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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier

 

A LA BONNE BOUILLABAISSE

 

 

Mademoiselle la Rascasse étincelante dans sa tenue d’apparat rouge vif se moquait gentiment du jeune Congre, tout fringant et svelte. 

— Tu vas où ainsi ? Lui demandait-t-elle d’un ton ironique, draguer la Vive ?  Elle a mis sa robe couleur léopard et elle est vraiment très distinguée. Mais je suis  sûre que l’as remarquée.  Ce n’est pas comme cette grosse Lotte, mon dieu qu’elle est  laide !

— Tu sais ce qu’elle te dit  la  grosse Lotte, bougonna celle-ci, vexée d’être  moquée devant le jeune Congre.

—Taisez-vous donc, ne soyez  pas  méchants gratuitement. Madame la  Lotte n’est certes  pas  la plus mince de nos consœurs, mais c’est  la  plus délicieuse et la  plus dévouée.

— On sait bien que tu es amoureux d’elle, toi  le gros Rouget Grondin, il est vrai que vous  êtes faits pour vous entendre, tu n’es  pas mince non plus,  ricana  la Rascasse toujours  agressive.

— Tu es tout simplement  jalouse, rétorqua le Rouget, un peu triste de voir ses amies et amis  se chamailler  pour des histoires d’amour. Car  entre lui et  la  Lotte, il existait effectivement un amour  et seule la  mort  pourrait  les séparer.

— Ce n’est pas tout cela  les enfants  assez bavardé, nous allons  être en retard et  la bouillabaisse n’attend  pas.  Mettez-vous en ligne, redressez vos arêtes et tous sur  la table de cuisine de Madeline la chef cuisinière du restaurant : « à la bonne bouillabaisse » 

— Je sens que cette fois nous allons  nous surpasser et que les clients  nous savoureront avec allégresse !

Ce fut le cas… ils en ont repris  deux fois.

— Trop bons ces poissons, quelle saveur et quel goût délicat.

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie

 

Spleen du printemps

 

Le  printemps est un farceur

Il nous fait croire qu’il suffit

D’un bourgeon de lilas ou autre fleur

Pour que fuient chagrin et ennui.

Pourquoi faut- alors

Que le contraire se produise ?

Pourquoi faut-il encore

Que nos peines et douleur ressurgissent ?

Le froid et l’engourdissement

Que l’hiver nous apporte,

Avaient chassé la cohorte

De tous ces sentiments.

Ils avaient fui

Avec la neige et la pluie.

Pourquoi dans ce cas

La  nature et le renouveau

Nous laissent-ils  si las

Que nous ne trouvons

Plus rien de beau ?

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes textes divers

 

 Afin de connaître mieux le monde du « net»,  Florine décida pendant quelques mois, de fréquenter régulièrement ce que tout le monde appelle les «chats de rencontre ». Chaque connexion quelque soit le nom du serveur, propose à ses internautes des chats où le monde se parle, se connaît, échange. Ils sont classés bien souvent par genre : rencontres, régions, âges et aussi sexe. Elle n'y est jamais allée, elle se trouve trop pudique et quand elle en parle avec ses amis elle plaisante, en leur disant: Qui sait, imaginez que je cède à la tentation ! »

 

Cela étant, elle découvrit au fur et à mesure de ses «voyages » une micro-société qui est insoupçonnable vue de l'extérieur et par les non- initiés d'internet : des hommes et des femmes de tous milieux, de toutes ethnies, de toutes professions, de tous âges, viennent régulièrement plusieurs fois par jour «tchater» et se rencontrer.

Il y a le « géné » où là, tout le monde parle à tout le monde, demande des nouvelles de la santé du petit dernier, si l'examen du grand se passe bien, si tout va bien en fait, tout  simplement.

 

Ceci se mélange chacun répond à l' autre sans tenir compte de ce qui se passe entre deux autres personnes, ou même parle seul sans attendre de réponse annonçant une idée, et partant sur un tout autre sujet à l'arrivée d'un autre «tchateur ».

Pour le novice cela fait très désordre, fouillis, mais on se rend vite compte que finalement les gens se connaissent au moins en paroles et sont comme de vieux amis autour d'un verre.

Si l'on « creuse» un peu, hélas il n'en est plus de même …mais c'est une autre analyse.

Florine et les autres ont des « pseudos». Souvent ils gardent le même mais parfois aussi, ils en changent ce qui leur permet de jouer, de se camoufler encore plus et avoir encore plus d'anonymat, car le principal atout de ces pseudos, c'est l'anonymat : pouvoir dire ce que l'on veut à n'importe qui sans barrière sociale, sans tabou puisque de toute façon on ne sait pas qui se cache derrière.

 

Comment ces pseudos sont -ils choisis c'est la question que se pose encore Florine. Une femme laide préférera-t-elle « Belle» ou Vénus» ? Un charcutier prendra -t-il «Quisuisje»? un cadre « Quepourtoi»? Et tellement d'autres aussi intéressants qu'anonymes !

 

Un climat de confiance se crée très vite, l'accueil est souvent très convivial, et toujours le temps d'un moment, une femme mariée, cinq enfants qui s'ennuie à mourir dans sa banlieue perdue de province devient pour un instant seulement la reine du « géné » : bonjour ma douce … tu m’as  manqué…toujours aussi belle…toujours aussi super…j’adore tes bisous…je t’adore…voire  parfois … je t’aime ; tout cela sans gêne et  sans retenue.

 Un autre, boutonneux  et timide se verra courtisé  par les femmes : tu es trop mignon… j’aime  les  mots doux… bisous  mon cœur… je t’adore…

 Rêves, fantasmes ? double vie ?

 Le tout sans doute, et c’est  là que  le  bât  blesse. Quand  l’ordinateur s’éteint, tout le  monde se retrouve seul avec ses  problèmes. La tête encore  pleine de  tous ces  mots doux, cette chaleur, ces  mots accueillants, fraternels, amicaux même un peu amoureux parfois. Le rêve s’arrête et  les enfants réclament  leur dessert, le  mari trouve  que  le  repas était  moyen, l’épouse que son mari à l’air ailleurs ce  soir ( c’est  à cause de  ces fichiers d’ordinateur, il se crève tous  les soirs dessus)

 

Non, le mari se souvient tout simplement de ce joli pseudo « Rienquepourtoi » avec qui il a pris contact en privé ce soir et qui lui a, pendant plus d'une heure fait oublier le quotidien et l'a fait rêver à une autre vie avec cette merveilleuse femme qui a l' air si belle, si compréhensive: ils ont abordé plein de sujets, comme elle est intelligente comparativement à Madeleine, sa femme qui ne sait parler que repassage et qui ne s'intéresse à rien

 

Quelque part encore ailleurs, une «Joliemôme» rêvera en repassant les chemises de Jean-­Claude, son mari, employé à la SNCF, à ce bel « Adonis », c'est son pseudo, qui voudrait la rencontrer, tellement il la trouve à son goût. Il lui dit d'ailleurs qu'il l'aime il lui a dit le premier jour, elle a fondu forcément. Depuis combien de temps son mari ne lui dit plus? et puis il y a aussi « Féroce» qui la harcèle, qui lui dit que depuis qu'il la connaît, il ne touche plus à sa femme...
Ailleurs, dans  un autre foyer, une « Madeleine » qui a  un joli pseudo « Vénus » a rencontré ce soir  un homme extraordinaire, pas bête, gentil, cadre, galant, qui n’a fait que  la complimenter. Ah ! Ca  la change de ce  mari froid, pas causant, qui va se coucher dès qu’il a fini son repas sous prétexte qu’il est  fatigué….

Et puis, et  puis…

 

La routine continue, la vie reprend et le lendemain, « Féroce » sur le « géné » dira bonsoir mon amour à« Airelle» nouvelle venue sur le chat, et lui demandera s'il peut lui parler en privé. Elle répondra: j'arrive mon ange... et «Joliemôme» pleurera devant son écran, des larmes de déception: comment ose- t-il lui faire cela, à elle, à qui il disait hier «je t'aime? »

Ses larmes continueront de couler silencieusement quand elle voudra parler à « Adonis » en privé et qu'il lui répondra: «je suis occupé.. » elle insistera, il se fâchera et lui dira: « mais enfin qu'espérais-tu? nous ne sommes que du virtuel ciao bonne soirée.. »

Ah que ces rejets sont douloureux, des « Vénus », des  « Joliemôme », il  yen a des centaines qui passent sur ces chats tous  les  jours et des « Adonis » des centaines également, qui tous  les soirs racontent des  mensonges, font du mal sans s’en rendre compte, uniquement sous couvert de  l’anonymat, tout  leur paraît permis sur ces chats et eux  mêmes  croient  à leurs  histoires et  fantasmes.

 Le mal comme le bien car Florine reconnaît y avoir fait des rencontres très intéressantes, d'artistes de toute nature, peinture, écriture, musique. Alors que font tous ceux-là tous les

soirs ?que cherchent-ils eux et elles qui ont l'air d'être bien dans leur tête? Peut-être ce qu' y a trouvé Florine : des dialogues intéressants, très intéressants,  souvent très drôles.parfois très tristes d'hommes et de femmes qui éprouvent le temps d'un soir, l’envie  de sortir de leur peau pour mieux revenir à leur quotidien.                                                                                  

 

Florine a parlé avec des femmes qui avaient eu un cancer et qui le racontaient.

Elle a parlé avec un homme qui venait de perdre un enfant très jeune.

Elle a parlé avec un homme veuf et désespéré de chagrin.

Et surtout elle aussi, pendant un instant, elle était une autre, qui par un mot, une blague avait peut-être aidé quelqu'un à un moment où la solitude devenait intenable.

Elle n'a pas voulu s'éterniser ni trop parler des racistes et xénophobes qu'elle a parfois rencontrés sur le « géné » et avec qui elle s'est battue avec ses seules armes : ses mots, car des opérateurs sont là normalement pour« éjecter» ceux qui tiennent ce genre de propos.

 

Alors  le  net ?  Polluant disent certains

Indispensable disent  d’autres.

Si l’espace d’un instant Florine a  permis  à quelqu’un d’être  moins seul ? Pourquoi renier ce  nouveau mode de communication ?

Cela fut  la conclusion de  Florine…

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes nouvelles

 

                                                         ELLE N’EST PLUS LA

 

Trois heures du matin : Jacques se réveille comme depuis des semaines : complètement en sueur et oppressé. Ses draps sont humides et  il tremble. Il est si mal : Combien de temps va-t-il encore durer ? Combien de temps tiendra-t-il le coup ?

Cela fait maintenant six mois que sa compagne l’a quitté et pourtant il sent encore son parfum dans  toutes les pièces de  la maison. Il sent la pression de ses doigts quand elle  lui prenait la main dans la  nuit pour se rassurer.

Il entend encore son souffle quand  elle se retenait de ne  pas gémir de douleur.

Il entend  sa voix quand  elle lui murmurait qu’elle allait le laisser seul et que ça la rendait encore plus triste.

Il se lève, abruti de fatigue et de manque de sommeil.  Vite  de l’air et surtout allumer la télévision pour rompre ce silence et se sentir vivant.  Il ouvre la  porte-fenêtre qui donne sur un jardin maintenant à l’abandon. Pour qui ? Pourquoi  l’entretiendrait-il maintenant qu’elle n’est plus là ?

 Il a allumé  la lumière sur sa terrasse et regarde  sans voir les trois pots de fleurs  fanées qu’elle avait plantées avant  qu’elle….

Une envie folle de  la rejoindre le  prend aux tripes.  Il avance dans l’air glacé de la nuit, nu et en chaussons.

Un chien aboie au loin.

Des frôlements légers dans les arbres : sans aucun doute la lumière dérange les oiseaux qui y nichent.

Il s’en fout, plus rien ne l’importe : elle n’est plus là…

Tremblant de froid maintenant,  il enfile  un slip et un tee-shirt et se fait chauffer un café. 

Il est quatre heures trente du matin. Sa nuit est finie, le jour va bientôt se lever.

Il va enfouir son chagrin, ses angoisses, sa douleur et son manque d’elle jusqu’à …Ce soir……

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie
LE VIRTUEL NE TUE PAS

 

Qu’elles se nomment

 

Grisette

Ciboulette

Coquillette

Bidouillette

Frisette

Ou Blanchette,

 

Elles sont toutes là.

Espérant le prince

Qui passera

Ou passera pas ?

Les paris vont bon train

Il n’a  pas salué

Vous avez remarqué ?

Il l’ignore ?

Seraient-ils séparés ?

Pourtant ça avait l’air de marcher ?

Mais  non ! vous ne comprenez pas

Une autre est arrivée

Qui se nomme :

Rebecca

Ou Martha

Ou Clara,

Ou Atomica

Ou Jumacha

Ou …….. ?

 

Ah oui ?

Elles aussi ?

Puisque je vous le dis !

Marinelle,

Arielle,

Fontelle,

Canelle,

Isabelle.

Ou….. ?

 

Laquelle de ces nouvelles

Aura droit ce soir

Aux mots doux susurrés

D’un doigt léger

Sur  les claviers de :

Jesuislà

Quefaisjelà ?

Pourquoipas ?

Ou de :

Homme seul

Hommelibre

Hommecultivé

Homme sincère

Ou ……. ?

 

Et si ce n’étaient que des leurres

Toutes ces  phrases, tous ces mots

Qui embaument le  cœur ?

Le soir quand  arrivent nos maux ?

 

Si nous pouvions nous passer

De tous ces fantasmes

Qui font rêver certes,

Mais nous laissent inertes

Plus  malheureux encore

Que  la veille et moins

Que demain.

 

Si……

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Publié le par marie chevalier

Vous connaissez tous cette poésie de Jacques Prévert

"....Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur"

Loin du tableau noir ou de la page blanche

Jouons les cancres, levons les encres et les couleurs

Choisissez une ou plusieurs couleurs

Décrivez les sensations qu'elle(s) vous procure(nt)

Les souvenirs , les espoirs, le bonheur qui y sont attachés etc...

Fictif ou réalité

Sous la forme qui vous plaira

Poésie, texte court, texte au long cours

Le trou noir

 

Le gris  du ciel ne me fait plus sourire

Et pourtant comme j’aimais  regarder

Toutes ces formes que l’on appelle nuages !

Le gris du ciel ne me fait plus sourire

Quand il annonce un gros orage

Ou pire des trombes d’eau  dévastatrices

Le bleu du ciel me faisait sourire

Quand il me charmait avec  son hôte  le soleil !

Le  bleu, le gris ?

Pourquoi  je n’aime plus ces couleurs

Qui autrefois enflammaient mon cœur ?

Je ne vois plus que de gros nuages noirs

Qui s’amoncellent

Je ne vois  plus  le ciel !

Serait-ce  ce que l’on appelle

Le trou noir ?

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Défi n° 78 « Veillée contes » consigne proposée par :

Il était une fois … ainsi commencent souvent les contes.

A votre tour, choisissez un héros (ou une héroïne) parmi les personnages de contes: Petit Chaperon Rouge, Belle au Bois Dormant, Petit Poucet… transposez-le à notre époque, dépoussiérez le contexte, imaginez des rencontres improbables, accommodez l’histoire à votre sauce, faites-nous rire, trembler, frémir...

 

Le petit Yohann

Il était une fois un petit garçon qui s’appelait Yohann et qui avait six frères.

Yohann avait six ans quand sa  maman quitta le domicile conjugal en emportant  tout ce qu’il y avait dans le congélateur et le frigo.
Paul, le père resté seul avec  sa marmaille ne tarda pas  à chercher désespérément  un morceau de pain ou de fromage  dans les  placards. Hélas, elle avait même emmené les réserves de conserves et  biscottes.  Il piquait bien parfois des quignons au réfectoire de son entreprise, mais  un jour  il se fit  prendre et ce fut terminé : plus de soupes au pain.

Un matin que tout le monde dormait pour oublier la faim qui les tenaillait, Paul vint les réveiller en leur promettant une balade  à Disneyland. C’était un mercredi.

Les cris de joie  de ses  petits lui fendirent le cœur  mais il ne  pouvait plus  reculer, il fallait qu’il trouve une solution.  Et la nuit portant conseil, il avait décidé de  les abandonner dans  les  manèges et  surtout de  partir  en courant sans se retourner.
Les voilà donc tous , habillés de leurs vieilles  frusques  mais  propres suivant leur père en se tenant par la veste à la queue  leu leu. 

Hélas, dans le RER, une bousculade  les fit  se disperser  et  prenant peur, ils en oublièrent l’objet de leur voyage. Quand enfin ils arrivèrent  à destination, leur père avait disparu.

Une  angoisse sans précédent  les  prit tous à la gorge. La  nuit tombait et  comment allaient-ils  le récupérer dans cette foule qui marchait, avançaient, sans se  préoccuper de ces  petits garçons  pâles d’effroi.

Yohann ne disait rien, ne pleurait pas  mais une idée germait dans sa  tête. Ils allaient retrouver la  maison, il suffisait  pour cela  d’être  tous ensemble. Et puis  une chose qu’il n’avait pas dite à ses frères, il avait relevé tous les  noms des arrêts  du RER.  Et les avait  notés mentalement. Alors il demanda  à tous de  bien se tenir et de monter dans le  premier wagon en tête et  le suivre sans  rien demander.
La nuit était maintenant tombée.
Mais  les petits  malins  étaient  à la  porte de  leur immeuble et riaient comme des enfants qu’ils étaient.  Yohann les avait sauvés, c’est le  père qui allait  être  heureux, il devait se faire un sang d’encre  et  peut-être  même  pleurait-il ? 

Hélas, ils avaient beau appuyer chacun leur tour sur  le bouton de  leur appartement, personne  ne leur ouvrit.

A ce moment  de la soirée, une voix fit sursauter  les gosses qui s’étaient assis en rond  en bas de l’immeuble:

Yohann était le plus petit et  il s'était endormi en révant cette histoire insensée. Il se réveilla en sursaut:

- Alors  les enfants que faites-vous là à cette heure ?

- Maman !!!!! Mais tu étais  partie !!!

- Oui mes chéris, j’étais partie  vous acheter un petit frère  et  je vous ramène  une  petite sœur ! Hein Papa, tu avais raison, ils se sont bien débrouillé  nos trésors.

Paul n’osa jamais dire  à sa femme ce qui était arrivé dans le RER, il avait trop honte… Perdre ses enfants dans la foule ça ne faisait pas sérieux. Mais  il était fier de son petit Yohann.

 Ce texte a été inspiré de très loin du Petit Poucet et toute ressemblance  …..

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

Au pied de la lettre

Quel drame terrible a bien pu pousser celui qui a "réellement" donné sa langue au chat ? A partir d'une expression choisie dans le poème de Claude ROY Je vous invite à inventer une histoire en prenant Littéralement une ou plusieurs de ces expressions

                                                                J'ai choisi:  Lécher les bottes...

 LE FAYOT !

 Félicien est un homme extraordinaire. Il vient de fêter ses 60 ans et en parait  cinquante. Il  travaille dans une maison de confection de vêtements féminins et son plus grand plaisir est de venir  aux essayages sur  mannequins.  Le patron, un jeune homme tout frais émoulu des grandes écoles de commerce  lui a déjà fait entendre qu’il ne  pourrait  pas le garder indéfiniment  dans son atelier de couture étant donné son âge.

— Vous comprenez  mon brave, je ne peux  garder avec moi un homme du temps  passé, j’ai besoin de jeunes gens dynamiques,  prêts à tout.

— Vous avez raison cher  monsieur, vous avez effectivement des gens dociles et corvéables, disponibles  vingt-quatre heures sur vingt-quatre n’est-ce-pas ? 

— Je ne  vous  permets pas de juger ainsi vos  jeunes  collègues.

— Et moi Monsieur j’ai toujours dit ce que j’avais à dire en face ne vous en déplaise.

— Cela  me déplait, je vous demande donc d’aller  à la comptabilité  chercher vos indemnités. Je cherchais un prétexte, je viens de  le trouver : insulte  à supérieur.

Félicien, outré et furieux  se retourna  et  cria :

— Ça ne va  pas se  passer comme  ça, je vais  en parler aux syndicats.

Tout cela aurait pu se terminer ainsi. Chacun restant sur ses positions, on ne voit  pas très bien comment  Félicien pouvait s’en sortir.

En fait  il ne fut  pas  licencié, son savoir-faire et ses compétences ne  faisant aucun doute, il fut  muté dans un coin de  l’entreprise, près  de la  cuisine, et s’il voulait garder son emploi, il ne devait plus faire parler de lui. Il accepta car de toute façon, il lui restait un an à faire et il n’allait  pas  se  rendre  malade  maintenant.

Son nouveau job lui laissait beaucoup de temps libre et  il s’organisa.  Son plus grand plaisir était d’écouter les bavardages des employés quand ils venaient se restaurer et boire un café au distributeur.

Mais ce qu’il préférait était  l’attitude de Jean-Michel, une jeune recrue de  trente ans, qui non seulement avait les dents longues  mais était d’une servilité  incroyable. Il s’était mis dans  la tête que son patron ne pouvait plus vivre sans lui. Alors  il lui apportait  le café  tous  les  matins, courait  lui acheter des revues de  presse. L’autre  se rendant bien compte qu’il pouvait en faire ce qu’il voulait  ne tarda pas  à le prendre  vraiment  pour son domestique.

Félicien essaya bien d’expliquer au jeune homme que tout cela était inutile, que demain un autre  viendrait  à sa  place  et que  le  patron n’en avait rien à faire de ces  petits services. Mais Jean-Michel n’en continuait pas moins  à devenir de plus en plus  l’esclave. Il ne cessait de faire des compliments au vénéré  patron :

— Oh Monsieur  que votre cravate est  belle, sans indiscrétion vous  l’avez achetée à quel endroit ?  Elle est  parfaite et  va  très bien avec votre  chemise…

— Merci mon vieux. A ce propos  ça vous dérangerait de venir  m’aider ce week-end, je dois  tondre ma  pelouse et j’ai 2000 mètres carrés ?

— Pas de soucis  Monsieur  le Président, à quelle heure voulez-vous ? 

— Le plus tôt  possible, sans vous déranger

— Je serai là vers 8 heures du matin c’est bon ?

— D’accord mon ami, je me souviendrai de vous  promis.

Et c’est ainsi que de  plus en plus  servile, le  pauvre Jean-Michel lécha  les bottes de Monsieur F. pendant quelques mois. Il voulait  de l’avancement et surtout  prendre  la  place de Félicien dès qu’il partirait en retraite  forcée.  Son généreux patron lui avait promis, n’est-ce  pas ?

Tous ses collègues se fichaient de lui et  ne lui adressaient  même  plus  la  parole. Ils craignaient tous que  le  peu qu’ils  pourraient dire devant  ce type soit immédiatement répété.
Jean-Michel était bien seul mais il continuait  à faire des courbettes.
Qu’est-il devenu ?
A vrai dire cela ne  lui a  pas réussi de lécher  les bottes au patron, car Monsieur F., excédé  le  muta  à la  place de  Félicien près de la cuisine, et celui-ci reprit son travail de sous-directeur pour plusieurs années, dans son atelier avec ses collègues et les mannequins.  En effet, le patron, tout en s’excusant  lui signala qu’il ne  pouvait se  passer de ses services et de ses compétences.

Il y a  une  justice quand  même !

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Défi 75 En bref : couvre-chef! A partir de ce mot, on écrira ce qu'on voudra ! Une seule condition : glisser Qui m'aime me suive ! dans son texte.

 

Qui m’aime me suive !

 

Comme tous les dimanches matin, nous partions à vélo à la ville voisine où nous avions la chance d’avoir un extraordinaire marché.

Ce qui nous intéressait particulièrement était les légumes. Mon frère bien plus âgé que moi n’appréciait pas ces sorties dominicales.

En effet c’était le jour de foot avec l’équipe justement de la ville où nous nous rendions. Il ne supportait pas les rires de ses copains quand il déposait son vélo avec le panier accroché au guidon.

 

Il  subissait les quolibets du genre : Tiens un footeux par ici, à vélo en plus, te manque plus que la casquette mon gars, tu sais qu’il ne faut pas sortir sans couvre-chef ici. Nous sommes en altitude.

 

Tout le monde riait sauf Eric, qui me disputait pour se venger.

 

  — Tu ne pourrais pas venir seule faire les courses, Maman dit que tu n’es pas très éveillée, mais elle n’a pas tort. En plus, elle m’agace à vouloir absolument que je mette cette casquette avec laquelle je suis ridicule. Tu as bien entendu les potes se moquer de moi.

 

  — Mais elle te va très bien cette casquette, je t’assure. En plus, Maman dit que l’on doit toujours avoir quelque chose sur la tête pour éviter le froid. Tu sais bien que nous en sommes à moins douze degrés ce matin.

 

— Et alors ? J’ai des cheveux non ?

 

— Il n’empêche que ce couvre-chef te protège et te va très bien en plus. Tu as vraiment une tête à porter des chapeaux ou des casquettes.

 

— Ce que tu peux être idiote !

 

Et c’était ainsi tous les dimanches. Maman nous recommandait d’être prudents, de ne surtout pas oublié de nous arrêter au croisement des routes etc... Mais surtout elle insistait pour que nous portions des gants, des cache-nez et des … couvre-chef ! Moi j’aimais bien.

 Elle m’avait tricoté un bonnet en douce laine écrue et ça m’allait bien. Mais c’est vrai qu’Eric était ridicule avec sa casquette. Je ne lui disais pas, il m’aurait frappée je crois, de vexation et de colère.

 

Ses copains n’étaient quand même pas très sympas de se moquer mais bon, ils le connaissaient bien. Il était gentil Eric.

 

Et puis quand sur le terrain de foot, ils se retrouvaient tous et que de sa voix de fausset, il leur criait : Qui m’aime me suivre ! C’était un grand moment de délire. Toute son équipe courait dans tous les sens et ratait invariablement le ballon.

 

Forcément, il était gardien de but, alors quand tous se précipitaient dans le filet, un coup de sifflet les ramenait vite à leur place.

 

Mais j’adore mon frère et il me le rend bien. Avec ou sans casquette il est beau comme un dieu car c’est mon Dieu.

 

MC

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie

Théme:  L'oiseau

                                                       L’OISEAU

 

Siffle et savoure le printemps

Il s’ébouriffe, s’égosille,

Son sifflet n’est plus qu’un mélange

De cri et de plaisir

Il va foncer

Il va descendre

En bas, là

Il a vu un bout de laine

Eh oui ! un petit bout

De laine blanche

Il jubile, en piqué, il descend

Le prend dans son bec et remonte

Sur sa branche

Me surveillant

Ne voulant en aucun cas dévoiler

Sa maison, son nid

 Il attend que je parte

Toujours le brin de laine

Dans son bec

L’air absent

Penchant la tête de côté

Pour mieux m’apercevoir

Je tourne le dos

Entre dans la maison

Me retourne précipitamment

Il n’est plus là

J’entends un bruissement dans l’arbre

Et l’oiseau a disparu

                                   Il s’est méfié de l’homme

Et comme il a raison

De protéger son secret

Son nid, ses œufs, sa belle …

                                                                              

                                                                            MC

 

 

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