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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

défi 59

Publié le 11 Juillet 2011 par marie chevalier in mes textes divers

DEFI 59

Thème : « Les grandes vacances de votre enfance »

 

C’était chouette !

 

— Au revoir les enfants et revenez  en pleine forme, bonnes vacances à tous !

— Merci Madame, vous aussi !

Mais nous n’étions déjà plus là. La porte de l’école communale franchie, on hurlait de joie en piétinant l’herbe de  la  place du village.

Certains d’entre nous allaient partir à la  mer ou à la  montagne ou encore dans  de  la famille, mais  ailleurs. 

Pour nombre d’entre nous, nos vacances c’étaient les champs de blé, de pommes de terre, d’haricots verts. Pour ces  légumes, la conserverie étant à la ville voisine, toute la  production des champs avoisinants  lui était vendue.

Pendant quelques jours, nous nous reposions, c’est-à-dire qu’en fait, nous faisions  les  fous à vélo dans les chemins de terre et nous  riions, heureux.

Mais dès le 14 juillet, ça devenait sérieux.
Un fermier du village avait prévenu nos parents qu’il comptait sur eux  pour  lui envoyer  les  petits et petites de  dix ans à  quatorze ans  pour l’aider  à la cueillette des haricots verts. Personne ne  manquait à l’appel.

Le lundi suivant, à sept heures du matin, il fallait  être prêt. Alors nous étions une douzaine dans la cour de ferme,  debout comme des  petits soldats, bien couverts  car  les  matins étaient frais en juillet en Picardie. La fermière attendait et nous accompagnait  à la fontaine nous laver les  mains puis criait :

— Allez  les enfants à table !

Sur une grande table sous une  véranda était préparé notre déjeuner : du café, du lait, du gros  pain, du beurre, de la confiture ! Un délice, certains d’entre nous  n’avaient pas la  moitié de  tout cela  chez eux, aussi c’était du pur  bonheur.

Puis le fermier et ses deux fils, nous emmenaient avec le  cheval et le chariot sur lequel nous nous asseyions, les  jambes dans le vide.

Deux ouvrières agricoles étaient  déjà sur place et nous expliquaient  comment  faire. Tous en rangs  face  aux  lignes nous devions  cueillir les  haricots et les  mettre dans des  paniers, mais surtout ne  pas toucher les  petits, ce sera pour un second tour !

Nous étions un peu fourbus le  premier jour, mais la fermière savait nous  prendre : un repas copieux et des énormes tartes aux cerises  nous faisaient oublier nos douleurs, et l’après-midi nous repartions  toujours aussi vaillants.

Vers  16 heures, c’était le goûter : encore  un plaisir de plus : des tartines de  gros  pain beurrées avec du cacao en poudre dessus : humm !

Inutile de  préciser que le soir en rentrant à la  maison, une  petite soupe  suffisait et  nous  allions au  lit sans rechigner !

Cette récolte de haricots verts durait environ deux semaines. Après quelques jours  passés  à faire les fous pendant que nous allions  cueillir  les pissenlits  pour  nos lapins, nous  passions  à la  moisson.
En ce qui nous concernait, nous ne faisions que  glaner mais ce qui veut dire  que là  encore,  nous  ramenions des gerbes  aussi lourdes que nous  soit à vélo, soit dans des  brouettes  soit sur  le dos.  C’était toujours  la  même bande, nous ne  nous quittions  plus.

Vers  fin aout, commençait le ramassage des pommes de terre. Tous en rangs derrière une fois de  plus, nous  ramassions les pommes de terre qu’une  machine tirée  par un cheval déterraient et laissaient au sol. Nous étions  payés au nombre de sacs, alors  vous  imaginez que nous  ne chômions pas ! Pas question d’aider le  copain à porter son seau,  chacun courait  vider le sien bien rempli.  

Enfin, la rentrée s’annonçait. Il ne nous restait plus que quelques jours pour faire du vélo, parler, rire et..  il y avait toujours une  mauvaise herbe dans le  jardin qu’il fallait biner…

J’ai le souvenir de ces « grandes »vacances  comme si c’était hier, et surtout du premier jour de rentrée quand nous pouffions  à la récréation en racontant nos exploits à nos  pauvres camarades qui s’étaient ennuyés seuls avec leurs  parents, sur des  plages déjà surpeuplées. Nous étions les plus heureux, c’est certain. Il n’y avait qu’à regarder nos belles couleurs et nos  bras et  jambes  bien musclés. Car, mine de rien, il fallait de  la force, pour porter les seaux de  patates et les gerbes de blé  mal ficelées !

J’avais entre dix et quatorze ans, je ne faisais  ni équitation, ni natation, ni tennis, ni randonnées en montagne, mais comme  j’étais heureuse avec ma vieille bécane sur les chemins creux, et mes copains et copines !

Fin

 

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Mimi des Plaisirs 12/07/2011 15:31



J'ai beaucoup aimé lire ces étés actifs que vous évoquez ici, pleins de joie et débordants de gourmandises, ces évocations d'enfants heureux.
Merci pour ce partage d'une enfance picarde.



marie chevalier 12/07/2011 15:37



merci à toi d'être  passée  ! bonne  journée  Marie



Parisianne Musardises 11/07/2011 22:17



Très belle évocation et je vois cette campagne picarde comme si j'y étais !  J'ai eu l'occasion de participer
au ramassage du foin, merveilleux pour la citadine que j'étais et les promenades en tracteurs !
Merci Marie de nous offrir ces souvenirs.
Bises
Anne



marie chevalier 12/07/2011 09:04



merci à toi de  passer  me lire. En effet, moi aussi j'étais un peu la  petite  parisienne  propulsée à la campagne  à 4 ans
par la force des choses, mais  je me demande si j'aurais ces si beaux souvenirs si j'étais restée  à Paris dans  le  13 ème arrondissement  (rires!!) bonne journée




Tricôtine 11/07/2011 20:14



Bonsoir Marie, et oui ces travaux à la campagne étaient bien agréables entre copains, de belles vacances rythmées par les cueillettes, j'ai connu aussi et j'en garde de beaux souvenirs ! merci
pour ton texte enjoué et ces tartines partagées entre croqueurs



marie chevalier 11/07/2011 20:45



oui ça donne faim merci à toi d'être venue me  lire  !



anne marie 11/07/2011 11:51



à peu près les mêmes vacances ! que de souvenirs !


anne marie



marie chevalier 11/07/2011 11:54



merci ! oui que de beaux souvenirs avec  le recul, nous étions  heureux



jill bill 11/07/2011 11:39



Bonjour Marie... Vacances dans les champs mais pas à ne rien faire... Les récoltes appellent les p'tites mains aussi, tu me rappelles les couseurs de tabac par chez moi, nord ouest de ma
Belgique !  Bronzés et musclés je n'en doute pas Marie !  En ce temps là une bécane signifiait plaisirs partagés... Merci à toi j'ai beaucoup aimé ton récit.... Bien amicalement de la
part de jill



marie chevalier 11/07/2011 11:48



merci à toi Jill d'être  passée  bises et bonne journée



Mireille 11/07/2011 10:33



Je m'étais promis de ne jamais parler du "bon vieux temps" mais finalement, je crois que nous avons été chanceuses de vivre à cette époque où tout n'était pas sécurisé, programmé, "ludique".


J'aime beaucoup la tendresse qui émane de votre récit et je crois, mais chuttttt.... que je vous ai entendu rire.... Amicalement, Mireille



marie chevalier 11/07/2011 11:47



merci Mireille, oui sans aucun doute  j'ai ri!  J'aime de temps en temps me souvenir de ces moments où le monde était à nous, et  ce défi m'a  bien aidée. je ne  l'aurais
peut-être  pas écrit, mais je suis heureuse de l'avoir fait, j'ai retrouvé  la rosée du matin contre  mes  petites  jambes  nues quand on commençait  le 
rang de  haricots  et  la terre fraîche sous mes pieds nus quand je ramassais les pommes de terre !


Par contre  les griffures de  mes glanes  et  leur brûlure  je me souviens aussi


bonne journée



Nicole 11/07/2011 08:33



Un joli texte, rafraîchissant, plein de fous rires, d'odeurs, d'amitié, bref de bonheur... Tu as raison de ne pas oublier et même d'entretenir la mémoire de pareils souvenirs. En plus, tu as la
gentillesse de les partager avec tes lecteurs... ravis. Merci. Bises.



marie chevalier 11/07/2011 09:12



merci Nicole et effectivement ce récit est  "autobiographique" et  je garde  cela précieusement dans mon coffre à souvenirs heureux malgrè l'époque.  je t'embrasse