Une réflexion sur une situation donnée et il faudrait que ces cinq mots y figurent : plaisir, joie, tendresse, film et gentillesse
Il y a vingt ans, vous avez connu un(e) ami(e) et vous vous êtes tout de suite entendus. Vous êtes toujours en accord quand vous parlez des grands problèmes de société. Il (ou elle) sait tout de vous et réciproquement ; tous vos petits secrets mais nous ne vous êtes jamais rencontrés « en vrai ».Comment ressentez-vous ou ressentiriez vous cette situation ? Dites le nous!
Vive l’amitié !
Je n’en reviens pas. Cela fait déjà plus de vingt ans que je connais cet homme et je suis convaincue que nous avons encore plein de choses à nous dire.
Il s’appelle Jonathan Lebrun. C’est très important de le signaler car on pourrait croire que je parle d’un personnage fictif, qui n’existe que sous un pseudo mais pas du tout. Il est bien vivant, en chair et en os et je l’adore. Oui je peux affirmer qu’il existe que ce n’est pas un fantasme virtuel et pourtant nous ne nous connaissons qu’à partir d’un site de discussions entre amis. Nous avons tout de suite sympathisé, ses prises de positions politiques me convenaient parfaitement et nous avons commencé à refaire le monde et échanger nos convictions avec beaucoup de plaisir. Car nous étions avant tout des militants , contre tout ce qui empêchait le monde d’être serein. Alors forcément il y avait de quoi parler pendant des heures, ce que nous avons fait. Et puis lentement, sur des mois, des années, nous en sommes venus à discuter de nos situations personnelles. Sa mère qui n’allait pas bien, son état de santé qui lui créait des soucis, et cette femme rencontrée avec qui il allait partir s’installer dans le midi.
Ce furent quelques années de silence. Il vivait sa vie loin et moi j’étais heureuse de le savoir heureux lui aussi. Et puis un jour il est réapparu. Son couple avait éclaté et lui s’était retrouvé à la rue. Et c’est à ce moment que notre amitié est devenue plus précieuse. Elle avait survécu à notre éloignement et c’est avec joie que nous avons vite repris notre complicité là où nous l’avions un peu laissée de côté. Il m’a raconté ses galères, je lui ai raconté ma vie qui n’avait pas changé. Et c’était reparti. Nos discussions sur tout et rien, nos rires tout redevenait comme avant, nous nous repassions le film de nos aventures réciproques, nos petits bobos, nos embrouilles.
Nous étions plus proches je crois que si nous avions vécu ensemble. Nous gardions chacun notre petite part de mystère mais si peu !
On se parlait parfois avec notre caméra et je n’hésitais pas à me présenter à lui avec une teinture en cours sur mes cheveux, la serviette sur les épaules et ça, je crois que c’est la preuve s’il en fallait une que jamais nous n’avons été au -delà de cet amour fraternel plein de gentillesse et sans contrainte.
Aujourd’hui nous sommes toujours tout l’un pour l’autre, et pourtant nous ne sous sommes jamais rencontrés. Des occasions ratées parfois, et finalement je ne regrette pas. A-t-on besoin de se tenir la main pour être très proches, à l’écoute et disponible ? Personnellement je pense que non. Jonathan et moi en sommes la preuve. Il peut avoir froid, je lui procurerai une couette, son chien peut avoir faim, je lui achèterai des croquettes, je lui ferai livrer ce qui lui manque et toujours sans nous voir. Je peux être déprimée, mal dans ma tête, il me rassurera, me guidera, me conseillera. Notre relation est indéfectible et nous nous aimons et nous nous le disons. On peut aimer sans connotation sexuelle, on peut aimer quelqu’un même si on ne le rencontre pas.
Je souhaite à tous mes amis(es) de rencontrer cette tendresse, cet amour qui fait du bien, qui réconforte quand on en a besoin.
Voilà tout est dit.
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