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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes textes divers

thème

"Ce matin, comme tous les matins, je prends mon journal habituel (nom du journal), je le déplie et je découvre alors avec surprise que mon portrait se trouve en première page (...)"

 

JE M’AIME 

 

Comme chaque matin je descends  vers le centre-ville et  me dirige  d’un pas tranquille vers  le marchand de  journaux. Bien sûr  je regarde  les jolies  boutiques bien décorées et  qui m’attirent irrésistiblement. J’aime  me regarder dans les glaces de leurs vitrines et  me replacer une  mèche folle. En fait  je m’aime…  je n’en ai pas honte, je suis  plutôt bien fait et les filles se retournent facilement sur  moi quand  je  fais  mon jogging  sur  la  plage.

Là, pour l’instant, je vais acheter mon quotidien : le courrier  picard. Je n’ai trouvé que ce  journal sur ce  lieu de vacances qui me  raconte tous  les  potins  des alentours et de la région et qui malgré tout, n’hésite pas  à faire des pages sur  ce qui se  passe dans  le monde.
Moi, je ne regarde en fait que les  petites annonces car je suis à la recherche  d’une petite voiture d’occasion.

— Bonjour  mademoiselle,

— Bonjour  monsieur, le Courrier comme d’habitude ?

— Bien sûr et bonne  journée !

— Vous de  même 

 

C’est ainsi tous  les  matins et ce pendant  les  28 jours de  mes vacances, je plie le quotidien sans  le regarder , j’adore  m’assoir sur un banc, près de  la  mer et l’ouvrir. C’est mon plaisir.  Me voilà bien installé, j’allonge  les  jambes et  je le déplie. Je pousse un petit cri de stupeur : ma  photo est en première  page ! Quel émoi ! Qu’est-ce que cela veut dire ?

Avidement je  lis : Cet  homme est recherché …  voir la suite  page  3

 

— Merde il faut que je tourne  la  page !

 

Et  là, fébrilement, je découvre une histoire à vous faire dresser les cheveux  sur  la  tête.  Je lis à voix haute, tellement je suis troublé.

Ce jeune homme, grand, brun, d’allure sportive,  est recherché  dans tout le canton. A  l’heure où nous imprimons  nous  n’avons que sa  photo mais il est clair que cet homme a des démêlés sérieux avec la justice, alors si vous  le rencontrez, merci de  prévenir  la gendarmerie, et celle-ci nous a conseillé d’indiquer qu’il pouvait  être dangereux.

 

Je reste  assis, livide et essayant de comprendre. C’est une  mauvaise  plaisanterie,  des potes à moi sans doute qui ont  fait ce communiqué à la  presse ! Hélas, quatre hommes s’approchent de moi, j’avais remarqué leur présence à la sortie du magasin de journaux,   et  sans me  laisser le temps de  dire un mot, me soulèvent  en me demandant de  rester calme.

 

— Où m’emmenez-vous ? 

— A la  police, vous vous  y attendiez  non ?  Après ce que vous avez fait !

— Mais  lâchez-moi et d’abord qui êtes-vous ? 

— Les serveurs  de  de l’Auberge  du Port, où vous avez tout cassé après avoir  massacré  le  patron hier soir, nous avons  ramassé ta photo sur le trottoir, pas de chance hein ? 

— Mais vous devez vous tromper, ce n’est  pas possible !

 

Ils  m’emmenèrent de force à la  gendarmerie et là encore, je fuis  molesté  et  traité  comme un criminel.

On me  débarrassa de mes bagues, de  ma  chaîne de cou et  de mes  lacets, quelle honte ! et on me mit en cellule  en attendant  des instructions.

Je demandai à parler à un avocat, mais  ils faisaient tous semblant de  ne  pas  m’entendre. Un vrai cauchemar !

 

Enfin, une jeune femme entra dans  le commissariat et  on me fit venir.

Elle me regarda longuement.

 

— Alors  mademoiselle  c’est bien lui ?   

— Non monsieur, je ne  le reconnais  pas du tout et  pourtant je suis  physionomiste.

— Mais alors ?  On fait quoi ?  demanda  un jeune  policier qui  me retenait par  le bras

— Vous  êtes sûre  mademoiselle ? 

— Parfaitement sûre, le jeune homme qui a tabassé mon père était bien plus  petit, plus blond, et surtout  il lui manquait  un doigt.

 

Les flics avaient  l’air très ennuyé quand soudain je me souviens.

— Attendez, je sais ce qu’il s’est  passé! Hier soir  je me  promenais sur  la digue, près  de l’Auberge  du Port  et  deux hommes  m’ont demandé du feu. J’ai sorti mon briquet  et une  photo de moi est tombée de  mon étui à cigarettes. C’est comme  ça je pense  que celle-ci a été  retrouvée et envoyée au journal.
— Mais pourquoi avoir une  photo de vous dans  un étui à cigarettes ? 

— Tout simplement  parce que  j’aime  mon visage et  ma silhouette et  que j’adore  faire des  photos de  moi.

— Bon allez signer votre déposition et  ne trainez  plus dans  les parages, me  prévint  l’officier de police, en ébauchant un sourire.

 

La demoiselle  me regardait et sortit derrière  moi.  Elle  me rattrapa  et  s’excusa  pour tout ce dérangement  et  me dit  qu’effectivement  j’étais beau gars.

e me redressai comme un paon et  lui répondit : Je sais, mademoiselle,  moi aussi je me trouve  beau, je m’aime  mais promis  je ne  laisserai plus trainer de  photo de moi dans mon étui à cigarettes !

 

 Fin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes romans


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Il s'agit de  mon cinquième roman après   les Jeannette, Une folie ordinaire, Les marques de la vie et Des vies saccagées.


 

L'histoire :

Eva et Sonia sont jumelles. Leur mère est morte  en les  mettant au monde et elles ont été  élevées par leur grand-mère  Maryvonne. 
Elles ne connaissent pas leur père qui est  parti loin d'elles au décès de sa femme... .
Entourées de la tendresse de leur  Mamie, elles ont peu souffert de cet abandon et sont devenues de  jolies  jeunes filles gaies et aimant  rire et s'amuser.
C'est  malheureusement à cette époque que le destin bascule et  les sépare.
Des hommes entrent en " scène " et elles vont terriblement souffrir sous le regard de Maryvonne qui, malgré son amour  ne peut  pas  beaucoup les  aider.

 

Extrait 1 :

… - Pourquoi garder tout l'argent de notre père à la banque ? Nous avons maintenant chacune notre appartement, et il reste encore largement de quoi nous payer une petite maison de week-end pas trop éloignée de Paris. Qu'en penses-tu ? Tiens samedi on ira voir quelques agences immobilières. Ce serait bien le diable si l'on ne trouvait pas quelque chose dans nos prix et sympa, non ? Qu'en penses-tu ? …

 

Extrait 2 :
… Ce samedi matin, à peine terminé le mariage à la mairie du 18ème arrondissement, ils partirent tous à Rocquencourt. Eva et Sonia avaient tout préparé la semaine précédente et une cinquantaine d'habitants qui avaient été invités les attendaient devant la grille de leur maison. Dans le jardin, elles avaient dressé et bâché des tables et là, elles furent heureuses de constater que les invités les avaient découvertes et fleuries. Tous les gens que les filles avaient invités étaient là, du plombier au notaire en passant par le cantonnier et le boulanger…

 

Extrait 3 :
… Maryvonne se remettait à peine de cet évènement que jamais elle n'aurait pu imaginer même dans ses pires cauchemars. Julien avait beau être gentil et prévenant, elle s'en voulait comme si elle était responsable personnellement.
- Je les ai peut-être mal élevées ?
- Je n'ai peut-être pas su ? …

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie

le thème : presse écrite, radio, télévision, internet: 

 

 

LE VIRTUEL NE TUE PAS

 

Qu’elles se nomment

Grisette

Ciboulette

Coquillette

Bidouillette

Frisette

Ou Blanchette,

Elles sont toutes là.

Espérant le prince

Qui passera

Ou passera pas ?

 

Les paris vont bon train

Il n’a  pas salué

Vous avez remarqué ?

Il l’ignore ?

Seraient-ils séparés ?

Pourtant ça avait l’air de marcher ?

Mais  non ! vous ne comprenez pas

Une autre est arrivée

 

Qui se nomme :

 

Rebecca

Ou Martha

Ou Clara,

Ou Atomica

Ou Jumacha

Ou …….. ?

 

    Ah oui ?

Elles aussi ?

Puisque je vous le dis !

 

Marinelle,

Arielle,

Fontelle,

Canelle,

Isabelle.

Ou….. ?

 

 

Laquelle de ces nouvelles

Aura droit ce soir

Aux mots doux susurrés

D’un doigt léger

Sur  les claviers de :

 

Jesuislà

Quefaisjelà ?

Pourquoipas ?

 

Ou de :

 

Homme seul

Hommelibre

Hommecultivé

Homme sincère

Ou ……. ?

 

 

Et si ce n’étaient que des leurres

Toutes ces  phrases, tous ces mots

Qui embaument le  cœur ?

Le soir quand  arrivent nos maux ?

Si nous pouvions nous passer

De tous ces fantasmes

Qui font rêver certes,

Mais nous laissent inertes

Plus  malheureux encore

Que  la veille et moins

Que demain.

Si……

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes poèmes

 

 

 

 

 

 

Il s'en va

 

 

Comme souvent vers d’autres cieux

Simplement parce qu’il en a assez

De ne pas savoir où il va.

Il s’en va, non pas par envie

Mais parce qu’il veut faire un trait

Il reviendra sans doute

Du moins je l’espère

Car le monde sans cet ami

Me semble bien amer

Vis ta vie mon ami

Ne te retourne pas

Mais si tu t’en vas...

Un jour ou l’autre

Reviens-moi

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier

Défi n°66 de la Communauté over blog des Croqueurs de Mots 

Le thème:

Enlacez vos lacets sans vous lasser!

De quoi s'agit-il? Partez d'un objet aussi anodin qu'un lacet, serpentez sur ses boucles et ses (in)sinuations, et laissez-le créer le nœud complexe d'un moment. Car, après tout, ce sont les objets les plus anodins qui nous sont les plus utiles, et qui nous ramènent parfois des souvenirs d'une époque, d'un instant, d'un autre objet chéri, d'un détournement d'utilisation, d'une pensée incongrue...  Amusez-vous, que ce soit en champs lexicaux, consonances, doubles sens, non-sens, sens cachés ou même assonances. Proposez vos proses ou posez vos poésies, l'essentiel étant que de lascifs lacets apparaissent et fassent le lien entre mon thème et votre création.

Il suffit parfois de presque rien.

Que je vous raconte

Il ne s’agit pas d’un conte :

Un soir,

Vers les vingt- trois heures,

Si si je tiens à être précis.

Donc un soir,  vous disais-je

Je rencontrai Nadège.

Elle n’était pas jolie

 

Mais devant ses yeux embués

De larmes  de douleur,

Je craquai et lui demandai :

Que s’est –il passé Mademoiselle ?

Un problème de souliers ?

Pas du tout me répondit-elle,

Un problème de  lacets.

J’en restai coi et sans voix :

Que me racontait-elle là ?

Que vous ont donc fait

Ces  pauvres lacets ?

Rien, monsieur, rien

Mais à cause d’eux,

Je me suis tordue le pied

Et vous êtes arrivé

Depuis le temps

que je vous attendais!

Mais  dans quel but ?

Celui que vous voudrez,

Mais il n’y a pas de fatalité

Si vous  êtes là c’est sûrement

Parce que nous étions faits

Pour nous rencontrer.

J’en fus  vraiment gêné

Et j’eus du mal à penser

Qu’une paire de lacets

Puisse changer le cours de ma vie.

C’est pourtant ce qu’il advint

Aujourd’hui Nadège et moi,

Oui vous avez  bien lu,

Nadège et moi, sommes mariés.

Tout cela  à cause d’une  paire de  lacets

Qui l’avaient fait chuter

Juste quand  je  passais….

Incroyable ? Certes …

Mais vrai !

 

 

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Publié le par marie chevalier

Défi n°65 " de fil en aiguille "

Prenez dans cet ordre:

du fil, une ou des pelote(s), du tissu, des perles, du coton,

un ou des bouton(s), , un ou des (s), un patron,

un peu d'imagination, un outil tranchant de votre choix

et une ou des aiguille(s)

Vous écrirez un texte sous la forme qui vous plaira

en utilisant l'outil tranchant

en respectant l'ordre des mots imposés (en gras)

qui n'a strictement rien à voir de près ou de loin

avec la couture ou le tricot !!

 

Souvenirs

 

Au fil des années, je me  préparais des  pelotes de souvenirs pour mes vieux jours. Je m’imaginais, une  paire de ciseaux à la  main, malmener un morceau de tissu trouvé chez ma mère dans son grenier. Vous savez, un joli tissu fait de dentelle et de perles qui brillaient dans le soleil, en joli coton naturellement. Je rassemblais deux pans en les pliant soigneusement ave un bouton de nacre trouvé  lui aussi dans cette  malle.

Au lieu de cela, les yeux dans le vague, regardant la mer, assise à ma terrasse, je sirotais un petit verre - devrais-je plutôt dire un à coudre ?  - d’une  petite liqueur faite maison par le  patron d’un bistrot que je connaissais.

Aussitôt je ressentais les bienfaits de ce breuvage comme des  petites aiguilles dans  ma gorge : un réel  plaisir.

Je crois que cet instant de bonheur, je l’enfouirai dans ma  pelote de  souvenirs.

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Publié le par marie chevalier

 

Jeu 64 (croqueurs de mots)

En 300 signes maximum, et sans écrire le mot bleu dans aucune  langue, faites-nous voir la vie en bleu.

 

La vie est belle

 

L’étendue d’un champ de fleurs,

La couleur de ses yeux,

La douceur d’un ciel d’été,

Ah ! Comme c’était superbe !

Ces mélanges d’azur, de pervenches,

De lavandes et de bleuets !

Cette beauté naturelle

 Toute en demi-teinte !

Devant tant de beauté,

 Ses maux à l’âme

Devenaient roses.

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes nouvelles

ces histoires de vétements concernant  le défi62 m'a fait penser  à une nouvelle écrite  il y a quelques mois!

 

 

 

 

                                        LA JUPE

 

 Le ciel était plombé.

 

— La neige va sûrement tomber cette nuit dit une voisine, qui passait devant notre fenêtre pour aller promener son chien. Elle l’avait récupéré sur un autoroute, un dimanche, perdu et sûrement voué à la mort si elle ne l’avait pris chez elle et gardé. Depuis, il lui vouait un amour sans borne et bien malin celui ou celle qui aurait osé s’approcher de sa maîtresse. Comme elle s’était arrêtée sur notre pelouse, nous avons ouvert la fenêtre et il se mit à nous aboyer dessus tellement hargneusement que cela en était très désagréable.
 

— Tais-toi lui dit-elle, on ne s’entend plus ! Je disais donc qu’il allait sans aucun doute neiger cette nuit, «ils» l’ont dit à la radio.
 

Je ne sais pas si vous avez remarqué le nombre de fois que l’on dit « ils»  en parlant des « gens de la télé ou de la radio » ? On ne les connaît pas , mais « ils » nous accompagnent partout : «ils» ont dit que la grippe arrivait chez nous, «ils» ont dit que le SMIC n’augmenterait que de 0,4 pour cent, «ils» ont dit que Michael Jackson était mort, «ils» disent que ça viendrait de son médecin, «ils» ont raconté qu’une fillette avait disparu dans les Yvelines, «ils» sont sûrs maintenant que le maire de F. est coupable de détournement de fonds etc.… etc.…

 

— Alors ! Dit Christophe mon mari, qui avait horreur de cette voisine, alors, s’ « ils » l’ont dit !

— Il se moque mais il verra bien demain matin, quand il ne pourra pas sortir sa voiture pour aller travailler.

Sur ce, un peu vexée quand même elle ajouta : je vais me mettre au chaud et je penserai à vous, le sceptique !

 

Une autre remarque, que je me faisais depuis que j’habitais ce village, les gens du cru nous appelaient rarement par notre nom ou même prénom. On entendait plus souvent : Alors il va bien ? Il n’a pas trop froid ? Elle est allée faire ses courses hier, je l’ai aperçue devant l’étal de la boucherie..etc..

 

Cette troisième personne, au début me gênait un peu, pensant qu’ils ne se rappelaient pas notre nom et nous traitaient comme des étrangers, mais pas du tout, ils faisaient cela à tout le monde. C’était leur façon de converser.

Je refermai la fenêtre en souhaitant un bon après-midi à ma voisine et grelottai tout à coup.

— C’est vrai que le froid est pénétrant, il va neiger, elle n’a pas tort !

Sur ce, Christophe sortit et me cria qu’il allait voir un ami qui habitait trois maisons plus haut.
 

Restée seule, je me demandais ce que j’allais faire de cet après-midi pas prévue. En effet je travaillais dans une  moyenne entreprise de la préfecture, (nous étions environ 300 employés) et il y avait eu un mot d’ordre de grève. Bien sûr, je l’avais suivi. Je ne ratais jamais une grève, par conviction, et non par syndicalisme forcené, il y avait longtemps que j’avais perdu mes illusions sur les gens qui dirigeaient soi-disant les syndicats du peuple ! Dès qu’il y avait des rumeurs de grève, ils venaient nous dire : surtout ne suivez pas cette grève, il y a assez de problèmes dans la boîte, n’en rajoutez pas !

 

Donc c’était en fait un peu contre eux, qu’une poignée de collègues et moi avions décidé de cesser le travail à l’appel d’un nouveau syndicat, formé justement par des gens qui croyaient encore à l’action collective et pas du tout « à la carte personnelle »

 

J’étais chez moi, en ce jour non payé et, bien au chaud près de ma cheminée. En effet, mon mari travaillant avec moi dans la même entreprise avait aussi débrayé, et nous avait allumé un bon feu vers midi. Toute la maison en était réchauffée.
Tellement peu habituée à avoir comme ça en milieu de semaine, du temps à moi, je me sentais un peu perdue et me rendais compte que je ne savais pas par quoi commencer ! Un comble quand même ; comme on peut être des moutons bien disciplinés quand on travaille à l’extérieur !

 

La télé ? bof ! pas trop envie, nous n’avions que 5 chaînes et surtout l’après-midi, les programmes n’étaient pas très intéressants. Ecouter des disques ? oui bien sûr, mais je n’avais pas eu le temps de faire réparer ma chaîne et il ne me restait que des vieilles cassettes que je connaissais par cœur. Et puis comme j’avais enregistré ces cassettes il y a des années, elles n’étaient plus tellement audibles et certaines d’ailleurs auraient pu être mises à la décharge. Mais souvent il s’agissait de souvenirs et je ne me décidais pas à m’en séparer.

J’en étais là de mes réflexions quand il me vint une idée. Si je faisais le tri dans mon armoire et ma penderie, et que je vois de près ce que je pouvais donner à Emmaüs ? En effet, des vêtements, j’en avais plus qu’il ne m’en fallait et bien des jupes, pulls ou pantalons commençaient sérieusement à dater et même à être complètement démodés. Mais celui qui a froid ne regarde pas de si près la mode, et en cette saison, ce serait vraiment aider les plus démunis.
 

Je monte donc à l’étage et ouvre cette immense penderie que toutes mes amies m’envient. Elle fait trois mètres de long et est très profonde. Mes vêtements sont très à l’aise et sans rire, je crois que j’aime venir simplement regarder toutes ces fringues. Je dois aussi avouer que beaucoup ne me vont plus. J’ai pris quelques kilos et je ne me résigne pas à me dire : plus jamais tu ne rentreras dedans. C’est au-dessus de mes forces. Alors comme souvent, je me fais violence et pendant quelques jours je fais un petit régime. Oh ! léger, je n’ai que peu de poids à perdre mais si je veux, cet été me promener dans mes shorts et mes débardeurs…

Pour l’instant, je regarde et touche, tâte, palpe.

Et puis je me décide :

Je prends une jupe longue grise avec des boutons devant que j’adore. Je l’enlève de son cintre et je la regarde. Tout à coup j’entends des pleurs, oh pas très forts, comme ceux d’un enfant qui geint pendant son sommeil. Je dresse l’oreille, inquiète. Il n’y a que moi dans la maison. Ou alors, une amie est venue me rendre visite avec un bébé ?

J’écoute et ces plaintes continuent. Je pose ma jupe sur le canapé et je crie : il y a quelqu’un ?

Pas de réponse.

J’attends quelques secondes et reprends la jupe. Je me dis que cela n’était qu’un bruit dehors sans doute. Je réfléchis à ce que j’allais faire de cette pauvre jupe usagée et élimée à force d’être lavée.
 

Les plaintes, un peu plus fortes cette fois reprennent. Je n’ai pas la berlue ! C’est ici dans la pièce où je suis ! Un jouet de la chatte peut-être coincé sous un meuble ? Oui car nous avons une chatte très joueuse qui a des jouets qui couinent. Mais alors dans ce cas pourquoi reste-t-elle vautrée dans son fauteuil et me regarde-t-elle avec tant d’insistance ?

Elle aussi a entendu ce bruit et elle ne descend pas. Elle a l’air un peu effrayée d’ailleurs. Moi ? je commence à ne plus trop me sentir à l’aise d’autant que ces pleurs continuent.
 

Soudain une petite voix s’élève dans la pièce ! Je panique, prête à redescendre immédiatement, mais on me parle, du moins me chuchote :

— Tu te souviens quand tu es venue me chercher ? Tu m’avais repérée, mais pressée par ton travail, tu m’avais murmuré : toi tu me plais, je viendrai te chercher demain.

— Mais qui me parle ?

— Moi, je voudrais finir mes jours tranquille, chez toi, je ne veux pas aller dans la foule avec toutes les autres inconnues, tu peux me comprendre ?

— Mais où es-tu ? Que me veux-tu ? Si c’est une farce, elle n’est pas drôle. Christophe ! Hurlai-je, pensant que mon mari n’était pas étranger à cette voix. Il aimait bien jouer avec des trucs que l’on appelle « jeux qui parlent comme des humains ». Ne me demandez pas le nom exact, je n’en sais fichtrement rien !

Il m’aurait quand même répondu ou du moins se serait esclaffé, fier de sa prestation or, rien. Que cette petite voix à peine audible qui continue :

 

— Je fus tellement heureuse que tu me choisisses que j’ai tout fait pour rester belle, même quand tu me malmenais en me laissant traîner n’importe où. Je connais tous tes amis, toutes tes copines ! Mon Dieu ce que vous avez pu dire sur moi ! Au début, c’était sympa : elle est drôlement belle, où l’as-tu trouvée ? Il y en avait d’autres ?

Et puis tout doucement, les mêmes copines commencèrent à me critiquer : tu la gardes encore celle-là ? Ce qu’elle peut être devenue moche ! Elle était si belle au début ! Tu devrais t’en séparer, franchement en plus il faut bien reconnaître qu’elle n’a plus de forme, elle tombe lamentablement sur tes hanches qui n’ont pas besoin de ça pour se faire remarquer.
 

Je voudrais au passage te signaler que dès que tu avais le dos tourné c’était pire : elle est vraiment idiote de garder cette guenille, déjà qu’elle s’est empatée, elle boudine que cela en serait  triste si ce n’était pas drôle.

 

— Voilà, toi ma maîtresse, toi mon amie, celle qui m’a toujours respectée, voilà ce que tes amies disent de toi …et de moi. Alors que tu prennes la décision de te débarrasser de moi, je peux comprendre, mais pourquoi me lacérer pour faire des serpillières ? Pourquoi ne pas me mettre simplement dans un sac plastique au grenier. Le  grenier ne sert-il donc pas à ranger tout ce que l’on ne veut plus non ?

 

J’avais tout compris : c’était ma jupe qui me parlait.
En effet, j’étais vraiment ingrate, elle m’avait rendu tellement de services, m’avait accompagnée partout pendant si longtemps ! Grâce à elle, j’avais quand même eu de sacrés compliments au début que je la portais, puis, il est vrai que j’ai continué à la mettre par habitude, parce que je me sentais bien dedans tout simplement.

 

Je ne pouvais pas lui faire ça en effet, elle avait raison. Je raccrochai le cintre dans ma penderie, la flattai de la main et lui murmurai : tu restes avec moi, je crois que je suis autant attachée à toi que toi à moi.

je sentis comme un frôlement sur mon visage quand je refermai la porte de ce placard. Je ne rangerai rien aujourd’hui, j’avais le cœur trop serré par le chagrin de ma jupe.

Je la caressai encore une fois et lui fis un baiser dans le bas de l’ourlet.

 

Mon mari qui était dans la pièce depuis un moment, me regardait stupéfait !

 

— Tu embrasses tes fringues maintenant ?

— Pas mes fringues, s’il te plait, mes amies, celles qui m’accompagnent toujours, où que j’aille.
— Bien sûr, suis-je sot, me dit-il en éclatant de rire

 

Je ne saurai jamais s’il se moquait ou avait peur pour ma santé mentale, en tous cas, je n’ai plus jamais touché un vêtement sans m’excuser de le déranger.

 


 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

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TOUT LE MONDE VEUT PRENDRE SA  PLACE

 

 

C’est simple…

Vous prenez la place d’un personnage ou d’un objet de votre chou heu … choix sur l’image.

Vous racontez son histoire, ses émotions ou ses impressions. En prose ou en vers. Vous pouvez

soit suggérer votre personnage soit jouer à la devinette !

 

 

INGRATITUDE

Je l’aimais bien, il était charmant. Le seul problème, c’est qu’il ne pouvait pas faire un pas sans moi.

Qu’il soit n’importe où, dans sa demeure, dans les rues ensoleillées, il se sentait obligé de m’emmener.

Je n’avais pourtant pas belle allure ces derniers temps,  les ans en étaient la cause. Je pâlissais de plus en plus. Après chaque séjour au soleil et surtout à chaque fois qu’il m’entrainait avec lui dans l’eau..

Pour rien au monde, il ne  m’aurait laissé seul, il était perdu sans moi.

En fait longtemps je lui fus  indispensable.  Un jour pourtant, je fus obligé de constater qu’il me sortait moins souvent,  me laissant  seul et préférant mon  frère plus  jeune.

Et puis  je dois bien l’avouer, je n’avais plus  ma belle prestance qui faisait des envieux parmi ses amis.

Je sais qu’il n’osait me dire : tu es trop vieux, mais... C’était pire, il souriait en me regardant d’un air triste.

Jusqu’au jour où. J’ai su…

Nous étions tous  les deux sur  la  place du village, il retenait un tigre comme vous, un chat !

Moi,  je remarquais immédiatement la  poubelle.

Las ! En voulant se redresser, il entendit un craquement. C’était moi qui rendais  l’âme, en me déchirant et en tombant le long de lui.

Alors  d’un geste doux il me ramassa, me  roula en boule  et alla  me  jeter dans  la poubelle.

Son ami qui nous regardait, eut de la  peine  pour moi.

Mais  LUI  n’eut même  pas un regard en arrière, comme s’il ne  m’avait jamais porté. …

J’avais servi cet homme depuis des années et notre intimité s’arrêtait là, sur cette  place, devant cette affreuse grosse bête qu'il essayait de dresser.

La vie est injuste.

Fin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

DEFI 61

 On évoquera :

Soit les préparatifs d'un voyage, Soit le retour de voyage, Sur le thème de la valise

(Ou paquetage, ou sac à dos, ou bagages, ou les mains dans les poches si vous savez voyager très léger !).

Chacun s'exécutera selon son inspiration : par écrit, en prose, en vers, en chanson ou bien en dessin ou en photo !

On pourra bien sûr combiner texte et illustration(s), ou juste écrire, ou juste montrer !

***

 

SACS CADEAUX

 

 

 

  Sandrine ?

— Oui Maman ?

  Tu avais bien dit que tu prenais ton petit poste de radio et les K7 ?

— Oui je les ai pris, bien sûr, je te les ai mis dans ton sac rouge, le moyen, pas celui à roulettes, tu sais le cadeau que tu as reçu en commandant  ta robe longue.
— Je n’ai pas non plus  ma robe  longue…
Sandrine s’énervait. Cela  faisait deux mois qu’elle avait réussi enfin à louer un studio au bord de la mer, à mille kilomètres, à Argelès-Plage exactement et voilà que sa mère commençait  à geindre.

 

Elles  n’avaient pas encore ouvert les  placards que ça commençait ! Et dire qu’il y en avait pour un mois. Mais pourquoi avoir loué  pour une si longue durée ! Elle se le reprochait déjà !

 

Sandrine avait  la quarantaine, divorcée et Françoise, sa  mère  presque soixante ans, veuve. Toutes les deux travaillaient dans la  même entreprise et avaient eu beaucoup de mal à avoir les  mêmes dates de vacances. Quand enfin elles furent acceptées, quand enfin après de difficiles  recherches  sur internet pour trouver une location décente en plein mois d’Aout, il fallait que sa  mère trouve  le  moyen de l’ennuyer avec ce  poste de radio !

 

— Bon, ne t’énerve pas  maman, donne-moi ton sac que  je regarde, puisque tu ne n’as  pas encore ouvert.

— Appelle-moi idiote, je en suis  pas folle  quand même, maniaque, je te  l’accorde, mais si je te demande ce  poste, c’est que je ne  l’ai pas trouvé ailleurs.

— Puisque je te dis  dans le sac  moyen, Maman ! répondit Sandrine vraiment très énervée.

 

Fâchée, sa mère se réfugia dans la salle de bains et commença à installer ses  produits de toilette et de beauté.

 

Sandrine, pendant ce temps essayait d’ouvrir  le fermoir de ce fichu sac rouge. Elle pestait, ces cadeaux bon marché  offerts ne devraient pas exister, ils ne valent  rien la  plupart du temps, la  preuve celui-ci ne s’ouvre  pas !

— Maman !

— Qu’y a-t-il ?  Tu as retrouvé ?

— Ce sac  n’est  pas  le tien !

 

Elles firent  l’inventaire du sac et se regardèrent, gênées : que de  la lingerie sexy, rouge, noire, des guêpières, des nuisettes en satin, des strings, et surtout une enveloppe  au fond :

Pendant que tu m’attendras dans  la chambre, mon amour, essaie ces  petites choses  qui doivent t’aller  à merveille
Signé Daniel

 

— Mais comment as-tu fait pour te tromper de sac Maman ?  C’est  à l’aéroport que c’est arrivé ?  Dans  l’autocar ?  C’est insensé !

— Mais si je savais  ma fille !

 

Et soudain, Françoise se  mit  à rire, mais à rire, en essuyant  les  larmes  qui lui coulaient  le long des joues.

— Et ça te fait rire !

— Oh oui !! Tu imagines  la tête de cette dame quand elle va  ouvrir  mon sac ?

 

Et quand elle découvrira mes culottes  « ventres  plats » mes bas de contention, mes  soutiens-gorge ? qui s’ouvrent devant, et  surtout  mes  pyjamas  en coton  gratté à manches  longues ?  Et  si j’ajoute  mes  K7 « dix heures de gym sénior à faire tranquillement chez  soi »

 

Devant  l’hilarité de sa mère, Sandrine se détendit. — Tu as raison, il vaut mieux en rire  mais  IL n’empêche que dorénavant, tu éviteras de te servir  pour des longs  voyages de ces  maudits sacs identiques pour toutes  les clientes !

 

Elles descendirent voir la  mer, elles riaient encore.
Finalement ces vacances s’annonçaient  sous  le signe du rire, le  mois  passera  vite.

 

Fin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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