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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes nouvelles

L A G A L E R E D E S T A X I S P A R I S I E N S

- Bonsoir Julie, tu restes encore un peu ? Tu fermeras ?

- Oui, oui, allez-y tranquilles les filles il faut que j’appelle un taxi…

- Ah ! Oui, c’est vrai ta fameuse « claustro » !

- C’est cela oui, ma claustro comme vous dites, c’est d’une gentillesse ! Allez à demain.

Julie alla fermer la porte de l’agence immobilière ou elle travaillait, revint à son bureau et commença à composer le numéro des « taxis verts » .

La sonnerie ne dura même pas une vingtaine de secondes et une voix suave commença : « Bonjour, nous vous remercions d’avoir fait appel à notre compagnie, nous vous demandons de bien vouloir patienter, une opératrice va vous répondre.. »

Bien, cela ne commence pas si mal se dit Julie, coup de bol, je les ai eus tout de suite. Elle cala le combiné sur son épaule gauche fouilla dans son sac. Elle ouvrit son porte-monnaie, et compta. Bon, elle avait environ cinquante francs et un billet de deux cents francs.

Tout allait bien, elle regarda sa montre, deux minutes qu’elle attendait l’opératrice. Ce n’est rien, hier j’ai patienté quatre minutes, alors il n’y a rien de perdu, se rassurait-elle.

- Allô ! Vous avez demandé un taxi, pour quelle destination s’il vous plaît ?

- Bonjour, madame, Boulevard Barbès, s’il vous plaît..

- Votre numéro de téléphone…

- 01 …..

- C’est pour aller où, m’avez-vous dit ?

- Boulevard Barbés..

- A quel numéro ?

- Au coin de la Rue Custine et du boulevard..

- Je vous ai demandé à quel numéro ?

- Mais je n’en sais rien, c’est au carrefour, je l’indiquerai au chauffeur…

- Ne quittez pas..

« Bonjour, nous vous remercions d’avoir fait appel à notre compagnie, ne quittez pas nous recherchons votre voiture...

« Vous avez fait appel aux « taxis verts » nous vous remercions de votre appel, ne quittez pas, nous recherchons votre voiture…

« Savez-vous que vous pouvez savoir tout de suite la disponibilité de votre véhicule en composant le 3615 « taxis verts » sur minitel, cela vous évitera une attente…

« Bonjour, vous êtes bien aux « taxis verts », ne quittez pas, nous recherchons votre véhicule… »

Julie commençait à ne pas se sentir bien, c’était cela les symptômes d’angoisse. Il y avait maintenant dix minutes qu’elle était en ligne et toujours cette voix « off » qui lui ressassait le même disque. Elle ouvrit de nouveau son sac à mains, sortit un mouchoir en papier, s’essuya les mains qui devenaient moites, leva un bras, puis l’autre pour s’aérer.

Elle reprit bien en mains le combiné, respira un bon coup et de nouveau se concentra sur le message !

« Bonjour, nous vous remercions de votre appel et nous recherchons votre voiture…Savez-vous que vous pouvez effectuer une réservation de 22 heures jusqu’à 7 heures ? Il suffit d’appeler au service de réservation au numéro : 01…..

« Vous restez en ligne nous recherchons votre voiture… »

Bien sûr que je reste en ligne, bien sûr, qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Julie commençait sérieusement à s’agiter et à perdre le contrôle de ses nerfs, cela faisait vingt minutes qu’elle était « scotchée » à cette saloperie de téléphone et personne n’était encore venu lui parler.

Enervée, elle raccrocha et se dit qu’elle ne pouvait pas attendre jusqu’à demain, elle allait essayer d’obtenir une autre compagnie. Elle ramassa son sac, elle commençait à trembler légèrement tellement elle se stressait, l’heure tournait et bientôt elle se retrouverait dans les embouteillages de dix- huit heures et pour aller de République à Barbès, elle mettrait encore trois quarts d’heure !

- Bonjour, je suis bien à la SAT (société des artisans taxis) ?

- Je voudrais un taxi pour aller à Barbès…

- Bien sûr, Madame quel est votre numéro de téléphone.

- 01…

- Ne quittez pas, nous recherchons votre voiture…

- Merci..

Ouf ! Cette fois, je crois que ça y est, se dit Julie. Elle se détendit, se repeigna d’une main, et chercha du regard un papier et un crayon pour noter l’heure, une vieille habitude !

Il était 17 heures cinquante cinq. Putain, cela fait presque une demi-heure que je m’énerve, c’est vraiment de pire en pire, ces taxis…

- Allô, vous êtes bien le numéro :01….

- Oui, madame…

- Une voiture dans dix quinze…

- D’accord, merci !!!

Une bouffée d’air frais lui tombait dessus, elle sourit toute seule et se dit qu’il était dommage de s’énerver pour si peu. Elle s’agita, récupéra sa veste en jean, rangea les accessoires de son bureau, chercha les clés de l’établissement et après un bref regard circulaire, elle sortit de l’agence, se pencha pour verrouiller la porte, remit les clefs dans son sac et s’installa, bien visible au bord du trottoir pour guetter son « sauveur » ! Il était dix- huit heures cinq. Rien de perdu, on lui avait dit dix quinze minutes. Jusqu’à dix- huit heures dix, il n’y avait pas de panique.

A chaque fois qu’elle voyait arriver au loin un taxi allumé, elle se rapprochait encore plus du bord du trottoir. Mais fausse alerte, ils passaient tous sans s’arrêter. Elle recommençait à ne pas être à l’aise. Dix- huit heures vingt, toujours pas de taxi à l’horizon. Elle regardait sans cesse sa montre et s’appuyait au poteau du feu rouge. C’était bien d’ailleurs, elle se calait juste au feu rouge comme cela, le chauffeur n’avait pas de manœuvre à faire. Il continuait tout droit et si tout allait bien vingt minutes après elle était rentrée. Elle se marmonnait tout cela pour éviter de penser que le temps passait et qu’il était maintenant dix- huit heures vingt cinq.

Tout à coup, au bord des larmes, elle fit demi-tour, prit la clé de l’agence dans son sac, entra de nouveau, composa le numéro de la société de taxis.

- Allô ! Madame, j’ai demandé un taxi il y a une demi-heure, je suis en train de l’attendre devant mon établissement et il ne vient pas, pouvez-vous vérifier… ?

- Vérifier quoi, madame ?

- Mais qu’il est sur le chemin, qu’il va venir, je ne sais pas moi ! Merde ! Cria-t-elle excédée.

- Restez correcte, Madame, je vais voir, vous ne quittez pas..

-Non je ne quitte pas ! Aboya-t-elle.

-Cinq minutes passèrent de nouveau, elle n’en pouvait plus elle craquait, elle allait pleurer, s’effondrer, là sur son bureau, et demain, ils la retrouveraient endormie, lasse, si lasse… et invariablement, la voix lui disait : « ne quittez pas, nous recherchons votre voiture… »

Puis, il y eut un déclic, l’horreur, une effroyable sonnerie « occupé » lui résonna dans l’oreille. Non, ce n’était pas vrai, cela ne pouvait pas être vrai, ce n’était pas possible !

Les jambes tremblantes, elle se leva, se retenant au bureau, elle allait faire quoi maintenant ?

Elle refit le numéro des « taxis verts » .

« Bonjour, merci d’avoir choisi notre société, ne quittez pas une opératrice va vous répondre…

Elle raccrocha violemment.

Elle fit de nouveau le numéro de la SAT.

Elle avait les larmes qui lui coulaient sur le visage, elle transpirait, était toute rouge, se sentait très mal.

- Allô ! Bonjour, tout à l’heure, nous avons été coupés, j’avais demandé un taxi pour…

- Ne quittez pas, vous êtes bien au numéro : 01…..

- Oui, murmura –t-elle, n’osant croire au miracle.

- Le chauffeur vous a attendue tout à l’heure, madame, ce n’est pas gentil de faire faux bond, dans ce cas, il faut avoir le courage d’annuler la course, ce n’est pas bien.

- Mais je n’ai pas vu de chauffeur, je vous assure, j’étais devant la porte et personne n’est venu, je l’aurais vu, croassa Julie, s’étranglant de colè
re.

- Vous êtes bien au 22 Boulevard du Temple ?

- Mais non, je suis au 22 Rue du FAUBOURG DU TEMPLE !

- Ah ! C’est pour cela, il y a eu une erreur, vous auriez dû préciser, Madame, on ne peut pas deviner, vous voulez toujours une voiture ?

- Mais bien sûr, plus que jamais, il est dix- huit heures quarante cinq, vous vous rendez compte que cela fait une heure que j’essaie d’avoir un taxi…

- Ne quittez pas…

« Bonjour, merci d’avoir choisi notre compagnie, ne quittez pas, nous recherchons votre voiture… »

En nage, Julie essayait de reprendre son sang-froid : je ne m’énerve pas, je me calme, ce n’est rien, il y a des choses plus importantes dans la vie…

- Allô ! Vous êtes bien au numéro : 01… ?

- Oui…

- Désolée, madame pas de voiture pour l’instant, rappelez ultérieurement…

Tut... tut…tut…tut…

- Allô ! Chéri, tu es rentré ? Cela t’ennuierait de venir me chercher en voiture, on pourrait passer au Bazar de l’Hôtel de Ville, qu’en penses-tu ?

- D’accord, je vais me débrouiller, à tout à l’heure.

***

Ce vendredi après-midi, Julie ne travaillait pas.


Il faisait très beau et elle décida de passer tout d’abord par le marché Saint-Pierre car il y avait longtemps qu’elle souhaitait changer ses voilages.

En quittant son bureau, elle alla manger un sandwich chez Farsaz, le petit café d’à côté

Au bout d’une demi-heure, elle sortit et héla un taxi qui arrivait, et qui ralentissait. Il stoppa à sa hauteur et là, oh ! Malheur, elle se fit littéralement insulter par un chauffeur irascible qui ne supportait pas les gens qui fumaient ! Il s’était mis dans une telle colère quand il l’avait aperçue une cigarette à la main ! Bien entendu, elle l’aurait éteinte dès qu’elle aurait ouvert la portière, mais il ne lui a pas laissé le temps. Il s’est mis à hurler en sortant de sa voiture comme un fou, que personne ne mettrait les pieds dans SA BAGNOLE avec une cigarette, qu’il était hors de question qu’il transporte des gens qui ne respectaient rien, même pas les taxis, et que les femmes qui fumaient feraient mieux d’aller « torcher leurs mômes» ! Pourquoi pas ? Mais il n’y eut aucune discussion possible, il démarra en trombe et la laissa sur le trottoir, comme une idiote et bien embêtée car obligée d’appeler une autre voiture !

Elle ne se démoralisa pas et comme le temps s’y prêtait, elle décida de descendre jusqu’à République en chercher une directement à une station. Mal lui en prit !

Il y avait une dizaine de voitures en stationnement ce qui la rassura pleinement quand elle se présenta au premier chauffeur en tête, comme le veut l’usage.

- Ou allez-vous exactement ?

- Au Marché Saint-Pierre…

- Mais vous ne pouvez pas y aller à pieds ?

- Non, si je prends un taxi c’est que j’ai mes raisons, commença t-elle à expliquer.

- Mais je m’en fous de vos raisons, tout compte fait, je ne veux pas vous emmener, la course est trop courte, je n’ai pas attendu le client pendant plus d’une demi-heure, pour me retrouver au Sacré-Cœur. En plus à cette heure-ci, il n’y aura pas un chat et je serais obligé de revenir à vide.

- Mais attendez, ce n’est pas en grande banlieue que je vous emmène, c’est dans Paris, donc des clients vous en trouverez toujours, non ?

- Cela c’est moi que ça regarde, vous n’avez qu’à aller demander à mon collègue, le dernier là-bas s’il veut bien vous prendre…

- Mais il va me dire qu’il faut que je prenne celui qui est en tête ! S’énerva Julie.

- Et bien voyez ça avec lui !

- Vous vous fichez du monde, je ne vois pas pourquoi vous ne voulez pas m’emmener même si la course n’est pas longue, vous n’avez pas tous les jours des gens à emmener aux aéroports quand même !

- Bon, je me tire, vous commencez vraiment à m’énerver.

Sur ce, il fit un démarrage sur les chapeaux de roue, plantant Julie, hors d’elle mais très ennuyée. Après s’être reprise, elle s’avança et cogna à la vitre du dernier de la file :

- Bonsoir, monsieur, au Marché Saint-Pierre, s’il vous plaît ?

- Mais pourquoi ne prenez-vous pas le premier en tête ? C’est la règle, madame, je suis nouveau dans le métier, je ne veux pas avoir d’ennuis.

- Il a refusé la course, d’ailleurs, il est parti, il trouve que je ne vais pas assez loin…

- Remarquez, il n’a pas tort, vous ne voyez pas que nous sommes garés devant un hôtel et que l’on fait souvent appel à nous pour emmener des clients à l’aéroport ?

-Mais je ne veux pas le savoir, vous êtes à une borne de taxi, je m’adresse au premier comme le veut la coutume, il m’envoie vers vous et là, vous me dites que vous ne prenez que les clients de l’hôtel, mais je vais finir par m’énerver et je relève votre numéro, et je vais appeler la police ! S’énerve Julie.

- Appelez, madame, si cela peut vous faire du bien, mais le temps qu’ils arrivent pensez bien que je ne serai plus là et personne ne me « tirera dans les pattes » on est solidaires, nous !

- Ca j’avais remarqué dans la connerie, vous vous tenez les coudes !

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase, le taxi fit une marche arrière brutale, démarra et le chauffeur lui fit un bras d’honneur en passant.

Mon Dieu quelle galère ! J’en ai marre, je n’en peux plus ! Elle était au bord de la crise de nerfs, quand un nouveau taxi arriva.

-Que se passe t-il ? Un problème ?

- Ce sont vos collègues, ils me renvoient au premier puis au dernier et finalement, aucun ne veut m’emmener.

- Et ou allez-vous ?

- Au marché Saint-Pierre…Annonça-t-elle timidement.

- Allez en voiture, moi j’adore les petites courses, je suis sûr d’en faire plus, et de trouver des clients surtout dans Paris, il y a plein de « mémés » qui reviennent des magasins à cette heure-ci, c’est bon pour moi ! Et puis plutôt que de rester une demi-heure à attendre un client hypothétique, je préfère rouler !

Julie se confondit en remerciements, disproportionnés avec ce qui venait d’arriver, car enfin, il était tout à fait normal, qu’un chauffeur de taxi l’emmenât là où elle le souhaitait puisqu’elle réglait la course ! Mais ce fut ce dernier chauffeur qui la réconcilia provisoirement avec la corporation, et elle écouta, béate, les histoires qu’il lui racontait.

***

Monsieur Farsaz, le patron du bar connaissait bien Julie, elle déjeunait presque tous les jours chez lui et ils discutaient souvent de tout et de rien. Le soir, elle s’installait fréquemment pour boire un pot en attendant son mari qui faisait son possible pour passer la prendre afin qu’elle ne « s’use pas les nerfs » dans sa chasse aux taxis.

- Madame Julie, votre mari vient de prévenir, il ne peut pas venir vous chercher, votre voiture est en panne.

- Quoi ? Croassa t elle, ce n’est pas possible ! Mais comment je vais rentrer chez moi !!!

- Mais vous n’habitez pas loin, Madame Julie, à pieds, vous en avez pour une demi-heure trois quarts d’heure !

Ce que ne pouvait comprendre Farsaz, c’est que Julie ne pouvait même pas essayer de partir à pieds et de marcher sur les trottoirs bondés à cette-heure ci. La claustrophobie est une chose, mais les angoisses qu’elle génère sont handicapantes à souhait. Ses jambes tremblaient, elle était en sueur Elle craignait à chaque instant de tomber car dans ces cas-là, elle était comme ivre, et sujette aux vertiges.

Ce jour-là, en larmes, elle rentra se « terrer » dans son bureau, et attendit de s’être calmée et vers huit heures du soir, essaya de nouveau de téléphoner à une entreprise de taxi. Elle obtint une voiture facilement vers les 20 heures trente et elle oublia toute cette histoire.

***

Huit jours plus tard, alors qu’elle s’apprêtait à appeler de nouveau la SAT, vers 7 heures trente du matin, elle réfléchit et pensa qu’elle ne se sentait pas trop mal aujourd’hui et qu’elle pourrait en prenant sur elle, traverser tout le boulevard et aller en chercher un à la station de taxis la plus proche, à environ dix minutes à pied.

Ce serait plus raisonnable, pensait-elle car quand elle appelait, elle payait déjà une mini- course du lieu ou se trouvait la voiture à son domicile, ce qui en augmentait considérablement le prix.

Elle arriva à la station, et elle constata qu’il n’y avait pas de voitures en stationnement. C’est normal, à cette heure-ci, ils circulent, ils ont beaucoup de courses, se rassura t-elle.

Elle attendait depuis cinq minutes environ, elle en voyait passer sur le boulevard, mais ils étaient tous pris. Une dame arriva avec un bébé :

- Il y a longtemps que vous attendez ?

- Non, cinq minutes à peine.

- Ah ! Bon, parce que je suis pressée, j’ai rendez-vous chez le pédiatre, pour le petit, il a de la fièvre, et son médecin ne peut pas se déplacer, je suis donc obligée de lui amener à son cabinet…

« Alors là, ma grande, si tu crois que tu vas m’émouvoir avec ton gamin, tu te trompes, tu fais comme moi, tu prends la file d’attente.. » Pensa-t-elle très fort.

- Remarquez, dit la jeune femme, avec un bébé dans les bras, je suis prioritaire, heureusement et je vous remercie d’avance de me laisser la première voiture..

- Mais pas du tout, nous ne sommes pas dans les transports en commun, il ne suffit pas de présenter une carte de quoi que ce soit, ce serait trop facile !

- Mais c’est dans les règles qui régissent les taxis, et de toute façon, si vous ne pouvez pas comprendre qu’il y a des priorités, je vous plains, vous devez être bien seule dans la vie !

- Mais si, je sais qu’il y a des priorités, moi, je suis prioritaire, j’étais la première et si vous n’êtes pas contente, vous rentrez chez vous et vous appelez une voiture, non mais !

Elles se regardaient méchamment, presque haineuses, et toutes pâles toutes les deux, elles étaient dans une fureur !

Tout à coup, un taxi ralentit sur le boulevard, le chauffeur leur fait signe d’avancer, et là, oh ! Horreur, un homme jeune déboule de derrière une colonne, ouvre la portière, et le taxi démarre… Elles hurlent toutes les deux, insultent de loin le chauffeur qui ne les entend plus, se regardent, et éclatent de rire nerveusement : Elles se sont bien fait rouler !

- Bon, si on se conduisait en adulte, dit Julie, où allez-vous exactement ?

- Je vais à l’Hôpital Saint-Louis et vous ?

- Moi, Rue du Faubourg du Temple, on va s’arranger on va prendre le taxi à deux et on partage les frais, d’accord ?

- D’accord.

Cinq minutes passent encore et arrive une voiture. Elles s’avancent calmement vers la portière et le chauffeur se penchant demande : c’est à qui le tour ?

- A nous deux, on le prend ensemble on va dans la même direction…

- Mais il n’en est pas question, je ne fais pas de voiturage, après pour me faire régler c’est la crois et la bannière, vous vous décidez, ou l’une ou l’autre mais pas les deux !

- Mais puisque l’on vous dit que l’on va dans la même direction !

- Mais pas au même endroit et quand l’une sera descendue, l’autre ne voudra plus régler, je connais bien ce procédé mais ça ne marche pas avec moi, mes jolies !

Sur ce, il verrouilla vivement ses portières et démarra en trombe, laissant les deux femmes sidérées sur le trottoir.

La jeune femme au bébé, dit au revoir à Julie en l’informant qu’elle rentrait chez elle. Elle allait effectivement essayer d’obtenir une voiture en téléphonant à une compagnie.

- Bonne chance, lui cria Julie !

De nouveau seule Julie avait envie de tout plaquer là, d’aller se recoucher en se disant que demain serait un jour meilleur !

Elle en était là de ses réflexions quand un taxi conduit par une femme s’arrêta à la station. Timidement, elle ouvrit la portière, s’assit en se glissant sur le siège arrière, attendant à tout moment un cri ou une remarque désagréable. Tout se passait normalement et ce qu’elle entendit lui fit chaud au cœur :

- Bonjour, madame, alors on va où aujourd’hui ?

- Rue du Faubourg du temple…

- Parfait, j’ai ma fille qui habite par-là, je pourrais ainsi aller lui rendre une petite visite. Car croyez-moi, ce n’est pas un quartier ou je vais de bon cœur, plein d’étrangers, et sales en plus, je me demande d’ailleurs comment elle fait pour vivre là. Il faut dire que son copain est nègre alors elle a l’habitude ! J’y vais d’ailleurs aujourd’hui car il n’est pas là, car vous comprenez bien qu’il n’est pas question que je rencontre ce « métèque » Elles ont des idées les filles maintenant ! Elles ne se rendent pas compte qu’ils sont des fainéants, des « maquereaux » et des proxénètes…Bla… Bla… Bla…..

Julie se demandait si elle ne rêvait pas, toutes ces horreurs débitées en deux minutes comme s’il s’agissait d’une conversation ordinaire, de salon ! Mais le monde est fou se dit-elle, et tout à coup, elle hurla :

- Je descends là !

- Mais nous ne sommes pas arrivées !

- Je m’en fous mais je ne resterai pas une seconde de plus à vous écouter tenir des propos racistes et débiter des conneries !

- Ah ! Encore une qui les défend, on aura tout vu ! C’est avec des gens comme vous que la France est devenue ce qu’elle est !

- MERDE !!!!!!!!!!

Julie s’affala sur un banc, son cœur battait à tout rompre, elle se tenait l’estomac, elle avait physiquement mal. Mais ce n’est pas possible, ils sont vraiment tous aussi cons !!!

Elle laissa passer une dizaine de minutes puis elle se leva et commença à héler des taxis au vol, la main levée. Elle n’eut pas à attendre très longtemps, une voiture se mit le long du trottoir, le chauffeur se pencha et lui demanda : où allez-vous ?

- Et vous ? Lui répondit-elle sottement

- Non, c’est vous qui avez besoin d’un taxi, pas moi, remettez-vous, vous êtes toute pâle, vous êtes malade, vous n’allez pas vomir dans ma voiture, car hier, j’ai pris une dame avec un chien, je n’aurais pas dû, en principe je refuse toujours, mais là je me suis laissé attendrir et voilà pas cinq minutes que nous roulions, j’entends un drôle de bruit derrière et je me retourne et qu’est ce que je vois ? Le chien en train de me dégueulasser ma banquette avec une housse toute neuve ! Vous vous rendez compte et la maîtresse, tranquille, attendait que cela se passe…Bla…Bla…Bla..

- Julie, réveille-toi !

- Julie, réveille-toi, il est six heures trente et tu sais que ce matin, les taxis sont en grève….

Il va falloir que tu te débrouilles à pieds ou en stop pour aller au boulot !

- Julie, je plaisante, lève-toi, je vais t’emmener au boulot, mais dépêche-toi !

D’un bond, elle se leva, et dix minutes après elle fut prête. Ils arrivèrent une demi-heure trop tôt à son bureau mais qu’importe, elle était arrivée !

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes romans
Marguerite ou le pot perdu

Je suis heureuse de vous annoncer la sortie en autoédition de mon huitième roman :

Vous pouvez le trouver sur ma page focus de Lulu.com

http://www.lulu.com/spotlight/marieded

ou me le demander directement par mail: dedmarie@orange.fr

Merci à vous

Marguerite ou le pot perdu

ISBN : 9781326319274

Copyright : Licence de droit d'auteur standard

Éditeur : Marie Chevalier

Publié 21 juin 2015

Prix : 12 euros

4 ème de couverture

Une famille ordinaire, une jolie maison spacieuse dans un petit bourg du Loiret et l’histoire commence.

Nicolas, 30 ans, qui n’arrive pas vraiment à s’assumer et vit encore avec ses parents.

Thierry, patron d’une petite société, un peu volage, souvent en déplacements pour affaires et plus …

Cathy, la mère au foyer, gentille mais qui un jour en a assez de cette vie monotone.

Jean, l’oncle de Thierry, quincailler, qui fut autrefois amoureux de Cathy.

Et bien sûr, Marguerite, la mère de Thierry qui vit avec le couple et dont Cathy prend soin.

Et puis un jour tout cet édifice s’effondre. Personne n’en sortira indemne.

Extrait 1

… Sa belle-mère était par terre, la chemise de nuit bien tirée sur ses mollets et les bras le long du corps. Ses cheveux étaient coiffés et la chambre sentait bon le doux parfum de lavande qu’elle aimait vaporiser après chaque toilette.

— Mamie ?

En l’appelant, Cathy vint s’agenouiller près d’elle et tâta son cou comme elle avait vu faire dans les films à la télévision. Aucun mouvement…et surtout malgré ses efforts pour la relever, Mamie ne bougeait plus du tout et retombait inerte sur le sol….

Extrait 2

… — Mais mon argent est en lieu sûr monsieur l’agent il est dans mes bottes. Les deux policiers sourirent et recommandèrent à la vieille dame d’être prudente et de ne pas enlever ses bottes. En partant ils souriaient encore….

Extrait 3

… Jean s’était approché de lui et calmement avec un sourire forcé lui ordonna de se dévêtir. André protesta mais Jean lui envoya son pied dans le bas- ventre…

Extrait 4 :

… Pendant qu’il lui parlait, il tenait le fusil braqué vers son visage. André pâlissait de peur. Un coup est si vite parti, la preuve pour Johan. S’il ne l’avait pas traité de tous les noms mais surtout de lâche, il n’aurait pas tiré. Les gens n’ont pas conscience des mots qu’ils emploient.

Il prit une toute petite voix et commença son récit. A plusieurs reprises il voulut se lever mais Jean l’en empêchait avec force.

Quand il eut terminé, Jean le mit en joue et tira….

Commentaires de "Marguerite ou le pot perdu"

Marlène Manuel 03/07/2015


Voilà, je viens de terminer "Marguerite ou le pot perdu" de notre amie Marie. Voici
donc mes premières impressions !

C'est Dallas chez les Garoudau !

Il y a, dans ce roman, tout un concentré de la méchanceté humaine : secrets, doutes, trahisons, meurtres… Tout commence par la disparition d'un pot de mort aux rats. Qui pourrait imaginer que, de cet incident, découlerait une telle série de catastrophes ? Entre Jean et Thierry, l'oncle et le neveu amoureux de la même femme, c'est une inimitié sans concessions. Nicolas, le fils de Thierry, se sent plus proche de son oncle que de son père, à tel point qu'on se demande qu'elle est sa vraie filiation.

Et puis, au milieu de ces trois hommes, il y a Cathy, la femme de Thierry, et Marguerite, sa mère. Celle par qui éclatera cette cellule familiale dont les bases sont trop fragiles.

Comme d'habitude sous la plume de Marie, " Marguerite ou le pot perdu " fourmille d'intrigues et de rebondissements en cascades qui s'enchaînent à un rythme très soutenu.

Si certaines de ses histoires laissent parfois entrevoir une lueur d'espoir sur la possibilité de rédemption de la nature humaine, ce n'est pas vraiment le cas de celle-ci, qui reste assez noire jusqu'à son point final. Le seul personnage qui fait exception à la règle est celui de Jean, dont l'abnégation et la bienveillance sont souvent mises à rude épreuve.

Et puis, bien sûr, celui de Marguerite, qui n'est pas le personnage central, mais se promène en filigrane tout au long du roman, dont la fin est à la fois prévisible et tragique.

commentaires de Marie Bascou le 06/07/2015

J'avoue avoir été légèrement déçue car dans ce roman-ci, tes personnages sont bien plus sympa que dans les autres et cela m'a quelque peu perturbée : je me demandais quand ils allaient devenir vraiment salauds (exception faite du patron du bar !) Mais, le problème vient peut-être de moi, tout simplement ???

Et, contrairement aux autres textes que j'ai lus de toi, j'ai deviné la fin alors que d'habitude, je lis tes derniers mots en me disant : "Ben ça alors, j'ai rien vu venir !"

Cela étant, c'est une histoire bien ficelée, pleine de rebondissements ... juste (à mon goût ! ) un poil trop gentillette ; mais tu as également bien le droit d'imaginer des personnages moins "border-line" pour changer !

En résumé, je vous conseille de le lire car, une fois encore 'Tite Marie nous bluffe par son talent !



Corynn thymeur 08/07/2015


Tout d'abord, je me suis régalée ! Ce livre se lit d'une traite tant on a envie de savoir !


Jusqu'à la page 150, j'ai pensé que le caractère de Marie s'était bonifié, tout comme Marie Bascou, mais passé la page 150, donc sur les quarante dernières pages, alors là, j'ai retrouvé notre Marie, sans scrupule ni pitié pour ses personnages, du 100% Marie ! C'est jouissif à lire (rire ! suis-je sadique ?) et à terme, je suis donc d'accord avec Marlène Manuel.


Omnibulée par le pot de mort aux rats perdu, j
e n'ai pas vu venir la fin, contrairement à vous !


Merci, Marie, pour ce très bon moment passé en ta compagnie ! Ce n'est que du Bonheur !

Michu 08/07/2015

AH ! je me doutais bien que la perte de la "Mort aux rats" était essentielle au dénouement de cette histoire.
BRAVO , cette lecture m
'a plu.

Sapho 10/07/2015

Très agréable à lire ton dernier roman MARIE, d'abord parce que tu exprimes les choses telles qu'elles sont, nettes et sans détours; ensuite car au fur et à mesure de la progression nous nous confrontons à des personnages typés mais qui agissent parfois de façon décalée.

Cela déroute ! A chaque page, on se demande : pourquoi? Pourquoi Cathy la douce ne se rebiffe-t-elle pas? Pourquoi Marguerite reste-t-elle avec ses non-dits? La tension entre les personnages monte crescendo et par là, le côté polar de ton récit nous tient en haleine.
Ton écriture est fluide, sans mots inutiles. Ton texte forme une série de tableaux juxtaposés . La fin est surprenante et tout-à-fait inattendue
Merci Marie pour ce livre " noir " qui m'a fait passer un très bon moment et où ton humour en " sourdine " que l'on trouve dans tous tes récits est devenu ta marque d
e fabrique !

Arun 10/07/2015

Sapho a écrit : Ton écriture est fluide, sans mots inutiles. Ton texte forme une série de tableaux juxtaposés.

Concernant ton écriture, voilà tout à fait ce que j'ai pensé.
Sinon, je ne me suis pas posée la question de "pourquoi Marguerite ne se rebiffe-t-elle pas? " mais plutôt je me suis dit que cette Marguerite est plutôt lucide, qu'elle a fait ses choix de fin de vie et qu'elle a gagné. Cela m'a plu, beaucoup plus, j'ai apprécié ce caractère de femme ! Pour ce regard généreux sur la vie, je te remercie une fois encore. Enfin, ce sont ces instants forts, ceux concernant Marguerite qui m'ont le plus marqués ...

La mort aux rats c'est un peu fort mais bon ...

Sinon, la fuite et l'agression de Cathy pouvait être prévisible, enfin j'ai vu en cela la marque de ce que tu ai
mes lire ...

Et te dis encore bravo et merci

Michel 15/07/2015

Marie

je viens de finir ton livre

QUELLE FAMILLE !

j'adore on imagine bien les scènes

on voit bien les personnages

on y est

on n'arrête pas de le lire

la fin est géniale triste mais géniale j
e m'attends pas à ça

super livre

j'en redemande !


t'es vraiment the best

ton fan numèro 1


Michel

Jocelyne Fonlupt 19/07/2015

Moi aussi j'ai été séduite par le personnage de Marguerite, une femme qui a fait des choix et qui s'y tient. J'ai beaucoup aimé les rebondissements de l'intrigue et la cruauté des situations, bien proches du réel finalement. Bref, je l'ai lu avec plaisir, mais pas dans le train du retour de Corrèze, j'étais trop énervée...

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Défi 147 des croqueurs de mots :

“Ohé matelots, matelots naviguent sur les flots”

Les matelots n’ont pas le choix du capitaine

Sont-ils à la fête ? Ou complotent-ils ? Après avoir observé leur manège : Dites-moi, avec le style qui vous convient le mieux, ce que vous en pensez.

Le capitaine

Cinq hommes portant pour tout bagage

Un uniforme de marins

Se sont regroupés près du bastingage

L’un d’eux semble plus disert :

Oh les gars !il ne sera pas dit

Qu’un homme venu de la ville

Un capitaine de pacotille

Un marin de salon

Entrainera les matelots !

C’est bien beau d’avoir du galon

Mais il faut connaitre la mer

Et là il veut nous faire naviguer à vue

Une tempête arrive

Et il ne veut pas céder !

Foutons- le à l’eau

Pour qu’il connaisse

Enfin la mer !

Allez les gars : un! Deux ! Trois !

Et le capitaine tout frais émoulu

Des grandes écoles

Dans l’eau se débattit

Sous les rires et les moqueries

De ses matelots.

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Publié le par Marie Chevalier
A Zoé

A Zoé

Il était une fois
Il y a bien longtemps de cela,
Une petite boule de poils
De toutes les couleurs
Avait fait irruption dans notre vie.
Nous l’avons appelée Zoé
Un grand amour était né.
Il aura duré dix -huit années….
Aujourd’hui elle n’est plus
Cette petite boule de poils
Qui nous dirigeait
Nous menait, nous mettait à ses pieds
Elle dort maintenant
A six pieds sous terre…
Ou alors elle s’est envolée ?
Vers le paradis des chats ?
Qui sait ?

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes nouvelles

ma nouvelle :

Une bouée,
rien qu’une boué
e

a reçu les félicitations du jury dans le cadre du PALMARES du CONCOURS DE NOUVELLES 2015

Organisé par l’Association « Autour des Lettres & des Arts de l’Épine
Et les Éditions Past’Ell
es

je la mets ici:

Une bouée, rien qu’une bouée…

Elle m’avait dit : je te donne ma parole que nous ferons toute notre vie ensemble, je t’aime.

Quand on a vingt ans, et qu’une jolie fille se pend à votre cou en prononçant ces mots, vous voyez des étoiles. Bien sûr vous la serrez dans vos bras en bégayant : moi aussi je te la donne.

Et pourtant nous sommes séparés. Au bout de cinq années de vie commune, d’amour partagé et une complicité extraordinaire.

Un jour elle me demanda si cela me tenterait d’aller en vacances dans une Ile. Pourquoi pas ai-je pensé, il y a maintenant des ponts. Cela parait puéril c’était ma condition pour accepter ce qu’elle me proposait. Elle aimait tellement la mer que je ne pouvais décemment pas refuser. Toute sa famille était de Noirmoutier, ses parents y étaient revenus à leur retraite depuis six mois et elle se languissait d’eux me répétait-elle souvent. Alors pour lui faire plaisir, j’acceptai.

Quand je la regardais, si heureuse, une vraie gamine qui attend le père Noel, je ne regrettais rien. Les deux mois précédant la date de notre départ passèrent très vite. Il n’y avait pas une journée sans qu’elle ne me soule littéralement avec ces vacances et « son » Ile ! Je dois reconnaitre que je ne comprenais pas trop cette euphorie. Cela faisait quatre années que nous partions tous les deux à travers la France et jamais elle ne s’était tant emballée.

Mais tu ne peux pas comprendre mon amour, j’y suis née, j’y avais plein d’amis, ils me manquent et je suis si contente de revoir mes parents ! J’avais quand même l’impression qu’elle en faisait trop, mais elle paraissait si enthousiaste …

Effectivement je me souvenais qu’elle me parlait assez souvent de Noirmoutier, de ses rivages, de ses pommes de terre, de ses balades en bateau, de son passage du Gois, de l’Herbaudière, des marais salants mais bon ! Tout cela ne justifiait pas à ce point autant d’euphorie.

Il faut dire que j’étais né à Paris, rien de transcendant, au cinquième étage sans confort et des parents continuellement absents à cause de leur emploi. Ils étaient tous les deux infirmiers avec des horaires complètement déments et pas vraiment en phase pour l’éducation d’un enfant. Leurs horaires changeaient tout le temps que soit la nuit, le jour, ou moitié nuit moitié jour, les jours fériés etc. je les voyais à peine. C’était notre voisine qui s’occupait bien souvent de mes repas ou de mon petit déjeuner. Ils auraient pu s’arranger, mais ils travaillaient dans le même hôpital, ce qui n’était pas facile.

Alors quand nous nous retrouvions exceptionnellement tous les trois, nous n’avions plus rien à nous dire sinon les questions toutes faites : tu manges bien à la cantine ? Tu as fait tes devoirs ? Et plus tard quand je fus adolescent ce furent d’autres questions : tu sors ? Tu as des copains, tu as une copine ?

Je souriais et ne répondais pas. Quand nous nous sommes mariés ils ne le surent que trois semaines avant.

Ce fut une petite cérémonie toute simple avec nos copains communs. Nous avions trouvé un studio pas trop cher à l’autre bout de Paris et je n’ai plus vu mes parents. Cela ne me gênait pas.

J’avais trouvé un petit boulot dans une grande entreprise à la maintenance informatique et ma femme était coiffeuse.

Ces vacances lui tenaient tant à cœur que je commençais moi aussi à être impatient de partir.

Le mois de Mai arriva enfin et tout était prêt pour notre voyage. Nous voulions éviter les vacances scolaires et ne pas être trop envahis par le monde mais bon , ce sont les vacances ! Nous partîmes à cinq heures du matin afin d’arriver tranquillement à notre location dans un gite, allée des mimosas à Noirmoutier en l’ile, une jolie maison de caractère avec bien sûr, les volets peints en bleu. Très confortable avec une cheminée. Incroyable comme ces maisons sont belles ! Je dois avouer que cela valait tous les logements « vue sur mer » que nous avions repérés sur internet ! Dehors une jolie terrasse sur un gentil jardin, le rêve. Trois semaines de bonheur nous attendaient La plage n’était pas loin, nous pourrons y aller à pieds ou en vélo.

Le lendemain nous avons loué deux vélos.

Clotilde était resplendissante dès le soir même, elle avait pris des couleurs et la fatigue de son année de travail semblait envolée. Nous avions marché, marché encore et encore, à prendre le vent marin dans le visage, respirer l’air pur et surtout parler, parler… elle me racontait son enfance, elle me racontait ses escapades avec ses copines de collège. Elles partaient le mercredi matin très tôt et fonçaient vers la plage des Dames. Pour s’y rendre, deux jeunes gens qu’elles connaissaient bien les embarquaient sur leurs petits voiliers qu’ils louaient aux estivants.

Arrivés à destination sur cette plage immense et couverte de sable fin, ils dormaient, riaient jouaient au ballon ou bien me dit-elle en rougissant : nous flirtions.

Je la trouvais charmante avec cette retenue de jeune fille. Elle m’avait parlé de ses amis Noirmoutrins me disant qu’en fait elle ne les avait jamais revus depuis qu’elle avait quitté l’île.

Le soir nous avons pu diner dehors sur la terrasse et franchement je ne cessais de me répéter que j’avais bien fait de l’écouter. Quel endroit merveilleux que cette île, moi le parisien plutôt campagne, je découvrais le plaisir simple de la béatitude devant un coucher de soleil sur la mer. Nous étions fatigués de notre longue marche mais heureux.

Le lendemain pendant que nous déjeunions sur la terrasse, elle me proposa une petite virée sur la plage des Dames ; elle voulait que je connaisse l’endroit qu’elle qualifiait de magique. Je n’étais pas très fier car je craignais une petite histoire d’amour qu’elle m’aurait cachée et je préférais qu’elle ne me parle pas de « tout ça ». De la jalousie sans aucun doute et pourtant je savais qu’elle n’était qu’à moi, qu’elle m’aimait, mais le bonheur est si fragile !

J’acceptais malgré tout et le lendemain nous y allâmes en voiture en empruntant les avenues Pineau, Victoire puis Clémenceau. Un jeu d’enfants. Nous trouvâmes tout de suite une place de parking car nous avions l’intention d’y passer la journée. Nos glacières remplies de crudités, de cochonnailles et de vin rouge léger réjouissaient les papilles. Ce soir nous passerons par Noirmoutier l’île où nous avions réservé à « la fleur de Sel » un restaurant réputé pour ses fruits de mer.

Il faisait un temps splendide et Clotilde s’étant allongée semblait dormir. Moi je dois reconnaitre que je somnolais également quand soudain ma femme poussa un grand cri ! Elle devait rêver mais je levai d’un bond et me penchai vers elle en la secouant doucement.

— Que se passe-t-il ma chérie ?

— Rien rien un cauchemar sans doute …

— Mais tu as vraiment crié très fort ?

— Bon n’en parlons plus je te dis que c’était un mauvais rêve.

— Raconte si tu veux ça te soulagera.

— Je te dis de ne plus en parler d’accord ?

Le ton employé me sidéra. Jamais elle ne m’avait parlé avec cet agacement.

La matinée passa rapidement sans que nous échangions une parole. Je respectais son silence mais j’étais particulièrement sur les nerfs et quand le soir nous arrivâmes au restaurant je remis ça:

— Tu peux me le dire maintenant à quoi correspondait ton rêve ?

— Oui je vais te raconter mais ensuite je ne suis pas sûre que tu veuilles rester ici.

— Vas-y…

Elle commença à parler d’une voix basse. Il fallait que je force mon attention pour comprendre puis tout devint très clair.


Il y a dix ans, elle venait d’avoir vingt ans et était tombée follement amoureuse d’un noirmoutrin qui habitait Vieil, près de ses parents.

Ils allaient chaque jour avec une petite barque appartenant à son père rejoindre la plage des Dames quand tous les touristes étaient, soit au restaurant soit rentrés chez eux fourbus de leur balade à travers l’île.

Leur amour dura le temps d’un été. Clotilde devait repartir avec ses parents sur Paris et le garçon travaillait comme serveur pour payer ses études justement au restaurant dans lequel nous étions en train de dîner. Ce n’était pas une coïncidence, c’est elle qui avait choisi ce lieu. Elle me l’avoua en même temps que tout le reste.

Un soir juste la veille de partir ils décidèrent de passer la nuit sur la plage.

Comme d’habitude ils vinrent en barque et …..

Un geste trop brusque de Clotilde qui se leva d’un bond à l’arrière de la barque les fit chavirer.

Ils savaient tous les deux nager, mais ils n’avaient pas envisagé qu’ils venaient de dîner et copieusement en plus.

Johan coula à pic.

Clotilde, perdue et effrayée put tant bien que mal regagner la rive, ils n’étaient pas très éloignés de la plage. Ils y étaient presqu’arrivés. Elle ne fit rien pour sauver Johan qui l’appelait, la suppliait de venir l’aider… Trop peur des représailles, elle le laissa se noyer. Elle pleurait en me racontant cela et surtout insistait sur le fait qu’elle ne savait pas quoi faire, la barque était retournée et …

Je la pris dans mes bras, essayant de la calmer et lui affirmant que tout cela n’était pas de sa faute, qu’elle avait eu peur... Enfin toutes les phrases que l’on dit dans ces moment-là.

Nous rentrâmes dans notre location, sans un mot, perdus tous les deux dans nos pensées.

Dans la nuit, j’entendis vaguement du bruit dans la cour. Je pensai que c’était un animal et je me rendormis.

On frappa fort à la porte vers six heures du matin, il faisait à peine jour. J’ouvris en me grattant la tête et je vis deux gaillards de mon âge à peu près tenant ma Clotilde, ruisselante.

Cette femme est la vôtre ? On l’a trouvée morte cette nuit sur la plage des Dames. La mer l’a sûrement ramenée avec la marée. Elle avait ça pourtant près d’elle… une bouée… On ne comprend pas pourquoi elle l’a emportée et surtout pourquoi elle ne l’a pas mise…

Je ne savais plus quoi faire ni dire. Tout se déroulait si vite !

Quand je vis sur la table de chevet une enveloppe à mon nom.

Je l’ouvris en tremblant.

Jeannot, tu n’aurais jamais dû insister pour que je te raconte mon cauchemar. C’était Johan qui m’appelait et tu sais ce qu’il me disait ? N’oublie pas la bouée cette fois, que l’on ne fasse pas naufrage deux fois …

Je ne suis jamais revenu dans l’île. Ses parents l’ont enterrée au cimetière du village et moi je suis rentré chez moi, seul….

FIN

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Publié le par Marie Chevalier

une petite nouvelle :

L’HISTOIRE DE « OUI OUI CHEF ! »

- Debout il est cinq heures ! Hurle une petite voix pointue.
- Déjà… murmurent plusieurs pensionnaires
- Eh ! Oui le travail n’attend pas, vous le savez bien !
- Oh ! Zut ! marmonne quelqu’un
- Des protestations, des mécontents ? Des réclamations ? Qui a dit : Oh ! Zut ?

Un silence se fit dans ce grand dortoir de 250 lits.
- Bon je passe pour cette fois, mais vous savez que c’est inutile de vous taire, je connais le coupable.

Les 250 hommes se levèrent en même temps, debout près de leur lit, ils tendirent les deux bras vers le ciel et un cri résonna : NOUS SOMMES VIVANTS YEHHH !

Puis, la même agitation de tous les matins depuis des années anima tout ce petit monde. Ils appuyèrent tous d’un seul geste, sur un bouton à la tête de leur lit en plastique orange et une lumière blanche éclaira tout le dortoir.
Un second bouton fit disparaître les lits dans les murs et 250 sièges également orange et en plastique descendirent lentement du plafond, soudés à une petite tablette de quarante centimètres de côté.
Tout le monde s’assit mais une place resta libre : Tiens Yves ne sera plus jamais là. C’est tout c’est ainsi que les choses se passent dans ce dortoir.
- Taisez-vous ! Hurle la voie pointue.
Une dizaine de plateaux sur roulettes sortirent d’une ouverture camouflée au fond de la salle et s’arrêtèrent à chaque petite table, déposant une pilule rose et une pilule bleue, grosses comme des doigts.

Sitôt sur la table, elles étaient englouties par les hommes qui d’un bond se levaient en mâchant encore et se dirigeaient, courant presque, vers une autre salle noyée par des trombes d’eau tombant du plafond : il s’agissait de la salle de bains.
Un bras mécanique tendait les serviettes chauffées et un autre une grande chemise orange immaculée et à la taille de chacun.

Quand ils sortaient de cette salle, des babouches étaient glissées sur des rails et là encore, il fallait aller très vite pour les enfiler sous peine de se retrouver pieds-nus toute la journée en plus d’avoir un blâme.
Enfin, une grande porte coulissait sur une salle de travail : 250 ordinateurs étaient connectés, prêts à l’emploi.
Personne ne parlait plus, chacun savait où il devait s’asseoir et la journée commençait.

Ces hommes avaient tous au moins 65 ans et travaillaient dans cette entreprise depuis plus de 45 ans au mieux, et 75 ans au pire. Le vétéran, Jules, fêtait d’ailleurs ses 95 ans aujourd’hui. Cette entreprise financière, il y était entré à 20 ans c’est dire s’il la connaissait bien, il avait vu arriver les premiers ordinateurs dans les années 60 qu’il fallait refroidir avec des tuyaux pour leur maintenir une température de 18 degrés.
Il était heureux, il s’était marié à 25 ans, tout fier de pouvoir offrir un logement décent à la jeune femme qu’il venait d’épouser.
Quarante cinq ans après avoir tout donné : sa force de travail, son temps, sa jeunesse, il voyait enfin le bout du tunnel : 65 ans ! il allait enfin pouvoir se reposer. Il l’avait eu « saumâtre » quand dans les années 2000, l’âge de la retraite avait été repoussé à 65 ans au lieu de 60 … Mais il s’y était fait.

Jules avait bon caractère et l’échine souple : jamais un mot plus haut que l’autre, jamais une revendication. Jules tout va bien ? Oui Oui chef ! D’ailleurs, pendant des années, il avait été surnommé « Oui oui chef ! » Ca le faisait rire et les autres l’appelaient ainsi sans méchanceté.

Quand en 2007, il y eut un nouveau président, Jules se dit : Ah ! enfin un homme qui va nous sortir de là… et ne pas nous faire trimer jusqu’à « perpète ».
Hélas, la vie passe vite, compte tenu du marasme dans lequel se retrouvait le monde, une nouvelle loi fut votée repoussant l’âge de la retraite à 70 ans…
Là encore, Jules ne dit toujours rien : il devait y avoir une raison, cet homme ne faisait pas cela pour nous embêter mais pour sauver l’hexagone.
Et puis sa femme mourut, emportée par cette saleté de cancer qui, malgré les recherches, n’arrivait toujours pas à être éradiqué.

Alors ? Etre à l’entreprise ou chez lui, seul à se morfondre… il ne se posa même plus la question quand le président annonça en 2020 qu’il se retirait de la scène politique et laissait le pays en de bonnes mains : un ordinateur géant, super programmé, et infaillible. Il précisa que cette chose pouvait TOUT faire et savait TOUT.

Jules avait 89 ans.
Depuis quinze ans, tout avait effectivement évolué. Chacun travaillait jusqu’à sa mort. C’était écrit dans tous les contrats de travail.

Une organisation avait été instaurée. A partir de 65 ans, les employés et ouvriers avaient le droit de rester sur leur lieu de travail pour éviter la fatigue des transports, il faut dire que certains demeuraient à plus de cinq cents kilomètres.
C’est ainsi que se construisirent des salles extraordinairement équipées, et c’est ainsi aussi, que dans cette entreprise financière, où Jules travaillait depuis 75 ans, son anniversaire eut lieu. 95 ans ! Incroyable ! Hurlaient les collègues, comme nous aimerions aller jusque là !

Plusieurs murmures d’approbation se firent entendre parmi l’assemblée réunie autour du cadeau de Jules.

L’entreprise avait bien fait les choses. Elle lui offrait ce dont il rêvait depuis au moins trente ans : un crayon à papier avec une vraie mine et une gomme au bout ! Il pleura de joie. Jamais il n’aurait pensé que ce cadeau lui serait offert, il en rêvait tellement.
Il bafouilla d’émotion en remerciant son patron, en levant les yeux au ciel …
La petite voix pointue lui demanda :

- Alors ? Heureux Jules encore des années parmi nous ?
- Oh Oui oui chef !! Oh oui oui chef !

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Très chers patients, notre amie Enriqueta a l’honneur de nous inviter

A l’hôpital des Croqueurs où nous serons tous malades le Lundi 20 Avril :

Elle voudrait qu’on lui raconte une histoire de malade

Ou de médecin ou de pharmacien ou d’hôpital ou de médicament… ou un mélange.

UN TOUT PETIT RIEN

La maladie me fait si peur

Elle tue le bonheur

Quand elle nous tombe dessus.

Pourquoi moi je me le demande ?

J’attends.

Les bruits de machines les voix étouffées,

Et moi.

La vie, la mort autour de moi

Faites qu’elle ne s’arrête pas

Qu’elle m’épargne !

Qui n’a pas vécu cette angoisse,

Cette attente,

Ce grand moment de solitude,

Qui nous prépare à une chose

Que nous ne connaissons pas.

Dont nous n’avons même aucune idée,

Ne pourra comprendre ces quelques mots

Griffonnés à la hâte pour tromper

La peur envahissante au fur et à mesure

Que les minutes s’égrènent !

Les mains moites, les aisselles humides

Nous attendons fragiles et vulnérables

Assis sur le bord des fesses

Le corps en détresse.

Une voix m’a dit : attendez quelques instants

Nous viendrons vous donner les résultats

Allez vous installer dans la salle d’attente.

Ca fait des minutes que j’attends,

Presque une heure que je suis là,

Diminuée, tremblante.

Je n’ose regarder autour de moi

Des malades perfusés, des lits médicalisés

Je suis vraiment dans un couloir d’hôpital.

Et cette télévision haut perchée

Qui diffuse un feuilleton insipide

Que personne n’écoute ni ne regarde.

Trop haute pour ceux qui sont assis

Et inutile pour les alités.

Mon dieu, je ne crois pas en toi !

Mais fais que vite sur mon sort

Je sois fixée

Surtout que l’on ne vienne pas me dire

D’une voix musicale : un tout petit rien

Madame, ce n’est qu’un tout petit rien.

Pourvu que cette phrase reste derrière

Ces portes blindées ! et que souriante

Une dame en blanc me murmure :

Tout va bien madame.

En attendant, personne ne vient

Et j’ai peur !

Un homme tousse, une femme se mouche

Une autre toute pâle essaie de retrouver son souffle,

Essaie simplement de survivre

Encore un peu, couverte de tuyaux,

de perfusion et le souffle court.

J’écris, je tremble, le buste raide

Je frissonne de froid ? Non,

Je pue l’angoisse et la peur, je le sens

Cette attente est inhumaine.

Une heure est passée, je suis toujours là

Un autre malade est arrivé dans le couloir

Il traîne sa bouteille d’oxygène, il est livide,

Il marche avec une canne.

Peut-être bientôt ferai-je partie de ceux-là ?

Je rejoindrai peut-être cette horde de malades en partance

Désabusés mais pleins d’espoir …

D’un peu de vie….

Madame D ? Voilà vos résultats

Nous vous conseillons d’aller voir votre médecin

Devant la terreur que doit refléter mon visage

La dame en blanc ajoute :

Oh ! ce n’est pas grave, un petit rien

Un tout petit rien, mais il vous expliquera

Bonne journée madame !

Comment puis-je passer une bonne journée ?

Il va me falloir attendre encore ?

Je vais lire les résultats puisque je les ai là…

Dans une grande enveloppe bleu ciel

Je lis en marchant vers la voiture

Je ne comprends pas un mot !

Pourtant c’est de moi qu’il est question ?

De mon corps ? Je baisse les bras,

Je souris vaillamment à celui qui m’accompagne :

On m’a dit qu’il n’y avait qu’un tout petit rien.

Nous attendrons de savoir ce qu’est, ce petit rien…

Sûrement rien

Sinon ils me l’auraient dit hein ?

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes poèmes

Le cauchemar de mon chien

Le ciel s’obscurcissait et je me sentais mal

Mon chien à mes pieds respirait fort

Nous n’étions pas bien, ni lui ni moi

Pourquoi cette frayeur qui lui faisait frémir l’échine

Et à moi, me déchirait le cœur ?

Que craignions-nous là tous les deux

Sur la terrasse de notre petite maison ?

Un bruit soudain le fit se lever en gémissant

Et la queue entre les pattes

Il se faufila vers la porte de la cuisine

Arthur ! Reviens ici tout de suite !

J’avais beau crier, il ne venait pas

Il n’avait jamais obéi, agaçant à la fin !

Je rentrai dans la maison prête

A le sermonner quand je le trouvai

Couché sur le flanc et cherchant l’air à respirer.

Devant lui se tenait une chose étrange

En me voyant, elle parla sans se retourner :

J’emmène votre chien chez moi

Nous avons toutes les races mais

Nous en voulons plus encore

Nous voulons que notre planète

Soit gouvernée par des chiens

Vous comprenez ?

Non !!! Laissez mon chien tranquille !

Et là, je reçus une gifle

Qui m’envoya à l’autre bout de la pièce

Je tombai, à moitié évanouie

Et j’entendis comme un bruit de voiture

Très loin très loin… Des portières

Puis des voix..

Venez c’est par là venez vite !

Elle a tué son chien

Elle est folle à lier ça fait des mois

Que l’on porte plainte

Mais tout le monde s’en fiche !

Et à ce moment -là je me levai hagarde…

Mon chien était vautré, endormi

Sous la table de jardin

Quand je le sifflais il se leva d’un bond

Et vint vers moi me raconter

Son cauchemar.

Il avait rêvé qu’une chose bizarre

Voulait l’emmener ?

C’est dingue non ?

MC 020415

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Défi n° 42 :

Le portrait de mon maître ou de ma maîtresse

"On dit souvent des animaux de compagnie

qu'il ne leur manque que la parole...

Pour ce défi, laissons-les s'exprimer et dépeindre leur quotidien,

en dressant le portrait de leur maître ou maîtresse adoré(e)

(Ne mettez surtout pas de côté vos petits travers )"

Ils sont gentils

Il est adorable, si je vous assure

Mais alors quelle mère poule !

Je ne peux faire deux pas dans le jardin

Sans qu’il ouvre la porte et me regarde

Aussitôt je me sens épiée et forcément

En colère je rentre.

Il s’excuse presque le bougre !

Pourquoi rentres-tu ?

Je voulais seulement savoir où tu étais ?

Je peste et monte à toute allure

Me réfugier au premier étage

Je boude, je me love sur son lit

Et j’attends l’heure du repas.

Il m’appelle, une fois, deux fois,

annxieux, sa voix est pleine d’inquiétude.

Isis ne répond pas ?dit-il à Elle,

Troublé et perturbé !

Alors Elle monte voir où je suis

Et là je m’étire langoureusement

Me frotte contre ses jambes

Et sa main me caresse

Je les aime tous les deux.

Mais qu’est-ce qu’ils peuvent être agaçants

A me surveiller tout le temps !

Je n’ai plus aucune liberté

Alors je dors et m’empâte….

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Publié le par Marie Chevalier

COMME ILS S’AIMAIENT !

Elle le regardait amoureusement
Comme si elle le découvrait
Chaque matin à son réveil
Elle venait lui parler.
Oui bien sûr, personne ne la comprenait
Mais qu’importe lui si.
Ils se caressaient mutuellement
Lui de ses deux mains sur sa croupe
Et elle de sa langue si douce,
Lui léchait les mains.
Quand enfin il décidait de se lever,
Elle gémissait de plaisir,
Et quand, habillé et rasé de frais
Il claquait des doigts,
Elle ne se sentait plus de joie.
Ils s’aimaient tant !
Qui aimait le plus fort ?
Nul ne pouvait le dire.
Mais de les voir si heureux
Nous émouvait et nous faisait sourire.
Nous pensions, ils n’ont pas besoin
De mots de langage,
Ils ont celui du cœur.
Viens ma belle, amène ta laisse
Nous allons nous promener !
Et la chienne bondissante
Lui sautait dans les jambes
En jappant toute à son bonheur.
Fin

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