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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

defis croqueurs de mots

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

De quoi je me mêle ?

 

Je suis une vieille fille de trente printemps.

Je me doute que vous vous moquez derrière moi et pensez, elle est jeune encore et tout le temps pour en profiter.

Certes, je ne nie rien seulement c’est très dur d’entendre des réflexions sur une vie qui est différente de celles de mes copines.

Un jour, elles seront très surprises.  On peut rêver :  Je me présente le ventre bien en évidence et je hurle : les filles, je suis enceinte !

J’espère pouvoir me retenir de rire. Je dois rester crédible. Nous nous souviendrons toutes de cette petite mise en scène si un jour je décide de … m’y « mettre ».

Il n’empêche que je ne suis plus sûre de vouloir être épouse et mère.  Je suis bien comme je suis, un peu seule oui bien sûr, surtout  tellement libre !

Qui ose dire que je m’ennuie ? Une envieuse de cette liberté c’est évident.  Sinon en quoi sont-elles concernées ?

Qu’elles pondent des petits, qu’elles convolent en justes noces et surtout qu’elles m’oublient. Moi je peux les oublier, j’en suis sûre.

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Défi 242

L’invitation méphistophélique

Un p’tit mot intello en imposé cependant: «Hexakosioihexekontahexaphobie »

 

Il fallait y penser

 

Je n’aurais jamais pensé que je serais heureuse de retrouver Louis, mon ami d’enfance. Enfin quand je dis d’enfance je veux plus simplement dire mon premier amoureux. Nous étions des gosses, nous n’avions pas quinze ans. Et puis la vie est pleine d’imprévus, voire de mauvaises surprises. Son père décéda et sa mère et lui déménagèrent pour se rapprocher de leur famille en Lorraine. J’ai pleuré, voulu me suicider puis, aidée par mes parents, j’ai pris sur moi et décidai d’attendre ma majorité pour aller le rejoindre. Il me le demandait d’ailleurs dans chacune des lettres qu’il m’envoya dès son départ. J’en reçu cinq exactement puis un jour plus rien… je m’étais habituée doucement à ce manque de lui mais au fond de moi grandissait une rancœur, et une soif de vengeance. Je ne m’en rendais pas vraiment compte. Je vécus dix ans avec cela et j’allais nettement mieux. C’était enfoui loin très loin. Je m’étais mariée et j’avais eu un enfant que j’adorais. Je l’avais appelé Louis, pas par hasard mais je n’avais pas envisagé de le nommer autrement.    

Un jour que je discutais avec ma meilleure copine Aline, je vis un homme grand, le visage un peu buriné, très blond, beau comme un dieu, se diriger vers nous.

— Salut les filles, salut toi ma douce, ajouta-t-il en embrassant Aline sur les lèvres. Je fus d’abord très gênée puis soudain, comme un éclair je me souvins de tout. Ces yeux ! personne ne peut oublier des yeux si beaux, ni verts, ni gris, ni bleus mais lumineux et cette blondeur, mais oui c’était lui, c’était mon amour de jeunesse ! devant moi là ! et il embrassait ma meilleure amie ! elle ne m’avait rien dit, il ne m’avait pas prévenue de son retour, mais alors je n’étais rien pour lui ?

Pourtant il m’avait envoyé un petit châle que j’ai toujours d’ailleurs, et il m’avait juré fidélité jusqu’à son retour à Paris. Il était sûr de revenir, pour moi, disait-il dans ses lettres.

Me voilà donc toute rougissante, lui serrant la main en espérant de tout mon cœur une petite étincelle dans ses yeux et une exclamation de joie en me reconnaissant ! Rien… Aline, très ennuyée ne savait ce qu’elle devait faire. 

— Bonjour Louis, ça fait un bail, dis-je légèrement.

— Salut, désolé mais on se connait ? Ton visage ne m’est pas inconnu…

— Le tien non plus….

Il avait tellement l’air idiot que je lui rappelai en deux mots notre aventure de jeunes amoureux à leur première expérience, il y avait maintenant vingt ans.

— Eh bien ma pauvre ! tu as dû sacrément prendre un coup de vieux, je ne t’aurais jamais reconnue, tu étais plus mince avant non ? 

Quel salaud ! Quel rustre !

Aline me prit le bras et s’excusa de ne pas m’en avoir parlé.


 

— En fait j’ai revu Louis il y a six mois et nous sommes tombés amoureux. Jamais nous n’avons parlé de toi et je m’étais dit que maintenant tout était oublié. Tu étais mariée, heureuse maman et ce n’était pas utile de remuer de vieux souvenirs.

— Tu as très bien fait ma chérie, Louis est un homme que l’on oublie facilement, il est vide à l’intérieur à part son physique qui peut tromper les femmes, moi qui le connais je peux te dire qu’il ne vaut pas une larme et j’éclatai de rire (pour ne pas pleurer)

— Oh je suis heureuse que tu le prennes ainsi, je craignais le pire !

— Le pire ? mais ma pauvre Aline tu veux rire, je te laisse volontiers ce pauvre type. Même pas fichu de se souvenir avoir aimé une jeune fille, tu imagines dans dix ans quand il ne se souviendra même pas t’avoir appelée ma douce ! et qu’il te demandera comme à moi tout à l’heure :  on se connait ?  Ah Ah !

Je jouais les dures mais au fond de moi, j’avais la haine, contre lui, contre son indifférence, contre son manque de tact bref…

J’avais un plan machiavélique je le conçois, mais il le fallait.

J’allais le tuer. Oh pas de mes mains bien mieux que cela. Je les quittai sans les saluer  bien décidée à me venger.

La semaine suivante, m’étant calmée je me dis que finalement les inviter tous les deux à déjeuner pendant que mon mari était en démarche serait une bonne idée.

Ils acceptèrent et quand ils sonnèrent à ma porte, je jubilais. Enfin mon jour était arrivé !

J’avais préparé mon plan. J’étais descendue dans le hall de l’immeuble et avait placé un numéro sur ma boite à lettres au-dessus de mon nom.

Je leur ouvris et je regardais Louis livide.

— Que se passe-t-il ? tu es tout pâle ? Tu veux de l’eau ?  Un remontant ? Aline ? que se passe-t-il ?

— Je ne sais pas il est comme cela depuis le hall, il a verdi d’un seul coup en se tenant le cœur. Appelle un médecin ou le SAMU, s’il te plait, il fait peut-être un malaise cardiaque ? 

— Oui j’appelle en attendant fais- le assoir sur le canapé, dis-moi le SAMU c’est le 666 ou le 115 ?  Je confonds tous les numéros, il parait que ce n’est pas grave !

— Non pas le 666 où as-tu été cherché ce numéro ! vite, fais vite il va vraiment très mal.

Je faisais de mon mieux en laissant trainer mes doigts sur le cadran de mon portable. 

Je me retournai vers eux et quand je vis Louis chercher l’air, se tenant vraiment le cœur et la gorge en s’étouffant je savais que j’avais gagné.

Il allait mourir, je m’étais souvenu qu’il était hexakosioihexekontahexaphobie, et en voyant le numéro 666 sur ma boite à lettres il avait déjà été mal mais quand j’ai dit que j’appelais le 666, il n’a pas résisté.

On ne se moque pas impunément des sentiments d’une jeune fille amoureuse…

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Ah si j’étais un homme

 

Qui ne s’est pas un jour demandé et si j’étais du sexe opposé. Comment réagirais-je, que ferais-je ? Imaginez-vous 24 heures dans la peau d’une personne du sexe opposé, racontez- moi votre journée et votre nuit.

 

Six heures du matin, l’alarme de mon smartphone me résonne aux oreilles comme un coup de tonnerre. Il faut dire que j’ai volontairement programmé un son strident qui m’arrache du lit dans lequel à cette heure, je dors, non je ronfle d’ailleurs.

Je l’éteins comme d’habitude et la première chose qui suit est de mettre mes lunettes. Je suis myope comme une taupe or la seconde chose importante est de me regarder dans la glace du lavabo dans ma mini salle d’eau. C’est rituel, tous les matins il faut que je me salue et me demande si j’ai passé une bonne nuit. J’ai cinquante ans et suis une jolie célibataire qui ne veut pas d’attaches ; cela dit je vais être honnête je ne suis pas très jolie, et j’ai donc toujours envie de voir si par un miracle, je suis devenue une belle blonde plantureuse et agréable à draguer.

Me voilà donc devant le miroir. Je me penche, je scrute, j’hallucine : j’ai une moustache et une barbe blondes. Mes cheveux que je garde longs car c’est mon seul charme me disait ma mère, sont coupés en brosse.

Je vais me réveiller, je suis en train de cauchemarder sans aucun doute, vite une douche !

Et là…. J’ai un trou car je me suis évanouie. Quand je suis revenue à moi, j’étais étendue sur le carrelage et …. Entre mes jambes…. Je n’ose dire ce que j’ai aperçu : un sexe d’homme ! je me suis levée précipitamment, j’ai vérifié c’était sûr maintenant, j’étais un homme. Je n’avais plus de seins, plus de cheveux, et un sexe masculin. Mon Dieu ! Que faire ? et puis en quelques minutes, je me suis habillée et pour que cela ne paraisse pas indécent, j’ai mis un costume gris clair pantalon veste. Heureusement que c’était le style de vêtement que je portais facilement. Cela avec une paire de mocassins, personne ne s’apercevra de rien. Je vais commencer par déjeuner. Non en fait, je vais aller prendre un café au bar en bas et m’acheter des cigarettes.  Je ne fume pas mais je pense que je vais m’y mettre.

Je ne peux pas me permettre d’aller travailler dans cet état, encore que pourquoi pas, la petite secrétaire du patron est super mignonne. Un petit bout de bonne femme, toujours en train de rire aux éclats. Et puis sexy en plus, ça me va.

Arrivée au bureau, personne ne m’a reconnue. Il a fallu que je hurle que c’était moi, Dominique, l’administrative pour qu’ils me demandent tous d’aller me changer. Ils insistèrent, on n’est pas à la foire, Ma belle, remets- toi tout de suite en tenue correcte et viens travailler.

Quand je leur affirmai que dans la nuit j’avais changé de sexe et que j’étais maintenant un homme, ils restèrent pantois.  Affolés et quand même inquiets pour ma santé mentale. Il a fallu que je me mette torse nu pour qu’ils comprennent enfin.

Deux secrétaires eurent un malaise. Le directeur averti par je ne sais qui est venu vers moi et d’une voix sourde m’a montré la porte.

Il n’eut que quelques mots qui me confortèrent dans ce que je pensais des hommes : tous des cons. 

— Allez- vous rhabiller et quand vous serez dans une tenue correcte, vous passerez au secrétariat déposer vos congés. On reparlera de tout ça. Je ne veux pas d’homosexuels dans mon établissement.

Je l’ai regardé bien en face, la cigarette entre les lèvres et lui ai dit tout de go :

— Allez vous faire foutre !

Ça, c’était viril ! qu’au moins ce changement de sexe me permette de roter, cracher, tousser, pisser debout et d’être grossier. Je sortis en claquant la porte et je me retrouvai devinez où : dans mon lit, avec une migraine, mais un mal de tête ! j’avais fait la fête avec des copines tard dans la nuit et je payais le prix fort ce matin.

Il faut quand même que je raconte ce rêve étrange à mes collègues. Je pense qu’ils en riront avec moi en me disant que je devrais faire attention à l’alcool ça rend fou !

Toute pomponnée, mon petit ensemble gris clair et mes cheveux tirés en arrière, j’ouvris la porte du bureau et là : ils étaient tous le nez dans leurs dossiers, pas un ne leva la tête quand je leur lançai un tonitruant : salut les mecs et les nanas !

Plus de doute, je suis un homme. Je vais devoir m’habituer, mais je n’y vois qu’un avantage : enfin je vais pouvoir choisir ma meuf et je ne serai plus seule.

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

Je vous invite donc à écrire un petit texte en prose ou en vers portant sur un moment (passé, présent, à venir, réel ou imaginaire) particulier (joyeux, saugrenu, étrange, stressant, agréable ...) dans lequel l'électricité (ou son absence) y a joué un rôle important. Mots imposés à inclure (ambre, ampoule, appareil).

 

La peur d’Yvan

Il n’était encore qu’un gamin et les temps d’après-guerre n’étaient pas faciles à vivre.  Un soir d’orage, enfermés dans la maison isolée du village avec pour toute clarté une bougie posée sur une assiette retournée, ils attendaient tous la fin de l’orage dans le noir car l’électricité avait été coupée. De toute façon, même en temps normal leur lumière se résumait à une ampoule de 25 watts au -dessus de la table, donc ça ne changeait pas grand-chose.

La mère avait fait cuire dans la journée un pot au feu et le soir, ils devaient boire un bon bouillon couleur d’ambre avec des « yeux » dedans comme disait Yvan en parlant du gras flottant. Hélas, elle n’arrivera pas à le réchauffer alors elle avait opté pour des pommes de terre à la braise étant donné que l’orage avait commencé avant qu’elle ne mette la table.

 Des éclairs aveuglants suivis de coups de tonnerre assourdissants terrorisaient Yvan. C’était la première fois que le ciel se fâchait avec une telle violence.  Heureusement il y avait la cheminée pour réchauffer les pommes de terre sous la braise, car il était hors de question d’aller chercher du charbon pour alimenter la cuisinière. Même sa mère qui en avait bravé d’autres se mit à prier.  Yvan, attaché au bas de sa robe, gémissait : Maman j’ai peur.

— Mais non mon grand, ce n’est qu’un orage, il n’y a pas de risque, nous ne craignons rien nous sommes à l’abri. Partout des bruits et ce vent violent qui faisait hurler les girouettes et les volets, démentaient un peu ses propos rassurants.

Ils n’avaient jamais connu un tel ouragan. En pleine campagne, les orages étaient fréquents mis ne duraient pas.  Tout à coup, ils entendirent la sirène de la mairie. Il fallait rester chez soi surtout ne pas essayer de sortir, c’étaient les consignes dans ce cas.

Yvan se mit à hurler, sa mère ne savait plus quoi faire pour le calmer quand soudain elle se souvint qu’il devait y avoir dans un placard un appareil que l’on se mettait sur les oreilles lors des bombardements, une espèce de casque. Elle le chercha, et le trouva rapidement. Vite elle le mit sur la tête d’Yvan et sourit quand elle se rendit compte qu’il n’entendait plus rien.

Une heure plus tard enfin elle put ouvrir la porte et constater qu’à part un vieux cerisier foudroyé par la foudre, les dégâts n’étaient pas trop importants.

Depuis Yvan demande souvent à dormir avec ce casque, il dit qu’ainsi, il n’entendra plus si un orage revient…

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

 

 

 

 

Pour le lundi 18 mai 2020 – Défi 237 – Et si vous m’écriviez un petit texte avec le maximum d’anagrammes de « CHAUVE-SOURIS »

Il se trouve que l’actualité est tellement morose que je décidai d’aller me promener dans le petit bois derrière le village. Mais avant je devais boire, une soif intense me brûlait le gosier. Je bus une demi-bouteille d’eau et ma soif assouvie, je cherchai quelle chaussure je pourrais bien mettre étant donné que je ne pouvais supporter que mon attelle au pied gauche. Oui un accident stupide en descendant d’un trottoir en ville. J’avais joué les héros mais ma mère m’avait bien dit : quand tu feras un faux mouvement plusieurs fois crois-moi, tu t’en soucieras !

Me voilà donc clopinant sur le petit sentier désert quand face à moi, surgi de nulle part, un petit bonhomme me barra le chemin, le fusil pointé vers moi.

— Arrêtez-vous là madame, n’avancez pas…

— Et que me veut ce chasseur des grands chemins ?  Osai-je dire à voix basse.

Je tremblais un peu de peur mais aussi de colère. Que me voulait cet imbécile taillé comme un souriceau ?

— Tu ne m’effraies pas, en revanche tu ne m’inspires pas confiance et je craindrais plutôt que tu ne me chouraves mon portable.

— Tais-toi et suis-moi.

Il en fallait beaucoup pour que je m’ahurisse mais là je restai sans voix.

Je le suivis néanmoins par curiosité. Nous passâmes le long des coursives de l’ancien château dont il ne restait que des ruines, et là soudain il se retourna, me regarda bien en face et osa me dire qu’il fallait que je souscrive à sa requête sinon gare !

— Gare à quoi ?

— Tu n’as pas compris que je suis un ami, je veux simplement que tu viennes à la maison. Ma mère est souffrante et j’ai besoin d’aide pour classer ses papiers, ses vêtements et ses archives à descendre du grenier.

Je me réveillai en sueur. J’étais assise sur le bas-côté de la route et ma cheville malade était toute tordue. J’avais dû me faire très mal au point de tomber dans les pommes.

J’appelai à l’aide mais ne reçus aucun écho.

Ah ! si seulement ce petit type tout ratatiné ressemblant à une chauve-souris n’avait pas été un rêve !

A ce moment de l’histoire, je ne me souviens plus de rien sinon que je me retrouvai dans un grenier en train de classer des papiers et qu’une vieille dame me répétait : par date, ma petite, par date… 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Je vous propose de lire les titres des livres que vous avez chez vous. Créer une histoire basée sur un, plusieurs titres ou des mots qui s’y trouvent.

Mes livres choisis

- Je peux me passer de l’aube (Isabelle Alonzo)

- Une gourmandise  (Muriel Barbery)

- L’élégance du hérisson (Muriel Barbery)

- Poète et paysan  (J-Louis Fournier)

- Interdit (Karine Tuil)

- Colline (Jean Giono)

- Ainsi soit-il (Benoite Groult)

Ma vie simple

Il était vingt et une heures. Je regardais la nuit tomber doucement sur mon jardin et les arbres devenir des ombres de plus en plus noires.

Personnellement, autant je peux me  passer de l’aube, autant pour rien au monde je ne raterais un coucher de soleil sur une colline. Hélas, je vis dans une région où les monts et les vallées sont rares alors je me contente de me promener à la tombée de la nuit dans mon jardin.

Avez-vous déjà observé et constaté l’élégance du hérisson quand il se croit seul et que soudain il est dérangé ? Il entre la tête vivement et on ne voit plus qu’une boule de poils piquants. Il ne bouge plus et attend que l’intrus s’éloigne pour sortir timidement son joli petit museau.

Je lui apporte régulièrement une gourmandise dont il raffole, cela m’est facile car il s’agit de croquettes pour chat. J’en prends une  petite poignée dans le sachet du mien et bien entendu la  petite bête ne les mangera que lorsque j’aurai quitté les lieux.

Eh oui ! J’aime la nature, j’aime les champs labourés, la terre grasse et aussi le chant des oiseaux, je suis en quelque sorte  poète et paysan à la fois.

Dans ma vie simple remplie de petites joies je m’autorise tout : ne rien faire si cela  me chante, boire un petit coup  de ma gnole si j’en ai envie et ne pas me coucher de la nuit par exemple. Rien ne m’est interdit. La seule chose qui me gêne est de ne pas connaitre  l’heure de mon  grand départ. Mais j’ai bien vécu, j’ai aimé la vie alors je dirai le jour venu : Ainsi soit-il. !

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

Défi 235 (croqueurs de mots)

Ecrire une  UCHRONIE

*Une « Uchronie » étant un récit imaginaire, qui a pour point de départ un Événement historique dont on modifie à sa convenance et selon son imagination, l’évolution et l’issue.

 

Et si cela avait été vrai ?

Je revenais de la manifestation contre la guerre d’Algérie et j’avais eu la chance d’échapper au massacre du métro Charonne. C’était le  huit février 1962. Et là devant mon immeuble un garçon m’attendait. Il s’appelait Maurice et habitait au troisième étage. Il me raconta que  lui  aussi était à la manif et qu’il avait entendu les manifestants applaudir la police. Ce n’était pas possible, j’y étais !  Lui dis-je.

— Moi aussi et je t’assure que c’était superbe ; toute cette foule qui scandait : vive le Roi, vive le Roi ! Ces cris de joie me donnaient des frissons.  Tu te rends compte, le Roi Louis XVI en personne assistant de son carrosse à l’ovation de son peuple !

—  Mais voyons…

— Comment cela ne t’a pas fait du bien de voir enfin tout ce monde rassemblé pour le fêter ?

— Mais…

— Quoi ? Tu vas te réveiller enfin Jacqueline ?  Ca fait une demi-heure que tu bafouilles n’importe quoi dans ton sommeil, tu rêvais à quoi ? 

—A rien ou plutôt si, au roi…

— D’accord rendors-toi et essaie de rêver que tu es dans  le silence d’un couvent ça m’aidera à me rendormir !

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Avec le coronavirus, nous sommes contraints à limiter nos déplacements.

J'en connais qui devaient découvrir Milan, d'autres New York et d'autres peut être Vesoul,

Alors je vous propose d'écrire une courte histoire (30 lignes maxi) sur une ville, une région, une montagne, tout simplement un endroit que vous connaissez ou que vous souhaiteriez connaître.

Seule contrainte, vous mentionnerez  le nom d'un poète ou d'une poétesse dans votre texte.

 

Rêverie nocturne

 

Il est minuit. Je vais me préparer pour la nuit et comme souvent je prends avec moi mon vieux poste de radio. Et là…  une voix monocorde  nous demande toute notre attention :

Par erreur nous avons déversé une quantité importante de pesticides par hélicoptère et  nous vous demandons de ne  pas sortir  vous  promener dans  les champs de la Somme et de  l’Aisne pendant deux trois jours. Nous vous tiendrons au courant.

 Je me laisse tomber  sur mon lit, anéantie, je voulais justement rendre  visite à ma mère qui habite toujours le petit village où elle nous a élevés mon frère et moi.

Je réfléchis rapidement il n’est que  minuit, je vais chercher dans  la penderie tout en haut le carton avec  les photos et je trouve ce film que je garde  précieusement. D’une part parce que c’est mon père qui l’avait  fait et d’autre part  parce que c’est mon village.  Je l’avais gardé pour  le faire connaitre  à ma fille, je n’en ai pas eu encore  l’occasion.

Je m’installe dans le salon et comme  elle m’a entendu bouger,  Charlotte descend en pyjama et vient se  pelotonner contre moi sur le canapé.

— Ma chérie si tu n’as pas sommeil on va regarder  le petit village dont je t’ai parlé. Celui où je faisais des bêtises  à ton âge. Elle sourit et se tait attentive.

Je lui raconte en même temps :

C’était un petit village de la Somme  perdu au milieu des champs de blé, d’avoine et d’orge. Une seule route le traversait et au bout il y avait deux chemins qui menaient vers  d’autres petits  hameaux. Et là au croisement  une énorme pierre, vestige d’une ancienne ferme nous servait de siège et de parloir.  Abrités  par un très grand platane, nous complotions, inventions des jeux mais souvent aussi j’y venais seule. La mare était proche et les canards, les grenouilles, les têtards, les  libellules s’en donnaient à cœur joie. Cela faisait un bruissement continu et je me laissais bercer. J’étais heureuse, j’avais dix ans, ton âge ma Charlotte.

Et puis je me suis tue. Charlotte s’était endormie et moi les yeux dans le vague je me souvenais de ce petit village perdu au milieu des champs de blé, d’orge et d’avoine. .. Ce sont ces champs qui aujourd’hui, subissent les outrages des hommes.  J’ai continué à faire défiler ces  images en me souvenant de tous les moments magiques  de ma tendre enfance.  Je m’égare dans mes rêves et je voudrais dire comme Lamartine : «Ô temps suspends ton vol… »

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Pour le défi 233 pour le lundi 16 mars croqueurs de mots

Il nous est arrivé sans doute à toutes et tous d’être plongés dans un doux rêve et de nous réveiller  en sursaut. Comme  nous aurions aimé  poursuivre ce rêve inachevé !

 Décrivez-nous  ce que vous ressentez et surtout parlez-nous de ce rêve, dans un petit texte court.

 

 

 

Mon rêve inachevé

 

Cette nuit-là j’avais eu du mal à m’endormir. Des petits soucis d’intendance sans importance m’avaient contrariée et je me tournais et retournais dans mon lit.

Le sommeil s’empara de moi sans que je me rende compte que je sombrais doucement dans un rêve. Le plus beau que je n’avais fait depuis des années.  Mais pour que vous compreniez l’importance de ce rêve il faut que je vous raconte :

J’avais douze ans, mes copines et copains étaient autour de moi et nous décidions d’aller nous balader à vélo dans les chemins de terre avoisinant le village. Il y avait Sandrine, Manon, Jean-Claude et Thomas et moi naturellement.

Nous formions un groupe indivisible et à tel point que si l’un attrapait la varicelle les quatre autres par solidarité suivaient. Mais le plus émouvant dans notre histoire était que j’étais très amoureuse de Thomas. Il avait deux ans de plus que nous et était super beau. Des yeux verts et des cheveux châtain, on craquait toutes pour lui, mais… un jour il me coinça contre un mur et m’embrassa sur les lèvres ! Mon Dieu si vous saviez, je voyais des étoiles, un vrai feu d’artifice j’étais comme une poupée de chiffon, je tombai littéralement dans ses bras et il me retint en me disant : Pas la peine d’en faire un fromage non plus, tu n’es pas la première fille que j’embrasse et tu ne seras pas la dernière !

S’il m’avait jeté un seau d’eau à la tête cela n’aurait pas été plus vexant. Alors je me mis à le haïr, à le fuir, à me moquer de lui jusqu’au jour où, devenu adulte il se mit à fréquenter Manon notre meilleure amie. Ils décidèrent même de se marier. Quel choc pour moi qui ne m’étais vraiment jamais remise de ce baiser et de ce rejet.

 Et puis le temps passait chacun d’entre nous menait sa vie, du moins essayait de la réussir. Nos petites querelles ne furent plus que des souvenirs. Jusqu’à cette nuit ! quel rêve merveilleux : Thomas était près de moi, agenouillé à mes pieds me demandant pardon de m’avoir fait souffrir toutes ces années, lui-même m’avouait qu’il n’avait aimé que moi. Il avait les larmes aux yeux et me suppliait de lui pardonner….

Et c’est à ce moment de mon rêve que ma chatte sauta comme une dingue sur mon lit me réveillant brutalement ! je l’aurais tuée !  Traumatisée, il me fallut un petit moment pour que je réalise que c’était un rêve. J’aurais voulu me rendormir et reprendre le fil, mais je n’ai pas réussi. Je me suis levée et toute la journée j’ai pensé à ce rêve absurde…. Quoique… cela m’avait donné une idée : et si j’essayais de reprendre contact avec lui ? qui sait ?

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #jeudi en poésie, #défis croqueurs de mots

Et si on faisait  un petit poème acrostiche avec le mot  C O R O NA V I R U S ?

 

 

Les répétitions qui lassent

 

Comment en suis-je arriver là ?

Oser rire alors que cette saleté

Ranime la peur ancestrale,

Oui, j’ai failli trépasser, oui !

N’en déplaise aux journaleux

Aucun n’en a  parlé  à la télé

Voyez comme ils sont sectaires !

Ils ne parlent que de cela

Rares ceux qui disent : certes

Un virus mais la faim, la guerre ?

Sont-elles moins meurtrières ?

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