable désert comme si une bombe nucléaire était tombée dans la région et avait tout rasé, et brulé.

Cette nuit -là la pleine lune éclairait comme en plein jour.

C’était idéal pour nous qui avec nos bidons attachés avec des ficelles au guidon de nos vélos, devions aller cher de l’eau à la mer. Nous étions une dizaine et on en ramenait pour ceux qui ne pouvaient plus bouger. Nous avions entre quinze et vingt ans et la jeunesse nous préservait un peu de la fatigue.

Soudain, Jonathan nous siffla et hurla : arrêtez-vous et venez voir !

Et là : au milieu de la route défoncée sur un petit monticule d’asphalte éclaté : un pissenlit !!!

Médusés mais tellement heureux ! la nature reprenait ses droits, aujourd’hui c’était un pissenlit et demain peut-être un champ ? 

En attendant nous regardions ce végétal comme si nous avions trouvé un lingot d’or. Qu’allions-nous en faire. Les propositions fusaient :

On se le mange et on ne dit rien

On l’arrache et on le replantera chez nous 

Non non on le laisse il va peut-être faire des petits ?

Bref personne ne sût que faire. Alors nous sommes remontés sur nos vélos, les yeux pleins d’espoir malgré tout. Il n’était pas venu là tout seul peut-être y a-t-il une source souterraine ?

Nous ne disions plus rien, écrasés par cette découverte : La nature quel joyau ! si la pluie revient, promis on la protégera, on s’occupera d’elle, on la bichonnera, c’est sûr ! …

Franchement ? … vous y croyez, vous à ces bonnes résolutions ?

 

Voir les commentaires

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Pour le premier jeudi poésie, 8 juin : thème "Revenir, retour"

Reviens mon fils

 

Allo ? Mon fils ?

Tu m’avais dit  que tu serais avec nous  ce soir

Et nous nous faisions une joie de t’accueillir.

Pourquoi ce SMS alambiqué et sans valeur

Pour nous dire : impossible venir ?

Pourquoi ne nous dis-tu plus rien ?

Tu nous caches quelque chose ?

Pourquoi n’as-tu plus confiance ?

Moi ton père  je te le dis aujourd’hui,

Tu t’es marié avec cette  petite

Nous avons respecté ta volonté,

Sans avoir le plaisir de la connaitre

Tu ne l’as pas voulu, pourquoi ?

Et que veut dire : impossible venir ?

Votre chambre était  prête,

Tu connais  ta mère : son enfant  revenait !

Elle dansait de joie  dans  la  maison.

Mon fils, même si tu t’es marié là-bas

Si loin de nous, ce n’est rien

L’important est que tu sois heureux.

Reviens-nous,  je t’en prie !

Ta sœur qui en sait plus que nous,

Nous a dit que ta  femme

N’était pas une femme normale.

Qu’est- ce que cela veut dire ? Pas normale ?

Parce qu’elle est muette ? 

Tu devrais avoir honte d’avoir honte d’elle !

Nous voulons  l’accueillir et l’aimer,

Tu comprends cela ? 

Alors  reviens, s’il te  plait reviens

Et avec elle sinon je n’ouvrirai pas la  porte

A bientôt mon fils !

Embrasse ta femme.

 

 

Voir les commentaires

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Un poème ou une chanson évoquant le pouvoir sous toute ses formes.

Plus tard je serai le roi

 

Quand il était bébé

On disait de lui :

Il ira loin ce petit !

En effet, il était exigeant

Coléreux et impatient.

 

Devenu adolescent

Il se comporta en maître

Avec ses conquêtes.

 

Et puis un jour

Arrivé au sommet

De ce qu’il espérait

Quand il eut argent

Et riches amis

Qu’il n’eut plus besoin

De demander

Car il avait tout

Il s’épanouit enfin.

 

Il n’avait jamais

Eté si haut

Dans l’échelle sociale

Demander plus

Qu’être le roi eut été indécent

Il avait ce dont il rêvait

Le pouvoir

Le pouvoir

 

Il n’avait vécu que pour lui

Enfin, il pouvait

Sans gêne aucune

S’assoir sur son trône

Et contempler

Son empire.

 

Hélas le pouvoir

Ne lui servit à rien

Quand un jour de faiblesse

De son fauteuil il tomba

Et jamais ne se releva

 

On peut rêver

De gérer le monde

Mais on n’a aucun pouvoir

Sur notre destin

 

Voir les commentaires

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

thème: un poème ou une chanson évoquant le savoir

Savoir

Savoir dire les choses

Savoir sentir le parfum des roses

Savoir prendre ses responsabilités

Savoir pleurer

Savoir rire aussi

Savoir dire merci

Savoir se pencher

Savoir embrasser

Savoir caresser

Savoir donner

Savoir recevoir

Savoir être

Savoir ne plus être

Savoir se taire

Savoir écouter

Et ...

Savoir aimer

 

Voir les commentaires

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Pour ce défi 282 en ce joli moi de mai, c'est une Rose qui s'y colle. Voici ce qu'elle nous propose ...Votre enfance au moi de mai ou pas

Ça s’est passé un premier mai

Je n’avais pas dix ans que déjà je passais mes jeudis et vacances scolaires à aider à la ferme du village. Dès le mois de mai, nous commencions à nous occuper du potager, arracher les mauvaises herbes dans les semis de Jeanne, la fermière et aidions à d’autres petits travaux. Je dis nous car nous étions trois : un garçon et deux filles.  Laura était plus jeune que moi et Jacques venait d’avoir treize ans. Un petit homme, disaient ses parents et travailleur avec cela, on a de la chance d’avoir un bon fils.

C’est donc dans la ferme de Jacques que je vécus mes plus beaux moments de petite fille puis d’adolescente.

Un premier mai, nous sommes partis tous les trois dans le petit bois derrière le village pour essayer de trouver du muguet. On riait, on courait, on était pleins de joie de vivre et surtout heureux d’être libres et ensemble.  Jeanne nous préparait trois petits casse-croutes et une bouteille d’eau et vers dix heures du matin on s’asseyait pour manger. Je crois que j’étais amoureuse de Jacques mais il ne me regardait pas ou du moins pas comme une amoureuse potentielle. Alors ce jour-là, quand Laura nous prévint qu’elle allait chercher du muguet, qu’elle en avait assez d’être assise, Jacques lui demanda de prendre son temps. Un peu intriguée je lui fis remarquer que ce n’était pas sérieux de la laisser partir seule, il me répondit : t’occupe, on n’en a pas pour longtemps.

Il eut à peine fini sa phrase qu’il me coucha dans l’herbe et m’embrassa sur les lèvres. J’ai cru que j’allais avoir un malaise. Je me mis à trembler quand il me serra dans ses bras et me dit : tu te souviendras de ce premier mai ma belle, ce sera notre premier baiser.

On se releva très vite car il semblait aussi ému que moi. Nous n’osions plus nous regarder, rouges de confusion et d’excitation aussi (surtout moi) Il m’avait embrassée, j’étais sur un nuage, je pouvais mourir maintenant.

Il n’en fut rien mais je dois bien avouer avec beaucoup de nostalgie que ce fut l’unique baiser que je reçu de Jacques.  Le lendemain, il ne me regardait même plus. Il me parlait peu et ne s’adressait qu’à Laura. J’étais jalouse, mais jalouse !

Ce fut mon premier baiser, un premier mai, et aussi mon premier chagrin d’amour car notre belle histoire n’eut pas lieu.   N’empêche quel merveilleux souvenir !

Voir les commentaires

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 Un texte humoristique de votre cru qui va nous parler du chocolat

 

Crevettes et chocolat

 

Il aimait les crevettes

Et savourait le chocolat.

Il aimait la vie

Mais elle ne lui rendait pas

Du moins c’est ce qu’il pensait

Cela lui permettait

De se gaver de chocolat

Et  les jours de disette

D’un kilo de crevettes

Las ! Un jour il rencontra

Celle qu’il espérait.

Hélas……

Fini ! Crevettes et chocolat !

Pas question de  prendre du poids !

Lui disait-elle tout en douceur.

Il n’aima pas cette contrainte

Et avant qu’elle ne se rende compte

Il partit errer dans les supermarchés

Et sur place se délecta

De crevettes et de chocolat

 

 

Voir les commentaires

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes nouvelles

 

 

J’étais heureux quand je ne savais pas

Comment en suis-je arrivé là ?  Personne ne trouvera de réponse et surtout pas ma femme. Nous sommes mariés depuis cinq années. Tout fonctionnait à merveille jusqu’au moment où…
Mais je ne peux entrer directement dans le sujet sans expliquer pourquoi je me sens obligé d’en parler aujourd’hui. Sarah est une très jolie femme blonde aux longs cheveux bouclés. Enfin pas vraiment bouclés, un peu crépus car elle se fait régulièrement défriser.
Si je réfléchis, elle n’est pas vraiment blonde non plus en fait. Ses copines du salon où elle travaille, lui décolorent puis les défrisent. Cela lui fait un très chouette casque et avec ses grands yeux bleus et sa silhouette élancée, elle est superbe. 
Les hommes se retournent sur elle mais elle les ignore. Très fier, le port altier, elle les domine de son dédain. Ma femme a du maintien. Ses origines bourgeoises lui ont donné le gout du beau voire du luxe.
Je me suis toujours demandé ce qu’elle m’avait trouvé de plus que les autres pour m’aimer comme elle m’aime. Ce n’est pas de la vantardise, cette femme m’adore. Et moi je l’ai idolâtrée jusqu’au jour où …
Nous étions assis devant la télévision en mangeant notre tranche de jambon accompagnée d’une salade verte comme nous le faisons souvent, quand soudain elle s’est tournée vers moi et  m’a demandé :
— Norbert, si je partais vivre au Mexique, me suivrais-tu ? 
Calmement, je posai ma fourchette et mon couteau de chaque côté de mon assiette, m’essuyai les lèvres avec ma serviette en papier à fleurs, et enfin la regardai.
— Tu dis ? 
Cette phrase pour gagner du temps, pour préparer ma réponse, cette phrase, quelle nullité !
D’ailleurs son sourire narquois me le fit remarquer. Sarah n’avait pas besoin de mots parfois, un sourire, un regard et je voyais ses pensées comme si elles étaient les miennes. 
— Je te demande de bien vouloir répéter ma chérie je n’ai pas très bien compris ?
— Laisse, moi j’ai compris que tu n’étais pas d’accord…
Effectivement je n’étais pas d’accord car dans ses projets j’avais quelle place ? Je faisais quoi ? Je quittais mon boulot de salarié aux BTP pour partir à l’aventure ? 
Je n’ai pas répondu. Je me suis levé chercher le fromage dans le placard et en me rasseyant, j’ai simplement murmuré lâchement : on en reparlera plus tard.
J’ai honte aujourd’hui. Si j’avais été assez courageux pour lui dire tout ce que j’avais sur le cœur ce jour-là nous n’en serions pas là….
Sarah, tout d’abord a changé de sujet. Elle a papoté de tout et de rien nerveusement. Je la connais bien ma Sarah, je savais qu’elle n’appréciait pas mon silence mais elle savait aussi qu’il ne fallait pas me brusquer. Nous n’avions jamais parlé de cela alors pourquoi aujourd’hui ?  Pourquoi un soir de semaine quand je rentre, exténué de ma journée de boulot sur les chantiers ? Elle ne pouvait donc pas attendre que l’on soit tranquilles tous les deux, un dimanche matin par exemple avant que j’aille faire une belote avec mes potes au café d’en bas ?  
D’ailleurs le dimanche suivant alors que je m’apprêtais à descendre elle me rappela.
—  Norbert ?  Tu rentres déjeuner ? 
— Evidement pourquoi cette question ? 
— Parce que je vais chez une copine, alors je te laisserai un plat à réchauffer au micro-ondes. Amuse- toi bien mon chéri. 
Je sortis sans répondre mais une fois dehors, je décidai de remonter à l’appartement. Ça m’avait quand même étonné cette question. C’était la première fois qu’elle partait chez une copine  un dimanche. 
Quand je mis la clef dans la serrure, j’entendis des voix.  Curieux d’en savoir plus, je restai sans bouger, l’oreille collée. 
Et ce que j’entendis me  coupa  les  jambes. 
Maman, je sais que j’ai épousé un abruti mais tu sais bien que je n’avais pas le choix, j’étais enceinte du comte de la Faloise. Oui oui, je sais aussi, tu ne veux pas que je le cite, que c’est de l’histoire ancienne, mais enfin ne nie pas que je faisais quand même la catin pour les amis de Papa. Oui j’ai dit catin tu aurais préféré que je dise « pute de luxe »  pour une noblesse décadente ?  
Un long silence, elle ne parlait plus et elle raccrocha violemment. 
J’en avais assez entendu. C’est fou comme les mots peuvent faire mal. Quelques phrases volées par hasard et tout s’écroule autour de moi. Mon fils n’est donc pas mon fils… 
Ma femme n’était donc pas la petite bourgeoise coincée quand je l’ai épousée. Elle était enceinte alors qu’elle s’était toujours refusée à moi : pas avant le mariage,  minaudait-elle, et ce vieux beau de comte machin truc l’a laissée se débrouiller seule en plus !
Ma pauvre Sarah, comme elle a dû souffrir de devoir me mentir !
Pendant ce temps, moi, je n’y voyais que du feu. Comme elle a du rire avec sa mère du bon tour qu’elle me jouait ! Père et cocu le jour de nos noces !
La colère commençait à m’aveugler et mes mains se mirent à trembler, signe chez moi d’une immense nervosité.
Qu’allais-je faire ?  Lui dire que j’avais tout entendu ?  Elle me mentirait et me raconterait une histoire à dormir debout que je croirai en plus !
Je pris le parti de me taire, vaincu.
C’est moi qui allais partir, en douce, sans prévenir.
Je rejoignis mes copains qui me trouvèrent un air fatigué. 
— Oui je le suis, je vais partir quelques jours en vacances.
— Et ta femme elle peut prendre des congés ? 
— Non elle a du boulot au salon, mais ce n’est pas grave, elle me rejoindra plus tard.
— C’est ça oui, plus tard. Tu n’es pas raisonnable car qui sait, Monsieur le Comte n’attend peut-être que cela pour te reprendre Sarah ?  Le vieux bouc a encore du répondant tu sais !
Je restai médusé. Tout le monde était au courant sauf moi ?  
µµµ
— Non, Maître, il n’a pas eu le temps d’en dire plus, je lui ai définitivement fermé son « clapet » 
— Sans doute Norbert, mais vous êtes ici pour vingt ans minimum, ça ne valait vraiment pas le coup. Vous auriez mieux fait d’accepter de partir au Mexique avec votre femme…
— Mon ex- femme, s’il vous plait ! Elle a demandé le divorce avant même mon procès. 
— C’est l’heure Norbert, les visites sont terminées. 
— Au revoir Maître, au mois prochain…

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog