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Le blog de Marie Chevalier

Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits et pour y recevoir mes amis

defis croqueurs de mots

Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Pour le défi  210 du lundi 22 octobre, inspirez vous de la photo

pour écrire un texte en vers ou en prose

 

 

 

 

Profiter d’un imprévu

 

Il était huit heures du soir un 10 juin quand je me retrouvai coincée devant le  passage du Gois ; j’étais allée faire des courses  et  le temps passant, j’avais complètement occulté que  j’allais arriver trop tard pour rentrer à Beauvoir. En plus  la roue arrière de mon vélo était voilée, et j’avais roulé tant bien que mal. C’était une journée poisse. Cela arrivait parfois et  franchement depuis quelque temps c’était souvent.

Ma fille venait de quitter la  maison en claquant la  porte, elle en avait assez d’être considérée comme un bébé alors qu’elle venait d’avoir  dix-huit ans, mais que faire d’autre que  de la remettre dans le droit chemin alors qu’elle s’égarait en fréquentant des  petits voyous de touristes qui se servaient d’elle pour  leur payer leurs boissons.

Bref  j’en avais assez de cette vie de  routine. Tous les jours  je partais travailler chez une vielle dame, une  parisienne qui habitait l’ïle.  Mais justement, elle me tenait la  jambe jusqu’à pas d’heure et ce soir encore  je n’ai pas eu le courage de la faire taire quand elle m’a raconté ses histoires de famille. Conclusion me voilà comme une idiote sur mon vélo, un pied  à terre, espérant quoi on se le demande ! Sûrement pas que  la  mer s ‘ouvre pour me laisser passer !

Je refaisais le chemin à l’envers et me revoyait  il y a  une vingtaine d’année, enceinte de  quelques mois riant en pédalant comme une  forcenée avec mon futur  mari. On riait  on luttait contre les éléments disions-nous et  on était tellement heureux quand on touchait  le « continent. »

Aujourd’hui, mon mari s’est envolé avec une autre femme plus  jeune et je suis seule à élever cette gamine. Ce soir je ne sais ce que je vais faire.  Coincée pour des heures, attendant  la marée  basse ou carrément aller  me prendre une chambre d’hôtel sans  prévenir  personne, rien que  pour  me sentir  libre ? Ce  plan me plait bien.

— Maman, j’étais sûre que tu allais encore te faire piéger, je t’ai cherchée  partout et la bonne femme chez qui tu travailles  m’a dit que tu venais de  partir.

— Et toi  que fais-tu là ? Tu m’espionnes ?  Demandais- je  d’une voix agressive 

— Maman calme toi, et si pour une fois tu me faisais confiance ?  viens  suis-  moi  on va aller  dormir  à l’hôtel, j’en connais  un super et on parlera entre filles , on mangera au resto, c’est  l’occasion, on est  bloquées  alors ?

— D’accord  ma fille allons-y  mais tu sais mon vélo est déglingué, la roue arrière est voilée  il est tombé…

—Laisse- le ici et  monte sur mon porte  bagage, ce n’est pas loin.

Me voilà donc  assise en serrant fort  la taille de  ma fille et finalement  pas  mécontente que  cette occasion nous soit donnée de  sortir ensemble et de casser la routine. Un vrai plaisir.

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

Un petit texte en prose incluant quelques expressions (3 ou 4)

avec le mot œil ou le mot yeux,

 

 

Oh la belle bleue !

 

Nous étions le  14 juillet  et  les feux d’artifice  éclataient  partout  sur Paris.  Je voyais cela de  ma terrasse et  m’émerveillait devant tant de beauté. Ma femme qui était restée  dans le salon le regardait  à la télévision, c’est du moins ce qu’elle m’avait dit.

  J’avais beau l’appeler  et  lui répéter  que c’était nettement plus intéressant en direct, elle ne  me répondait pas.

Au bout de dix minutes  je me décidai quand  même à venir voir ce qu’elle faisait et là je  restai bouche-bée. Elle était assise sur son fauteuil préféré et  la tête  appuyée au dossier elle s’était mis son fameux masque anti-lumière sur les  yeux. De plus  j’étais sûr qu’elle portait également les  boules  Quies dans les  oreilles.

Je m’avançai vers elle, elle ne  m’entendit pas arriver. Pour ne  pas  l’effrayer  je lui tapai sur l’épaule. Elle fit un bond,  ôta en râlant son masque et  me demanda  pourquoi je la dérangeais.

— Mais  chérie c’est le feu d’artifice, tu imagines  toute cette splendeur, ces  lumières de toutes les couleurs, tu redeviens enfant et tu as envie de crier : Oh ! La belle  bleue ! Oh ! La belle rouge ! Tu en prends plein les  yeux  gratuitement.

— Et si moi je ne veux  pas  m’éblouir ? Si moi je  préfère ne pas entendre ni voir ?  Tu peux te rincer  l’œil sans avoir à me déranger, non ?

— Tu es injuste  je voulais simplement te faire admirer gratuitement, à l’œil si tu préfères, un magnifique  spectacle.

— Toujours ton côté pingre, du moment que c’est gratuit  tu es toujours  partant !

Je retournai sur la terrasse écœuré.  J’avais voulu lui faire plaisir et voilà qu’elle  me cherchait querelle. 

Je  m’en bats  l’œil de ses réflexions  car de toute  façon, je  l’aurai autrement : quand elle  voudra  m’emmener  à ses  rencontres Tupperware avec ses copines  je refuserai, elle sera  bien ennuyée car elle ne conduit  pas et a  besoin d’un chauffeur, moi en l’occurrence : œil pour œil dent pour dent  non mais !

Ah ! Voilà le bouquet final ! Que c’est  beau ! Mais  mon dieu que c’est  beau !  Elle rate, elle ne se rend  pas compte ! Oh et puis zut c’est son problème.

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

On recrute chez les croqueurs de mots

 Chers tous

Nous voilà arrivés à la fin des vacances et  nous allons de nouveau nous retrouver tous ensemble pour essayer d’amuser du moins d’intéresser nos amis qui aiment nous lire sur internet.  L’an dernier, ils ont été nombreux à nous suivre sur nos blogs et  nous espérons que cette année sera encore meilleure.

Pour ce faire la Direction et moi comptons sur vos compétences, vos intérêts communs  pour  l’écriture, la lecture et  pourquoi pas la  peinture.

Nous avons besoin de tous et  comme  tous les ans, nous remercions les volontaires qui voudront bien partager un bout de chemin avec  nos folies littéraires. 

Nous insistons  particulièrement cette année car nous savons que nous avons une forte concurrence avec les réseaux sociaux. 

Chers amis, ne nous laissons pas déborder  par ces leurres car  nous, ce que nous  proposons, c’est du collectif, sans compétition, sans récompense que pour le  plaisir de  partager.

Venez nombreux et  inscrivez-vous  à cette adresse :

http://croqueursdemots.apln-blog.fr/

Il ne vous sera  demandé aucun justificatif, simplement que vous aimiez écrire et lire et rire avec notre communauté.

Je vous souhaite dès à présent une très bonne rentrée  et compte sur votre  présence pour nos  prochaines aventures ;
Cordialement

Signé les  « croqueurs de mots »  qui demeure notre enseigne.

A vous lire

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Chère Arlette est un roman choral composé de lettres de plusieurs des personnages de la trilogie Les Filles de Caleb à leur auteure, Arlette Cousture.  Pouvez- vous imaginez qu’un personnage fictif rencontré à travers un roman ou un film vous écrive ? A moins que ce soit vous qui ayez quelque chose à lui dire ?

Dans le défi du lundi, présentez- nous ce personnage, sa lettre ou la vôtre.

 

Chère Cendrillon

Nous ne nous connaissons  pas  mais je voudrais quand  même vous dire que ce n’est pas normal de vous laisser marcher sur les pieds de la sorte. Est-ce que vous vous rendez compte que votre  belle-mère et vos demi-sœurs vous  prennent  pour leur bonne ? 

Vous êtes toujours gentille  et elles en profitent. Je vais vous donner quelques conseils :

D’abord vestimentaires ; vous  êtes  sale comme un peigne ! C’est  presque normal que les autres  vous  repoussent. Vous leur faites honte.  Alors d’abord commencez  par vous habiller. Je sais vous allez  me répondre que vous n’avez  rien à vous mettre ! Allons donc vous  êtes  habile de vos mains alors  prenez une robe de  votre belle-mère, une de ses nombreuses qu’elle ne  porte plus. Mettez- la  à votre taille et hop !

 De plus  lavez-vous ! Faites votre toilette ! Je vous en prie  vous sentez  si mauvais à 10 mètres  à la ronde !  Vous  verrez quand  vos cheveux brilleront que votre visage sera  lisse et propre et bien c’est certain leur attitude changera.  Je sais là encore vous allez  me dire que vous ne  me croyez  pas. Mais alors  pourquoi allez-vous croire  cette satanée fée qui va vous raconter des  sottises et  vous  faire croire elle,  qu’un prince va  vous remarquer  mais  même  pas en rêve  ma pauvre Cendrillon !

 Vous sentez trop mauvais ! Alors faites donc  ce que je vous suggère et  n’écoutez  pas cette sorcière.  Dans la  vie  ma brave demoiselle il n’y a  pas de  miracle. Pauvre  vous  êtes  pauvre vous resterez  mais au moins  soyez  une  pauvre  propre et qui sent autre chose que  le vieux bouc. D’accord ?  Je compte sur  vous.

Je me suis  permise de vous  bousculer un peu mais c’est  pour votre bien, vous n’en doutez  pas n’est-ce pas ?   Au fait avez-vous  l’adresse de votre prince, je cherche moi-même un galant homme  pour m’accompagner  un bout de chemin

Donnant donnant  ma chère,  je vous aide  à être belle et  vous me  prêtez votre  prince !

Je vous embrasse affectueusement comme une maman  le ferait

Bien à  vous  

Une fan du 21 ème siècle

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Nous sommes en 2500 d’étranges créatures ont investi la planète.

mi – robots mi  créatures de légendes.

Adeptes du lipogramme elles se sont chargées d’éliminer toute lettre G de leur vocabulaire.

A nous d’imaginer un dialogue ou une histoire en nous inspirant de cette photo.

 

Horrible cauchemar

Nous sommes en 2500.

Un million seulement d’êtres humains ont échappé à la terreur. 

C’est ainsi que  nous appelons ce qui nous ai tombé dessus il y a  quelques semaines.

Il faisait très froid, mais cela nous connaissions  bien.  Nous  étions  sans arrêt  couverts de fourrures  prises sur les cadavres des  loups et des ours qui mouraient de faim. 

Cela nous plaisait bien.  On pouvait ainsi survivre. On avait encore  le droit de  faire du feu avec les  poutres des maisons  que nous démolissions au fur et à mesure de nos besoins en chaleur.

Tout était blanc. Une énorme boule  était tombée  un jeudi soir et avait enseveli toute la planète.  Elle s’était accrochée au sol et  nous marchions dessus au risque de perdre nos  pieds, tellement c’était  froid. 

Dans d’autres temps, ils avaient un nom pour exprimer cette matière dure et froide  mais  la voix qui s’était élevée venant de nulle  part mais se répercutant  partout avait été claire : si nous  prononcions  ce nom nous  mourrions sur le champ. Nous nous souvenions très bien que c’était  très joli ces flocons  mais cette pluie froide en refroidissant devenait … le mot interdit…

Bien que les conditions de vie  soient épouvantables, nous ne voulions  pas mourir et nous trainions  notre faim, notre  ventre vide  en dérapant sans cesse sur ce sol fabriqué par nos envahisseurs. Car bien que nous  ne les voyions  jamais, nous étions certains que des  êtres  étaient venus en même temps que cette boule  immense.

C’est  ma  mère qui le vit la  première; devant  nous, dans cet espace désert et immense, deux  choses  hideuses  s’affrontaient.  De où sortaient ces monstres en fer ?  Nous ne le saurons  jamais  car ce qu’ils étaient en train de faire était tout simplement un duel pour  savoir lequel remporterait  la terre.

Ce fut le plus  petit.  L’autre se broya et pire fondit devant l’autre  pour ne laisser qu’un morceau d’acier en fusion.

Nous avions compris une chose. Il fallait  les chasser et essayer de  les trouver pour les exterminer. Comment ?  En faisant un énorme feu  avec les quelques  arbres  qui restaient  plantés dans le sol et  les jeter dedans.  L’idée était bonne  mais  comment  savoir où les trouver ?

Ce fut l’alarme de mon téléphone qui me réveilla en sursaut.  Il me fallut du temps  pour réaliser que j’avais rêvé. 

Je ne saurai donc  jamais  comment  me débarrasser de ces  monstres. Ou alors si : en jetant les jeux vidéos de  mes enfants  au feu.  A force de les  voir sur leurs tablettes, je finissais  par penser  qu’ils existaient.

 — Maman, maman, viens voir dans la cour,  vite ! Il y a des petits bonhommes en fer qui se battent.

Je m’évanouis et  personne ne sut jamais pourquoi ….

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Défi  204 :  Robert

Nous fêterons la Saint Robert !

A vous de nous parler des Roberts célèbres ou non, du petit Robert, de la ville de Robert, des roberts, que sais-je encore… !!! En prose ou en rime, et surtout de tenter de nous faire sourire.

 

Robert le cancre

 

Le jour où j’ai rencontré Robert, il venait juste de débarquer de sa ferme natale.  Ses parents l’avaient envoyé à la ville, chez  nous,  afin que nous  le logions quelques semaines en attendant qu’il trouve un travail. 

Ce ne fut pas simple car  il faut dire  que ce brave garçon ne savait pas lire. Quand il fallut remplir sa lettre de motivation,  je décidai de taire cet handicap en me jurant que je ferai tout pour lui apprendre rapidement à se débrouiller

Sa mère était ma sœur et elle avait fait ce que l’on appelait à l’époque un beau mariage.  Le cultivateur du village possédait pratiquement toutes les terres aux alentours et se pavanait dans sa BMW toute la journée pendant que deux garçons  s’occupaient des tracteurs, des semailles, de la fenaison, de  la moisson, bref de tout ce qui  se fait dans une ferme. 

Ma sœur  qui adorait son gros nounours comme  elle  l’appelait  prenait soin des  bêtes.  Ils avaient depuis longtemps arrêté  l’élevage des bovins et  avaient par contre  un beau cheptel de volailles, très prisées par  les  ménagères.

Hélas, il y avait Robert. Que faire de ce gamin qui passait ses journées  à regarder le ciel et à chantonner assis au bord du champ où s’escrimaient les deux ouvriers agricoles. Jamais un coup de mains, jamais une aide.  Il se goinfrait des casse-croutes mais surtout ne partageait pas. En fait il était  odieux et  pas du tout apprécié. Il le savait et  il disait  souvent « : ils ne  m’aiment  pas ?  Je m’en fous moi non plus.

C’est donc ce jeune homme de vingt-cinq ans que je devais prendre en charge pour quelques semaines. Rodolphe et moi n’étions pas spécialement emballés mais  bon, nous n’avions pas d’enfants et ce jeune homme  pouvait s’améliorer sans doute au contact de gens différents et  surtout disponibles pour lui.

Un jour je rentrais de faire mes courses et  j’en avais  profité  pour acheter un « petit Robert ». Cela me serait plus simple  pour lui expliquer  les mots.

Quand  il déballa le paquet cadeau que m’avait fait gentiment la vendeuse, il s’écria : mais c’est moi, c’est moi qui l’ai écrit  et pourquoi ils m’ont  mis  que j’étais  petit  je suis grand  je mesure  un mètre quatre-vingt !

Il paraissait horrifié que l’on ait pu lui faire  « ça »  Comment avaient-ils osé ! Il criait, vociférait  et se mit à pleurer en répétant : je ne suis  pas petit, je ne suis  pas petit.

Vous imaginez dans quelle galère je me retrouvais ? Allez donc  lui expliquer sans le froisser qu’il s’agissait d’un livre et qu’avec ce livre  j’allais lui apprendre à lire et écrire ?

Quand mon mari rentra, je lui expliquai ce qui s’était passé cet après-midi  et il s’est  mis à rire.

  • Tu aurais  dû acheter le  petit Larousse, me dit-il, hilare.
  • C’est que tu ne connais  pas Robert, il trouvera encore autre chose, en fait je crois qu’il ne veut pas apprendre, c’est un paresseux ?

J’étais furieuse. Je téléphonai à ma sœur pour lui expliquer et vous savez ce qu’elle  m’a répondu ? 

  • Tu  es vraiment  incroyable, tu connais son prénom et tu le nargues en achetant  un dictionnaire du même nom.
  • Mais je ne le croyais  pas assez bête  pour  penser cela !
  • On voit que tu n’as pas d’enfants, regarde Robert De Niro il a appris à lire  sans dictionnaire  mais avec une femme qui avait envie de  le faire sortir  de sa  misère.

Je raccrochai, ma sœur était aussi folle que son fils ! Elle mélangeait les films et la vie, pas étonnant que son Robert  soit  ignare.

Je décidai d’arrêter là, et je le reconduisis  à la gare. Arrivée sur le  quai, il m’a regardé  bizarrement et  m’a dit : tu sais que tu es très jolie et en plus  tu as de beaux petits roberts. Je craquai, le plantai  là et partit en courant et surtout en riant !  Ah ! Ça, il savait ce que c’était  plus que  les mots du dictionnaire !  Quel pitre ce Robert !

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

Pour ce défi 203 Laura nous propose sa partici “PASSION” …

Elle fait  appel à votre gourmandise livresque en mariant ses deux passions :

"Les livres et les paysages"

 

La vieille dame qui s’aime

 

Je suis devenue une vieille dame sans m’en rendre vraiment compte. En effet  il se trouve que j’ai toujours fait fi de mes anniversaires. C’était l’occasion pour moi de recevoir des cadeaux et certaines fois  pas des moindres. Je me faisais belle  pour ce grand jour et surtout  pour entendre autour de moi des chuchotements d’envie :

— Vous avez vu comme elle se tient bien ?

— Vous ne pensez pas qu’elle se fait tirer la peau ? 

— Vous croyez ? Remarquez  cela  serait bien dans sa nature : que du faux, du clinquant, vouloir toujours épater les autres.

Leur jalousie ne m’atteint pas car  je sais comment elles peuvent être odieuses  même entre elles alors qu’elles sont copines, alors moi qui ne suis pas de leur monde forcément, elles ne m’aiment pas.

Si l’on réfléchit bien ça veut dire quoi aimer ? on aime  le lapin en gelée  on aime  être bronzé, on aime sa  meilleure amie, on aime  peut-être un homme ? on aime peut-être une femme ?

Ce verbe divulgué ne veut rien dire hors de son contexte.

Donc  je ne plais pas. Soit on m’ignore, soit on me fait des courbettes sous  prétexte que je suis une grande dame de la  littérature. Je reste modeste  mais  mes romans ont un succès fou surtout auprès des adolescents. En effet  j’aime décrire  les sentiments de frustration que peuvent ressentir  les adultes  face à leurs gosses qui doucement entrent dans leur monde. Et là je suis formelle bien que les  parents ne veulent pas l’admettre, il y a des tensions qui ressemblent fort à de la jalousie.  Ces enfants les poussent vers la vieillesse en s’épanouissant et comme je n’aime pas les gens, je trouve cela jouissif. L’autre jour une voisine (à qui je ne dis que bonjour  bonsoir) s’approche de moi et  me fait remarquer avec arrogance que ma jupe a  une tache en bas sur l’ourlet.  Je rougis et vexée  je lui réponds du tac au tac que la tache sur ma jupe n’atteindra jamais celle qu’elle a sur la joue.  Oui je sais ce n’est pas gentil, mais elle  m’avait cherchée aussi et ce n’est pas de mon fait si elle est  née avec une  «tache de vin » sur le nez. 

Je  bavarde, je bavarde mais en fait  ce que je veux surtout dire  c’est que  mon souci principal n’est pas de plaire. Que l’on aime  mes livres  j’en suis flattée bien entendu mais  je ne me prends pas  pour  une grande écrivaine. Je préfère de loin la lecture, m’embarquer  avec Victor Hugo  les matins quand blanchit la campagne  ou rêver au bord d’un lac avec Lamartine....  J’aime la littérature poétique, j’aime  les grands espaces, la  mer, les lacs mais je  m’égare…

Un bon livre vaut tous les amis du monde. Mais  me direz-vous  qu’est ce qu’un bon livre ?  je répondrai sans hésiter : les miens…

Je croule sous le succès, on s’arrache mes romans et  moi-même  j’adore me lire. Assise devant  un plan d’eau, devant  la mer, dans  un parc  ou tout simplement  juste en regardant un beau coucher de soleil, mon livre fermé par son marque-pages là où je sais que  j’ai écrit le plus  beau passage.

Je fais de l’autosatisfaction ?  C’est ce que pense cette  garce de  voisine, mais elle ne sait pas tout ce que  j’ai dans le cœur, dans la tête et  dans les doigts. Elle ne sait pas ce que je ressens quand  je regarde un arbre en fleurs  ou mieux un oiseau chanter à la plus haute branche !

Car j’ai une devise : j’aime ce qui est beau, je cite : mes romans et la nature. Je suis donc une femme  heureuse, n’en déplaise à mes détracteurs.

 

 

 

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

 

Défi 202 croqueurs de mots

“LE TANGO EST UNE PENSEE TRISTE QUI SE DANSE !” (Enrique Santos Discépolo)

 

J’avais vingt ans et j’étais follement amoureuse d’un garçon de mon âge mais hélas il ne me regardait point.  Nous avions pourtant une  passion commune  la danse. Nous habitions Paris tous les deux et le samedi soir  nous nous retrouvions devant  des  bals. Nous  adorions cela.  On ressortait vers les  deux heures du matin ruisselant de sueur et  les vêtements collés au corps mais comme nous étions  heureux ! Nous étions amis d’enfance malgré nos différences. En effet  la famille d’Hervé était très riche et la mienne était à leur disposition.  Je m’explique : ma mère faisait  le ménage, la cuisine et  mon père servait de chauffeur et d’homme  à tout faire dans  leur hôtel particulier. Mais cela  ne nous avait aucunement gênés et  nos parents avaient eu la délicatesse de ne  jamais  parler de notre position sociale réciproque, si bien que nous avons très vite tout partager. Au début  il me donnait ses jouets qu’il ne voulait  plus  puis ce fut des vêtements. J’adorais  me déguiser en garçon alors ses pulls, même ses  pantalons que ma mère retaillait  à ma  taille me convenaient parfaitement. Puis doucement  il y eut  une  petite étincelle : nous ne nous tenions  plus  par la main par exemple. Il ne  me  parlait plus de ses copines ni moi de mes copains.  L’un et l’autre étions en train de devenir des adultes et  nos occupations  divergeaient. Il partait en voiture avec ses  parents dans leur  maison de campagne et  nous restions dans notre  modeste logement.  Je m’ennuyais et c’est à ce moment que j’ai connu Jonathan qui  adorait danser.  Il m’emmenait partout avec son scooter dans les bals de  banlieue.  Je m’épanouissais et  flirtais avec tous. Il n’était pas jaloux, il savait que de toute façon notre amourette ne serait qu’éphémère car il devait partir en Allemagne pour continuer ses études diplomatiques.

De plus en plus, je me languissais d’Hervé et ça m’agaçait car il n’y avait rien entre nous que  de la tendresse et de l’amitié. Il fallait que je m’y fasse, de toute façon, nous n’étions pas du même monde.  

Et puis un soir que je dansais avec Jonathan dans un petit bal de banlieue, je  me mis à pleurer. Immédiatement, mon amoureux s’inquiéta : tu es souffrante ?  Tu as mal quelque part ? Tu veux que l’on rentre ?

Je sanglotai de plus belle sans pouvoir répondre. Comme il insistait, d’une traite je lui avouai que le tango que nous étions en train de danser était notre chanson fétiche  à Hervé et moi.  Je lui avouai également qu’il me manquait terriblement.

Il eut une  petite réaction déplaisante  mais je le compris. Il me repoussa et  me proposa de me raccompagner.  Le visage fermé, il ne desserra pas les dents jusqu’à ce que nous  arrivâmes devant chez moi, en bas de  mon immeuble et là il me dit: c'est la  dernière fois que nous nous voyons  Isa, je ne supporte  pas d’être le second. 

Je ne répondis pas, je l’embrassai sur la joue et il partit. Je venais de prendre conscience à ses  mots que j’étais  complètement dingue d’Hervé,  mon copain d’enfance.  Il avait fallu ce sacré tango pour que je me rendre compte à quel point il comptait pour moi.  La route sera longue  pour arriver à le convaincre car  de son côté  je sais que je ne suis qu’une  copine  mais j’y arriverai. Je l’emmènerai au bal et  lui avouerai que je l’aime  en dansant : la comparsita que nous dansions quand nous avions  dix ans  en écoutant les vieux disques de ses  parents.

Quand on sera grands, ce sera notre chanson en avions-nous décidé, en scellant notre vœu d’un doux baiser sur la joue.

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

Défi 201 croqueurs de mots

Nous sommes en hiver et …

« Quand Paris s’enrhume, l’Europe prend froid »

 

Mon amie belge  a attrapé un rhume. Normal elle me dit qu’il fait très froid.  Je lui réponds que nous avons  moins  2 sous abri à Paris. Elle ricane et me répond  moins  8 nous avons, vous me faites sourire avec vos  moins 2.

David, un copain de longue date  qui vit maintenant en Angleterre ne se sent  pas bien depuis quelques jours, je crois qu’il a attrapé une bronchite, normal il fait   moins  12 chez  lui.

Ma meilleure copine, elle, n’a pas voulu rester en France.  Alors depuis trois ans elle vit en Allemagne et vous savez quoi ?  Elle  m’a fait un mail ce matin, elle  est au fond de son lit, fiévreuse et elle attend le  médecin.  Il faut dire qu’il fait moins  13 dans son village.

Le seul qui résiste  à cette vague de froid  c’est mon ancien flirt italien.  Logique, ils ont un soleil magnifique et il fait  3 degrés chez eux.

Mais je dois vous  laisser  je commence à éternuer.  C’est logique  je suis allée  me  promener sans bonnet.

Je n’ai pas de relations dans tous les  pays d’Europe  mais  quand  même  je m’interroge. Il suffit que  j’éternue pour que mes amis dans d’autres pays soient  malades.  Aurais-je  un don ?  Y aurait-il un principe de communication de virus. ?  Par mail peut-être ?  Par sms ?  Ou simplement au téléphone ? 

Alors  je ne vais  plus écrire, je ne répondrai plus au téléphone, je vais  moi aussi sous  ma couette et attendre que cette épidémie de froid  parte. Dès que le soleil reviendra je reprendrai ma correspondance avec  mes  amis lointains. En attendant, Paris commence  à souffrir terriblement du froid. Forcément pendant que je  vous parlais la température a chuté  à moins  16 et la mienne est  montée  à 39,7…. Ou l’inverse.

 

 

 

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Publié le par marie chevalier
Publié dans : #défis croqueurs de mots

La principale consigne est de commencer son texte par« je me souviens » et une proposition de consigne supplémentaire, uniquement si vous en avez envie : choisir un mot unique dans la liste et l’intégrer dans votre texte : maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi 

 

J’ai tout géré

Je me souviens, c’était un jour comme aujourd’hui. Dès le  matin le brouillard avait envahi le jardin et l’on ne distinguait pas un arbre à cinq  mètres. J’exagère sûrement  mais ce temps  m’a toujours angoissée.  J’ai l’impression que je ne reverrai plus  jamais le ciel bleu et le soleil.

Et ce matin du  neuf février 2040, c’est ce qui arriva. Nous avions été informés  comme toujours  par des voix célestes qui nous avaient mis en garde contre ce phénomène, mais bien sûr nous  ne l’avions pas cru. Depuis quelques années, des pirates s’étaient emparé de nos lasers et autres outils  nucléaires et  nous racontaient n’importe quoi ;  on les appelait les anonymes de  l’espace  car naturellement nous ne savions  pas qui ils étaient, sinon des êtres ingérables.

Marcus, notre père, avait  fait le signe de croix en se levant. Nous en avions tremblé de peur car il ne le faisait jamais sauf en cas de grandes catastrophes et encore, il se contentait souvent de nous dire : si je ne  me retenais  pas  je ferais le  signe de croix.  Mais  là, ce neuf février 2040, il s’était signé.

Mes frères et sœurs, tous dispersés  dans tous les continents s’étaient rassemblés dans  la voute au-dessus  du village de notre  père. Nous attendions, il allait se  passer quelque chose d’énorme et nous  étions  malgré notre  peur, impatients de savoir.

C’est à ce moment  précis, j’avais fermé toutes les vitres de la demeure et mis les alarmes, que tout se  mit  à sonner  partout. Dans les autres demeures, dans  les  jardins, dans  le brouillard, nous n’entendions plus que ces sirènes qui nous envoyaient des messages horribles : faites attention à vous, des hommes et des femmes arrivent à pieds ver nos villes. Ils sont nombreux très nombreux et nous n’avons  jamais vu cette  couleur sur une  peau. Ils sont  rouges, mais rouge vif, leurs cheveux également. De  où viennent-ils ?  Nous n’en savons rien mais restez  sur vos gardes, n’ouvrez à personne. Et  ces sirènes continuaient d’hurler.

Notre père  le premier tomba. Une attaque soudaine. Sans doute un morceau d’étoile qui l’avait frappé ?  Il n’en restait pratiquement plus et elles se désagrégeaient.  Puis un par un tous les  membres de  ma famille tombèrent sauf  moi.  Je ne peux dire s’ils étaient morts  mais aucun ne bougeait. Prise de  panique je hurlais sachant très bien que personne ne  pourrait venir  à mon secours  puisque tout était fermé. Tout à coup je vis ce que ces sirènes annonçaient : derrière nos carreaux blindés des dizaines  d’êtres  venus d’un autre monde regardaient chez nous. Ils étaient  comme sur nos vieilles  photos  jaunies, habillés en costumes  et en robes selon leur sexe. L’un d’eux frappa très fort contre  la vitre et essaya de communiquer par geste avec nous ; je ne savais pas ce qu’ils voulaient sinon nous faire du mal c’est  sûr puisque  le père s’était signé.  Alors  j’ai fait ce que  tout le monde aurait fait à ma  place, j’ai pris  mon fusil au laser et  j’ai tiré  par la  petite lucarne  prévue  à cet effet.  Je tirai jusqu’à ce qu’il n’y ait  plus  personne debout et  poussai un grand soupir.  Le danger était écarté. Ils allaient tous  me féliciter. 

— Claudia ?  Réveille-toi, tu vas encore être en retard à l’école…
Maman avait l’air inquiet et se penchait vers moi.

— Ma  pauvre chérie  je ne sais pas à quoi tu rêvais  mais  j’ai cru que tu avais tout cassé dans ta chambre tant tu as fait de bruit !

— Maman, ne crains rien, je les ai tous immobilisés.

— Bien sûr  ma chérie, j’ai vu toutes tes  peluches  par terre.  Tu as dû les faire souffrir !

Maman souriait et moi je me réveillais. Il n’empêche que tout était calme, grâce à moi, nous avions évité  une invasion d’inconnus d’un autre monde.

 

 

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