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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Suite à un phénomène imprévisible, l'électricité vient à manquer pour une durée indéterminée. Il vous reste une bougie et des allumettes...Vous nous racontez cette expérience !

Avec 4 mots imposés :

Atourneuse : Femme qui dans le passé, gagnait sa vie en coiffant et en parant d'autres femmes, ou en louant des bijoux.

Embarbotter : C'est une façon de parler de manière confuse et désordonnée.

Marsouinage : Rebond répétitif de l'arrière d'une voiture, notamment de F1, à haute vitesse.

Tranche-montagne : Fanfaron qui se vante d'exploits fabuleux.

 

Ne jamais se laisser surprendre

 

J’étais tranquillement en train de taper sur mon clavier quand la lumière s’est éteinte ; la nuit était presque tombée et le ciel était gris depuis ce matin. Alors zut ! ce n’était vraiment pas le jour. C’est à ce moment-là que j’ai entendu quelqu’un embarbotter sur le palier.

—Madame Cowet ! vous avez de l’électricité vous ? je je panique, j’ai plus plus de lumière !

—Non ça vient de s’arrêter à l’instant, il parait qu’ils ne savent pas quand ça va revenir, mais calmez-vous mademoiselle Rivery, ce n’est sans doute qu’une  petite panne !

J’étais rassurante mais n’en restait pas moins très ennuyée, c’est vrai, nous sommes tellement habitués à voir clair que se retrouver soudain dans le noir et surtout avec tous nos appareils électriques en rade ça fait peur !

Il me restait une bougie et une boite d’allumettes c’était déjà ça car j’avais en réserve un vieux réchaud à gaz sans doute plus très en état mais je pouvais au moins boire chaud.

Cette fois la nuit était complétement tombée et j’entendis  Madame Dupas, l’atourneuse qui rentrait chez elle. Cette femme avait de l’or dans les mains, elle était capable de faire un chignon bouclé comme dans les année 1970 en un tour de mains.

J’avais envie de parler à quelqu’un, alors  finalement  j’éteignis la bougie pour la préserver et  je sortis. Bien décidée à prendre ma voiture et aller me détendre vers les grands boulevards. Je supposai à juste titre que faute d’électricité les métros étaient en panne aussi.

Le problème avec ma petite Twingo c’est qu’elle n’était pas jeune et soufflait fort quand  je faisais du sur place dans les embouteillages ; c’était surtout au redémarrage, au feu vert que je craignais le plus car elle avait des soubresauts de vielle F1 en pleine vitesse. Mes copines se moquaient de moi et disaient qu’elle était douée pour les marsouinages. Je ne connaissais pas ce mot mais je faisais confiance à mes copines pour se moquer de ma voiture, elles lui trouvaient toujours des activités dont personne n’avait entendu parler !

Me voilà donc arrivée boulevard des Italiens et effectivement c’était impressionnant tout était éteint. Je n’avais jamais vu Paris sous cet angle. Plus de feu rouge, mais les chauffeurs restaient prudents. Je me garai devant un bistro qui avait à première vue un groupe électrogène car c’était relativement éclairé comparativement aux autres immeubles.

Je rentrai en saluant tout le monde et chacun y allait de sa façon de voir les choses. Certains disaient que ce n’était qu’une petite panne, et d’autres qu’il fallait s’attendre à des mois sans électricité. Ceux-là étaient minoritaires, heureusement car moi qui était venue pour me détendre !

Il y avait bien un tranche-montagne qui se vantait d’être resté seul dans les bois sans eau, ni électricité pendant deux mois et qu’il n’en était pas mort, et que si ça se produisait il savait comment résister et au froid et à la faim et qu’il n’était pas né de la dernière pluie et qu’ il pourrait nous donner des leçons de survie etc…

Il m’avait tellement soulée de paroles car il avait eu la bienveillance de venir s’assoir en face de moi, que je me suis endormie sur la banquette devant mon jus de fruit.

Quand je me suis réveillée, il faisait jour. Le soleil était présent et promettait une belle journée. Je venais de faire un rêve affreux ; il y avait une coupure d’électricité pour une durée indéterminée et je me baladais sur les boulevards. J’étais heureuse de me réveiller dans mon lit ouf !

Je trainais les pieds jusqu’à la cuisine et là… sur la table…trônaient une bougie et une boite d’allumettes. Machinalement j’essayai de brancher ma cafetière et elle ne se mit pas en marche. Mon réveil mural était arrêté et noir.

Mon téléphone n’avait plus de batterie et bien sûr, il n’y avait vraiment plus d’électricité.

Un grand coup de solitude  m’a pris à la gorge et pourquoi je ne sais pas, mais  je hurlai: au secours ! c’était nerveux. Il fallait que je me calme et que je sorte.

Depuis deux mois que cela dure, nous nous sommes organisé entre voisins et ma foi, on vit bien, enfin on survit. Il parait qu’ils vont remettre l’électricité dans huit jours. C’est presque dommage car nous avons créé des liens qui ne résisteront sans doute pas au quotidien moderne, mais tant pis cela nous fera un bon souvenir à raconter.

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Je vous propose de nous partager un souvenir personnel ou public qui a marqué votre vie ! Tout est permis : humour, joie, tristesse, colère, dérision .... laissez parler vos émotions

j'ai choisi la joie

 

Ce fut une belle fête !

Nous étions treize. La tante Laure avait bien dit : je ne mangerai pas si nous sommes treize. Allez chercher quelqu’un n’importe qui, quatorze ou douze soit, mais pas treize.
On la connaissait bien la tante Laure, têtue comme un baudet, disait-on d’elle, alors on céda.

C’est mon père qui se chargea de l’affaire. Un jeune homme sans famille qui vivait dans la ferme voisine fut invité et il se fit une joie de venir s’assoir à notre table.
Ah ! Je ne vous ai pas dit mais je faisais ma première communion et toute ma famille s’était déplacée de Paris pour venir fêter cette occasion. Il n’y avait pas souvent de fêtes chez nous alors une communion, pensez-donc !

Quand la messe fut terminée et que l’on m’eut fait enlever mon aube, qui de toute façon me serrait aux épaules, la mère Dora, la plus ancienne du village, que mes parents avaient embauchée pour la circonstance, nous invita à passer à table :

— C’est prêt !

— On arrive !

Nous voilà donc, dans un bruit de chaises épouvantable tous assis autour de la grande table de salle à manger recouverte de deux draps blancs. Les assiettes et les verres, sortis pour l’occasion du vaisselier de la vieille tante Estelle, avaient été lavés et essuyés avec soin par Dora et brillaient dans le soleil. L’argenterie, passée au blanc d’Espagne, rutilait auprès des assiettes de porcelaine. Moi, ce qui me plaisait le plus quand une belle table était mise comme aujourd’hui, c’étaient les porte-couteaux en forme de petits cochons en porcelaine aussi.

Nous étions le 5 Juin et il faisait un temps de rêve.

J’étais le héros de la fête. A ma droite ma grand-mère maternelle,  toute de beige vêtue arborait sans complexe son petit chapeau bleu marine à voilette posé sur le haut de la tête, comme un nid d'oiseau.

A ma gauche la cousine Odile, une peste de mon âge, laide et boutonneuse que je pinçais sous la table en lui murmurant, que si elle criait, je dirais à tout le monde qu’elle faisait encore pipi dans sa culotte.

Et puis de chaque côté, se côtoyaient l’oncle Emile, la cousine Berthe, les cousins jumeaux Alfred et Jules qui avaient deux ans de plus que moi, la tante Laure et mon grand-père paternel.

 Ils auraient pu placer ma grand-mère maternelle auprès de lui, mais elle ne pouvait plus le supporter. Donc Dora avait fait en sorte de les mettre loin l’un de l’autre.

Jean, le jeune homme de ferme avait été placé en bout de table. Normal avait insisté la tante Simone, la mère des jumeaux, il n’est pas de la famille. Près de lui, l’oncle Justin, le mari de Simone  commençait à servir le vin blanc. Nous n’avions jamais d’apéritif à la maison mais du vin blanc faisait bien l’affaire. Ah ! J’oubliais en face de moi, mon père et ma mère réconciliés pour la circonstance bien que séparés depuis deux ans. Nous étions donc bien quatorze : le repas pouvait commencer.

Tout d’abord, Dora aidée par ma mère qui s’était levée pour l’occasion, apportèrent deux grands plateaux de charcuterie variée: Du saucisson, des pâtés divers et de l’andouille.

Ça a commencé là. Ma grand-mère a rouspété car elle n’avait pas droit à la charcuterie à cause de son cholestérol. Le grand-père lui, bougonnait que c’était sacrilège de boire du blanc avec du saucisson.

La tante Simone essayant de sourire lui répondit que le vin rouge était à la cave et que si quelqu’un voulait aller le chercher…

Personne n’a bougé. Le repas commençait assez mal. Tout le monde se taisait et pas un ne me parlait. J’avais l’impression qu’ils étaient tous venus uniquement pour « bâfrer » quelle horreur !

La charcuterie engloutie, la tante Laure demanda s’il y avait des crudités. Bien évidemment, il n’y en avait pas. C’était un repas de communion et pas un dîner au restaurant hein ? Ironisa ma mère..

L’ambiance ne se détendait pas. Il aurait fallu que l’un d’entre eux raconte un truc drôle ou même casse un verre enfin qu’il y ait un peu de mouvement mais rien de tout cela.

Alors quand Dora et la tante Laure apportèrent deux grands plats de viande et deux de légumes bouillis, le grand-père s’exclama : Ah j’aurais dû m’en douter, on ne sait faire que du pot-au-feu ici ! C’est un comble, un jour de première communion !

— Et alors ? C’est bon le pot –au-feu non ? Et ça nourrit. Tu nous prends pour Crésus, se décida enfin mon père, hors de lui.

— Tais-toi Joseph, tu vois bien qu’il dit cela pour rire, intervint la tante Simone.

— Il n’en rate pas une c’est un comble. Il n’a même pas fait un cadeau au petit, hein Simon, il ne t’a rien offert ton grand-père !

— Non Papa mais toi non plus...

Sans le faire exprès, j’avais détendu l’atmosphère. Tout le monde se mit à rire de cette boutade et même mon père daigna sourire. On allait enfin pouvoir continuer le repas.

Cette fois c’étaient des bruits de couteaux et de fourchettes que l’on entendait et quelques commentaires du genre : ce n’est pas mauvais quand même on voit que ce sont des légumes frais du jardin n’est- ce pas Dora ?

— Pas du tout, je suis allée les chercher hier sur le marché.

— Bien …

Encore un silence…

Le déjeuner se déroulait gentiment maintenant, et chacun reprenait dans les plats, Dora faisait la navette entre ses fourneaux et la table.

Le fromage fut vite expédié d’une part, parce que nous n’avions plus très faim et d’autre part parce qu’il n’y avait que du camembert. Les femmes faisaient la moue.

Qu’est- ce qu’il pue ce fromage ! Osa ma grand-mère. Un regard de maman la fit taire.

Tu n’es pas obligée d’en prendre, lui dit-elle sèchement.

 Trois énormes tartes aux fraises du jardin constituaient le dessert, un vrai délice. Quand elles furent déposées sur la table et découpées en parts égales, tout le monde se leva pour boire à la santé du « p’tit » qui faisait sa communion et on fit des compliments à la cuisinière...

Je dois avouer que j’étais un peu ivre, on m’avait fait gouter le vin banc, oh ! Une larme mais quand même !

Toute ma famille était venue, pour moi, et malgré les débuts difficiles, elle semblait heureuse de ce repas et de cette réunion rare chez nous, moi le premier. Ça me changeait de la cantine et de la soupe du soir de la tante Simone qui m’hébergeait le temps que mes parents trouvent une solution.

Et puis de les voir là, tous les deux assis à la même table me faisait chaud au cœur et me faisait espérer… Qui sait ?

Tout le monde était gai et forcément, arrivés au café, tous se mirent à chanter.
Mon père était allé mettre des disques de danse et il avait pris ma mère dans ses bras pour l’entrainer dans une jolie valse. Les autres avaient suivi.

Nous n’étions pas très riches mais ma famille aimait rire, chanter et danser.

Ce fut une belle fête. Moi, j’avais fait ami ami avec Odile et on était sortis discrètement de table pour aller jouer dans la grange à cache-cache. Je me souviendrai de mon repas de communion. C’était très chouette.

Fin

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 THÈME : DANS LA CUISINE DE BOF-CHEF

Dans la cuisine d’un restaurant qui pourrait faire l’objet de l’émission télévisée « Cauchemar en cuisine », faites dialoguer entre eux deux ustensiles de cuisine. Je vous donne ci-dessous des idées de couple qui peuvent susciter des écrits humoristiques, mais vous pouvez choisir deux autres ustensiles qui vous inspirent plus :

La balance et la louche

Le rouleau à pâtisserie et la roulette à pizza

l’éplucheur et la râpe

l’éponge et la passoire

Le tire-bouchon et la Cocotte-Minute

 

                                               Le tire-bouchon et la cocotte-minute

 

Il était une fois. Une belle histoire d’amour naissait dans les cuisines d’un grand restaurant chic sur la côte d’Opale.

Jamais nous n’aurions pu imaginer que cette cocotte-minute presque rouillée attirerait l’attention de ce tire-bouchon fait dans un cep de vigne. Il est vrai qu’ils avaient le même âge et croupissaient tous les deux dans un placard réservé aux vieux ustensiles que l’on ne sortait qu’en cas de besoin.

Et là en ce jour de noces de la fille du propriétaire, il y avait tellement de monde qu’il avait embauché deux extras. Forcément ceux en place ne voulait pas lâcher leur matériel qui était soudé à eux par une sorte d’empathie viscérale, alors ce fut donc aux nouveaux que furent confiés la cocotte-minute qui avait dû être en inox un jour et ce tire-bouchon dont le manche était patiné à force d’avoir servi. On peut donc dire qu’ils étaient faits pour se rencontrer.

Tout le monde s’activait et les deux compères n’avaient pas encore été sollicités alors ils se regardaient et s’admiraient.

—Mais pourquoi je ne t’avais pas remarquée avant ? tu es si jolie !

—Flatteur, tu n’es pas mal non plus avec ton manche en bois de vigne. Tu as dû en faire danser des filles

—Oh tu sais je n’avais pas le temps de le regarder à peine le bouchon enlevé, je passais dans d’autres mains. Et tu as dû en régaler des gourmets dans ce resto chic ?

—Pas du tout, depuis que je suis devenue terne; ils m’ont réservée aux légumes vapeur. D’un ennuyeux je te dis que cela. Avant… avant…

—Oui dis-moi avant ?

—On me sollicitait tout le temps à peine un bourguignon terminé que l’on enchainait sur un lapin en sauce, ou une blanquette, je ne te raconte pas ce que j’ai pu rendre heureux comme clients à table ! Ils félicitaient le chef mais en réalité c’était moi qui avais fait tout le boulot.

—Et toi ? comment en es-tu arrivé à croupir dans un tiroir ?

—Moi, j’ai vu défiler tant de monde, tant d’ivrognes, tant de jolies femmes qui buvaient leur petit vin blanc du bout des lèvres, des hommes chics qui touillaient le vin avec leur langue et souvent faisaient la grimace. Il avait soi-disant un gout de bouchon; tu imagines pour un tire-bouchon entendre ça!

-—Mon pauvre vieux ah attends !!! je crois que l’on m’emporte ! mon dieu si ce sont encore des pommes de terre vapeur j’explose !

—je ris mais attends, moi on vient de m’essuyer le manche en crachant dessus tu trouves ça décent ?  quel goujat ce serveur ! ah évidemment il fait cela dans la cuisine pas devant les clients, devant eux il se courbe !

—Allez ! on y va courage à toi ça m’a fait plaisir de te rencontrer, je me sens moins isolée.

—Courage à toi et qui sait à la prochaine noce, ce sera peut-être la nôtre ?

Et l’on entendit un grand éclat de rire, c’était la cocotte-minute…

 

 

 

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