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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

défi 67

Publié le 31 Octobre 2011 par marie chevalier in mes textes divers

thème

"Ce matin, comme tous les matins, je prends mon journal habituel (nom du journal), je le déplie et je découvre alors avec surprise que mon portrait se trouve en première page (...)"

 

JE M’AIME 

 

Comme chaque matin je descends  vers le centre-ville et  me dirige  d’un pas tranquille vers  le marchand de  journaux. Bien sûr  je regarde  les jolies  boutiques bien décorées et  qui m’attirent irrésistiblement. J’aime  me regarder dans les glaces de leurs vitrines et  me replacer une  mèche folle. En fait  je m’aime…  je n’en ai pas honte, je suis  plutôt bien fait et les filles se retournent facilement sur  moi quand  je  fais  mon jogging  sur  la  plage.

Là, pour l’instant, je vais acheter mon quotidien : le courrier  picard. Je n’ai trouvé que ce  journal sur ce  lieu de vacances qui me  raconte tous  les  potins  des alentours et de la région et qui malgré tout, n’hésite pas  à faire des pages sur  ce qui se  passe dans  le monde.
Moi, je ne regarde en fait que les  petites annonces car je suis à la recherche  d’une petite voiture d’occasion.

— Bonjour  mademoiselle,

— Bonjour  monsieur, le Courrier comme d’habitude ?

— Bien sûr et bonne  journée !

— Vous de  même 

 

C’est ainsi tous  les  matins et ce pendant  les  28 jours de  mes vacances, je plie le quotidien sans  le regarder , j’adore  m’assoir sur un banc, près de  la  mer et l’ouvrir. C’est mon plaisir.  Me voilà bien installé, j’allonge  les  jambes et  je le déplie. Je pousse un petit cri de stupeur : ma  photo est en première  page ! Quel émoi ! Qu’est-ce que cela veut dire ?

Avidement je  lis : Cet  homme est recherché …  voir la suite  page  3

 

— Merde il faut que je tourne  la  page !

 

Et  là, fébrilement, je découvre une histoire à vous faire dresser les cheveux  sur  la  tête.  Je lis à voix haute, tellement je suis troublé.

Ce jeune homme, grand, brun, d’allure sportive,  est recherché  dans tout le canton. A  l’heure où nous imprimons  nous  n’avons que sa  photo mais il est clair que cet homme a des démêlés sérieux avec la justice, alors si vous  le rencontrez, merci de  prévenir  la gendarmerie, et celle-ci nous a conseillé d’indiquer qu’il pouvait  être dangereux.

 

Je reste  assis, livide et essayant de comprendre. C’est une  mauvaise  plaisanterie,  des potes à moi sans doute qui ont  fait ce communiqué à la  presse ! Hélas, quatre hommes s’approchent de moi, j’avais remarqué leur présence à la sortie du magasin de journaux,   et  sans me  laisser le temps de  dire un mot, me soulèvent  en me demandant de  rester calme.

 

— Où m’emmenez-vous ? 

— A la  police, vous vous  y attendiez  non ?  Après ce que vous avez fait !

— Mais  lâchez-moi et d’abord qui êtes-vous ? 

— Les serveurs  de  de l’Auberge  du Port, où vous avez tout cassé après avoir  massacré  le  patron hier soir, nous avons  ramassé ta photo sur le trottoir, pas de chance hein ? 

— Mais vous devez vous tromper, ce n’est  pas possible !

 

Ils  m’emmenèrent de force à la  gendarmerie et là encore, je fuis  molesté  et  traité  comme un criminel.

On me  débarrassa de mes bagues, de  ma  chaîne de cou et  de mes  lacets, quelle honte ! et on me mit en cellule  en attendant  des instructions.

Je demandai à parler à un avocat, mais  ils faisaient tous semblant de  ne  pas  m’entendre. Un vrai cauchemar !

 

Enfin, une jeune femme entra dans  le commissariat et  on me fit venir.

Elle me regarda longuement.

 

— Alors  mademoiselle  c’est bien lui ?   

— Non monsieur, je ne  le reconnais  pas du tout et  pourtant je suis  physionomiste.

— Mais alors ?  On fait quoi ?  demanda  un jeune  policier qui  me retenait par  le bras

— Vous  êtes sûre  mademoiselle ? 

— Parfaitement sûre, le jeune homme qui a tabassé mon père était bien plus  petit, plus blond, et surtout  il lui manquait  un doigt.

 

Les flics avaient  l’air très ennuyé quand soudain je me souviens.

— Attendez, je sais ce qu’il s’est  passé! Hier soir  je me  promenais sur  la digue, près  de l’Auberge  du Port  et  deux hommes  m’ont demandé du feu. J’ai sorti mon briquet  et une  photo de moi est tombée de  mon étui à cigarettes. C’est comme  ça je pense  que celle-ci a été  retrouvée et envoyée au journal.
— Mais pourquoi avoir une  photo de vous dans  un étui à cigarettes ? 

— Tout simplement  parce que  j’aime  mon visage et  ma silhouette et  que j’adore  faire des  photos de  moi.

— Bon allez signer votre déposition et  ne trainez  plus dans  les parages, me  prévint  l’officier de police, en ébauchant un sourire.

 

La demoiselle  me regardait et sortit derrière  moi.  Elle  me rattrapa  et  s’excusa  pour tout ce dérangement  et  me dit  qu’effectivement  j’étais beau gars.

e me redressai comme un paon et  lui répondit : Je sais, mademoiselle,  moi aussi je me trouve  beau, je m’aime  mais promis  je ne  laisserai plus trainer de  photo de moi dans mon étui à cigarettes !

 

 Fin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

Tricôtine 09/11/2011 22:15



hihi...on risque gros à trop s'aimer !! belle prestation Marie ...comme si on y était !!



marie chevalier 10/11/2011 09:04



merci Tricotine  en effet il faudrait  rester de  marbre  lol bises  et bonne  journée 



Harmonie 02/11/2011 11:41



Voici un paon qui a force de se regardé aurai bien pu y laisser quelques plumes !!!!


 


Je me suis régalée de cette première page.



marie chevalier 02/11/2011 12:29



Merci Harmonie et  bonne  journée à toi  bises 



Vert de Grisaille 01/11/2011 10:18



Il est dangereux d'être vaniteux!


L'histoire, en tout cas, est aussi finement menée!



marie chevalier 01/11/2011 11:39



n'est-ce  pas?  il vaut  mieux rester simple  ! merci à toi



Lenaïg 01/11/2011 09:22



Bonjour Marie. Bravo pour ton originalité et ce portrait d'un narcisse à qui son envahissant amour pour son apparence physique joue un tour pendable. Un agréable moment de lecture, bien
amicalement.



marie chevalier 01/11/2011 09:36



merci à toi


oui j'ai bien aimé  écrire ce texte et me moquer gentiment de ceux qui se" regardent  le  nombril" !bises  à toi et  merci de ton passage.



fransua 31/10/2011 19:55



sympa mais j'ai perdu le fil entre lui et elle !



marie chevalier 31/10/2011 20:21



mdr  tu es sûre que ce n'est  pas un lacet que tu as  perdu ?  cela dit  ce  petit texte  n'est sans doute  pas  parfait ! je vais  le
relire !  merci de ton passage 



M'moizelle Jeanne 31/10/2011 19:06



 C'est un vrai polar! Quelle leçon pour cet affreux jojo.. la vanité est un vilain défaut !


Merci de ton passage chez moi, de ton compliment qui pourrait me rendre vaniteuse moi aussi .. alors je dois faire attention! Mais cela me fait un grand plaisir....... Merci


J'aime beaucoup la chansonqui passe en boucle, mais qui chante..? Je ne m'en souviens plus...



marie chevalier 31/10/2011 20:20



Marc Robine disparu comme souvent bien trop tôt  ! il chante "Lucienne" c'était un ami entre autres de  Pablo Ibanez, il chante d'ailleurs  une chanson pour  lui "l'homme en
noir"   etc c'était   un baroudeur un type bien ... 


Merci de ton passage  bises et bonne soirée 


 



Jeanne Fadosi 31/10/2011 10:44



Un narcissisme bien dangereux ! défi bien relevé ! belle journée



marie chevalier 31/10/2011 11:54



belle  journée à toi bises