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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

quelques poèmes

 

MON AUTOMNE

 

 

Je me souviens de mes 20 printemps

J’avais le cœur plein d’espoir et de crainte

Devant toutes ces années, tout ce temps !

Je voulais tout savoir de la vie :

Ses joies, ses bonheurs et ses contraintes.

 

Je me souviens de cet été de mes 30 ans,

Epanouie et heureuse, enfin sereine

Devant une vie qui me gâtait,

Une  maison, une famille dont j’étais la reine !

Je ne  pensais qu’à l’avenir,

Qu’à cette beauté et cette chance !

D’être au zénith de ma vie.

 

Et puis hier, j’ai vu partir les  hirondelles,

J’ai vu se transformer cette nature si belle

                                                      En un bouquet  chatoyant de couleurs.
                                                      Les arbres flamboyants, fiers

D’être l’objet de tous les regards.

Ma  pelouse un peu grillée

Par le chaud soleil de l’été

Se recouvrait d’un joli tapis éclatant.

Une brume matinale adoucissait les contours

De l’horizon.

                                 

        Les oiseaux parlaient beaucoup moins

Et cherchaient un coin douillet  pour  bientôt.

Le soleil paresseux, arrivait tard

Semblant mutiner, lui aussi dans ces  petits matins.

Moi ? dans mon jardin, je me réchauffais

Encore à la douceur de ses rayons plus doux.

Je lui offrais mon visage aux fins sillons,

Aux petites rides, aux  petits dégâts,

Oh ! Pas irréparables ! Mais installés.

Je somnolais  et pensais les yeux clos,

Qu’il allait falloir  rentrer du bois,

Ramasser les derniers fruits du jardin.

Et sans le dire   à personne,

A 50 ans, il me fallait surtout …

                         Préparer…MON automne.

 

 

 

                                          Fin

 

 

 

 Virée !

 

 

Elle traçait des signes

Sur une feuille quadrillée

Puis nerveusement la froissait,

La jetait dans la corbeille…

Et recommençait.

Elle traçait des signes

Sur une feuille quadrillée

Et de l’autre main,

S’essuyait les yeux.

La tête penchée sur le côté,

Personne ne pouvait voir

Qu’elle maintenait un portable

Dans le creux de son épaule

Calé contre son cou.

Ce qu’elle entendait la chavirait,

Lui faisait grande peur,

La bouleversait.
De l’appareil si petit,

Une mauvaise nouvelle était sortie :

                                                          … Vous  êtes virée… !

55 ans de fidélité, d’abnégation

Dans une fabrique de bonbons,

Et parce qu’elle avait atteint

L’âge fatidique,

Elle ne faisait plus l’affaire ?

55 ans de sa vie, tout cela

Pour  être remerciée  ce jour !

Le jour de son anniversaire ?

Le jour de ses 75 ans !

Qu’allait-elle faire maintenant ?

A quoi allait-elle passer son temps ?

Elle traçait des signes

Sur une feuille quadrillée…

Ecoutant les arguments tranchants

Que lui déversait son interlocuteur :

75 ans, un peu jeune, certes

Mais il faut penser aux autres

Qui attendaient sa  place !

Dans la vie il faut savoir

Quand on doit  partir !

Et 75 ans c’était très correct !

Devant elle s’ouvrait

Un magnifique avenir

N’est-il pas vrai ?

Elle traçait des signes

Sur une feuille  quadrillée

Et  la dernière représentait

Des tombes, un cimetière

La fin de  parcours.

A 75 ans, alors que toute la  jeunesse

Etait devant  elle !

Elle n’allait quand  même  pas

Etre  assez sotte  pour  passer

De vie  à trépas ?

Elle n’en avait pas  le droit

La vie est un cadeau !

 

Va te faire voir !

Hurla-t-elle avant de s’effondrer

En pleurs sur sa  page quadrillée.

 

MC  



 

 

                                                                 TU ES LA FEMME

 

 

Tu es  la femme

Qui m’a fait  pleurer

Tu es  la femme

Qui m’a  le plus manquée.

Tu es  la femme

Que j’ai appelée

Si souvent dans mes rêves,

Dans  mes cauchemars.

Que j’ai appelée

Quand  j’avais  mal,

Que j’ai appelée

Quand  je tombais.
Tu es  la femme

Que j’ai le plus aimée,

Tu es  la femme

Que j’ai le plus détestée.

Et à l’automne de ma vie

Tu es  la seule femme

Que je hais,

Car tu n’as  pas voulu,

Ou tu n’as pas su,

M’aimer

Moi … ta fille.

 

fin