Merci d' écrire le dialogue entre deux femmes si différentes : la Joconde de Léonard de Vinci et la Tempérance de Niki de Saint Phalle qui se rencontrent dans une salle de musée, le temps d'une exposition. À vos claviers, amusez vous, faites nous rire !
Chuchoterie au musée
—Bonjour on vous a reléguée aussi ?
—Pardon ? Qui me cause ?
—Mona
—Mona qui ?
—La Joconde si vous préférez..
—Mazette, que vous faites prétentieuse avec votre petit sourire en coin !
—Et vous que vous faites écervelée et un peu fofolle non ? et Cet accoutrement, vous ne craignez pas les quolibets avec vos faux seins et votre ensemble justaucorps bleu vif ?
—Je vis, je respire, je suis gaie, j’attire moi Madame je ne fais pas fuir les visiteurs !
—Je suppose que vous avez des prétendants en effet, mais vous voulez que je vous parle franchement ? vous êtes ridicule et les hommes en passant devant vous doivent se demander s’ils ne rêvent pas tant vous êtes extravagante et limite insolente avec vos tenues provocatrices.
—Ma brave dame, vous me paraissez vraiment coincée, vous n’avez jamais connu le sexe, vous ça se voit alors que moi je m’offre..
—C’est bien ce que je me disais, vous êtes une catin.
Et à ce moment de leur discussion, un homme tout à fait présentable, s’extasia devant la Tempérance :
— Que vous êtes belle, comme vous donnez envie de vivre et de rire, merci à vous je vais repartir de ce lieu revigoré et en me disant que des femmes comme vous sont le plaisir des yeux…
—Merci mon brave, admirez-moi c’est ce que je préfère.
—Contrairement à votre copine coincée dans son sourire, on dirait qu’elle vient d’enterrer son amant ! murmura-t-il en souriant.
—Pas du tout, elle ! un amant ? vous voulez rire, elle sourit seulement pour la galerie mais quand les gens la regardent ils disent tous qu’elle ne les attire pas .
Le visiteur quitta les lieux et on entendit une voix douce murmurer :
—Tu vois la belle, il se souviendra de mon sourire et sûrement pas de tes faux seins, espèce de fille perdue !
Celui qui se souvient de cette conversation ne manque pas une occasion de la raconter à ses amis : c’est le gardien du musée, il en avait entendu beaucoup mais ce dialogue, il ne l’a jamais oublié.
Voici quelques mots qui se ressemblent beaucoup mais qui ne veulent pas du tout dire la même chose. (Si vous voulez épater dans une conversation, c'est ce qu'on appelle des paronymes.)
- plage ; place ; glace ; grâce
- bateau ; gâteau ; râteau ; marteau
- durée ; purée ; curée ; jurée
- soie ; foie ; joie ; voie
1) Choisissez un seul mot dans chaque ligne
2) utilisez-les dans un petit texte qui raconte une aventure insolite ou/et drôle ou/et émouvante
MAIS ...
3) vous ferez exprès de mettre à la place de chaque mot choisi un autre mot de la même ligne
A vos lecteurs lectrices le soin de retrouver les mots adéquats.
Ode à ma mère
Je m’étais allongée sur une serviette rouge que ma mère m’avait offerte pour mes dix-sept ans l’an dernier, et je regardais la mer et sa place déserte en ce mois de mars.
Elle m’avait mise en garde en me donnant une petite boîte dans laquelle elle avait délicatement déposé le marteau qu’elle avait préparé spécialement pour moi. J’étais tellement gourmande ! mange doucement surtout !
Je me réveillai quelques heures plus tard. le soleil venait à peine de se coucher qu’il faisait déjà très frais et j’étais fatiguée.
Je rentrai par le petit sentier en frissonnant car je n’avais que la serviette et mon maillot de bains ne séchait pas vraiment.
J’allais encore me faire disputer par ma mère, ce n’était pas de sa faute mais elle ne me voyait pas grandir et me prenait encore pour un bébé. D’ailleurs, ce n’était pas rare qu’à table elle me demande si je m’étais régalée. Elle en faisait trop et finalement ça m’énervait un peu. Ce soir- là, au repas, elle nous servit de la curée et franchement je n’aimais pas. C’est là que ce côté maternel étouffant me stressait. Quand allait-elle se rendre compte que j’avais grandi et que je cachais ma voie de voir arriver mes dix-huit ans. Enfin je serai majeure et libre.
Malgré tout j’adorais ma mère et elle me le rendait bien. En fait j’aimais bien la titiller rien que pour qu’elle me fasse un câlin.
Vous qui me lisez vous devez vous demander si je me rendais compte de la glace qu’elle prenait dans mon cœur. Que de la soie, elle ne me donnait que de la soie.
Je vous mets ici une nouvelle que l'on retrouve dans ce recueil:
POURQUOI COURIR ?
Il avançait à petits pas comme marchent les personnes âgées qui craignent de tomber. Mais Nathan avait vingt ans.
Il était né lent et malgré une croissance normale, il ne savait pas marcher vite. Ses copains se retournaient souvent pour l’inviter à accélérer.
Mais rien n’y faisait. Il les rejoignait et à chaque fois souriait en disant : je prendrai bien le temps d’aller au cimetière à petits ou grands pas.
On remarquait chez lui une tristesse même quand il souriait. Jamais aucun de ses amis ne l’avait entendu rire aux éclats. Pourtant parfois leurs blagues étaient drôles. Dans ce dernier cas il étirait les lèvres, sans ouvrir la bouche.
—Dis-moi, pourquoi tu ne veux pas t’amuser avec nous, on n’est pas assez classe pour toi ?
—Ne dites pas de bêtises, je suis bien avec vous, sinon je pourrais aller ailleurs. Pourquoi voulez-vous mettre tout le monde dans un moule ? Rire ensemble, pleurer ensemble, diner ensemble, se promener ensemble et pourquoi pas dormir ensemble aussi ?
—Oui pourquoi pas ? cela te choquerait ? pourtant c’est banal et naturel. C’est toi en fait qui n’acceptes pas les autres et non le contraire.
Ce genre de discussions interminables, ils en avaient souvent. Les copains aimaient bien titiller Nathan pour qu’une fois, ils le voient sortir de ses gongs ! Mais imperturbable, le jeune homme argumentait toujours gentiment et forcément au bout d’un moment ce sont ses camarades qui lâchaient.
Et puis il n’avait pas envie d’être comme tout le monde. Le fait d’être lent l’arrangeait souvent, par exemple quand il devait aller « vite » chercher une denrée manquante à la maison !
Ses parents ne lui pardonnaient pas sa différence : mais enfin Nathan, bouge-toi le cul ! hurlait Pierre son père quand il avait bu un peu trop avec ses potes de bureau. D’ailleurs, il avait honte, ne savait pas comment expliquer cette façon d’agir à ses amis ou même à sa famille, il se demandait ce qu’il avait fait de mal pour avoir un fils aussi mou.
La tante du jeune homme, psychologue avait voulu le prendre en charge, mais il avait refusé et s’était fâché.
—Mais qu’est-ce que vous avez tous à me juger différent ? Vous êtes qui pour me donner des leçons ? Il faut que je ressemble à Papa ? Terriblement violent quand il a bu ? À Maman ? Stressée et les dents serrées de peur et de retenue quand justement mon père hurle ? C’est cela que vous voulez que je sois ? Eh bien non ! il va falloir vous faire une raison, je n’ai pas l’intention de fournir un effort pour changer ma façon d’être. J’ai vingt ans si cela vous père autant, je vais partir d’ici et ainsi je ne vous donnerai plus la honte !
Après cette violente répartie inhabituelle, il se tut et monta dans sa chambre. Ses parents, sidérés s’étaient regardés et la mère s’était mise à pleurer. Le père avait attrapé sa veste et était sorti en claquant la porte.
Les jours passèrent puis les semaines et personne n’entendit- plus parler de Nathan.il était majeur et au fond, ses parents n’étaient pas mécontents qu’il ait quitté la maison de son plein gré car comme tous les parents ce handicap leur pesait et ils s’imaginaient être obligés de le garder toute sa vie. Nathan savait tout cela. Il avait entendu sa mère supplier son mari d’être tolérant et de comprendre. Il était comme les autres son bébé, il apprenait très bien à l’école quand il était gamin, puis il avait réussi haut la main le bac et ses trois années d’études pour être vétérinaire ;
C’était là que tout avait commencé. A plusieurs reprises le professeur avait signalé sa lenteur.
—Il ne pourra jamais être véto, vous vous rendez compte ? si on l’appelle d’urgence et qu’il doit courir pour un animal en difficulté il fera comment ? Non ce qu’il lui faut c’est un travail de bureau sans à -coups et surtout sans relations extérieures avec des clients. Ils se lasseraient vite de l’attendre tout le temps.
C’est ainsi qu’il fut embauché dans une compagnie d’assurances concernant les problèmes des agriculteurs. : les champs qui brulent, les granges qui prennent feu, les animaux qui se sauvent etc… Bien des raisons d’être occupé à vérifier les déclarations de ces pauvres personnes en difficulté. Il aimait cela, se sentait bien avec les gens de la terre qui prenaient le temps de marcher, de parler et surtout qui ne faisaient jamais une remarque sur sa lenteur. Pourtant, quand il devait aller vérifier sur place, ce n’était pas une petite affaire. Les étables, les granges étaient grandes et les fermiers l’emmenaient tambour battant voir les lieux des sinistres. Le pire était quand un champ avait brulé. L’étendue lui donnait le tournis et il se demandait toujours s’il pourrait aller au bout sans tomber.
A part cela, il était en pleine forme jusqu’au jour où…
C’était un samedi soir et il avait décidé de regarder un match de rugby à la télévision. C’était rare car il s’endormait devant l’écran, il ne supportait pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser, de rester inactif. Il était très lent sans doute mais pas impotent, il aimait d’ailleurs le dire à tout le monde. Mais ce soir-là, il ne se sentait pas très bien. Il avait très mal dans les jambes et se demandait pourquoi, étant donné qu’il n’avait pas fait d’efforts ce jour-là.
Il se leva pour aller chercher un verre d’eau et il se mit à courir dans tout son appartement. Il n’arrivait plus à s’arrêter. Il prit peur bien sûr et se dit qu’il devrait appeler un médecin. Il réussit à prendre son téléphone mais ouvrit la porte d’entrée. Il ne tenait plus en place, il fallait qu’il sorte. Il dévala les quatre étages toujours en courant. Dans la rue, il ne pouvait plus se retenir, il n’évitait même pas les passants, il bousculait, haletait et courait encore et encore. A un moment il vit arriver en face de lui son père, qui se trainait, un peu ivre. Il le bouscula et sans se retourner lui cria : je coure, je marche vite, je suis normal !!!
Il riait, pleurait, n’en revenait pas du plaisir qu’il éprouvait à prendre de la distance. Pourquoi s’était-il privé de cette joie de sentir le vent sur son visage ?
Las ! … les forces tout à coup lui manquèrent. Il s’effondra et s’endormit.
Quand il se réveilla, le match était fini, la lumière de l’écran illuminait la pièce et il lui fallut bien du courage pour s’avouer qu’il n’avait fait qu’un beau rêve.
Il resterait lent. Tant pis, il avait eu une heure de bonheur, quand il tapait des talons sur le trottoir des rues empruntées. Il avait fait des kilomètres et rien que pour cela… Il pensait peut-être quand même à aller consulter un spécialiste de la lenteur, cette profession devait bien exister, il commencerait ses recherches demain. Ce soir il allait se rendormir. Si seulement il pouvait de nouveau voyager dans les rues…
"Si haut qu'il peut grimper, un chemin qui monte n'est rien d'autre qu'un chemin qui descend en sens inverse et réciproquement."
L'Os à moelle de Pierre Dac
et
"Pour la marche à pied, le meilleur des chapeaux de paille ne remplacera jamais une bonne paire de chaussures."
Pierre Dac
un texte s'inspirant de l'une de ces citations ou des deux
Prudence
Lucie avait emporté son chapeau de paille car elle avait bien l’intention de ne redescendre au village qu’à la nuit tombée. Et la météo annonçait un cagnard comme rarement vu dans la région. Elle avait décidé quelques semaines auparavant de se mettre à la marche à pied. Son médecin lui recommandait vivement lui affirmant qu’elle souffrirait beaucoup moins de douleurs dans les jambes. « A votre âge madame Lucie, il faut penser à ne pas laisser rouiller vos jointures » lui disait-il en riant !
Cela dit il exagérait quand même, elle venait de fêter ses cinquante ans, mais bon, elle se prenait en mains et soit, elle marcherait.
Ce dimanche matin, son itinéraire était tout tracé, elle irait voir sa fille qui louait un appartement sur les hauteurs de la falaise. Elle aurait pu longer la plage, mais non, elle se disait qu’ainsi, bien que cela allait lui paraître très dur, au moins, une fois une petite bière bue avec sa gamine, elle redescendrait et de ce fait se fatiguerait moins.
C’était un mauvais calcul car tous les marcheurs vous le diront : il est parfois plus difficile de descendre que de monter. Il faut se retenir et c’est vraiment un travail musculaire bien plus difficile que forcer un peu pour grimper.
Elle était maintenant à moitié chemin et son souffle s’était bien adapté à son rythme. Elle ne soufflait pas et marchait d’un pas régulier. En revanche, une brûlure diffuse sous les pieds l’interpella : quelle sotte ! je suis en espadrilles ! J’aurais dû mettre mes baskets. J’ai pensé à tout, le sac à dos, les lunettes de soleil et surtout le chapeau de paille et complètement occulté qu’avec la chaleur mes pieds allaient souffrir.
Quand elle arriva chez sa fille, elle était écarlate, et boitait.
Maman, mais qu’est- ce qu’il t’a pris de venir ici en touriste ? Tu as vu comme tu es chaussée pour faire cette montée ?
Je sais n’en ajoute pas j’aurais dû me souvenir une des réflexions de Pierre Dac
Laquelle ?
Elle est vraiment faite pour moi, je te la récite : Pour la marche à pied, le meilleur des chapeaux de paille ne remplacera jamais une bonne paire de chaussures.
— Quel bon sens ! Dit en riant sa fille.
Elles allèrent s’assoir et boire une bière comme convenu, mais Lucie se souviendra de ce conseil la prochaine fois qu’elle viendra !
Il n’avait pas plus depuis maintenant deux années.
Quelques gouttes de temps en temps mais rien qui puisse aider la nature à survivre. Alors nous avions perdu une partie de notre famille. Les gens qui étaient fragiles tombaient comme des mouches et les autres, amaigris, malades, et surtout sans force regardaient le ciel toute la journée, espérant voir au moins un nuage qui les rassurerait.
Rien. Nous avions tous terminé les restes de victuailles des magasins, et comme plus rien ne poussait nous en étions réduits à manger des conserves souvent périmées, mais nous n’avions que cela.
Les puits étaient vidés, enfin ceux qui restaient car beaucoup jugés inutiles avaient été comblés. Ah ! C’est dans ces moments -là que l’on se rend compte à quel point l’homme se croit au-dessus de tout et peut tout gérer !
Après avoir creuser encore et encore les nappes phréatiques, elles aussi étaient asséchées. En réalité, il ne nous restait plus que quelques bouteilles de vinaigre et un peu d’eau dans des bidons que nous allions chercher la nuit à la mer. Certes, elle était salée mais nous aurions bu notre pisse s’il n’y avait pas eu ce recours tellement le manque d’eau était invivable. La chance pour nous d’habiter à trente kilomètres de la mer. Nous y allions à vélo. La nuit il y avait un peu de fraicheur, enfin la température jusqu’à maintenant n’avait pas atteint les quarante degrés, ce qui était courant dans la journée.
Il n’y avait plus de routes vraiment praticables car la chaleur avait tout craquelé. Un véritable désert comme si une bombe nucléaire était tombée dans la région et avait tout rasé, et brulé.
Cette nuit -là la pleine lune éclairait comme en plein jour.
C’était idéal pour nous qui avec nos bidons attachés avec des ficelles au guidon de nos vélos, devions aller cher de l’eau à la mer. Nous étions une dizaine et on en ramenait pour ceux qui ne pouvaient plus bouger. Nous avions entre quinze et vingt ans et la jeunesse nous préservait un peu de la fatigue.
Soudain, Jonathan nous siffla et hurla : arrêtez-vous et venez voir !
Et là : au milieu de la route défoncée sur un petit monticule d’asphalte éclaté : un pissenlit !!!
Médusés mais tellement heureux ! la nature reprenait ses droits, aujourd’hui c’était un pissenlit et demain peut-être un champ ?
En attendant nous regardions ce végétal comme si nous avions trouvé un lingot d’or. Qu’allions-nous en faire. Les propositions fusaient :
On se le mange et on ne dit rien
On l’arrache et on le replantera chez nous
Non non on le laisse il va peut-être faire des petits ?
Bref personne ne sût que faire. Alors nous sommes remontés sur nos vélos, les yeux pleins d’espoir malgré tout. Il n’était pas venu là tout seul peut-être y a-t-il une source souterraine ?
Nous ne disions plus rien, écrasés par cette découverte : La nature quel joyau ! si la pluie revient, promis on la protégera, on s’occupera d’elle, on la bichonnera, c’est sûr ! …
Franchement ? … vous y croyez, vous à ces bonnes résolutions ?
Pour ce défi 282 en ce joli moi de mai, c'est une Rose qui s'y colle. Voici ce qu'elle nous propose ...Votre enfance au moi de mai ou pas
Ça s’est passé un premier mai
Je n’avais pas dix ans que déjà je passais mes jeudis et vacances scolaires à aider à la ferme du village. Dès le mois de mai, nous commencions à nous occuper du potager, arracher les mauvaises herbes dans les semis de Jeanne, la fermière et aidions à d’autres petits travaux. Je dis nous car nous étions trois : un garçon et deux filles. Laura était plus jeune que moi et Jacques venait d’avoir treize ans. Un petit homme, disaient ses parents et travailleur avec cela, on a de la chance d’avoir un bon fils.
C’est donc dans la ferme de Jacques que je vécus mes plus beaux moments de petite fille puis d’adolescente.
Un premier mai, nous sommes partis tous les trois dans le petit bois derrière le village pour essayer de trouver du muguet. On riait, on courait, on était pleins de joie de vivre et surtout heureux d’être libres et ensemble. Jeanne nous préparait trois petits casse-croutes et une bouteille d’eau et vers dix heures du matin on s’asseyait pour manger. Je crois que j’étais amoureuse de Jacques mais il ne me regardait pas ou du moins pas comme une amoureuse potentielle. Alors ce jour-là, quand Laura nous prévint qu’elle allait chercher du muguet, qu’elle en avait assez d’être assise, Jacques lui demanda de prendre son temps. Un peu intriguée je lui fis remarquer que ce n’était pas sérieux de la laisser partir seule, il me répondit : t’occupe, on n’en a pas pour longtemps.
Il eut à peine fini sa phrase qu’il me coucha dans l’herbe et m’embrassa sur les lèvres. J’ai cru que j’allais avoir un malaise. Je me mis à trembler quand il me serra dans ses bras et me dit : tu te souviendras de ce premier mai ma belle, ce sera notre premier baiser.
On se releva très vite car il semblait aussi ému que moi. Nous n’osions plus nous regarder, rouges de confusion et d’excitation aussi (surtout moi) Il m’avait embrassée, j’étais sur un nuage, je pouvais mourir maintenant.
Il n’en fut rien mais je dois bien avouer avec beaucoup de nostalgie que ce fut l’unique baiser que je reçu de Jacques. Le lendemain, il ne me regardait même plus. Il me parlait peu et ne s’adressait qu’à Laura. J’étais jalouse, mais jalouse !
Ce fut mon premier baiser, un premier mai, et aussi mon premier chagrin d’amour car notre belle histoire n’eut pas lieu. N’empêche quel merveilleux souvenir !