un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis
Défi 156 je vous propose de nous conter une histoire.
Oui un conte, un vrai,
Au milieu de tout cela, il peut y avoir, des lutins, des sorciers et sorcières,
des elfes, des géants, des fées, sans oublier les animaux…
Enfin tout ce qu’il faut pour faire un petit conte
C’est trop compliqué ?
Pas grave, racontez-nous une belle histoire de Noël et uniquement de Noël.
Mon vieux curé
Je piaffais d’impatience à la caisse du Carrefour de ma ville quand une main me frôla l’épaule.
— Bonjour Madame.
Je n’étais pas d’humeur, que me voulait cet homme ? Car forcément cette voix grave était celle d’un homme. Je ne me retournais pas tout de suite, exprès pour bien lui montrer que l’on ne m’interpelle pas ainsi. Je suis une femme sérieuse. Je suis mariée, j’ai deux enfants, encore en âge de procréer, alors que l’on me fiche la paix. Je ne cherche aucune aventure, bien au contraire, car comme le veut mon éducation, j’ai juré fidélité à l’homme qui partage ma vie. Mais revenons à cette journée que je n’oublierai jamais.
Au bout d’une minute — c’est long une minute lorsque l’on attend— il me frappa de nouveau sur l’épaule et cette fois se pencha vers moi en souriant. :
— Alors on fait la fière ? On ne reconnait plus son vieux curé ?
Je rougis jusqu’à la pointe des cheveux, tellement gênée d’avoir eu des pensées malsaines vis à vis de cet homme.
Je me retournai enfin vers lui :
— Oh Monsieur l’Abbé ! Je ne vous aurais pas reconnu, mais que faites-vous là ?
— - Drôle de façon de me sauter au cou, petite Martine, tu te souviens quand même que nous avons eu de bons moments ensemble.
Je rougis de plus belle, la honte cette fois. Pourvu qu’il ne raconte pas tout haut notre aventure.
— Ne crains rien, ajouta-t-il en souriant, je ne dirai rien de plus, c’est notre secret.
Les autres clients commençaient à nous regarder, égrillards, ils attendaient que l’un de nous deux explique ce qui s’était passé. En tous cas ce ne sera pas moi !
— Tu te rends compte que ça fait maintenant plus de trente ans ? Tu dois avoir dans les trente- deux ans si je me souviens bien ?
— Oui en effet, répondis-je, évasive.
Et là, mon vieux curé qui lui, approchait au moins de quatre –vingt- dix ans, se retourna vers les clients qui faisaient la queue, et leur dit :
— Figurez-vous que cette jeune femme bien mise, m’a pissé dessus quand je l’ai baptisée et pire un jour de préparation à la communion, elle s’est isolée dans le confessionnal et a fait ses besoins.
Quand elle en est ressortie, elle s’est sauvée et n’a jamais voulu avouer que c’était elle.
— Alors aujourd’hui Martine, qu’il y a prescription, est-ce bien toi qui a fait ta grosse commission dans le confessionnal ?
Je ne savais plus où me mettre, les gens commençaient à rire. Certains dirent même : tout cela n’est qu’une question d’éducation, vous étiez une gosse mal élevée c’est tout.
Je ne pus me retenir j’envoyai tout valser à la caisse et me retournant vers le curé, je lui criai : oui c’était moi mais par contre c’était vous qui pissiez tous les jours sur la tombe du maire que vous ne pouviez pas voir !
Le curé devint tout pâle.
— Vous voyez l’abbé, moi aussi je peux déballer. Je ne vous salue pas et ne suis vraiment pas ravie de vous avoir retrouvé tant d’années plus tard. J’espère que d’autres occasions de ce genre ne se présenteront plus.
Très digne, laissant mon caddie et mes achats je repris mon sac en bandoulière et sortit du magasin me jurant de ne plus jamais y remettre les pieds.
Défi 154 croqueurs de mots
Choisissez un mot ou une expression de neuf lettres* de votre choix. Ecrivez un texte à votre convenance (en prose ou en vers) de neuf phrases, chaque phrase devant commencer par une lettre de votre mot en les prenant dans l’ordre ou dans le désordre mais toutes les lettres doivent y être et seulement elles.
Reviens
Dire que je l’aimais !
Eperdument ? Non mais trop sans aucun doute.
Sans lui je suis perdue,
Epuisée, et surtout mal, très mal !
Si mal ! Je retourne la question mille fois :
Pourquoi ? Je n’y trouve pas de réponse.
Oui pourquoi ? Ce seul mot suffit à me faire pleurer
Il me manque tant !
Reviens ! Je ne suis plus rien sans toi.
Écrire avec pour thème un, plusieurs ou ces 7 péchés capitaux
Jeu 148 (croqueurs de mots) l’Océan
Pèlerinage
Défi 147 des croqueurs de mots :
“Ohé matelots, matelots naviguent sur les flots”
Les matelots n’ont pas le choix du capitaine
Sont-ils à la fête ? Ou complotent-ils ? Après avoir observé leur manège : Dites-moi, avec le style qui vous convient le mieux, ce que vous en pensez.
Le capitaine
Cinq hommes portant pour tout bagage
Un uniforme de marins
Se sont regroupés près du bastingage
L’un d’eux semble plus disert :
Oh les gars !il ne sera pas dit
Qu’un homme venu de la ville
Un capitaine de pacotille
Un marin de salon
Entrainera les matelots !
C’est bien beau d’avoir du galon
Mais il faut connaitre la mer
Et là il veut nous faire naviguer à vue
Une tempête arrive
Et il ne veut pas céder !
Foutons- le à l’eau
Pour qu’il connaisse
Enfin la mer !
Allez les gars : un! Deux ! Trois !
Et le capitaine tout frais émoulu
Des grandes écoles
Dans l’eau se débattit
Sous les rires et les moqueries
De ses matelots.
Très chers patients, notre amie Enriqueta a l’honneur de nous inviter
A l’hôpital des Croqueurs où nous serons tous malades le Lundi 20 Avril :
Elle voudrait qu’on lui raconte une histoire de malade
Ou de médecin ou de pharmacien ou d’hôpital ou de médicament… ou un mélange.
Elle tue le bonheur
Quand elle nous tombe dessus.
Pourquoi moi je me le demande ?
J’attends.
Les bruits de machines les voix étouffées,
Et moi.
La vie, la mort autour de moi
Faites qu’elle ne s’arrête pas
Qu’elle m’épargne !
Qui n’a pas vécu cette angoisse,
Cette attente,
Ce grand moment de solitude,
Qui nous prépare à une chose
Que nous ne connaissons pas.
Dont nous n’avons même aucune idée,
Ne pourra comprendre ces quelques mots
Griffonnés à la hâte pour tromper
La peur envahissante au fur et à mesure
Que les minutes s’égrènent !
Les mains moites, les aisselles humides
Nous attendons fragiles et vulnérables
Assis sur le bord des fesses
Le corps en détresse.
Une voix m’a dit : attendez quelques instants
Nous viendrons vous donner les résultats
Allez vous installer dans la salle d’attente.
Ca fait des minutes que j’attends,
Presque une heure que je suis là,
Diminuée, tremblante.
Je n’ose regarder autour de moi
Des malades perfusés, des lits médicalisés
Je suis vraiment dans un couloir d’hôpital.
Et cette télévision haut perchée
Qui diffuse un feuilleton insipide
Que personne n’écoute ni ne regarde.
Trop haute pour ceux qui sont assis
Et inutile pour les alités.
Mon dieu, je ne crois pas en toi !
Mais fais que vite sur mon sort
Je sois fixée
Surtout que l’on ne vienne pas me dire
D’une voix musicale : un tout petit rien
Madame, ce n’est qu’un tout petit rien.
Pourvu que cette phrase reste derrière
Ces portes blindées ! et que souriante
Une dame en blanc me murmure :
Tout va bien madame.
En attendant, personne ne vient
Et j’ai peur !
Un homme tousse, une femme se mouche
Une autre toute pâle essaie de retrouver son souffle,
Essaie simplement de survivre
Encore un peu, couverte de tuyaux,
de perfusion et le souffle court.
J’écris, je tremble, le buste raide
Je frissonne de froid ? Non,
Je pue l’angoisse et la peur, je le sens
Cette attente est inhumaine.
Une heure est passée, je suis toujours là
Un autre malade est arrivé dans le couloir
Il traîne sa bouteille d’oxygène, il est livide,
Il marche avec une canne.
Peut-être bientôt ferai-je partie de ceux-là ?
Je rejoindrai peut-être cette horde de malades en partance
Désabusés mais pleins d’espoir …
D’un peu de vie….
Madame D ? Voilà vos résultats
Nous vous conseillons d’aller voir votre médecin
Devant la terreur que doit refléter mon visage
La dame en blanc ajoute :
Oh ! ce n’est pas grave, un petit rien
Un tout petit rien, mais il vous expliquera
Bonne journée madame !
Comment puis-je passer une bonne journée ?
Il va me falloir attendre encore ?
Je vais lire les résultats puisque je les ai là…
Dans une grande enveloppe bleu ciel
Je lis en marchant vers la voiture
Je ne comprends pas un mot !
Pourtant c’est de moi qu’il est question ?
De mon corps ? Je baisse les bras,
Je souris vaillamment à celui qui m’accompagne :
On m’a dit qu’il n’y avait qu’un tout petit rien.
Nous attendrons de savoir ce qu’est, ce petit rien…
Sûrement rien
Sinon ils me l’auraient dit hein ?