Que chacun crée un texte en mode abécédaire dans lequel il parlera de l’année que nous venons de passer tous ensemble, une sorte de rétrospective joyeuse !
Pour cette nouvelle quinzaine, défi 307, c'est Zaza qui s'y colle et voici ce qu'elle nous propose !
Pensez à un objet usuel de la maison et écrivez une petite histoire en le faisant vivre et en insérant éventuellement des dialogues savoureux! L’humour est vivement conseillé.
C’était une amie.
Mon entreprise était en grève et naturellement j’étais gréviste. Les réunions terminées je me retrouvai chez moi vers quatorze heures, chose bien inhabituelle pour moi.
Je me sentais un peu perdue et me rendais compte que je ne savais pas par quoi commencer !
Et puis il me vint une idée. Si je faisais le tri dans mon armoire et ma penderie, et que je vois de près ce que je pouvais donner à Emmaüs ? En effet, des vêtements, j’en avais plus qu’il ne m’en fallait, et en cette saison, ce serait vraiment bien d’aider les plus démunis.
Je monte donc à l’étage et ouvre cette immense penderie que toutes mes amies m’envient.
Pour l’instant, je regarde et touche, tâte, palpe.
Et puis je me décide :
Je prends une jupe longue grise avec des boutons devant que j’adore. Je l’enlève de son cintre et je la regarde. Tout à coup j’entends des pleurs, oh pas très forts, comme ceux d’un enfant qui geint pendant son sommeil. Je dresse l’oreille, inquiète. Il n’y a que moi dans la maison. Ou alors, une amie est venue me rendre visite avec un bébé ?
J’écoute et ces plaintes continuent. Je pose ma jupe sur le canapé et je crie : il y a quelqu’un ?
Pas de réponse.
J’attends quelques secondes et reprends la jupe. Je me dis que cela n’était qu’un bruit dehors sans doute. Je réfléchis à ce que j’allais faire de cette pauvre jupe usagée et élimée à force d’être lavée.
Les plaintes, un peu plus fortes cette fois reprennent. Je n’ai pas la berlue ! C’est ici dans la pièce où je suis ! Un jouet de la chatte peut être coincé sous un meuble ? Oui car nous avons une chatte très joueuse qui a des jouets qui couinent. Mais alors dans ce cas pourquoi reste-t-elle vautrée dans son fauteuil et me regarde-t-elle avec tant d’insistance ?
Elle aussi a entendu ce bruit et elle ne descend pas. Elle a l’air un peu effrayée d’ailleurs. Moi ? je commence à ne plus trop me sentir à l’aise d’autant que ces pleurs continuent.
Soudain une petite voix s’élève dans la pièce ! Je panique, prête à redescendre immédiatement, mais on me parle, du moins me chuchote :
— Tu te souviens quand tu es venue me chercher ? Tu m’avais repérée, mais pressée par ton travail, tu m’avais murmuré : toi tu me plais, je viendrai te chercher demain.
— Mais qui me parle ?
— Moi, je voudrais finir mes jours tranquille, chez toi, je ne veux pas aller dans la foule avec toutes les autres inconnues, tu peux me comprendre ?
— Mais où es-tu ? Que me veux-tu ? Si c’est une farce, elle n’est pas drôle. Christophe ! Hurlai-je, pensant que mon mari n’était pas étranger à cette voix. Il aimait bien jouer avec des trucs que l’on appelle « jeux qui parlent comme des humains ». Ne me demandez pas le nom exact, je n’en sais fichtrement rien !
Il m’aurait quand même répondu ou du moins se serait esclaffé, fier de sa prestation or, rien. Que cette petite voix à peine audible qui continue :
— Je fus tellement heureuse que tu me choisisses que j’ai tout fait pour rester belle, même quand tu me malmenais en me laissant traîner n’importe où. Je connais tous tes amis, toutes tes copines ! Mon Dieu ce que vous avez pu dire sur moi ! Au début, c’était sympa : elle est drôlement belle, où l’as-tu trouvée ? Il y en avait d’autres ?
Et puis tout doucement, les mêmes copines commencèrent à me critiquer : tu la gardes encore celle-là ? Ce qu’elle peut être devenue moche ! Elle était si belle au début ! Tu devrais t’en séparer, franchement en plus il faut bien reconnaître qu’elle n’a plus de forme, elle tombe lamentablement sur tes hanches qui n’ont pas besoin de ça pour se faire remarquer.
— Voilà, toi ma maîtresse, toi mon amie, celle qui m’a toujours respectée, voilà ce que tes amies disent de toi …et de moi. Alors que tu prennes la décision de te débarrasser de moi, je peux comprendre, mais pourquoi me lacérer pour faire des serpillières ? Pourquoi ne pas me mettre simplement dans un sac plastique au grenier. Le grenier ne sert-il donc pas à ranger tout ce que l’on ne veut plus non ?
J’avais tout compris : c’était ma jupe qui me parlait.
En effet, j’étais vraiment ingrate, elle m’avait rendu tellement de services, m’avait accompagnée partout pendant si longtemps ! Grâce à elle, j’avais quand même eu de sacrés compliments au début que je la portais, puis, il est vrai que j’ai continué à la mettre par habitude, parce que je me sentais bien dedans tout simplement.
Je ne pouvais pas lui faire ça en effet, elle avait raison. Je raccrochai le cintre dans ma penderie, la flattai de la main et lui murmurai : tu restes avec moi, je crois que je suis autant attachée à toi que toi à moi.
je sentis comme un frôlement sur mon visage quand je refermai la porte de ce placard. Je ne rangerai rien aujourd’hui, j’avais le cœur trop serré par le chagrin de ma jupe.
Je la caressai encore une fois et lui fis un baiser dans le bas de l’ourlet.
Mon mari qui était dans la pièce depuis un moment, me regardait stupéfait !
— Tu embrasses tes fringues maintenant ?
— Pas mes fringues, s’il te plait, mes amies, celles qui m’accompagnent toujours, où que j’aille.
— Bien sûr, suis-je sot, me dit-il en éclatant de rire
Je ne saurai jamais s’il se moquait ou avait peur pour ma santé mentale, en tous cas, je n’ai plus jamais touché un vêtement sans m’excuser de le déranger.
Ce jeu d’écriture consiste à inventer un métier qui n’existe pas. Il peut être le plus proche de la réalité possible, ou même totalement loufoque. L’important est surtout de laisser libre cours à son imagination .
La Crémieuse
Lili n’avait pas son pareil pour faire rire les clients dans l’épicerie de sa mère. Elle avait inventé une façon bien à elle de s’occuper et comme cela marchait super bien, elle décida d’en faire son métier.
C’était fort simple : il lui fallait donc avoir sous la main en permanence trois ou quatre pots de moutarde et hop le tour était joué.
Elle préférait celle au poivre dite moutarde ancienne car il fallait de la consistance à sa préparation.
Elle mélangeait sa moutarde à de la crème fraiche, ajoutait une cuillerée de confiture de groseille et il n’y avait plus qu’à tartiner le pain de mie sous-vide que sa mère vendait.
Elle en préparait une centaine de pots par semaine et les vendant.
Un jour un représentant de commerce venant faire l’article à sa mère la trouva en train de faire son petit mélange ; intrigué il lui demanda d’où lui venait cette idée. Elle ne sut quoi répondre sinon qu’elle avait déposé le brevet et qu’il s’agissait d’un produit protégé : « crème de Lili » Mais comment appelle-t-on ce métier, Mademoiselle ?
Je n’y ai pas encore pensé mais je dirais : Crémieuse ? qu’en pensez-vous ?
Le représentant la regarda longuement et lui dit :
—J’achète votre stock et on passe un contrat, je fais connaître votre produit et en échange, vous m’offrez l’exclusivité de votre recette.
—Topons là mon brave dit Lili en riant, nous voilà associés et nous allons faire des montagnes d’argent vous verrez, nous ouvrirons une boutique et…
—Lili !Tu vas te décider enfin à te lever ? Ca fait une demi-heure que je t’appelle, tu vas être en retard à la boutique et ton père va encore se mettre en colère.
Lili se leva et sourit. Ouf ! elle ne travaillait pas elle était en vacances et aidait son père à l’épicerie. Elle avait toute la vie pour chercher un métier, quelle idiotie ces rêves : Crémieuse ! du n’importe quoi !
Pour le défi N°305 des Croqueurs, c'est An'Maï qui s'y colle !
Elle vous propose de poursuivre, en vers ou en prose ce vers du poème de Verlaine :
"Il pleure dans mon cœur"
Bien que ce début paraisse mélancolique, il n'est pas obligatoire que votre texte le soit. Humour et fantaisie sont permis
Rencontre
Il pleure dans mon cœur des larmes de colère. Depuis des années je veux rencontrer celle qui, pour l’état civil est ma mère. Abandonné… Ce mot que je dois répéter pour éviter de m’attendrir, ce mot tant de fois rejeté dans ma mémoire, ce mot… Il me brûle la gorge, alors que je sais que dans quelques minutes, je vais LA voir. Celle que beaucoup de ma famille connaissent, celle qui refusait jusqu’à ce jour de me rencontrer, elle arrive. Je le sais, je suis tendu… Mes tics d’enfance réapparaissent, je cligne nerveusement des yeux. Elle ne sait pas tout cela, elle n’a jamais essayé de savoir d’ailleurs.
Mon excitation est à son comble. Je l’attends. Et puis une question lancinante me taraude : a-t-elle vraiment envie de rencontrer le jeune homme grand et maigre que je suis devenu ? Sait-elle que mes yeux sont de la couleur des siens ? Sait-elle que mes cheveux sont bouclés comme les siens ? Sait-elle que mes intonations de voix sont les siennes ? Sait-elle tout cela ?
Une silhouette au loin, mon cœur qui chavire, mes yeux qui se remplissent de larmes, c’est elle !
Je n’ai plus de colère, que de la joie, un intense bonheur qui me fait murmurer : Maman….
Ce sera le printemps des poètes (du 14 au 31 mars) ; le thème est "volcanique" ; j'attends vos poèmes (toutes les formes permises, celles avec des vers, des acrostiches, sans, sous forme de texte également...). Possibilité d'éditer un poème volcanique d'un auteur aimé. Pour ceux qui préfèrent quelques mots pour pimenter votre texte, en voici quelques-uns : ardent, feu, Etna, rouge, lumière.
Je vous souhaite une belle inspiration et j'attends avec curiosité et joie, vos participations.
que vous souhaitiez écrire un message fictif, adresser un mot à un proche, ou même exprimer vos pensées à une personnalité politique... tout est permis! Laissez libre cours à votre imagination et à votre plume.
Je vous demande d'arrêter.!
Vous me harcelez depuis des mois et à chaque fois vous êtes sur mon répondeur. Vous me laissez des messages de menace. Vous allez je crois me faire enfermer, me faire arrêter par la police, me faire jeter en prison (ce sont vos termes) si je ne réponds pas à vos avances. Mais mon pauvre Monsieur, qui suis-je ? que suis-je pour vous ? qui êtes-vous ? Sinon un malade qui traine sa haine et son mal-être sur les réseaux sociaux.
Nous ne nous sommes jamais vus et vous vous êtes fait votre cinéma quand par hasard, vous prenant pour un ami, je vous ai répondu et échangé quelques phrases. Je suis presque sûre que vous faites ceci à beaucoup de femmes et que vous ne savez même pas qui je suis. Jamais, vous m’entendez jamais, je ne sortirai ou plus avec un homme qui me dit que je suis une sale communiste. Vous n’êtes qu’un pauvre type mais hélas je sais que c’est avec des gens comme vous que souvent le mal gagne.
Je ne vous dis pas mon nom ainsi vous chercherez laquelle des jeunes femmes qui vous avez agressées verbalement (jusqu’à maintenant) va porter plainte aujourd’hui pour harcèlement.
Pour ce défi 301 on nous propose un sujet "à la manière de".
Dans son livre intitulé : "Je me souviens" l’écrivain Georges Perec relate 480 petits souvenirs de la vie quotidienne, tels qu’ils lui reviennent à l’esprit, tout en invitant le lecteur à continuer cet inventaire.
Je me souviens
Je me souviens
Je me souviens de ma première rentrée des classes. J’étais seule, perdue car personne ne m’avait accompagnée nous étions dans un petit village, et un garçon, Maurice est venu me chercher par la main et m’a fait visiter. J’avais 6 ans et lui 10 un homme déjà !
Je me souviens que l’hiver, les mares étaient gelées et nous faisions du patin à glace dessus avec nos grosses galoches à clous.
Je me souviens que Maurice, pour reparler de lui, quelques années plus tard avait voulu frimer et était passé sur cette mare avec sa petite mobylette, hélas la glace s’était fendue et il était tombé à l’eau : plus de peur que de mal.
Je me souviens de mon premier baiser. J’avais 14 ans, il faisait de l’orage et Christian, un garçon de 15 ans, m’avait appelée sous son porche et m’avait embrassée sur les lèvres, j’ai vu des petits oiseaux mais le lendemain, il me boudait et ne s’est plus jamais occupé de moi.
Je me souviens des pot-au- feu du dimanche, dont on mangeait le bouillon jusqu’au mercredi !
Je me souviens de mes amis polonais. Ils étaient nombreux dans un petit village de deux cent cinquante habitants, il y avait au moins quatre famille.
Je me souviens de mon certificat d’études : nous étions tous réunis dans la cour du collège de la ville. Le doyen a cité tous les noms sauf le mien. J’étais atterrée et j’ai levé la main pour lui dire, morte de peur. Il s’est excusé, il avait oublié de tourner la page…
Je me souviens de nos étés d’enfants. Nous étions mobilisés par les cultivateurs pour cueillir les haricots verts, ramasser les pommes de terre et ensuite nous allions glaner et cueillir des pissenlits ; tout cela dans une ambiance joyeuse et délurée de jeunes libres et épris de liberté.
Je me souviens de mon premier amour. Ce fut un vrai coup de foudre. Je ne l’ai jamais oublié, et pourtant il m’a laissée pour une autre.
Je me souviens de mes manifestations, de mes grèves, de mon enthousiasme de jeune fille, puis de jeune femme puis de femme mature. On y croyait et j’y crois encore.
Je me souviens de mon enfance sans mère, sans père.
Je me souviens de ma vie de jeune fille avec un père plus que taiseux avec moi et heureusement une belle-mère adorable.
Je me souviens que je ne pouvais pas prendre le métro, pétrifiée d’angoisse quand je suis arrivée à Paris, j’avais seize ans et je venais des grands espaces. Ce fut un calvaire permanent. Car au métro, s’ajoutèrent rapidement les cafés, les restaurants, le cinéma : tout cela m’était devenu impossible.
Je me souviens de ma vie de femme engagée et déléguée du personnel.
Je me souviens de mon mariage entre amis.
Je me souviens des belles années de notre vie de couple. Les vacances de rêve, enfin un appartement décent quoique très rudimentaire mais comparé à une chambre de 12 mètres carrés c’était un palace.
Janvier n’est pas encore terminé et nous avons encore jusqu’à la fin d’année pour présenter nos vœux de bonne et heureuse année 2025.
Je vous propose donc, de vous mettre dans la peau du Loup ou de la Grand-Mère du petit Chaperon Rouge, d’écrire un petit texte sur le thème ci-dessous.
« Le loup présente ses vœux à la grand-mère du chaperon rouge »
Chère Mère-Grand,
Nous n’avons pas toujours été amis, je le sais. Mais laissez moi vous dire que votre petite fille est infernale, elle joue à me semer dans les bois. J’ai été obligé à plusieurs reprises de lui faire peur en lui disant que j’allais la dévorer. C’est un comble pour quelqu’un comme moi qui suis un ange de bonté. Vous n’en doutez pas j’espère ?
J’aurais tant voulu me déplacer et vous apporter un présent mais hélas mes vieilles pattes ne me portent plus. Peut-être que vous pourriez me faire apporter par le petit Chaperon Rouge, plusieurs de vos tisanes qui font tant d’effets sur les douleurs ?
Je me ferai un plaisir de la recevoir. Non non je vous assure, j’ai bien changé maintenant je ne mange plus d’enfants. Il faut dire que j’ai beaucoup moins d’appétit et puis les excès ne me font plus de bien. Je grossis trop m’a dit la petite. Vous voyez, elle sait tout de moi et n’a plus peur. Alors soyez gentille, laissez la venir me rendre visite, je suis si seul.
Quant à vous ma brave vieille Mère-Grand, que Dieu vous garde et que cette année soit la meilleure pour vous, le temps passe si vite.
Ah j’oubliais, en souvenir du temps passé, pourriez-vous également m’offrir une de vos robes de nuit et un bonnet je crève de froid dans ma tanière. Et puis ce sera une surprise pour la petite quand je les enfilerai.
Voilà en vous renouvelant mes vœux pour 2025, j’attends la petite avec impatience, je dirai même avec une forte envie de la revoir, elle doit être bien rondelette maintenant ?
Une réflexion sur une situation donnée et il faudrait que ces cinq mots y figurent : plaisir, joie, tendresse, film et gentillesse
Il y a vingt ans, vous avez connu un(e) ami(e) et vous vous êtes tout de suite entendus. Vous êtes toujours en accord quand vous parlez des grands problèmes de société. Il (ou elle) sait tout de vous et réciproquement ; tous vos petits secrets mais nous ne vous êtes jamais rencontrés « en vrai ».Comment ressentez-vous ou ressentiriez vous cette situation ? Dites le nous!
Vive l’amitié !
Je n’en reviens pas. Cela fait déjà plus de vingt ans que je connais cet homme et je suis convaincue que nous avons encore plein de choses à nous dire.
Il s’appelle Jonathan Lebrun. C’est très important de le signaler car on pourrait croire que je parle d’un personnage fictif, qui n’existe que sous un pseudo mais pas du tout. Il est bien vivant, en chair et en os et je l’adore. Oui je peux affirmer qu’il existe que ce n’est pas un fantasme virtuel et pourtant nous ne nous connaissons qu’à partir d’un site de discussions entre amis. Nous avons tout de suite sympathisé, ses prises de positions politiques me convenaient parfaitement et nous avons commencé à refaire le monde et échanger nos convictions avec beaucoup de plaisir. Car nous étions avant tout des militants , contre tout ce qui empêchait le monde d’être serein. Alors forcément il y avait de quoi parler pendant des heures, ce que nous avons fait. Et puis lentement, sur des mois, des années, nous en sommes venus à discuter de nos situations personnelles. Sa mère qui n’allait pas bien, son état de santé qui lui créait des soucis, et cette femme rencontrée avec qui il allait partir s’installer dans le midi.
Ce furent quelques années de silence. Il vivait sa vie loin et moi j’étais heureuse de le savoir heureux lui aussi. Et puis un jour il est réapparu. Son couple avait éclaté et lui s’était retrouvé à la rue. Et c’est à ce moment que notre amitié est devenue plus précieuse. Elle avait survécu à notre éloignement et c’est avec joie quenous avons vite repris notre complicité là où nous l’avions un peu laissée de côté. Il m’a raconté ses galères, je lui ai raconté ma vie qui n’avait pas changé. Et c’était reparti. Nos discussions sur tout et rien, nos rires tout redevenait comme avant, nous nous repassions le film de nos aventures réciproques, nos petits bobos, nos embrouilles.
Nous étions plus proches je crois que si nous avions vécu ensemble. Nous gardions chacun notre petite part de mystère mais si peu !
On se parlait parfois avec notre caméra et je n’hésitais pas à me présenter à lui avec une teinture en cours sur mes cheveux, la serviette sur les épaules et ça, je crois que c’est la preuve s’il en fallait une que jamais nous n’avons été au -delà de cet amour fraternel plein de gentillesse et sans contrainte.
Aujourd’hui nous sommes toujours tout l’un pour l’autre, et pourtant nous ne sous sommes jamais rencontrés. Des occasions ratées parfois, et finalement je ne regrette pas. A-t-on besoin de se tenir la main pour être très proches, à l’écoute et disponible ? Personnellement je pense que non. Jonathan et moi en sommes la preuve. Il peut avoir froid, je lui procurerai une couette, son chien peut avoir faim, je lui achèterai des croquettes, je lui ferai livrer ce qui lui manque et toujours sans nous voir. Je peux être déprimée, mal dans ma tête, il me rassurera, me guidera, me conseillera. Notre relation est indéfectible et nous nous aimons et nous nous le disons. On peut aimer sans connotation sexuelle, on peut aimer quelqu’un même si on ne le rencontre pas.
Je souhaite à tous mes amis(es) de rencontrer cette tendresse, cet amour qui fait du bien, qui réconforte quand on en a besoin.
Voilà tout est dit.