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Le blog de Marie Chevalier

un blog pour mes écrits,et pour y recevoir mes amis

Les chattes de ELLE et LUI

Publié le 7 Septembre 2017 par marie chevalier in mes nouvelles

                              

 

 

            TITI

 

 

 

 

 

Laquelle  préfèra-t-ELLE ? ELLE ne saurait le dire. Elles  étaient  si différentes !

 

Mais quand  on lui en parle, ELLE se confie  volontiers et nous raconte facilement les plaisirs et les joies qu’elles ont pu partager.

 

TITI a été la première à partager leur vie de couple.  C’était une grande chatte altière, noire de jais, les yeux verts. Du sang bleu du côté de sa mère, une belle siamoise à la queue courte, et hélas, un tempérament de gitane du côté de son père, le voyou de l’hôtel d’à côté ! Sa mère avait fauté et ses maîtres n’avaient pas apprécié ces petits « bâtards ». Pensez donc, depuis des générations, la lignée de Mitzi (c’était le nom de la mère), n’avait jamais été entachée. Toujours des siamois, avec cette face si fine, ces oreilles si longues et ce corps si fin !

Hélas, il fallait se faire une raison, la famille « aristo » allait s’arrêter là, faute d’avoir pris les précautions d’usage quand Mitzi manifesta des signes « d’impatience » !. Enfin, on ne pouvait pas revenir là-dessus, la faute avait été commise et cette petite boule noire était là et bien là.

 

Des estivants qui venaient habituellement en vacances chez Madame M.  Lui avaient « réservé » un petit de Mitzi, pour l’année suivante, surtout un siamois avaient-il précisé et de préférence avec une queue, une vraie ! Et puis un mâle ! Las, la pauvre Madame M. était bien ennuyée ! La portée n’était composée que de chatons de couleurs différentes, mais point de siamois ! Le cœur déchiré, elle se dit qu’il allait falloir, soit caser tous ces petits (quatre) ou alors les euthanasier ! Et à cela elle n’arrivait pas à se résoudre !

 

ELLE et  LUI, qui comme tous les ans, partaient en vacances, trouvèrent,  « sur le tard », une location chez Madame M. Lorsqu’ils arrivèrent et qu’ils virent cette nichée de petits chatons, plus mignons les uns que les autres, ELLE supplia son mari d’accepter d’en ramener un dans leur appartement à Paris. Hélas, LUI n’était pas très chaud, il n’aimait pas particulièrement les chats et préférait les chiens. A force d’arguments, ELLE réussit à le convaincre et finalement il accepta : « A condition, exigea-t-il que ce soit UN CHAT ! » Il n’était pas question de se transformer en vétérinaire et d’accoucher une chatte, d’accord ? D’accord ! Ils restèrent un mois en vacances et tout naturellement, ils allaient voir le « bébé » régulièrement et constataient ses progrès.

 Et puis, il fallait bien retourner travailler. Ils mirent le chat dans une petite boîte à chaussures, avec des copeaux, ils dirent au revoir et en avant l’aventure ! mille kilomètres avec un chaton dans une boite à chaussures, un chaton, dont il fallait bien l’avouer, aucun des deux ne savait comment  s’en occuper ! Tout d’abord, ce brave animal se mit à miauler d’une voix affreuse, rauque, et cela dura presque tout le voyage ! Puis, tout naturellement, il fit ses besoins dans la voiture, par terre, et recommença à hurler jusque Paris. LUI craquait un peu, disons, qu’il craquait beaucoup, il se mit lui aussi à s’extérioriser en criant plus fort que le chaton, qu’il n’avait jamais été d’accord pour ramener cette « bestiole » à la maison, que cela allait être une source d’ »em… » et qu’il fallait vraiment n’avoir aucune cervelle pour s’enquiquiner avec un animal dans un appartement !

 

Quand, enfin, exténués, ils déposèrent la petite boule de poils noirs qui les regardait désespérément, avec un regard si triste, si triste, que même LUI craqua et la prit dans sa main et la leva au-dessus de lui en lui disant : Bienvenue chez toi, chenapan !

 

Tout se passa bien, TITI grandissait, devenait une très belle chatte, ( car bien sûr, personne ne l’avait vu mais il s’agissait d’une chatte )!

 

ELLE l’emmena chez le vétérinaire la faire opérer et tout se passait très bien.

Bien sûr, ses maîtres l’adoraient et elle leur rendait bien, mais quel tyran ! A tel point  que parfois ELLE se demandait si  cette bête n’allait pas lui faire peur un jour, tellement elle était forte, exigeante et capricieuse. Elle se comportait avec ses maîtres comme avec des valets. Elle était chez elle et non chez  eux, et si elle n’aimait pas les amis qu’ils recevaient, elle le faisait immédiatement savoir en feulant, en leur sautant dans les jambes et parfois en les mordant. A tel point qu’ils avaient trouvé la solution : la chatte dans une pièce avec sa pitance et sa litière, et les amis dans une autre pièce ! Le vétérinaire interrogé, naturellement devant l’angoisse des maîtres, affirma que cela n’était pas rare, qu’elle défendait son territoire, que c’était en quelque sorte une chatte de garde. Bien, cela  expliquait le comportement  mais n’arrangeait personne !

 

En fait, tout ce qu’il y avait dans la maison appartenait à eux trois et il ne fallait donc pas qu’un intrus pose ses mains sur un verre ou un cendrier !

 

C’était contraignant et stressant, mais elle adorait ses maîtres, elle leur était toute dévouée et les vénérait à sa manière, ce qu’elle faisait était tout simplement défendre leur territoire de l’intrusion d’étrangers.

TITI mourut à seize ans et demi de vieillesse. ELLE eut beaucoup de peine, LUI aussi et c’est très tristement qu’ils l’enterrèrent dans un coin du jardin, là où poussent chaque année des giroflées, elle adorait la senteur des giroflées.

 

                                                        JULIE

 

 

 

 

 

JULIE fut adoptée à la SPA, à quatre mois, Ils étaient allés la chercher dans un petit refuge de la région parisienne, car ELLE ne supportait plus l’absence de TITI.

Ce fut tout le contraire, deux chattes complètement différentes ! Elle était noire et blanche, le poil assez épais et doux. D’ailleurs, si ELLE devait résumer JULIE, ce serait avec le mot :  douceur ! Très timide, effacée, elle mena une petite vie tranquille, sans bruit, sans beaucoup de jeu, et dès qu’elle entendait une voiture, dès que quelqu’un montait l’escalier de leur immeuble, elle filait en rasant le sol, se camoufler sous la couette du lit. Elle a passé la plus grande partie  de sa vie sous une couette, pour être protégée, pour être tranquille.

 

Quand elle en sortait, c’était pour manger, bien entendu, mais aussi, pour se poser des heures sur les genoux d’ELLE. Elle ne ronronnait presque jamais,  ils avaient l’impression que cette chatte ne faisait que passer en ne voulant déranger personne.

 

Elle est morte d’un cancer de la gorge à onze ans, elle n’a pas souffert, ses maîtres l’ont tout de suite fait endormir. Mais cette mort inattendue, brutale  les avait traumatisés  et…

 

 

 

ZOE

 

 

 

Voilà ZOE ! Nous  devrions l’appeler ATTILA dit-ELLE ! Une véritable bombe, elle ne sait que jouer, jouer, encore jouer, et elle veut absolument entraîner ses maîtres dans ses jeux fous. Trois choses sont très importantes pour elle dans la vie : manger, donc une assiette pleine en permanence ! , Le jeu, et la compagnie de son amour : son maître !

Comme ils ne rajeunissent pas, les maîtres ! Il faut les voir à quatre pattes en train de récupérer sous les meubles, « les baballes », les « petits élastiques », « les feuilles mortes », les boules de papier d’alu, enfin tout ce qui fait que ZOE est épanouie, bien grasse, bien gaie et ses maîtres… exténués !!!

 

Mais bien sûr, ils l’adorent, et ils ont encore de belles aventures à vivre avec ZOE, elle n’a que quatre ans et demi ! Et toujours aussi « folle-dingue » !

 

Voilà ce qu’ELLE a bien voulu nous raconter…LUI ? , Il préfère se taire et lancer la « baballe » le plus loin possible pour gagner du temps… le temps qu’elle lui ramène !

 

ELLE a repris  ce texte  car Zoé a rejoint le  paradis des chats à 18 ans et demi.  Ce fut  des années de bonheur, de complicité qui se sont terminées  par l’euthanasie forcée.  Zoé était au bout du rouleau.
Cela fait deux ans déjà et  ELLE  est en manque. LUI ne veut plus d’animal à la  maison, il souffre trop quand ils s’en vont. C’est vrai bien sûr. Mais  quel grand vide !

                                                                 F I N

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