LA PANIQUE !
Un jour que le ciel s’assombrissait et qu’un
orage s’annonçait, je me suis retrouvée coincée dans ma cave, la serrure s’étant enrayée.
Ma clef tournait dans le vide. Je pris mon mal en patience sachant que mon mari allait arriver d’un instant à l’autre de son travail. Il
me suffisait de l’attendre patiemment sans surtout
m’énerver et sans rien penser.
La lampe du plafond éclairait d’une pâle lueur blanchâtre les murs en craie. Je jetai un œil à mes étagères bien rangées et bien remplies de pots de confitures diverses, de bocaux de conserves faites maison et quelques bouteilles de vieux vin qui devait sans doute avoir tourné depuis le temps que nous le possédions. Mais qu’importe, une cave sans vin n’est pas une vraie cave.
Il faut quand même que je précise à ce moment du récit, que je suis claustrophobe depuis des années et que les endroits clos m’angoissent, pire, me paniquent.
Donc, tout en faisant semblant de m’occuper l’esprit, je n’en menais pas large et souhaitais ardemment que mon mari arrive me « délivrer » au plus vite car je commençais à sentir des symptômes de peur que je connaissais bien. Je regardais les dates sur mes bouteilles de vin quand soudain la lumière clignota et s’éteignit. Je me retrouvai dans le noir le plus complet. J’eus beau me retenir, essayer de rester calme, me rassurer : ce n’était qu’une petite panne de lumière, une petite coupure de rien du tout, ils allaient remettre cela dans la minute. En fait je me conditionnais pour ne pas céder à la panique.
Mais hélas, je sentais que je perdais mes moyens et l’angoisse maudite me prendre aux tripes. Malgré la fraicheur de la cave, des gouttes de sueur coulaient entre mes seins et mes jambes ne me portaient plus. Me sachant complètement à la merci de ce trou noir, sans recours immédiat, je me mis à trembler de tous mes membres et ma respiration se faisait de plus en plus saccadée.
Impossible de me raisonner, il était trop tard, la peur, l’angoisse avaient pris possession de tout mon corps et l’impression que j’allais mourir seule dans ce trou à rats, me rendait physiquement malade. Je fus prise des nausées et de spasmes jusqu’à vomir de la bile.
Mon mari pendant ce temps, me cherchait dans la maison, m’appelait, je ne l’entendais pas. Je voyais ma dernière heure arriver et savais que j’allais m’évanouir voire mourir. Que celui qui ne connait pas les phobies bénisse le ciel !
Soudain, la lumière revint. Il me fallut plusieurs minutes pour me « reconstituer », pour faire taire ma peur et ma panique. Quand je pus enfin me lever, j’appelai mon mari. Lui-même fut rassuré de m’entendre et surtout de me localiser Il décoinça la porte immédiatement, me regarda bizarrement et me dit : — toi tu as encore péter les plombs hein ? —
Jolie phrase pour résumer ce que je venais de vivre à cause justement d’un « pétage de plombs » au compteur !
Nous n’en dimes pas plus. Il me connaissait et
savait ce que j’avais enduré.
Inutile de vous dire que depuis ce jour-là, je ne ferme
plus jamais la porte de la cave et la cale avec une grosse pierre !
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