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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #recueil de nouvelles

 

 

j'ai voulu mettre dans ce recueil ce que j'avais écrit dans l'année 2018 aussi bien des nouvelles, que des poèmes et des textes  à thème faits en commun.  

 

une nouvelle dans ce recueil :  FAUTE

J’étais cachée derrière un énorme buisson de bruyère, la culotte baissée et je faisais pipi. Oui je sais, à mon âge j’aurais pu attendre patienter un peu mais il se trouve que le curé nous attendait pour une répétition de notre chorale. En effet, demain samedi, se mariait la fille du notaire avec le fils du boucher. Mésalliance, chuchotaient les uns, simplement de l’amour affirmaient les autres. Il n’empêche qu’ils convolaient demain à quinze heures et que je devais impérativement me dépêcher.

Je remontai mon slip vite fait car je venais d’entendre des pas sur l’allée gravillonnée.

Je ne savais vraiment plus quelle attitude adopter. Je restai donc accroupie pensant qu’ils ne feraient que passer mais à cet instant, éberluée, je vis la petite future mariée et le curé s’arrêter et s’embrasser. Non pas comme frère et sœur mais comme papa et maman parfois. Quelle histoire! Que devais –je faire ? Me faire voir pour qu’ils arrêtent ? Trop risqué. Ils se demanderaient ce que je faisais derrière ce buisson et je passerais pour une vicieuse. Je pris donc le parti d’attendre qu’ils s’éloignent. Mais pas du tout ! Il la serrait contre lui et doucement ils s’allongèrent sur l’herbe à dix mètres de moi. Et là… vous ne me croirez pas, il commença à la caresser et à la déshabiller, et elle ne disait rien, pas un mot !

Je n’avais que dix ans. Comment pouvoir expliquer cela à mes parents ? Ils me disputeraient parce que je n’avais pas à faire pipi derrière l’église.

Tout à coup la jeune fille hurla : Non, non ! C’est impossible, on ne doit pas Bertrand, je me marie demain, arrête je t’en supplie !

Et puis plus rien. Même pas un murmure ou des bruits de buisson que l’on bouscule, rien !

J’attendis quelques instants et je me décidai à me lever et j’approchai sans faire de bruit ; et là l’horreur : la petite notaire était nue, les yeux clos et couverte de sang.

Le prêtre, prostré, la tête entre les genoux sanglotait : je ne voulais pas, je ne voulais pas, mais elle allait hurler, alors j’ai pris une pierre qui se trouvait à portée de main et j’ai frappé. Je n’ai pas le droit de l’aimer mais maintenant elle n’aimera plus personne, marmonnait-il entre deux hoquets.

C’est ainsi que le fils du boucher resta célibataire et m’épousa le jour de mes dix-huit ans. Belle preuve d’amour non ?

Le curé ? Envolé. Nous ne l’avons jamais revu. La jeune fille fut incinérée à la ville, personne du village n’y assista : vous imaginez ? Débaucher un curé mais cela méritait l’enfer… !

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

“Qui suis-je ?”

Écrivez une phrase qui parle de vous, sans vous décrire, mais à travers laquelle, ceux qui vous connaissent, à coup sûr vous reconnaîtront, (pas de nom, pas d’âge, pas de lieu d’habitation…)

 En principe on dit que je ne suis  pas une femme mais une camarade et cela me fait doublement plaisir car effectivement toute ma vie  j’ai milité pour que le monde change et c’est d’ailleurs pour cela que  j’écris sur tout ce que j’ai connu dans mon existence.

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Voici la consigne :

Nous allons écrire une lettre pour demander un emploi (sorte de lettre de motivation)  Mais il faudra convaincre le futur employeur. Dans cette lettre, il faudra  “incorporer” des titres de chansons. Elle a choisi Aznavour (Si on déteste on peut choisir des titres d’un chanteur qui nous convient )  Voici les titres (à utiliser dans n’importe quel ordre):

– Il faut savoir ; la bohème ; non, je n’ai rien oublié ;hier encore ; les plaisirs démodés ; je m’voyais déjà ; comme ils disent; tu t’laisses aller; viens pleurer au creux de mon épaule ; la mamma.

 

Monsieur le coordinateur des activités culturelles du 14ème arrondissement de Paris

 

Je viens solliciter de votre haute bienveillance un emploi à mi-temps dans  votre association théâtrale.

Tout d’abord il faut savoir qu’hier encore je faisais partie d’une troupe itinérante qui parcourait toutes les routes de France. J’aimais beaucoup cette vie quand  la bohème était au rendez-vous, et  mes camarades et moi étions les  plus heureux du monde à cette époque-là.

Et puis je ne chantais pas  mal, j’aimais beaucoup me faire remarquer dans les  petites  fêtes d’anniversaire, de  mariage et aussi dans les  maisons de retraite. Dans ces dernières on me demandait souvent d’interpréter des succès de Charles Aznavour, alors je me faisais une joie de leur chanter « les plaisirs démodés » ou encore  « non, je n’ai rien oublié » enfin j’étais heureux de leur apporter ces  petits bonheurs.

Et quand  ces  personnes  après avoir dansé  venaient  me  féliciter et me remercier, je m’voyais déjà au sommet de mon art.

Mes copains me jalousaient un peu. Il est vrai que je  me  la  « pète » un peu comme ils disent.

Et puis soudain tout s’effondra. Je perdis ma mère. « La mamma » comme j’aimais  l’appeler avec tendresse. Je l’adorais et rien que pour qu’elle me  prenne dans ses  bras et me dise : viens  mon Jeannot, raconte –moi ton chagrin, viens pleurer au creux de mon épaule. Rien que pour entendre ces  mots  j’aurais pu me faire mal volontairement !

Je ne sais pas ce que je donnerais aujourd’hui pour l’entendre me houspiller quand  je faisais  la grasse matinée. Elle  me secouait et me disait : allez, remue-toi, fonce  tu t’laisses aller, ce n’est pas bon pour le moral.

Mais je vous raconte tout cela, et en même temps je me dis que vous avez d’autres chats  à fouetter. Je ne suis  qu’un jeune homme  parmi les autres, qui pleurniche et qui ne sais faire qu’une chose : amuser la foule, un clown en quelque sorte. C’est pour cela que  viens vous demander de bien vouloir me confier une  partie des spectacles organisés par votre association. 

J’ai besoin de vivre et de me loger.

Je compte sur votre bienveillance  en faveur  du pauvre bougre que je suis et qui se prend  pour un artiste.

Je vous  prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Signé :

Jeannot (c’est mon nom de scène)

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Voici maintenant sans tarder la récolte de vos mots :

clé pantalon lumière – famille croqueur feu opium – lait

paysage – chaussetteétoileconcocter – croire casquette

crotte –– pumpernickel

 

Cher Père Noël

Il y a longtemps que je n’avais pas pris contact avec toi mais je me suis souvenue d’un soir de décembre, il y a deux ans.  J’étais encore une enfant  je n’avais que cinq ans. Malgré le temps pluvieux nous t’attendions avec  impatience et tellement de bonheur !

Jean-Philippe, mon grand frère m’avait dit la veille que le   père Noël n’existait pas, que ce n’était qu’une fête de famille et que tout le monde nous  prenait pour des « billes » et  nous faisaient croire en lui. Ca les arrangeait bien car  ainsi, s’ils ne trouvaient  pas ce que nous avions commandé, ils se retranchaient derrière  lui.  Mais  mon frère critique toujours tout. Il n’empêche que  même lui avait mis sa chaussette  près de la cheminée chez  Mamie. C’était là encore une tradition, Papy Roger  faisait  du feu dans la cheminée une seule fois dans  l’année et c’était  pour cette occasion.  Ainsi le  père Noël pouvait se fier à la fumée car  les étoiles  n’éclairaient pas suffisamment. Nous étions en hiver  et souvent  il pleuvait des cordes alors  les étoiles  ben…  on n’en voyait  pas une et la  seule lumière provenait du sapin qui scintillait dans la pièce.

Je gardais quand  même  l’espoir que  même s’il avait raison, je voyais bien mes  parents  parler à voix  basse et je suis sûre qu’ils étaient en train de concocter  la liste des cadeaux avec le  père Noël, le pauvre il ne  pouvait pas savoir ce qui nous ferait plaisir, il fallait  l’aider.

Jean-Philippe avait commandé une casquette à carreaux genre gavroche et un pantalon très large avec des bretelles.

Moi, modestement je voulais depuis  longtemps  un tableau représentant un paysage de neige, des montagnes, des grands  sapins  enfin un autre décor que notre  plat pays du nord de la France.

Mamie, de son côté  préparait un pumpernickel comme toujours. Personne n’aimait vraiment  ça  mais  on faisait semblant de s’extasier. Elle semblait tellement heureuse, nous disant que  ce pain se  mangeait en famille et  à Noel, il faisait  parfaitement  l’affaire avec les  huitres. Moi je m’en fichais  je n’aimais ni ce pain ni les huitres. On me donnait un petit  bout de saumon fumé  humm !! je me régalais.

Dans notre chaussette, on trouvait aussi un petit paquet de crottes en chocolat.  C’était un mélange de chocolat noir  et au lait.  Je préférais celles au lait et ça tombait bien, car Jean-Philippe se ruait sur  celles au chocolat noir.

Le meilleur moment de cette soirée  revenait toujours  au doux rire de Mamie quand elle faisait semblant de  découvrir  son cadeau :

 Oh ! Mes enfants comme  vous  m’avez gâtée, il ne fallait pas, mon parfum préféré  OPIUM de  Yves Saint Laurent !

Et puis bien sûr  notre « croqueur de croquettes »  comme nous  l’appelions tous  était de la fête.  Notre chat  Mitzou venait régulièrement chercher son petit bout de gigot en se  mettant  à nos pieds et le regard implorant. 

Quelle jolie histoire que ces réunions où nous étions  heureux. Nous avions trouvé  la clé du bonheur : être tous ensemble  réunis et  mangeant et riant en ce merveilleux soir de  Noël.

Maintenant, c’est un peu différent. Nos  parents se sont séparés  dans l’année et on ne sait plus trop aujourd’hui chez  qui nous allons aller fêter Noël, mais nous serons ensemble Jean-Philippe et moi c’est déjà super….

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Défi 213 Croqueurs de mots

Novembre a ses charmes

Novembre a ses larmes

Son décor fait rêver

Son refrain fait pleurer

 Vous le complétez ou vous l’introduisez dans un texte comme cela vous convient.

Questionnement sur le mois de Novembre

Certains disent et y croient :

Novembre a ses charmes

Je n’ai jamais trouvé de charme à ce mois triste à pleurer. C’est le mois  des bruines, du brouillard, des  petites  pluies  parfois du gel  et  surtout c’est le mois des défunts, c’est  le mois des visites au cimetière. Il faut bien rendre visite  à nos  morts  n’est-ce pas ! C’est le mois qui enterre l’automne.

Novembre a ses larmes,

Que ce soit devant  les tombes des  personnes que nous avons aimées, que ce soit dans les rues des villes, tout est gris et triste et souvent à cette période, on commence  à parler des sans-abris et beaucoup y vont de  leur  larmes à défaut de leur porte-monnaie. On ne peut  pleurer sur toutes les misères du monde n’est-ce pas ?

Son décor fait rêver

Malgrè tout car c’est  le mois des préparatifs  de noëls fastueux, des  promotions, des  repas  disproportionnés qui laisseront un gout amer les lendemains, mais auxquels il va falloir penser si l’on veut trouver ce que l’on cherche de  meilleur…, des décorations  flamboyantes dans les arbres, des  petites lampes qui scintillent, des sapins décorés. 

Son refrain fait pleurer

Si j’ai de l’eau dans les yeux, c’est qu’il me pleut sur le visage sont  les paroles d’une  magnifique chanson « balade en novembre »

En novembre, bien souvent on fait le point sur l’année écoulée et c’est  un mélange de joie et de souffrance qui se dégage de ces réflexions et ces retours sur soi. Mais on l’aime bien car c’est aussi le mois des jolies couleurs des feuilles jonchant les  pelouses, c’est  le mois des  feux dans la cheminée, c’est le  mois de  la sortie avec bonheur des couettes que l’on avait bien rangées.

C’est le mois qui  va être très long  pour  les  gens qui n’ont rien et qui ont froid,  mais qui va être court pour tous ceux qui « doivent »  préparer  les « fêtes de fin d’année »

Novembre ne laisse personne indifférent.

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

Défi  212 Croqueurs de mots

Le Street Art, ou Art de la rue  Le défi va consister à écrire une petite histoire en y incluant au moins l’une des propositions suivantes :

  • un regard bizarre,
  • les murs ont de grandes oreilles,
  • la chance me sourit.

 

Sur les murs de  Paris

 

Je me retrouvai dans une rue déserte de Paris et  l’envie  me prit de  m’asseoir à une terrasse  de café que je voyais au loin.  Je  me dirigeai donc  vers  le boulevard  quand  je levai la tête  pour voir un hélicoptère qui  tournait sur la capitale comme cela arrivait  souvent.

Mes yeux furent attirés par un pan de mur  recouvert d’une énorme fresque représentant un repas de famille. L’immeuble devait faire six étages comme beaucoup, et cette  peinture grimpait jusqu’au toit.  Magnifique talent  en plus.  Les couleurs étaient superbes et  les  personnages très bien représentés.  Je trouvais que la femme était extrêmement jolie et surtout avait un regard  bizarre qui semblait  nous suivre, nous les  petites fourmis sur le trottoir.  Si j’avais entendu : venez donc vous asseoir  près de nous et  manger un morceau, je n’aurais  même  pas été étonné. Je me surpris  même  à vouloir leur dire un mot mais me suis rappelé ce que  ma grand-mère disait toujours : parle doucement, ne crie  pas dans la rue car  les murs ont des grandes  oreilles !

Cette  phrase  me poursuivait depuis mon enfance et  personne ne  m’a  jamais entendu parler à voix haute en dehors de chez moi.

Mais aujourd’hui est un autre  jour.  Devant cette  magnifique œuvre  je  me  dis que  c’était un très bon jour.  J’étais heureux de  me rendre compte enfin que les murs pouvaient revivre et nous faire rêver grâce à tous ces artistes. Et  je pensais également que c’était un hasard  si j’étais  passé par cette rue.  Peut-être que tout simplement la chance  me sourit, et  demain j’irai ailleurs  pour chercher encore de la beauté dans cette  ville sans  âme.

 — Bonjour Monsieur, je vous sers quoi ? 

— Rien pour l’instant, j’attends des amis, en lui montrant  la famille  sur  le mur.

— On fait comme ça, répondit le serveur en faisant signe à son collègue que je devais  être  à moitié fou.

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Vous avez reçu une invitation à un vernissage, avec un(e) ami(e) ….

Ravie ou outrée vous partagez vos impressions devant les premières œuvres exposées … et mieux si vous insérez 2 expressions contenant le nom d’un animal

 

La peinture et moi

 

J’attendais  à la sortie du métro Hôtel de Ville, dans le froid,  Jodie qui devait me retrouver  pour aller  voir un vernissage auquel  Marylou, une amie commune,   participait. 

C’était la  première fois que je venais dans ce genre d’endroit  car  je ne comprends rien à la  peinture;  je peux  simplement  m’exclamer : c’est beau… c’est  pas mal…  je n’aime  pas trop…  mais vraiment sans connaissance aucune de cet art que beaucoup admirent.

Quand Jodie arriva, elle m’embrassa et me dit :

— J’ai une mauvaise nouvelle, en fait  Marylou ne viendra pas, elle est grippée et  certainement  la peur au ventre,  elle ne se sentait de toute façon pas d’attaque  à venir écouter  les réflexions sur sa peinture.

— Alors  là, pas cool, elle aurait pu nous téléphoner avant. 

— Jusqu’au dernier moment elle a cru qu’elle  pourrait faire face.

J’étais furieuse car  je gâchais mon après-midi.  Jodie voulait absolument  entrer dans cette galerie et  forcément  je l’ai suivie. 

Et  là je dois avouer que  une fois  la colère  passée  je circulais parmi des gens qui eux, savaient du moins donnaient  l’impression de savoir, ce que représentaient tous ces tableaux  petits, moyens  et grands  pendus  aux  mur.

Je remarquai plus  particulièrement plusieurs tableaux du même auteur. Original disaient certains, magnifique,  disaient d’autres et  tout à coup une voix s’éleva, c’était Marylou :

— Juste bon pour tapisser mon séjour. 

Tout le monde s’arrêta et la regarda outrés. Comment  pouvait-elle  porter un jugement si intense sur des œuvres d’autres artistes ? 

— Bon ne paniquez  pas ces toiles sont de moi.  J’ai le droit de  ne pas les  aimer  non ? 

Cela ne se  passa  pas  comme  ça.  Les visiteurs furieux ont commencé  à l’invectiver, du genre  ce n’est pas  parce que  vous  êtes nulle en peinture qu’il faut  nous  prendre  pour des  imbéciles. Si c’est si mauvais  pourquoi continuez-vous  à faire ces horreurs,  etc...etc….

Marylou ne répondait  pas mais discrètement nous entrainait au fond  de  la galerie.  L’ambiance était un peu calmée et  nous regardions enfin plus sereinement  ce qui nous était  offert  à nos yeux de candides. 

J’en remarquai un particulièrement  réussi, à mon gout ;  il s’agissait d’un chat noir  assis et une  patte levée  prêt à se  la  passer  par-dessus  l’oreille.  On aurait cru qu’il allait  sortir du tableau et venir  se frotter contre  nos jambes tellement il semblait vrai.

Derrière nous  les visiteurs s’agglutinaient et étaient eux aussi scotchés devant cette  toile magnifique.

Quelqu’un demanda qui avait pu faire ce chef-d’œuvre et Marylou se tournant vers eux, leur  dit : c’est moi.

Ils restèrent sans voix et elle enchaina : eh oui, je peux  être capable du pire et du meilleur. C’est cela aussi être artiste.

Tout le monde se tut et  nous sortîmes  toutes les trois en riant. 

— Bon les filles  je vous  offre un verre ?  J’ai vendu  mon chat !

— Non !  A qui ? 

—A  la dame qui a été la  plus violente dans ses  paroles  quand  j’ai parlé de  papier peint, donc  j’en déduis que cette  acheteuse aime  la peinture et ne  veut pas qu’on la dénigre.  C’est tout  bon pour les artistes des gens comme  ça, il y a tellement de détracteurs !

— A la vôtre les filles !

— Marylou, c’est ton chat qui est sous la table ? 

— Oh  le vilain, il a sauté de son cadre ! 

Jodie, effarée  nous regarda et annonça qu’elle  n’irait plus  jamais  à un vernissage où alors  quand il n’y aura que  des natures mortes….

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Pour le défi  210 du lundi 22 octobre, inspirez vous de la photo

pour écrire un texte en vers ou en prose

 

 

 

 

Profiter d’un imprévu

 

Il était huit heures du soir un 10 juin quand je me retrouvai coincée devant le  passage du Gois ; j’étais allée faire des courses  et  le temps passant, j’avais complètement occulté que  j’allais arriver trop tard pour rentrer à Beauvoir. En plus  la roue arrière de mon vélo était voilée, et j’avais roulé tant bien que mal. C’était une journée poisse. Cela arrivait parfois et  franchement depuis quelque temps c’était souvent.

Ma fille venait de quitter la  maison en claquant la  porte, elle en avait assez d’être considérée comme un bébé alors qu’elle venait d’avoir  dix-huit ans, mais que faire d’autre que  de la remettre dans le droit chemin alors qu’elle s’égarait en fréquentant des  petits voyous de touristes qui se servaient d’elle pour  leur payer leurs boissons.

Bref  j’en avais assez de cette vie de  routine. Tous les jours  je partais travailler chez une vielle dame, une  parisienne qui habitait l’ïle.  Mais justement, elle me tenait la  jambe jusqu’à pas d’heure et ce soir encore  je n’ai pas eu le courage de la faire taire quand elle m’a raconté ses histoires de famille. Conclusion me voilà comme une idiote sur mon vélo, un pied  à terre, espérant quoi on se le demande ! Sûrement pas que  la  mer s ‘ouvre pour me laisser passer !

Je refaisais le chemin à l’envers et me revoyait  il y a  une vingtaine d’année, enceinte de  quelques mois riant en pédalant comme une  forcenée avec mon futur  mari. On riait  on luttait contre les éléments disions-nous et  on était tellement heureux quand on touchait  le « continent. »

Aujourd’hui, mon mari s’est envolé avec une autre femme plus  jeune et je suis seule à élever cette gamine. Ce soir je ne sais ce que je vais faire.  Coincée pour des heures, attendant  la marée  basse ou carrément aller  me prendre une chambre d’hôtel sans  prévenir  personne, rien que  pour  me sentir  libre ? Ce  plan me plait bien.

— Maman, j’étais sûre que tu allais encore te faire piéger, je t’ai cherchée  partout et la bonne femme chez qui tu travailles  m’a dit que tu venais de  partir.

— Et toi  que fais-tu là ? Tu m’espionnes ?  Demandais- je  d’une voix agressive 

— Maman calme toi, et si pour une fois tu me faisais confiance ?  viens  suis-  moi  on va aller  dormir  à l’hôtel, j’en connais  un super et on parlera entre filles , on mangera au resto, c’est  l’occasion, on est  bloquées  alors ?

— D’accord  ma fille allons-y  mais tu sais mon vélo est déglingué, la roue arrière est voilée  il est tombé…

—Laisse- le ici et  monte sur mon porte  bagage, ce n’est pas loin.

Me voilà donc  assise en serrant fort  la taille de  ma fille et finalement  pas  mécontente que  cette occasion nous soit donnée de  sortir ensemble et de casser la routine. Un vrai plaisir.

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

Un petit texte en prose incluant quelques expressions (3 ou 4)

avec le mot œil ou le mot yeux,

 

 

Oh la belle bleue !

 

Nous étions le  14 juillet  et  les feux d’artifice  éclataient  partout  sur Paris.  Je voyais cela de  ma terrasse et  m’émerveillait devant tant de beauté. Ma femme qui était restée  dans le salon le regardait  à la télévision, c’est du moins ce qu’elle m’avait dit.

  J’avais beau l’appeler  et  lui répéter  que c’était nettement plus intéressant en direct, elle ne  me répondait pas.

Au bout de dix minutes  je me décidai quand  même à venir voir ce qu’elle faisait et là je  restai bouche-bée. Elle était assise sur son fauteuil préféré et  la tête  appuyée au dossier elle s’était mis son fameux masque anti-lumière sur les  yeux. De plus  j’étais sûr qu’elle portait également les  boules  Quies dans les  oreilles.

Je m’avançai vers elle, elle ne  m’entendit pas arriver. Pour ne  pas  l’effrayer  je lui tapai sur l’épaule. Elle fit un bond,  ôta en râlant son masque et  me demanda  pourquoi je la dérangeais.

— Mais  chérie c’est le feu d’artifice, tu imagines  toute cette splendeur, ces  lumières de toutes les couleurs, tu redeviens enfant et tu as envie de crier : Oh ! La belle  bleue ! Oh ! La belle rouge ! Tu en prends plein les  yeux  gratuitement.

— Et si moi je ne veux  pas  m’éblouir ? Si moi je  préfère ne pas entendre ni voir ?  Tu peux te rincer  l’œil sans avoir à me déranger, non ?

— Tu es injuste  je voulais simplement te faire admirer gratuitement, à l’œil si tu préfères, un magnifique  spectacle.

— Toujours ton côté pingre, du moment que c’est gratuit  tu es toujours  partant !

Je retournai sur la terrasse écœuré.  J’avais voulu lui faire plaisir et voilà qu’elle  me cherchait querelle. 

Je  m’en bats  l’œil de ses réflexions  car de toute  façon, je  l’aurai autrement : quand elle  voudra  m’emmener  à ses  rencontres Tupperware avec ses copines  je refuserai, elle sera  bien ennuyée car elle ne conduit  pas et a  besoin d’un chauffeur, moi en l’occurrence : œil pour œil dent pour dent  non mais !

Ah ! Voilà le bouquet final ! Que c’est  beau ! Mais  mon dieu que c’est  beau !  Elle rate, elle ne se rend  pas compte ! Oh et puis zut c’est son problème.

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #mes nouvelles

 

 

j'ai participé  à ce concours et ma nouvelle a été retenue  pour figurer dans un recueil collectif 

 je suis ravie de vous la faire connaitre ici:

                                      

                                                       Ça devait arriver                                                                    

 

Le ciel noircissait de plus en plus et il n’était que trois heures de l’après-midi. C’était ainsi depuis que dans le ciel ils avaient installé des caméras. Dès que la clarté était trop intense, un système très complexe baissait  la luminosité. Il fallait économiser l’énergie, nous n’avions plus que  le ciel pour nous en donner.

La dernière guerre avait tout détruit. Des années de recherches contre le cancer, le sida, l’arthrose, tout avait été pulvérisé. Les ordinateurs broyés, massacrés  et pire détruits sans aucun moyen de retrouver les données.

Nos villes, nos campagnes ressemblaient à une page sans fin de sable  vert.

Toute la planète avait été touchée. Des astronautes qui s’étaient installés sur la lune il y a vingt ans ont pu, heureusement sauver des vies humaines en nous rapatriant  dans le ciel. Ma mère dit toujours dans le ciel mais en réalité il s’agit d’une  plate-forme très épaisse en matériau inconnu qui nous contient tous.

Inutile de préciser que nous sommes les uns sur les autres, entremêlés à plat ventre. On ne peut faire autrement sinon nous tomberions, il n’y a pas  de barrières autour de nous. Nous sommes ravitaillés par des robots qui nous  lancent des  gélules. Personne n’a  eu le temps de nous expliquer leur contenu. Alors nous prenons cela en coupe-faim, en boisson ou pire en médicaments.  Beaucoup d’entre nous sont devenus tout verts. Des radiations sans doute. Du moins il y a cinquante ans on appelait cela ainsi mais avec tous les progrès que nous avons vu naître, en réalité on ne sait plus trop s’il s’agit de radiations ou tout simplement les résultats de  la grande misère.  Car  ce n’est pas  par hasard  que cela nous est arrivé. Notre planète  mourait, étouffée asphyxiée par les pesticides, les  anti-fleurs, les anti-mauvaises herbes, les vaccins à outrance, les  arrosages intempestifs, les  tue-fourmis, tue-mouches, j’en passe  et nos  oiseaux tombaient tous à force de manger et de boire  la pollution humaine à outrance.

Plusieurs fois, des colloques avaient  eu lieu entre toutes les nations  mais  les pays riches se refusaient à écouter le bon sens de ceux qui n’avaient que peu de terre et d’eau.  Nous croulions sous  l’abondance de nos récoltes, nous  jetions de la nourriture dans les rivières et la  mer. Oh ! Ne croyez  pas que c’était pour nourrir les poissons, au contraire, c’était pour tirer encore et encore des tonnes de litres d’eau pour arroser, faire des piscines, et  surtout noyer les bêtes qui gênaient, celles que l’on disaient  nuisibles : les abeilles, les guêpes, les taons parce qu’ils  piquaient, les  loups, les bêtes sauvages  parce qu’elles  mangeaient nos animaux domestiques que nous élevions par centaines dans des batteries ; bref  nous étions  en super abondance de tout  jusqu’au jour  où…

Un déséquilibre important de la nature fut constaté par des experts. Il fallait réduire notre  consommation  car nous allions tous mourir d’après eux. Personne ne les crut  bien sûr. Trop imbus de notre puissance, nous continuions à envahir de plus en plus de pays  pour satisfaire nos besoins du moins nos envies.

Quand un grand chercheur est venu faire une conférence et nous a demandé ce que nous souhaitions. D’un seul élan nous avons répondu : nous voulons tout.  Et nous l’avons pris… nous étions très riches et  cela n’a  pas été un problème pour acheter d’autres pays. Un homme s’éleva contre nos  méthodes, il était d’Afrique et racontait, du moins  inventait –car nous n’y croyions pas- que nous allions tous « crever » c’est le mot qu’il a employé. Nous avions entendu ce discours sur  notre petit bracelet  électronique et nous avions tous ricané. Un africain qui nous  menace ?  Mais  il veut combien ?  Qu’il dise son prix  on paiera et  ensuite on le tuera rien de plus simple, on récupérera ainsi notre argent.

Hélas, nous n’avions pas prévu qu’il nous menaçait vraiment et un matin….

Tout bascula. Je passe sur l’horreur de ce qui suivit.  Plus rien, rasé  plus de terre, plus de bêtes, plus d’hommes, plus d’enfants, quelques femmes  mais  peu. On vint nous chercher dans des  espèces d’avions sans ailes et  on nous installa là où je vous ai dit. Depuis soixante ans, nous stagnons rampant sur le sol, sans argent car  ceux qui nous tiennent et nous ont « sauvés » nous ont pris le  peu  que nous avions emmené.

Ils sont sur la Lune, heureux.  Ils  refont ce qu’ils ont fait sur la  planète terre. Ils  polluent, ils  massacrent, ils empoisonnent et prennent du bon temps avec nos femmes.

Ils les  paient bien alors elles acceptent. Il n’y a  pratiquement plus d’hommes valides ici. Quelques vieux, quelques gamins qui deviendront des hommes et des femmes  pour faire des enfants  à nos bourreaux.

Mais  si l’on doit payer, nous  paierons.  L’argent a toujours aidé dans les grandes décisions.

On nous a bien dit que nous n’étions  pas  prêts de retrouver  notre planète et on nous a dit aussi que toute notre vie nous ramperions devant  les  nantis de  la Lune…

L’important n’est-il pas de vivre ?  Même si cela coute cher ? Même si nous devons  être leurs esclaves ….

 

 

 

 

 

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