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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier

Pour les Croqueurs de mots.

 

Qui n'a jamais aimé un objet démesurément (et pas seulement quand vous étiez enfant) ?

Qui n'a jamais cru qu'une machine pouvait avoir une personnalité ?

Qui n'a jamais personnifié un objet (en lui donnant un nom par exemple) ?

Qui n'a jamais parlé à une machine ?

Choisissez un objet / une machine et racontez- nous sa vie humanisée et ses relations avec vous (ou avec un autre humain) qu'elles soient positives ou négatives.

 

Comme il m’a manqué !

Je dirai comment  mon réveil et moi avons tissé des liens d’amitié douloureuse parfois.
Je n’ai pas toujours été gentille avec lui, il m’est arrivé de  le  battre, de  le  propulser contre  le mur, mais  n’est-ce pas cela aussi : aimer ?

Souffrir  par ce que l’on aime est  la  pire des choses qu’il peut  arriver  à un être humain.
Je vous explique quand même  pourquoi nous nous accrochions, car quand  je  mets des mots  à la suite  ainsi, cela ne semble  pas très clair et pourtant !

J’avais aimé ses formes rebondies et ses deux  macarons sur les côtés qui tintaient joyeusement dans  la boutique d’antiquaire. J’avais eu le coup de foudre, vraiment, cela parait fou, mais  il était magnifique. Bien sûr  un peu vieilli, un peu patiné  mais  je  me faisais  forte  de  lui redonner toute sa belle allure.

Je l’avais  d’abord lavé avec un savon non corrosif, essuyé  délicatement et pris une  peinture  brillante  ressemblant  étrangement  à la sienne. J’avais eu de  la chance, alors avec mon pinceau qui me servait à faire mes aquarelles, je l’avais  embelli, il était rutilant.

Tous  les soirs  je tournais  le bouton qu’il avait dans  le dos et  joyeusement, je m’endormais. Nous étions en vacances.  Souvent  à la fin de la nuit, je le regardais avec ma  lampe de poche et  pouvait voir ainsi qu’il avait bien suivi la fuite du temps. Heureuse, je me rendormais  car il m’annonçait toujours des horaires qui ne changeaient rien à mon sommeil. J’avais tout mon temps.

Hélas, tout a une fin. Les vacances étaient terminées et  je rentrais  dans mon petit appartement avec comme  compagnon, ce magnifique objet. 

Je lui parlais, le caressais et  quand  j’avais remonté  complètement le système de sonnerie, je dormais tranquille. Je savais  qu’il veillait sur moi et qu’il ne  me  laisserait pas seule  le lendemain matin.
La  première fois, j’ai cru à une  invasion de musiciens dans  ma chambre. Il m’a fait sortir du lit, hirsute, hagarde  mais  je l’ai regardé avec attendrissement. Il avait fait son boulot. J’étais  à l’heure à mon bureau  ce matin-là. Je dois bien avouer que  pendant toute  la durée de  notre  complicité, je ne suis  pas arrivée une seule fois en retard.

Mais  je n’en pouvais plus. Il était trop bruyant. Me faire ainsi sursauter tous  les  matins, c'était trop. J’essayais de lui dire de  sonner  moins fort. Rien n’y faisait.
A cause de  son âge son doute, la sonnerie  n’était plus réglable. Alors,  je pris une grande décision :

J’allais  m’en débarrasser et vite ! Deux ans de vie commune, je ne  le supportais  plus et pourtant  Dieu m’est témoin que  je  l’ai adoré.

Alors  samedi dernier… je suis allée chez  l’antiquaire et  lui ai rendu. Il m’a affirmé qu’il le garderait au cas où je changerais  d’avis. Mais non, c’est trop dur.

J’ai du mal à supporter son absence  mais  je tiens bon. Cette saloperie de  réveil à piles me joue  maintenant  un air de  musique douce  pour  me réveiller.
Ça fait  dix jours que  je l’ai et je suis arrivée  trois fois en retard au boulot.

Je vais aller rechercher  le mien chez  l’antiquaire. J’essaierai d’être  plus tolérante avec lui….Il faisait cela  pour mon bien…

Je n’aurais  jamais dû le  laisser  seul chez cet antiquaire, pourvu qu’il me reconnaisse…

MC

 



 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie

sujet la superstition

 La superstition ?

 

Je n’y crois  pas !

Non cela n’est  pas possible

Hier soir  en m’endormant

Je rêvais d’un chat noir.

Le lendemain en me levant

Un miaulement a déchiré le silence

Qu’est-ce que cela  peut être ?

D’où vient ce  cri ?

Et  en m’avançant, je compris

Qu’un chat s’était perdu

Entre deux murs, coincé.
J’ouvris, et  je vis    ………

Un chat noir …

Transi et affamé.

Mais je n’ai pas pu y toucher.

Son poil hérissé me figea.
J’eus  peur !

Moi qui adore les chats !

Surtout quand  il  feula

Et cria : Maman !

Je m’éveillais en sueur

Le cœur chaviré.

Ce n’était qu’un rêve

Mais  jamais plus je ne regarderai

Un chat noir …

Ça porte malheur, il parait…

Mais je n’ose y croire !

Quoique….

!!!

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie

thème  rétrospective ou rétroviseur

 

Je suis heureux

 

Je  me souviens en fermant les  yeux

Tout ce qui dans  ma vie

A fabriqué des moments heureux.

Je me revois quand  j’étais petit.

J’avais cinq ans, et  déjà rêveur,

Je m’asseyais sur les genoux de ma mère

Qui  en me caressant les chevaux

Récitait une  prière.

Non pas  un Avé religieux,

Mais une  prière  païenne

Qui demandait aux hommes

D’être généreux et pacifistes.

Puis  j’ai eu douze ans,  heureux

Et  inconscient,

Vivant l’amour de ma mère

Comme un don du ciel.

Mais surtout j’avais l’amour d’Isabelle !

 

Enfin j’ai eu vingt ans, triste et seul,

Je me suis embarqué sur un bateau

Pourquoi ?  Pour fuir le drame

Qui se jouait dans ma famille :

Ma mère  avait adopté une  petite fille

Je n’allais plus sur ses genoux,

Il n’y en avait que pour elle !

Et  le comble, j’avais fait fuir Isabelle,

Par mon caractère intolérant.

 

Maintenant j’ai quarante ans

Je n’ai plus de  maman,

Je n’ai plus d’Isabelle

Mais j’ai une femme, Justine

Et un gamin : Sébastien

Je fais une  prière  païenne

Pour que les hommes

Soient  généreux et  pacifistes.

La roue tourne,

 Mais  le passé demeure

Dans mon cœur.

 

MC 01/2012

 

 

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Publié le par marie chevalier

Défi n°73

 " Autoportrait "

Ecrivez votre autoportrait actuel (physique et moral)

Dans un lieu qui vous ressemble

Comme si l'on "vous" observait de l'extérieur ou

Comme si vous "vous" rencontriez pour la première fois..

Donnez nous envie de "vous" connaitre plus avant ou pas ?

Vous pouvez employer

L’auto-satisfaction, l'auto-dérision, l'auto-critique, l'auto-défense,

l'auto-cuiseur, ou l'autoroute...

Vous écrirez un texte sous la forme qui vous plaira

A vos pinceaux en poils ou en plumes !

 

  PAS DE SURPRISE

Je suis  une femme  tout  à fait ordinaire, ni belle  ni moche  mais surtout  j’ai un sens de  la répartie qui fait peur.

Tout  le monde s’accorde  à dire que  je suis agressive, directive, que  je veux toujours avoir raison et c’est vrai. Pourquoi annoncerais-je que  je suis d’accord, alors que cela  est faux ?

Ah ! Oui, forcément j’ai  une qualité  mise en avant assez souvent : ma franchise.

Je ne dis  pas : tu devrais  faire ceci ou cela, je dis : moi je ferais ceci ou cela. Ça  ne convient  pas toujours,  je dois  l’avouer, mais  l’important n’est-il pas d’être bien d’abord avec soi-même ? Et de ce côté cela  ne va  pas trop mal merci.

Je pourrais  aussi dire que  je suis  mignonne et bien faite. Que  nenni, je l’ai sûrement été mais je n’aime  pas  me vanter, je veux  que les autres  le reconnaissent et  mieux  me  le disent. 

Surtout  les  hommes,  que demandent-ils ? Une femme  objet ?  Pas  moi ! Une femme  douce et aimante ?  Pas  moi ! Une femme  qui peut  parler  politique et  les mettre  en infériorité sur  ce si charmant sujet ?  Là c’est  moi ! Une femme  qui peut  parler sexe sans rougir ? Là encore c’est  moi. Une femme  qui sait  faire  beaucoup de travaux « d’hommes » ? Là encore et encore c’est  moi.

Alors  certains diront que  je  suis prétentieuse.

Oui je  le suis, la  meilleure façon d’être  servie n’est-elle  pas de commencer  par soi-même ?

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie

Par la fenêtre ouverte

 

Par la fenêtre ouverte,

Je vois  les oiseaux voleter

Par la fenêtre ouverte,

Je souris  à ma voisine

Par la fenêtre ouverte,

 Les senteurs de mon jardin

Effleurent mes narines 

Par la  fenêtre ouverte,

Je guette  le  passage du facteur

Par  la fenêtre ouverte,

Je regarde l’horloge du clocher

Par  la fenêtre ouverte,

Je m’éloigne dans mes rêves.

J’aimerais tant te voir arriver …

De ma fenêtre ouverte 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Vous écrivez une lettre d'amour délirante ou romantique, ou les deux à la fois, à votre boucher(e), votre boulanger(e), à votre curé (sans "e"), à votre facteur (trice), votre crémier(e), et que sais-je encore ....à qui vous voulez ...

Dans cette lettre (pas trop longue), vous introduisez 14 mots (dans l'ordre, de préférence) d'une chanson que vous connaissez tous :

" Ne me quitte pas " ; voici les mots :

 

Oublier- s'enfuit- malentendus- cœur - couvrir- domaine -amour - mort - feu- blé- rouge -ombre- chien- quitte.

 

Monsieur  l’abbé,

Toute ma vie qui n’est  pas très longue j’ai rêvé que j’aimais un curé et bien c’est  fait : je t’aime ! Je ne puis  t’oublier depuis que tu  es venu  à la maison.

Mais  je sens que je t’agace et que ton attention en lisant cette  lettre,  s’enfuit  et  va faire place à l’irritation. Je sais, il s’agit de malentendus, il n’était pas prévu que tu nous  rendes  visite.

Tu as mis mon cœur en désordre. Tu venais chercher mon père  pour t’aider à couvrir une  partie du toit de  la sacristie qui prenait l’eau. Tu savais que c’était son  domaine  puisqu’il était couvreur n’est-ce pas ? Alors mon amour est  né quand je t’ai aperçu : un coup de foudre, tu y crois  j’espère ?

Et puis vous avez parlé de  la mort de ce pauvre Albert et j’ai pleuré. Tu m’as souri et  j’ai senti le feu me monter aux joues.  Tu as caressé mes  cheveux et tu m’as murmuré : ils sentent bon comme le  blé. Cette fois je suis devenue toute rouge d’émotion et je me suis mise à trembler.  Une ombre est passée sur ton visage comme si tu voulais oublier ce que tu venais de me dire.

Moi, machinalement,  complètement  hypnotisée par ton regard, je caressais mon chien, l’air bête sans doute.

Tu secouas la tête et me tourna le dos.  Tu allais  partir  sans  même me dire au revoir alors  j’ai crié :

Pierre !!! Ne  me quitte pas !!!

Trop tard. Tu n’étais plus là.

Je t’en prie,  je t’aime….

Signé

La rosière du village 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

CONSIGNE PROPOSEE

Habitant des étoiles, vous débarquez sur terre après un long voyage pour observer les êtres humains, livrez nous en trente à cinquante lignes vos premières impressions.

   

MECHANCETE OU PEUR ?

Ca y est nous y voilà !  Piérabus regarde !
Piérabus n’a pas du tout envie de regarder car  on lui a dit tellement de  mal sur  la  planète terre qu’il n’ose même plus descendre. Poussé par un des six bras de  celle qui lui sert de mère, il saute dans l’herbe haute. Leur navette en une minute terrienne  vient de  traverser l’espace pour se poser en haut de  la falaise de Fécamp. Tout avait été  préparé avec soin par leurs robots : ils visitaient la terre et surtout notaient dans leur puce tout ce qui leur paraissait incroyable.

Ils étaient encore sous  le choc quand  un autocar plein de touristes s’arrêta devant eux. Des dizaines de personnages plus  bariolés les  uns des autres  sortirent  de cette chose comme d’une boîte. Ils s’éparpillèrent  en lançant des cris  extrêmement bizarres et surtout très aigus. Un des leurs qui paraissait leur chef  portait une casquette  bleu marine avec un petit oiseau dessiné dessus. Il faisait de grands gestes et semblaient inviter  les autres à monter  tout en haut de  la falaise où se dressait une femme géante toute de blanc vêtue.  Elle ne changeait pas de  position, toujours  le bras droit tendu , et le plus étonnant tenant un petit terrien dans son bras gauche,  et puis la tête tournée  vers la mer, comme si elle attendait quelqu’un. Tous  ces êtres étranges suivaient maintenant un petit chemin qui menait  près de cette femme. Et là, Piérabus se frappa la tête pour enregistrer ses données. Ces personnages  se groupaient autour de  la dame et  commençaient  à articuler des mots,  tous ensemble.  On aurait pu croire qu’ils priaient bien que ce mot n’existât pas dans le vocabulaire de leur  île aux étoiles.

Ce qui surprenait surtout  l’enfant et sa mère était que la géante ne les regardait pas. Cela devait vouloir dire qu’elle ne  les connaissait  pas et ne devait pas  parler à des inconnus sans doute ?

En tout état de cause, ils se mirent à suivre  les derniers descendus du car et  montèrent avec eux. Personne ne les  voyait tellement occupés à lire  maintenant  dans un petit livre.

— Piéralus quand nous rentrerons chez nous, n’oublies  pas de leur dire que  les humains  vivent en groupe, qu’ils  vénèrent une  seule femme bien plus grande qu’eux tous et que celle-ci  les dédaigne et ne  les regarde même  pas. Tu vois mon fils cela  ne serait  jamais arrivé chez nous, nous  nous aimons tous  les  uns  les autres.
A ce moment de  la conversation, un grand coup de tonnerre éclata, et  la statue tomba et roula sur  le sol. C’est là que  les  visiteurs aperçurent nos deux  visiteurs. Ils se ruèrent sur  eux, et  les  massacrèrent  à coups de pierre, en hurlant que c’était  de leur faute, qu’ils étaient le  diable et qu’ils  leur avaient porté  malheur. Car  il était évident qu’ils  voyaient là le bras de Satan.

 Nos  pauvres touristes des étoiles  ne pourront  jamais raconter  la  méchanceté des humains, et  ainsi d’autres tenteront sans doute de nouveau l’expérience.

La foule se dispersa en se signant et en appelant Dieu pour qu’il ne leur fasse pas de  mal, maintenant que leur madone était tombée de son piédestal. 

Tout avait été enregistré dans les  ondes et  là-haut des ordinateurs  étaient lancés à fond.

Il fallait  résoudre un problème  important :

 Pourquoi l’être humain tuait ce qui n’était pas comme lui ?

Dure questions  mais ils avaient confiance en leur  matériel et un jour…  ils auraient  la réponse c’est  sûr, ce jour-là, leur  Piérabus et sa mère seront vengés de la  méchanceté des hommes.

 

Décembre 2011

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie

 

Jeudi en poésie (signe zodiacal)

 

Je suis un gémeaux

 

Rien ne m’atteint, rien ne me fait peine

Ni le bonheur,  ni les  maux.

J’avance encore et encore

Ne me souciant que de  l’après

Jamais de l’avant.

Absolument pas nostalgique,

Mais terriblement pragmatique

Je ne crois que ce que je vois

Ne dit-on pas comme  St-Thomas ?

J’adore toucher les objets

Les caresser, les modeler, les  pétrir

Je vous fais sourire ?

Et pourtant au lieu de vous moquer

Retenez des gémeaux

Qu’ils sont avant tout  sensibles

Et pourquoi  ne pas le  dire ?

Comme les roseaux.

La vie les fait se ployer

Dès qu’ils cessent de jouer.

Décembre 2011

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes poèmes
                                            ELLE VA  LE  REJOINDRE

 

 

                                            Elle marche à petits pas sans se presser

Toute sa vie défile derrière ses paupières.

Là, elle revoit les petits

Là, c’est son amour d’enfance

Qui la salue du bout de sa canne

Là encore son mari qui avant elle est parti,

Qui lui tend la main et lui sourit.

Oh ! Elle ne pleure pas

Elle survit doucement

En économisant ses gestes

Sa tête dodeline sans cesse

Ce qui fait dire aux gamins :

Elle est folle la maîtresse

Elle parle toute seule

 Et ne nous reconnaît plus.

Pourtant, elle aurait pu si elle l’avait voulu

                                               Les appeler par leur prénom

Pensez- donc comme elle en a élevés

De ces petits garnements !

Du plus petit au premier !

C’est l’institutrice du village

Que cet après-midi on enterre,

C’est pour cela qu’elle marche à petits pas

Les yeux clos déjà loin,

Elle va le saluer et lui dire

Ne t’inquiète pas je vais venir

Cela ne tardera pas

Laisse-moi une petite place

Là où nous causions, tu te souviens ?

Entre les Lefèvre et les Martin

Nous nous asseyions sur la tombe

Et nous nous disions en riant :

Ce n’est pas demain que nous serons là- dedans

                                                        J’avais vingt ans tu en avais douze,

Et pourtant ! Toi tu es venu, seul.

Mais je suis là, je t’accompagne

Et comme avant

Je te prendrai la main

Pour que nous n’ayons pas peur

Des feux follets et des démons

Attends-moi mon ami

Mon frère, et souris. Je suis heureuse

                                                       De te rejoindre bientôt

Tu me manques déjà

Je sens que je te rejoins

J’entends comme ils disent

La musique qui m’appelle

J’arrive…

fin

 

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Publié le par marie chevalier

vaches.jpg

 Cette photo a été prise le 6 juillet à 10h54, vous, vous êtes passés par là, à 11h02, en un instantané, en vers, prose, photo*, dessin*, peinture*, montrez-nous précisément ce que vous, vous avez vu et peut-être entendu … (vous n'êtes nullement obligés de prendre cette photo au premier degré.)

 Il ne faut pas rêver

 Ce pré,  je le connaissais  par cœur, c’est  là que  je venais  parfois chercher des pissenlits pour mes lapins quand  il n’y avait pas de vaches. Ce  jour-là, je fus surprise de  voir des traces de  terre partout comme si ce pré avait été  labouré. Pourtant  ce matin encore, quand  je revenais de  la  messe, vers 10h54 ce dimanche 6 juillet, elles avaient beuglé  en me  voyant sur la route. Je leur avais  même dit : allons  les filles  ne courrez  pas comme ça  vers moi, je n’ai rien à vous donner !

Et  là, alors que je revenais sur mes  pas, ayant oublié mon missel sur mon banc, vers 11h passés de deux minutes, je suis formelle car  je regarde toujours  l’heure, puisque  le clocher est visible de toutes les routes du village, donc  je disais  qu’environ 8 minutes plus tard … plus de vaches !

Un comble car franchement, elles avaient disparu. Comment cela  pouvait-il se  produire ?  Pourquoi avait-elle quitté l’enclos ?  car  elles s’étaient sauvées, cela  ne  pouvait  être autrement  , le fil de fer  barbelé était à terre et  des traces de  boue maculaient  la  petite route  goudronnée qui passait juste devant.

Et puis  la  mémoire  me revint. Pendant qu’elles arrivaient vers  moi en galopant, une déflagration s’était fait entendre. Sur  le coup j’ai pensé que  c’était encore une carrière qu’ils faisaient sauter  pour construire  l’autoroute. Ils n’arrêtaient  pas de nous faire sursauter  avec leurs  pétards, enfin leurs  bombes devrait-on dire !

Mais cela  ne  me disait  pas où étaient allées ces pauvres bêtes effrayées. Je devrais  les apercevoir, elles n’avaient  pas  pu faire des  kilomètres comme ça  dans  la  nature sans que quelqu’un réagisse. Je me retournais  pour essayer de comprendre ou du moins apercevoir quelque chose ou un villageois quand  j’entendis  comme  un meuglement  plaintif, paraissant venir de très loin.

Je courais  vite vers l’endroit d’où cela  semblait  provenir et  là je m’arrêtais  net, foudroyée  par  la stupeur et  la  peur.

La  route  n’existait plus. Un trou énorme, d’une  profondeur incroyable la condamnait.

Je n’osais  m’approcher de  peur de tomber et  malgré tout, la curiosité  fut  la  plus forte. Avec mille  précautions  j’essayais de  ramper  au bord de ce trou ! Mais  là… je tombais.

Toutes  les vaches étaient là. Au fond  à des  centaines de  mètres. Sans une égratignure, pas une  patte  brisée. L’une d’elle  m’interpella : viens  Séraphine, viens  si tu savais  comme on est bien ici, il y a des champs entiers d’herbe verte, des fruits  pour toi, des  légumes, des  lapins, des chats, des chiens  mais  pas un seul être humain.  Un paradis  pour  vaches tu sais !

Mais moi que vais-je faire  ici ? 

Nous traire et nous te ferons du bon lait.

Certes,  pensais-je en essayant  de trouver quand  même  une sortie, mais  je ne survivrais surement pas  longtemps sans  mes  gouttes pour ma tension, essayais-je de  leur dire.

Je fus réveillée  par une détonation. Des cris dans  la rue me firent  me  lever en vitesse et ouvrir  mes volets.

— Séraphine viens  vite, nos vaches se sont dispersées dans  la  pâture du père  Jaron, il va encore sortir son fusil et  nous en blesser  une ! Ce sont ces satanés  travaux qui leur font  peur ! On commence  à en avoir  marre. Et toi, tu ronfles  pendant ce temps ?  Ça ne te réveille  pas ? 

— Non en fait, cela me fait faire des cauchemars, mais  je dors…

(Enfin je crois que j’ai rêvé tout  cela. Si non je suis bonne  pour  l’hospice !!!)

 

 

 

 

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