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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

« La diabolique leçon de piano »

D'après le dessin de Claude Serre   Attention : trois mots en imposé :

Cacophonie - soupir – portée

 

                                                               

                                                                Quel bruit !

 

Je ne connais pas le piano et c’est sans doute  pour cela que lorsque nos nouveaux voisins emménagèrent, je fus très inquiète. En effet, en regardant par la fenêtre je vis deux homes qui pestaient et soufflaient en portant une chose bien lourde enveloppée dans une espère de couverture.

J’en fis part à Lucien dès son retour du travail qui me sermonna : tu ne vas commencer à nous prendre la tête avec des questions inutiles sur ces nouveaux voisins. Nous aurons l’occasion de les voir et ne serait-ce pour leur signaler que notre portail fait parfois beaucoup de bruits quand il y a du vent.

—Tu crois que l’on doit les  prévenir d’un truc pareil ? il n’y a que toi qui l’entends ?

On décida de ne plus parler de cela ce soir car Lucien était fatigué et si un truc le mettait en colère c’est que je lui parle du voisinage quand il rentrait de l’usine. Evidemment, moi je n’avais que cela à faire me disait-il, Louis étant en classe, j’était la mère au foyer qui, je l’avoue s’enquiquinait parfois un peu.

Le samedi matin était le meilleur jour de la semaine pour Lucien. Il se levait tard, paressait ensuite en regardant n’importe quoi à la télévision pendant que je faisais un saut chez ma mère lui porter quelques légumes du jardin et papoter de tout et de rien.

Ce samedi je rentrai comme d’habitude vers onze heures et je trouvai Lucien très en colère

—Que se passe-t-il ? tu as cassé quelque chose ?

—Pas du tout  mais tu n’entends rien ?

Je n’avais pas prêté attention en sortant de la voiture, mais là dans la maison c’était prenant : quelqu’un jouait du piano, enfin essayait !

—ca fait longtemps que tu l’entends ?

—Depuis neuf heures juste quand tu es partie.

—Ils doivent avoir un gosse qui joue du piano, bon c’est vrai que c’est ennuyeux de faire cela un samedi matin, pourquoi pas le dinanche, pff ils n’ont aucun respect de rien ces  nouveaux parisiens.

—Pourquoi parisiens ?

—Parce qu’ils n’ont pas la notion de l’heure et surtout parce que faire du bruit fait partie de leurs gènes !

J’écoutais, du moins je subissais, ce piano depuis une heure. Nous allions nous mettre à table mais  je décidai d’aller parler aux voisins  car la cacophonie de cet instrument m’agaçait au plus  haut point. Une heure de temps en temps à la limite  mais trois heures de suite  un samedi c’était trop.

Je frappai à leur porte et comme personne n’ouvrait, je décidai d’entrer ; je restai coite !

Un gamin de  six sept ans assis sur un tabouret de cuisine rehaussé d’un oreiller, s’évertuait à sortir trois sons d’un piano désaccordé en plus.

Près de lui, un homme pas très jeune, d’une voix monotone serinait : plus fort sur le mi, moins fort sur le  la, tu as des bouchons dans les oreilles ? recommence, regarde la portée petit idiot et essaie d’être à ce que tu fais ! le gamin poussait des soupirs à fendre l’âme :

—Je n’y arrive pas, je n’aime pas le piano, je ne sais pas où sont les notes, pleurnichait-il.

Et là j’ai assisté à une scène inouïe : l’homme passa derrière l’enfant et lui mit un foulard sur les yeux !

—Vas-y  maintenant, cherche tes notes, tu auras une excuse de ne pas les trouver !

Sur ce il se retira un peu en arrière et en m’apercevant  me dit :

—Ces jeunes ça veut tout entreprendre et c’est nul

Je ne pus me retenir je le regardai bien en face pour lui cracher :

—Vous êtes un gros con ! et de plus vous emmerdez toute la rue avec vos leçons qui ne servent à rien. Regardez ce pauvre gosse en pleurs ! j’entends encore  une note et j’appelle  la police pour maltraitance.

Et dignement je quittai les lieux, contente de moi et de mon audace.

On n’entendit plus le piano.  Ouf !  la colère avait payé, ils avaient enfin compris.

Deux jours plus tard, tout recommença et j’avais reçu entre- temps dans la boite à lettres un mot de la voisine : quand vous arrêterez votre voiture ailleurs que devant ma fenêtre, je verrai pour arrêter le piano.

La guerre des voisins était ouverte. Nous réfléchissons toujours à la manière honorable de nous sortir de ce lamentable incident. Ca fait deux mois que cela dure, on va craquer mais au moins le gamin saura jouer du piano…

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Je vous propose de voguer vers l’horizon bleu cet espace où l’océan le ciel d’Été et les azurs lointains se rejoignent pour ouvrir la porte aux envies d’évasion  de migration de départ vers d’autres contrées  réelles ou imaginaires.

  L’ESPRIT DU SUJET

 Écrire autour de la couleur bleue et de ce désir profond de s’évader de prendre le large de suivre un sillage de rêver un ailleurs.

 LA CONTRAINTE 

 Intégrer les 10 mots suivants (au singulier ou au pluriel) : 

 AZUR - SILLAGE- RIVAGE - COQUILLAGE - HORIZON - BRISE - SIFFLER - AMARRER - VOLER-ECUME  

                                                      Quand je vois passer un bateau…

 

Quand je vois passer un bateau, j’ai envie de me foutre à l’eau…. Cette chanson souvent interprétée par des artistes différents me rappelle à chaque fois que je ne sais pas nager. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, rien à faire. J’aurais tant aimé partir loin ! j’aurais eu en permanence un petit bateau amarré dans un petit port et en volant quelques jours sur mes vacances, je serais partie voguer en laissant un sillage d’écume, vers le soleil, le ciel bleu, les oiseaux exotiques, les palmiers, les rivages de sable blanc et doux, la petite brise chaude… les coquillages ramassés en douce… mais je m’égare, je pousse mon chariot de produits ménagers à travers un couloir sans fin ! Mais cela dit je suis bien dans ma tête. J’ai quelques regrets de longs voyages, mais je sais aussi voyager dans mes rêves.

Et c’est dans ces moments qui n’appartiennent qu’à moi que je fais mes valises. Allongée sur mon canapé clic-clac, mon petit chien sur les genoux, je ferme les yeux et je pars.  Je quitte mon bateau, je suis maintenant sur un vélo mauve, rutilant et je traverse un petit village. Je ne sais pas où il se trouve ce n’est pas grave, il existe, il a une église, des tilleuls sur la petite place ombragée avec ses trois bancs. Deux vieilles dames papotent, et regardent avec un sourire attendri, une jeune femme tenant dans ses bras un bébé. Il est presque nu avec un petit bonnet contre le soleil et il est épanoui.

Tout est calme et serein. Les oiseaux font la sieste, ils se réveilleront quand le ciel s’assombrira mais pour l’instant quelques gazouillis légers et un plus éveillé qui nous siffle à tue-tête un air bien à lui, sont la preuve qu’ils sont là, heureux.

Qui ne serait pas heureux devant tant de simplicité, de calme et de ciel bleu ! Une chaleur douce caresse mon visage que j’offre à la vie, à la beauté des lieux, et je regarde l’horizon à perte de vue.

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